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 10 Mai 1940

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fanavman
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Age : 28
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MessageSujet: 10 Mai 1940   Dim 4 Déc 2011 - 3:14

10-mai-40 (Victoires : 22 sûres et 16 probables, Pertes : 13 en combat, 53 au sol par les bombardements)


L’opération Fall Gelb commence avant tout par un bombardement de 72 bases aériennes (dont 47 en France), de la Hollande à Bâle, effectué par pas moins de plusieurs centaines de bombardiers. D’autres bombardiers visent également les villes de Lille, Laon, Nancy, St Etienne, Clermont, Roanne, Romorantin. Les Stukas assènent des coups dévastateurs au 8ème corps aérien belge.

En France :

GC I/1 (Chantilly-les-Aigles – MB 152) :
A 4h45, le terrain est survolé par un avion suspect, si bien que la DCA se met en action. 23 minutes plus tard, le terrain est survolé par 4 appareils ennemis ; la patrouille d’alerte décolle mais n’arrive pas à les rattraper.
A 12h00, une escadrille décolle pour une mission de couverture sur le secteur Huy-Namur-Tirlemont-Wavre. L’étage supérieur du dispositif est formé par une patrouille triple du GC III/2 et le GC III/7. Au moment du retour, la patrouille-guide se fait surprendre par un groupe de Bf 109 ; aucun d’eux n’est touché, mais le Cdt Soviche et le S/C Starké sont touchés
A 13h22, 6 appareils décollent pour une mission de couverture sur Amiens : RAS.
A 15h46, c’est au tour de 5 appareils de faire une couverture sur St Quentin : RAS.
A 17h49, 6 appareils effectuent une couverture du terrain sur alerte : RAS.
A 18h40, une patrouille triple effectue une seconde mission. Elle intercepte et attaque 3 Do 215, qui larguent leurs bombes et s’enfuient. Les Bloch leurs tirent dessus jusqu’à épuisement des minutions.
-Dix minutes plus tard, le S/C Coader (sans munitions donc) est attaqué par 3 Bf 109, il réussit à se dégager pourtant. Mais les chasseurs à croix noires touchent 4 appareils français.
-L’A/C Levasseur, peu en forme, se fait surprendre par l’arrière et a été abattu, il se parachute grièvement blessé et brûlé.
Enfin, à 19h40, 3 appareils font une couverture à priori : RAS.
Le GC effectue donc 26 sorties en protection de la manouvre « Dyle »

GC II/1 (Buc et Couvron – MB. 152) :
Le sgt Montfort décolle en alerte à 5h10 avec le Lnt Maurin pour intercepter des He 111. Le sgt Montfort en abat un (contraint, il le laisse filer. Cette victoire lui sera attribuée comme sûre), puis le sgt Maurin poursuit un autre des bombardiers jusqu’à être à court d’essence et ne peut l’abattre malgré une salve : ses canons ont été obstrués par le gel ; il rentre le fuselage criblé de balles.
Le groupe effectue 5 missions en 19 à 23 sorties dans la journée.

GC III/1 (Norrent-Fontes – MS. 406) :
A 4h du matin, un Ju 88 survole à basse altitude le terrain, et mitraille en passant les installations.
Puis ce sont 14 Heinkel 111 qui viennent rendre une visite au terrain. La patrouille d’alerte réagit :
-le sgt Durand choisit un des bombardiers qui s’enfuit vers l’est. Il est rejoint par le sgt Honorat du II/8, avec qui il abat le gibier près de Calais
-le S/L Abrioux se charge d’un autre vers Hazebrouck
-le Lt Tariel en attaque un 3ème, qu’il touche à plusieurs reprises : l’un des moteurs du bombardier s’arrête, tandis que l’autre fume mais il s’enfuit vers la Belgique : Tariel, qui ne sait pas que ce pays est en guerre, abandonne la poursuite ; son gibier s’écrasera peu après (il est considéré comme probable)
-le sgt Doublet abat un Ju 88, qui se pose sur le ventre à Gondecourt
Dans l’après-midi, le groupe effectue une mission de couverture de la région de Gand. Le dispositif français apperçoit un groupe de bombardiers ennemis, et ils arrivent à en isoler quelques-uns :
-le Lt de Mallmann obtient une victoire contre l’un d’eux, en coopération avec l’A/C Saussol vers Termonde
-le S/L Goumy fait de même avec un autre, en coopératuion avec le Sgt Lagrange sur Roubaix
-le S/L du Boucher fait de même avec un 3ème, en coopération avec l’Adj Gagnaire sur Roubaix : « Gagnaire tombe comme un bolide sur l’Allemand et tente de le saisir dans son collimateur, mais il est gêné par un nuage. A deux reprises, l’adversaire se dérobe. La tête battante, tout le sang au visage, Gagnaire s’obstine et finit par triompher du Heinkel : de 2 rafales, il en vient à bout. ».
-le Sgt Vallière en endommage un, mais il doit abandonner la poursuite à cause de problèmes techniques ; son gibier est considéré comme probable
Au retour, le S/L Goumy doit « aller aux vaches », son moteur montrant des signes de faiblesse à cause des tirs des défenseurs du bombardier que Goumy a abattu. A l’aterissage, il heurte un petit muret, son appareil est brisé, tandis que lui est blessé grièvement. Le sgt Durand doit égualement se poser en campagne, mais il est indemme.
On compte égualement 3 Moranes endommagés.
Au total, ce ne sont donc pas moins de 7 He 111 sûrs (dont un partagé avec le II/8), 1 Ju 88 sûr et 1 He 111 probable qui seront abattus par le groupe ce jour.

GC I/2 (Toul-Ochey – MS. 406) :
A l’aube, des bombardiers passent au-dessus de Toul-Ochey. A 4h35 et 4h45, deux patrouilles décollent (Lt de la Bretonnière, Sgt Meunier, Sgt de Puybusque/ Cne Hyvernaud, Cne Patureau-Mirand), et rencontrent une deuxième vague de He 111, et attaquent 2 d’entre eux :
-le Lt de la Bretonnière doit rentrer après deux passes, son moteur donnant des signes de faiblesse
-ses équipiers font 8 passes sur un He 111, ils arrêtent leur poursuite à Luneville après avoir épuisé leurs munitions : il se posera en Allemagne
-un autre He 111 doit se poser moteur gauche stoppé sur le terrain de Velaine-en-Haye ; copieusement mitraillé par le Cne Hyvernaud ; ses défenseurs touchent l’appareil du Lt de la Bretonnière d’une balle dans le piston : il parvient à regagner Toul. Mais l’appareil est revendiqué par la DCA, qui le touche en fin de parcours.
-le Cne Patureau-Mirand s’est lancé à la poursuite d’un 3ème bombardier, sans résultat
A 6h10, une patrouille double décolle en couverture du terrain. Elle rencontre un He 111, signalé par des tirs de DCA sur Phalsbourg. Ses mitrailleurs touchent le moteur du S/C François et l’aile droite du S/C Goile. Les Morane, à court de munitions, doivent abandonner la poursuite à 7h25.
Vers 11h15, 2 patrouilles triples (17 appareils) effectuent une mission de protection d’un Potez 63.11 du GR. I/36 entre Sarre-Union et SarrebÜck. RAS.
Décollant à 15h15, une patrouille double effectue une mission de couverture du terrain sur alerte. L’A/C Coubé, le S/L Husson, le Sgt Weber, le S/L Chalupa et le Sgt Breda enguagent 6 He 111 au sud de Nancy à 5000m :
-L’A/C Coubé épuise ses munitions sur l’un d’eux, que vise égualement le S/L Husson et le Sgt Weber : le Heinkel prend du retard par rapport à sa formation, qui ralentit alors pour l’attendre.
-Le S/L Chalupa et le Sgt Béda se chargent d’un autre, qui prend égualement la fuite
Puis ils doivent rappliquer sur Nancy, une deuxième vague étant signalée. Les attaques des pilotes n’ont comme résultat qu’un Heinkel endommagé (attribué comme probable au S/L Husson et au Sgt Béda), mais la DCA participe, et touche l’appareil du S/L Husson.
A 17h15, 2 patrouilles doubles décollent pour escorter un Potez 63 sur ZweibrÜcken-SarrebrÜck. Ils apperçoivent bientôt 8 Bf 109, dont 2 piquent sur une des patrouilles :
-L’adj Streiff, qui a viré brutalement, les acceuille : il tire sur le premier, puis le deuxième : ils tombent tous deux. L’un des 109 pique sur la forêy de Warndt ; il sera attribué au S/L Monty (qui pourtant a tiré sur l’un des ennemis sans pour autant l’abbattre)
-Le Lt Monty, justement, se retrouve seul ; il prend contact avec des Bf 109 qu’il tire de loin, sans résultat visible. Il décide finalement de rentrer quand il apperçoit 6-7 chaseurs au-dessus.
La patrouille rentre à 20h00 après ravitaillement ; à l’aterissage, le Sgt de Puybusque heurte un autre avion (son appareil est indisponible pour 3 jours). Le Bf 109 sera attribué en participation aux 2 pilotes, alors que les enguagements sont différents….
Enfin, de 19h20 à 20h30, une patrouille simple effectue une mission de couverture du terrain. RAS.
Dans la journée, les combats amèneront donc 3 victoires sûres et 1 probable de plus au groupe, sans aucune perte.

GC II/2 (Laon-Chambry – MS. 406) :
Le terrain est attaqué à l’aube par des Do 17 à 4h45, comme le raconte Jean Gisclon :
« Le cdt Bertrou, du groupe II/2, discutait sur la porte de son PC, avec son adjoint, le cptne de Gail. A quelques mètres de lui, son mécaniciens s’apprêtait à faire « chauffer » le Morane du « patron », lorsqu’un ronronnement naquit, très proche. A quelques km vers l’est, comme enchantée par le jour naissant, une formation de Do 17, forte d’une quarantaine d’unités, fonçait sur la ville. Le terrain, situé au nord, ne semblait pas être sur son axe d’attaque. Le téléphone grésillait à ce moment, et tandis que de Gail s’y précipitait, Betrou courut à son avion dont le moteur tournait. Le mécanicien, devinant l’intention de l’officier, avait déjà sauté à terre :
-Mon commandant, cria t-il, votre casque, votre parachute….
Le pilote n’entendit rien. En simple combinaison de vol, tête nue, il procéda à une rapide inspection de son tableau de bord et mit les gaz, décollant à vue, juste au moment iù le dispositif de dornier se scindait en deux parties. L’une d’elle prit le cap du terrain, lança ses bombes un peu au hasard.
Derrière leur chef, les pilotes d’alerte prirent l’air dès que « l’orage » fut passé, et attaquèrent la formation sur la route du retour.
Bertrou rejougnit seul le second peloton alors qu’il bombardait, de 1500m, la gare de Laon qui allait être entièrement détruite. Son Morane « ramait » littérallement, à la poursuite des Dornier qui volaient plein gaz. Tout en maudissant ceux qui n’avaient pas prévu le remplacement de ces avions, usés par la campagne d’hiver, il parvint tout de même à rejoindre une section de 3 avions, quelque peu décalée de la formation.
Il reçut une bordée de balles, tirées par les 3 mitrailleurs arrière, avant qu’il n’ait atteint la bonne distance de tir, 100m environ. Bertrou, les gaz ouverts en grand, malgré les remous provoqués par les moteurs de ses adversaires, termina sa passe sur l’un des ailiers et, à bout portant, lâcha une rafale qui incendia le moteur droit.
Le mitrailleur allemand avait égualement réagi, et une nappe d’huile couvrit le pare-brise du Morane, tandis que le moteur « s’emballait » imprimant à l’avion de violentes secousses. Une odeur de brûlé emplit la carlingue. Le pilote ouvrit rapidement l’habitacle obscurcit par l’huile que la vitesse avait projetée partout. Il coupa le contact tandis qu’il repérait son terrain, heureusement à 1000m au-dessous de lui, tout près. Il y posa son Morane en piteux état.
Le cptne de Gail fut l’un des premiers auprès de lui :
-Quelle imprudence, s’écria t-il. Sans parachute….
Bertrou éclata de rire :
-Je dois avouer que pendant quelques secondes, je ne me suis pas senti très à l’aise. Voila un exemple que je ne redonnerai pas à mes pilotes. Cette visite matinale était tellement inatendue, qu’elle autorisait toutes les fantaisies…
»
La patrouille d’alerte suit Bertrou (A/C Dorcy, Lt de Rohan-Chabot). Ils parviennent à prendre contact avec 5 Dornier, et attaquent le dernier :
-l’A/C Dorcy met en flammes les deux moteurs de ce dernier
-le Lt de Rohan, touché par la défense, doit se poser en campagne, indemme.
Du côté des autres moranes qui ont décollé, la bataille n’est pas différente :
-le Cne de Calonne et le S/C de la Gasnerie parviennent à isoler un Dornier, puis tirent jusqu’à épuisement des munitions : ils ne peuvent alors que le laisser s’enfuir vers la Belgique (ne sachant pas encore que ce n’est plus un pays neutre)
-l’Adj Pollono attaque un premier Dornier, mais celui-ci lui échappe. Il se porte alors sur un second, qu’il touche avant que lui aussi parvienne à s’échapper dans les nuages
La patrouille d’alerte donc a réussi à obtenir une victoire sûre et une probable, pendant les seuls combats de la journée.

GC III/2 (Cambrai-Niergies – MS. 406) :
Le terrain est attaqué à 4h55 du matin par 6 He 111. Seul l’adj Moret parvient à décoller, il réussit à abattre un des bombardiers, moteur droit en flammes. Sur le terrain, 3 Morane sont détruits et 3 autres mis hors d’usage en quelques minutes, le mécanicien S/C Boileau est blessé en préparant l’appareil de l’adj Moret.
A 12h00, une patrouille triple effectue une mission en coopération avec les GC I/1 et GC III/7.
A 13h00, une patrouille simple décolle pour une mission de destruction. Elle attaque à 5000m un peloton de He 111 dans la région d’Albert :
-l’A/C Nédellec en abat un en flammes, en coopération avec le S/C Ravilly et le Sgt Zinnicker
-les autres bombardiers décident de larguer leurs bombes avant de s’enfuir
-un second appareil est endommagé mais parvient à s’enfuir
A l’aterissage, c’est le temps des comptes :
-l’A/C Nédellec doit se poser à Méaulte, son appareil endommagé
-le S/C Ravilly doit se poser d’urgence à Noyelles (son avion a un début d’incendie), mais il capote et détruit son avion
-le Sgt Zinnicker, touché lui aussi, doit se pose à Péronne
A 14h15, une nouvelle patrouille légère est envoyée en destruction sur Arras. Elle enguage 3 He 111 près de Cambrai : « A 14h15, l’adj Romey intercepte une patrouille de 3 bombardiers allemands Dornier qui, ayant franchi la plaine de Flandre, longent la route nationale de Cambrai à Arras. Surpris, les mitrailleurs larguent leurs bombes au hasard dans la nature. Après 8 passes infructueuses, Romey attaque une nouvelle fois, une dernière : à bout de souffle et vraiment aux abois, l’un des dornier rompt le combat, glisse sur l’aile et percute le sol près de Saint-Omer. » Mais le résultat est décevant : 2 Morane sont très endommagés, pour un bombardier homologué aux deux pilotes français
A 18h30, une dernière mission est effectuée par une patrouille simple : une couverture. Après ¼ d’heure sur secteur, les français prennent contact avec 2 pelotons de Do 17Z et leurs anges gardiens : 5 Bf 110. Les français touchent le bombardier de tête, mais les Zestorer rappliquent, obligant les français à rompre le combat :
-le S/C Pizon a son appareil touché, il parvient à le ramener au terrain
-le S/L Dugit-Gros en profite pour effectuer deux passes sur des Do 17, sans résultat
Dans la journée, le groupe n’effectuera pas doncmoins de 44 sorties avec 28 appareils disponibles, pour 14 Morane perdus et 3 He 111 sûrs.

GC II/3 ( ? – MS. 406) :
Le groupe, placé en réserve, ne participe pas aux combats. Vaclav Cukr se souvient :
« Des tirs antiaériens intenses m’on réveillé. Voila que le moment tant attendu est arrivé. Les Allemands ont attaqué les Pays-Bas et la Belgique. Et la neutralité ? Nous regardons les avions allemands au-dessus de notre tête. Ils volent en direction de l’aéroport d’Amsterdam qu’ils bombardent.
[Cukr a été emprisonné en Belgique, car il a dû faire un aterissage forcé en territoire belge après un combat contre un Dornier, le 20 avril]
Enfin le moment de notre libération de ce damné fort est venu, mais nous devons expliquer longement nos raisons avant que le cdt du fort nous [avec les autres prisonniers] mette en liberté. Enfin, il le fait, en accompagnant son geste de paroles bien accompagnées : « Arrivez à vos unités de la manière la plus rapide possible ! ». Il savait donner de bons conseils ! ». Cukr tentera de rejoindre le groupe, à Maubeuge. Mais là, il apprendra que le groupe est parti pour la région parisienne ; il le rejoindra le 15 mai.

GC III/3 (Bauveais-Tillé – MS. 406) :
Michel Marias se souvient : « Le 10 mai, le GC III/3 était au repos à Beauvais. J’étais à l’hôtel avec ma femme et j’ai été reveillé par le bombardement. Je me suis précipité au terrain. Il y avait des bombardiers allemands partout, partout… On tirait dans tous les azimuts et les bombes pleuvaient, sur le terrain lui-même et aux alentours. Nous avons décollé aussitôt ».
Vers 17h00, plusieurs appareils font partie des 18 chasseurs composant le dispositif de protection des 6 LeO 451 qui doivent détruire les ponts du canal Albert.

GC I/4 (Wez-Thuizy – Curtiss H-75) :
A 5h30, 2 appareils effectuent une mission de guet aérien. Ils rencontrent une formation de Do 17, dont 2 sont abattus. L’un des deux pilotes, le cpt O’Byrne est blessé sérieusement à la main par un des mitrailleurs. Au cours d’une seconde interception, le groupe abat un He 111 en coopération avec le I/5.
Dans l’après-midi, mouvement des 32 appareils du groupe sur le terrain de Fort-Mardyck, où est stationné le GAO 501.

GC II/4 (Xaffevilliers – Curtiss H-75) :
Tôt le matin, le terrain est l’objet d’une attaque de Do 17. 6 avions sont touchés, on dénombre un blessé grave (soldat Capmarty) et un blessé plus léger. Les pilotes décollent et effectuent plusieurs missions dans la journée, infructueuses.
Au cours d’une première mission, une escadrille de 3 appareils sont attaqués par une dizaine de Bf 109, qui sont trop rapides et touchent légèrement un appareil à cocardes tricolores.
Une seconde mission dans la journée effectuée par 4 appareils les fait affronter 6 He 111 escortés par des Bf 110 :
-un appareil allemand est abattu par de la Chapelle
-le Lnt Tixier-Vignacour est tué
-le sgt Ballin est gravement brûlé après avoir réussi à poser son appareil en catastrophe.
Au cours d’une dernière mission, le sgt de la Chapelle voit son appareil criblé de balles par un mitrailleur d’un He 111 ; il se pose en catastrophe à Epinal.

GC I/5 (Suippes – Curtiss H-75) :
François Warnier nous raconte:
« Le 10 mai, j’étais en permission, auprès de ma femme, à Reims. Je fus réveillé par un ronronnement de moteurs qui me parut suspect. C’étaient des Dornier. ». Il rejoint Suippes, comme le reste du groupe.
Warnier continue :
« Je décollai immédiatement à la tête de ma patrouille. Notre mission était d’aller escorter un Potez 63 que nous devions prendre en charge sur un terrain voisin.
A peine en vol, je m’apperçois qu’un chapellet de bombes tombe en bordure de notre terrain tandis qu’une file de donrier se présente vers 2500m.
J’avoue – et j’ai peut-être commis une faute – que j’ai complètement oublié le Potez 63 et que je me suis dit qu’il fallait obligatoirement s’en prendre aux bombardiers.
Comme ceux-ci étaient sans protection de chasse, j’ai fini par en abattre 2, dont un avec l’aide du Lnt Scotte.
»
Une patrouille double décolle à 4h40 (sgt-chef Morel et sgt Muselli) ; bientôt réduite à Morel, elle rencontre 7 Bf 110. Après avoir mis un avion moteur en feu, Morel voit son avion gravement endommagé ; le pilote se pose à Suippes, indemne, mais ce n’est pas le cas de l’avion qui est bon pour la ferraille. Un Bf 110 est abattu, sûr.
10 minutes après Morel, le cptne Accart et le cptne Périna sont envoyés en couvertures sur Suippes, et engagent sans résultat 5 groupes de Bf 110 et Do 17, comme le raconte H. Menjaud : « Emergeant de l’ombre en montée rapide, sans renseignement du poste de commandement, je prenais la direction de l’est quand j’apperçus des traînées de condensation qui s’inscrivaient en direction du soleil levant. Plein gaz, Périna légèrement plus bas et en arrière, nous montâmes un long moment vers elles sans pouvoir les rejoindre et nous nous rertrouvâmes bientôt dans le secteur de la 2ème armée, entre Sedan et Verdun.
Le jour allait s’épanouir quand naquirent au loin une quizaine de points noirs filant vers l’ouest, au sud de notre position. La manette « dans la poche », comme on disait alors, nous nous dirigeâmes vers eux en prenant de l’altitude car ils étaient nettement plus haut que nous. Il nous fallut plusieurs minutes pour nous approcher de manière à les identifier avec certitude : ces bimoteurs en formations serrées de 5 avions (…) étaient bien des Messerschmitt 110.
Au moment où nous arrivions à leur portée, ils amorcèrent un large virage vers nous qui étions à quelques centaines de mètres sous eux. Nous avaient-ils vus ? Douteux, car nos appareils camouflés devaient se confondre avec le sol encore mauve des restes de brume accrochées sur les bois et les vallées. Fallait-il attaquer, à 2 contre 15 avec une infériorité d’altitude ? La calme et régulière cadence de la courbe décrite par ces bourdons racés me décida et je donnai l’ordre irréversible : nos deux avions cabrés dans une ultime ressource, nous arrivions à portée de tir quand le branle-bas sonna dans la meute immédiatement aux abois.
Le temps de tirer, de trop loin à mon goût, une trop courte rafale, et je dois déguager car un groupe de 5 Messerschmitt vire vers moi. Je cherche Périna en faisant face, mais je ne le vois plus ; j’apprendrai plus tard qu’il s’est mis en vrille, ayant maintenu trop longtemps son appareil en cabré pendant le tir.
Je n’arrive plus à placer une rafale convenablement ajustée, car les bimoteurs manoeuvrent puissament. Plus maniable, je leur échappe en gagnant de l’altitude : le désordre règne dans la formation ennemie, à l’exeption d’un groupe de 5 qui s’est formé, en file indienne.
Je les prends par l’avant et tire sur le premier dont les canons crachent, passe sous lui et tire sur les suivants tour à tour en l’espace de quelques dizaines de secondes. Le dernier cabre au moment où je vais ouvrir le feu et je vire de nouveau pour éviter l’attaque par l’arrière. A ma grande surprise, les Messerchmitt se regroupent et s’éloignent vers l’est.
J’en compte 12 et cherche les autres ; ils sont probablement dans le soleil qui m’éblouit et je ne les trouve pas, mais apperçoit Périna qui remonte vers moi. Déjà les chasseurs à croix gammées sont hors de portée et ne seront plus bientôt, comme expliquera Périna dans son language restreint mais imagé, que de petites mouches noires.
Je renonce à la poursuite, d’autant plus facilement que j’entends les appels de l’adj Bouvard qui signale un groupe de dorniers autour de la région de Reims, vers 3000m
»
A 5h45, une deuxième patrouille décolle, composée de 3 Curtiss (adj-chef Bouvard, S/L Rey et Goupy) : ils rencontrent 5 Do 17, dont l’un blesse gravement le lnt Goupy, qui se pose à Wez-Thuisy. Laissons Henri Menjaud relater ce combat : « Le sgt-chef Morel a en effet décollé tout à l’heure, en première patrouille, sans attendre son co-équipier qu’un ennui d’inhalateur a retardé au départ. (…) A 4000, il a vu l’ennemi : deux patrouilles de Messerschmidt 110, 7 appareils en tout. Jamais Morel n’en a vu autant à la fois. Pas question d’attendre le camarade : une si belle occasion ne se retrouve pas tous les jours. (…) Profitant de la surprise, Morel fonce sur la queue d’un des ailiers, parvient à le saisir à bonne distance de son collimateur et tire sa rafale. Le 110 s’écroule du peloton, pique et s’écrase au sol.
Mais les autres, dans ce 10ème de seconde où leur camarade a été attaqué, ont réalisé le danger. Ils virent et font face. Et tout de suite Morel devient le centre d’une ronde tragique menée par 6 allemands. (…) Ceux d’en face sont braves, mais ils ne conaissent pas le sgt-chef Morel. Sûrs de lui régler son compte en quelques passes, ils tournoient en essaim mortel qui, petit à petit, se resserre. Un vrai guêpier où cet innocent s’est fourvoyé. (…)
Le combat tournoyant a commencé, sur la figure classique du chien qui essaie de se mordre la queue. Tout l’art de ce ballet infernal consiste à être la gueule et à ne pas se laisser prendre la queue. C’est cependant ce qui se vient de se passer, d’après la sale musique que Morel entend tout à coup dans son fuselage. Un virage en catastrophe, tellement serré que le Curtiss vibre à en perdre les ailes, et c’est à son tour d’avoir maintenant l’Allemand dans son gouvernail. Penché sur son collimateur, le sourire aux lèvres, Morel lâche sa giclée, sèche.
Mais voila que la grêle recommence à sonner drôlement sur le duraluminium ; un autre allemand a repris la passe dans son dos. Zut ! Il faut lâcher le gibier ! Dommage ! (…)
Mais qu’est-ce-que c’est ? Les commandes répondent mal, elles ont dû sûrement souffrir de l’arrosage. Pas moyen d’évoluer. Il est temps de rentrer. Pendant le combat, Morel s’est rapproché astucieusement du sol ; et les autres, dégoûtés de ce fou furieux, ont renoncé à le poursuivre à basse altitude. (…)
Il s’agit de retrouver son chemin sans perdre de temps. Un coup d’œil au sol : vu ; il est entre Rethel et Vouziers. Alors plein sud, cap sur Suippes ! Il est 5h30 quand il atterit.
Sur le terrain, [Bouvard demande comment cela s’est passé]. Mais il ne saura pas la suite maintenant. Il a levé machinalement la tête et…oh ! bonsoir ! Les Dornier ! « Aux taxis en vitesse, crie t-il à ses coéquipiers. Moi, je téléphone au commandant ». Bouvard n’a pas le droit de décoller sans ordres. Aussitôt qu’il est mis au courant, le cdt Murtin lui ordonne de démmarer. Déjà, les pilotes ont sauté dans la carlingue et les moteurs tournent. Un geste de Bouvard. La patrouille a décollé. Il était temps. (…) Les 5 Dornier tournent en rond, il est clair qu’ils cherchent le terrain. (…)
En bas, les champs de Suippes en prennent un coup. (…) Mais les Dornier ont vu les 3 chasseurs et ils font demi-tour en lâchant leurs dernières bombes au hasard. Le peloton s’est scindé en 3 et 2. Maintenant, ils font feu de toutes leurs mitrailleuses sur les Curtiss.
Le S/L Goupy se lance à l’attaque de l’ailier extrême gauche. (…) Il fonce comme un jeune lion sur la proie qu’il a choisie et lance ses premières rafales. S’efforçant de dominer son émotion car c’est son premier combat, il s’applique à viser comme Accart lui a enseigné : moteur gauche, puis moteur droit. L’autre en tient, un des moteurs commence à fumer.
Soudain, Goupy sursaute sous une douleur abominable qui vient lui transpercer la cuisse comme un jet de flamme. « Balle incendiaire », réalise t-il. (…) Mais il n’est pas question d’en avoir terminé avec l’autre. Crispé sur ses commandes, il reprend la poursuite. Voila « son » Dornier qui, mal en point, a débordé du peloton. (…) Malgré sa cuisse ouverte qui le fait atrocement souffrir, ce gosse prend calmement sa visée. Pour un peu, il tirerait la langue. Quand le moteur droit apparaît en plein, à 100m, il lâche ses 6 mitrailleuses. Le Dornier s’est mis en vrille, a fait 2 ou 3 tours, puis a piqué au sol où il s’écrase. (…)
Derrière le peloton de bombardiers, Bouvard a continué la poursuite. Il est seul, lui aussi. Rey lui a communiqué tout à l’heure qu’il était blessé au visage, mais que son appareil surtout était durement touché. « Rentrez au terrain », a ordonné Bouvard. Seul contre 4. Impossible de lâcher cette proie. Il faut appeler les autres à la rescousse. (…)
Après une bagarre contre une dizaine de Messerschmitt, Accart, accompagné de [Périna], arrive à la rescousse. (…) Bouvard s’incruste et fonce sur le Dornier qu’il a « commencé » il y a un ¼ d’heure. Après plusieurs passes, celui-ci s’effondre au sol. Au suivant ! (…) Un des 3 dornier qui restent en course se met enfin à fumer et pique vers le sol. Mais il faut l’abandonner. Depuis le temps que la bataille dure, les lignes sont dépassées. « Demi-tour au terrain », ordonne Accart.
».
Entre 13h25 et 14h15, une patrouille double décolle sur alerte, RAS.
Entre 14h30 et 15h30, une escadrille décolle à nouveau sur alerte : RAS.
A 17h, une nouvelle vague de dornier se présente au-dessus de Suippes : les patrouilles décollent et la DCA se met en action. Laissons Menjaud nous conter ce combat : « L’accrochage a eu lieu au-dessus du terrain. Le premier Dornier est abattu par les canons de 25 de la Compagnie de l’Air ; 2 autres s’abattent sous les yeux des pilotes qui, dans leurs abris, marquents les points. La mêlée est générale. Dornier, Curtiss et Messerschmidt s’enchevêtrent dans une sarabande d’enfer au rythme des rafales de mitrailleuses. (…) Mais voiçi qu’un Curtiss est à son tour descendu en flammes. Au-dessus, un parachute s’ouvre : c’est Preux qui vient de sauter.
Les Allemands maintenant ont fait demi-tour, poursuivis par les nôtres qui fonçent derrière. (...) Successivement, 3 des leurs vont s’écraser au sol, un abattu près du terrain par le S/L de réserve Warnier, 2 autres à Souain et Mourmelon. Ca fait 6 au tableau. Malgré la chasse ennemie qui tente de s’interposer, la poursuite continue, menée par le tandem de baggareurs Accart-Périna. Un bombardier tombe encore dans la vallée de l’Aisne, et le 8ème Dornier était abattu près de Dum, après 40 Km de poursuite, marquant la 4ème victoire d’Accart depuis le matin.
».
-Bouvard, Rey et Goupy abattent en coopération un dornier, mais Goupy doit se poser à Wez-Thuisy car il est gravement touché.
-le sgt-chef Vuillemin abat un bombardier mais doit se pose d’urgence à cause d’une fuite d’huile
-Accart et Périna, de leur côté, abattent successivement 3 Dornier
-De son côté, Lefol a obtenu une victoire contre un bombardier, comme le S/L Warnier et Scotte (en coopération)
-Cependant, Preux a dû sauter en parachute après que son appareil ait été abattu ; il est gravement brûlé
Dans la journée, le groupe a abattu 9 Do 17 sûrs, dont un en coopération avec le I/4.

GC II/5 (Toul-Croix de Metz – Curtiss H-75) :
A 4 heures du matin, le terrain est l’objet d’un bombardement : « Pendant 5 minutes, les 9 Heinkel 111 survolèrent la ville, puis le terrain, donnèrent l’impression qu’ils retournaient d’où ils venaient. Ils effectuèrent finalement un large demi-tour et lachèrent leurs bombes entre le terrain et les premières maisons de Toul. Les pièces d’artillerie entrèrent en action, sans résultat. Lorsque les 9 pilotes d’alerte débarquèrent de la camionette, où ils s’étaient entassés à la hâte, les Heinkel avaient pris le cap du retour. ». L’adj de Montgolfier abat un Bf 109, attribué comme sûr.

GC II/6 (Anglure-Vouarces – MS. 406) :
André Deniau se souvient :
« Ce jour-là, à 4h, tout le monde dormait encore, lorsque nous fûmes soudain réveillés par le bourdonnement sonore de bombardiers ennemis passant au-dessus de nos têtes. Avec Touret, qui était Sgt-chef, je sautais du lit et m’habillai précipitament. J’avais une voiture personnelle, une Simca 5, que j’essayai en vain de mettre en marche. Ce n’était vraiment pas le jour de tomber en panne ! Enfin, le terrain n’était pas bien loin, nous pouvions y aller à pied. (…) L’attaque a été si soudaine qu’on n’avait même pas donné l’alerte. Il faut dire que tout était si calme à cette époque que l’on ne s’attendait vraiment pas à un bombardement dans le secteur.
Il faisait nuit noire. Nous devinions les bombardiers aux lueurs des moteurs. Quand, tout essouflés, nous arrivâmes à destination, ils étaient partis, après avoir heureusement manqué le terrain et arrosé les champs environnants. La radio était plutôt alarmante : des dizaines et des dizaines d’avions nous passaient au-dessus de la tête, j’ai compris que c’était sérieux.
Nous décollâmes tout de même, mais le temps de metre en route et de monter à 4000m, le flot était passé.
»
A 4h55, deux patrouilles décollent sur alerte : elles sont notament composées du Lt Fabre, du Lt de Seyne, et du Sgt Brémond d’Ars. Fabre et Seyne attaquent un peloton de 3 He 111, appuyés par le Sgt Brémond d’Ars, jusqu’aux environs de Metz. Mais aucun n’est touché.
André Deniau continue :
« J’effectuai comme prévu ma mission de couverture à priori, de 6h à 7h30 environ, en me promenant entre Marne et l’Aube avec mon équipier, mais nous ne vîmes rien, pas le moindre avion ennemi. Mon état d’esprit à ce moment-là ? Nous étions survoltés, gonflés à bloc, et n’avions qu’un désir : en découdre.
D’autres pilotes prirent l’air, ce jour-là, couvrant le terrain toute la journée, pendant qu’au sol nous autres attendions des consignes qui ne venaient pas. Enfin, vers 4h de l’après-midi, nous avons reçu l’ordre de rallier Maubeuge.
Nous plions bagage et décollons aussitôt. A la hauteur d’Hirson, nous tombons sur un peloton de Dornier 17, une dizaine environ. Nous savons qu’ils sont plus rapides que nous ; nous les prenons pourtant en chasse, mais nous n’arrivons pas à les rattraper. Ils ont tout le temps de nous canarder et ne s’en privent pas, et nous attrapons quelques balles dans les plans ; heureusement rien de grave, personne n’est descendu.
Au moment précis où je vais abandonner la partie, j’avise un Dornier en difficulté. Apparament, il n’est pas touché : pas de moteur en feu, pas de fumée, mais il a sérieusement ralenti et se laisse de plus en plus distancer par ses camarades. Avec mon équipier, nous le poursuivons pendant un certain temps, mais nous sommes très vite à court de munitions (…).De plus, avec cette vitesse médiocre…En altitude, nous aurions plus de chance, mais nous sommes au ras des arbres. Le Dornier blessé paraît devoir rester accroché à une branche tellement il semble bas.
Au bout de 20 minutes nous devons le lâcher, nous ne tenons pas à arrivé en terrain ennemi.
».
Dans la matinée, le groupe effectue plusieurs missions de couverture à priori. RAS.
Vers 17h00, plusieurs appareils font partie des 18 chasseurs composant le dispositif de protection des 6 LeO 451 qui doivent détruire les ponts du canal Albert. Le groupe abat un Do 17, attribué comme probable.
Une partie du groupe (8 appareils) fait ensuite mouvement à 18h00 sur Maubeuges-Elesmes, pour la couverture de la « manœuvre Dyle » (ils seront rejoints par les autres dans les jours suivants). 40 minutes après le décollage, la patrouille apperçoit plusieurs pelotons de 3 Do 17 dans la région d’Hirson : 5 Morane fondent sur eux, si bien que les Dornier plongent vers le sol. Les français touchent un des bombardiers, qui réussit à s’échapper comme les autres (il sera cependant comptabilisé comme probable aux 5 pilotes : Lt Fabre, S/L Ronin, A/C Deniau, A/C Gray, Sgt de Brémond d’Ars).
Pendant ce temps, à 19h30, le terrain de Maubeuge est attaqué. André Deniau continue alors son récit : « Nous étions en train de faire les pleins lorsque des bombardiers ennemis passèrent au-dessus de nos têtes. Peu après, j’entends le bruit d’un bombardement. Je crie alors au camarade qui est au bord du taxi : « Mets en route ! ». Mais le moteur ne part pas : démarreur en panne ! Je veux mettre en route à la main, mais l’hélice m’échappe, et je prens un coup de pale en pleine tête. Le sang jaillit, on m’emmène à l’hôpital pour être recousu ». Il rentre le lendemain, mais ne peux reprendre les vols que le 14.

GC III/6 (Chissey – MS. 406 et D. 520) :
« 10 mai 1940. Il est un peu plus de 10 heures du matin. Nous sommes réunis dans la salle de la petite auberge du village. Les uns écrivent, les autres rêvent silençieux, quelques-uns parlent à voix basse. (…)
Dans le lointain, par vagues successives, on entend un sourd grondement avec, par instants, des éclatements plus sonores.
-Ils s’en donnent ce matin, les artilleurs ! lance le petit-S/L Boismont
Pourquoi faut-il qu’à ce moment, par hasard, les hommes soient tristes ? (…) Si la guerre se poursuit ainsi, on n’a pas fini ! L’hiver s’est passé sans grande activité, avril n’a rien apporté de nouveau et voici mai déjà entamé d’un tiers….A cette cadence-là !
-C’est la guerre de cent ans ! dit Picard
-Je vais finir par le croire, répond le cptne Soulavaux en interrompant sa lettre. Mais j’espère que l’hiver n’a pas été perdu dans nos usines.
-Tu crois qu’on a travaillé à l’arrière, toi ? Non, mon vieux. On a rien foutu ! La preuve ? Tu en as vu du matériel moderne, toi ? Tu en as reçu du matériel de rechange, toi ? Misère…
-N’exagère pas, Picard. Cela viendra ! Dans tous les cas, nous, nous n’avons pas à nous pleindre. Une belle escadrille de Morane 406 comme la nôtre peut faire du bon boulot.
-Oui…surtout que nous n’avons même pas un taxi en réserve ?
La porte de la salle s’ouvre brusquement. Le visage épanoui, le Lnt Gervais crie à tue-tête ;
-Ca y est, les gars, ça y est !
-Tu es fou ?
-Ca y est !
-Il n’est pourtant pas saoul à 10 heures du matin !
-Non, je ne suis pas fou, je ne suis pas saoul…
-Tu as terminé les mots croisés, peut-être ?
-…ou trouvé une belle villageoise ?
-Non, mes amis, non. C’est bien plus sérieux. Les Allemands ont attaqué cette nuit, un peu avant le petit jour.
-Hein ?
-Eh ! Oui, mon vieux. La grande attaque ! Ils pénètrent en Hollande, envahissent la Belgique, fonçent à travers le Luxembourg. C’est la grande bagarre !
-Tant mieux. On les aura.
-Oui, on les aura !
»
A 4h40, deux patrouilles d’alerte décollent pour couvrir le terrain :
-le S.K Steunou, isolé, apperçoit vers 5h30 un He 111 et tente de l’enguager. S’ensuit un combat tournoyant, puis l’Adj Diaz et le S/L Capdeville interviennent. Leur gibier profite d’un léger avantage de vitesse pour leur fausser compagnie, tandis que les français ont épuisé leurs munitions
-l’Adj Japiot, le S/C le Guennec et le Sgt Gabard apperçoit 6 He 111. Ils se placent dans le soleil, et font une dizaine de passes sur l’un des bimoteurs, qui continue à voler en ligne droite, malgré un moteur droit fumant
Vers 7h50, le S/L Steunou redécolle, avec le S/C Boymond, pour une couverture du terrain. Un Do 17 apparaît :
-Steunou attaque directement ; mais déséquilibré par le souffle des hélices du bombardier, il se met en vrille et ne peut plus revenir au contact
-le S/C Boymond attaque le bombardier à son tour, appuyé par le Sgt Gauthier d’une autre patrouille : ils ont raison du bimoteur, qui s’écrase près de Chissey à 7h50.
3 appareils décollent à 14h43 pour une mission de couverture du terrain. Ils interceptent vers 15h 10 He 111, et attaquent un dernier à la traîne :
-le Sgt Hardouin effectue une première passe. Il nous résume son combat : « Goujon tire et presque aussitôt il est touché à son tour ! Je le vois décrire des orbites avec un grand panache de fumée qui le suit….Je suis en bonne position, le point du collimateur un peu devant le nez du Heinkel. Je tire et je dégage : il est atteint et vire à droite dans un demi-renversement, une traînée de fumée le suit. Il est touché à mort… ». Il touche nettement le bombardier. Cependant, il est lui-même mis en flammes par les défenseurs. Le pilote saute en parachute, sain et sauf
-l’adj Goujon effectue lui aussi 3 passes sur le bombardier. Au cours de la dernière, il subit le même sort que Hardouin : il évacue son appareil en vol et se pose indemme près de la forêt de Citeaux. Le bombardier s’écrasera finalement dans la forêt d’Arbois : il est donc attribué aux 2 pilotes
Le groupe obtient donc 2 victoires : 1 Do 17 (ou He 111 pour certaines sources) (sûr) et 1 He 111 (sûr).
Le groupe effectue 33 sorties, et revendique 2 victoires.

GC II/7 (Luxeuil – MS. 406) :
Pierre Boillot raconte :
« Les pilotes d’alerte de la 3ème escadrille ont été surpris au lever du jour [à 4h30 par 3 He 111] et le chef de patrouille, alors qu’il courait vers son avion, a même été blessé gravement par le mitrailleur d’un bombardier ennemi arrivant au ras du sol.
Quelques minutes après, les deux autres décollent. L’un d’eux est presque immédiatement abattu et l’autre poursuit des avions qui lui échappent. C’est terminé pour la réaction aérienne.
Les 3 ou 4 canons de 25mm qui défendent le terrain ne tirent pas tout de suite. Lorsqu’ils ouvrent le feu, les servants sont immédiatement aveuglés par les gaz de poudre, car il manque une pièce essentielle à la bouche de leurs armes. Les allemands, eux, les repèrent aussitôt. Un coup au but sur l’un des emplacements met quasiment fin à la réaction de notre DCA légère.
Les He 111 font alors ce qu’ils veulent, dans un ciel où personne ne s’oppose plus à eux.
Sans se presser, comme au champ de tir, ils passent sur le terrain à basse altitude en bombardant et mitraillant tout ce qui semble intéressant, à commencer par les avions. Il faut croire qu’ils ne sont pas très adroits, puisqu’ils me ratent d’ailleurs de peu, détruisant un ou deux avions voisins et endommagent légèrement nos installations. Enfin, à bout de munitions, ils s’en vont sans problème.
» Pierre Boillot, lui, n’était pas d’alerte, et il a été reveillé par les bombardiers. Les allemands ont détruit 4 appareils, endommagé sérieusement 3 autres et blessé 3 hommes (dont le sgt de Fraville).
Dix minutes plus tard, 2 appareils décollent (Cdt Cliquot de Mentque et Sgt Grimaud), ils partent chacun de leur côté et se perdent de vue à cause du brouillard :
-le cdt Cliquot de Mentque engage des bombardiers. Alors qu’il en poursuit un, Il est surpris par 4 Bf 109 placés dans le soleil, qui l’abattent : l’appareil s’écrase, son pilote est mort
-le sgt Grimaud poursuit un bombardier vers le nord, tire mais les défenseurs l’incitent à garder ses distances ; il abandonne son adversaire au-delà du Rhin
Pendant ce temps, une seconde patrouille a décollé (Cne Papin, S/L Couillens), mais de par son retard et la brume, elle ne peut les rattraper. Elle reste donc en couverture. A 5h55, elle apperçoit 6 bimoteurs, puis les attaque à la verticale du terrain :
-le Cne Papin en endommage un
-dès la 1ère passe, le S/L Couillens en touche un autre au moteur droit : il sort son train, perd de l’altitude et quitte sa formation ; mais de par la brume, il ne peut être considéré que comme probable.
A 6h00, Boillot décolle : « Nous décollons : le chef d’escadrille [Cne Hugo], un lieutenant [Lnt Mangin] et moi pour intercepter un He 111 [signalé par la DCA] qui rentre chez lui le plus vite qu’il peut, pleins gaz, en légère descente, à une altitude d’environ 3000m. Comme souvent, nous sommes mal placés, plus bas que lui, en montée, à vitesse réduite, mais toutefois dans son secteur avant. Je vais alors assister à la plus belle interception qu’il me sera donné de voir de toute la guerre.
Avec un chasseur de toute manière moins rapide que l’ennemi, avec une différence de vitesse encore accrue par l’obligation où nous sommes de monter pour l’atteindre, le Cne Hugo (…), tirant le maximum de sa position, va nous amener tous les 3 en position de tir. Nous n’y resterons pas longtemps, il est vrai, mais juste assez pour que d’un tir d’une précision remarquable, notre chef ceuille au vol cet « oiseau » qui défile rapidement devant lui, incendie l’un de ses moteurs et lui fasse sortir une jambe du train d’aterissage.
Quelle manœuvre remarquable ! J’en suis pénétré d’admiration. Le reste n’est plus qu’une formalité et l’allemand se pose bientôt sur le ventre à l’est de Belfort.
De retour au terrain, nous reprenons l’alerte. (…)
»
Le sgt René Panhard se charge de nous raconter la suite :
« Nous venions d’achever une petite colation, lorsqu’on nous signala l’approche d’un gros peloton de Bf 110. (…) Je décollai pour la 3ème fois dans la journée [à 15h], emmenant avec moi le S/L Collens, auquel je donnai la seule instruction de me suivre en toutes circonstances. [21 appareils décollent au total].
Après avoir traversé plusieurs couches nuageuses, nous apperçevons les Me 110 qui volaient à environ 6500m. A notre approche, ils se mirent à former un grand cercle pour se protéger mutuellement (…).
Pour attaquer un membre de la formation sans trop risquer d’être aussitôt agressé par celui qui est juste derrière lui, il fallait partir le plus haut et le tirer ¾ arrière, puis déguager aussitôt par un virage en montant. C’est la manœuvre que j’éxécutai, suivi de Collens. Mais lorsque j’appuyai sur la détente pour déclencher le tir, rien ne se produisit. Je déguageai aussitôt et enclenchai aussitôt la commande d’armement qui n’avait pas fonctionné. En même temps, je jettai un coup d’œil en arrière pour voir si Collens me suivait. Hélas, il était resté dans le cercle pour tirer le 110 derrière lequel il se trouvait. Je hurlai à la radio : « déguage, déguage vite ! ».
Avant que j’achève mon appel, je vis avec horreur le 110 qui le suivait bondir sur lui et tirer une seule rafale qui le transforma en boule de feu, il n’eut pas le temps de sauter en parachute. Je prononçai une nouvelle attaque dans l’espoir de le venger et ma rafale toucha l’un des 110 qui abandonna le cercle en fumant. Il disparut à travers les nuages. Les autres abandonnèrent leur formation et se dispersèrent à travers les couches nuageuses. ».
La 4ème escadrille avait décollé la première, et n’avait pas réussi à se coller aux autres patrouilles, puis a reçu l’ordre de coller au sol. Pierre Boillot voit la 3ème escadrille passer au-dessus de celle à laquelle il appartient, avant qu’elle ne disparaisse dans les nuages. « Soudain c’est une cacophonie incompréhensible à la radio mais nous percevons tout de même qu’il doit se passer quelque chose de grave. Nous voyons presque aussitôt un Morane qui sort des nuages en vrille, suivi d’un second et puis d’un autre encore. L’un d’eux qui fume assez fort se pose rapidement et plus loin, nous voyons un avion non identifié s’abattre en flammes. Que s’est-il donc passé ?
Les bombardiers signalés étaient en réalité des Messerchmitt 110 (…). [au nombre de 8] Ils sont arrivés au-dessus du terrain juste pour voir émerger des nuages les avions de la 3ème escadrille qui dans cette position incommode n’ont pratiquement rien pu faire pour parer leur attaque.
Le résultat de cet enguagement est sévère et nous affecte beaucoup.
».
René Panhard, perdu, vole avec Lamblin vers St Dizier, réservoirs à sec. Ils regagneront leur terrain la nuit.
Le combat avec les Bf 110 a eu comme résultats :
-le S/L Couillens, mortellement blessé, s’écrase avec son appareil
-le S/L Jeandet se place en bonne position pour tirer un Zestorer qu’il abat en flammes, mais doit atterrir car il est grièvement blessé
-le Cne Papin abat un autre Bf 110, en coopération avec le Sgt Lefebvre (probable)
Le groupe a abattu dans la journée 2 He 111 (un sûr, un probable) et 2 Bf 110 (un sûr, un probable)

GC III/7 (Vitry-le-François Vauclerc – MS. 406) :
Le terrain est bombardé à 4h20 par 4 Do 17, détruisant 1 appareil et en endommageant 2 autres : l’officier de service en avait été prévenu 20 minutes plus tôt, mais comme les logements ne sont pas à côté, il était alors trop tard.
A 5h30, une patrouille triple (Cptne Bouvarre, Sgt Bernardon, Cdt Arnoux) décolle, juste après le départ des Dornier. La DCA leur signale des He 111 isolés entre Châlons et Vitry, si bien qu’ils les attaquent :
-Après deux passes, l’un des mitrailleurs touche l’appareil d’Arnoux (qui a reçu plusieurs éclats dans l’œil). Le Cdt Arnoux se pose sur un mauvais terrain à cause de son moteur endommagé : l’avion est incendié mais le pilote est indemme.
-Le Cptne Bouvarre épuise ses munitions sur un autre bombardier qui finit apr lâcher ses bombes, mais doit bientôt abandonner la poursuite du fait du tir croisé du peloton. Sur le retour, son appareil prend feu, il saute en parachute
-le Sgt Bernardon, malgré ses tentatives, n’a pu participer au combat, vu l’enrayement de ses armes
A 12h, une patrouille triple effectue une mission de couverture en coopération avec les GC I/1 et GC III/2.

GC I/8 (Velaine en Haye – MB 152) :
Lors du passage de Dorniers ou He 111 le matin, une patrouille décolle :
-Le cptne Astier abat un Do 17 (sûr), mais il est ensuite abattu par des Bf 110 : le pilote est tué
-D’autre part, le S/L Thollon et le Sgt-chef Liautard se sont adjugés un He 111 (sûr), tandis que le groupe a également abattu un Bf 110 (probable).
A 12h, une patrouille simple escorte un potez 64 sur le secteur Chambley-Vigneule, et ne fait pas de mauvaises rencontres.

GC II/8 (Calais-Mark – MB 152) :
Le S/L Dutey-Harispe raconte : « A l’aube du 10 mai 1940, je commande la patrouille d’alerte. Il fait encore nuit quand les bombardiers allemands attaquent le terrain de Calais. Les bombes commencent à tomber et je donne l’ordre de mettre en route mon avion et celui de mon coéquipier. Je mets précipitament mon parachute lorsqu’un mécanicien vient me dire : « Mon Lnt, vous pouvez l’enlever car ils ont fait la vidange ». Cela signifie que mon avion est pulvérisé et hélas, l’adjudant [Lageat] qui se trouvait dans la carlingue pour effectuer la mise en route de même que le soldat [Galliay] qui tournait la manivelle sont tués tous les deux.
Mon équipier, le sgt Honnorat, plus chanceux, réussit à décoller en slalomant à travers les trous criblant le terrain. Il revient en annonçant qu’il a descendu un He 111 [victoire sûre, abattu en participation avec le Sgt Durand du GC III/1].
»
Le bombardement a détruit 3 appareils et en a endommagé 9 autres, et a tué

GC III/9 (Lyon-Bron – MB 151) :
A 4h30, les pilotes doivent décoller en alerte pour faire face à l’attaque de 9 He 111. La DCA entre tout de suite en action, et parvient à s’adjuger une victoire. Les polonais, eux, n’obtiennent pas de victoire mais subissent de lourdes pertes (9 tués, 17 blessés).


Dernière édition par fanavman le Sam 11 Fév 2012 - 12:40, édité 2 fois
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MessageSujet: 10 Mai 1940   Dim 4 Déc 2011 - 3:14

Patrouille DAT de Orléans/CEAM (Orléans – MB 152, MB 174) :
Alertée par les tirs de DCA au-dessus de Châteaudun, la patrouille d’alerte décolle contre les bombardiers :
-Le Lt Beau sera tué
-de Rivals aura une victoire confirmée.

GB I/12 et II/12 (Soissons-Saconin et Persan-Beaumont – LeO 451) :
8 appareils décollent à 11h pour détruire les ponts du canal Albert, mais ils doivent faire demi-tour car l’escorte de chasse n’est pas au rendez-vous.
6 LeO redécollent à 17h05 avec le même objectif, avec cette fois-ci avec une escorte de 18 MS. 406 des GC II/6 et GC III/3. Un des appareils du II/12 doit rentrer prématuremment pour cause de panne radio. Voici le récit de la mission : « La frontière belge est franchie au-dessus de Jeumont-Erquelines. (…) L’objectif est en vue. Orliac appelle :
-Allo ! Coant !
-Oui
-Descends ta cuve
-Bien ! (….)
-Allez ! Pleins tubes !
A ce moment, monte de la terre, des milliers, des millions de jets de feu des balles traçantes de la DCA ennemie. Devant l’escadre s’est dressé un rideau de fer et de feu, serré, épais, immense, qui tisse et déploie dans le ciel un mur infranchissable. Pleins gaz, en piqué à 500m d’altitude, les avions à cocardes ont foncé sur l’objectif. Les balles traçantes montent vers les avions, les transpercent, sonnant dans les carlingues, dans les ailes comme une grêle de fer. Les obus éclatent de toutes parts, ouvrant des brèches dans l’acier des fuselages et des plans. (…)Les bombes explosent au sol. Mais on ne peut pas viser. On ne voit rien que du feu qui monte toujours en traits serrés et redescend : les balles traçantes qui giclent comme une pluie meurtrière, épouvantable. (….)
Un obus de la DCA ouvre la paroi de l’appareil de Knipping et éclate dans un bruit terrible à un mètre de Coant. Le pilote sent, dans sa main, les commandes inertes tout à coup, l’avion continue son piqué vertigineux vers la terre. (…) L’avion se redresse tout à coup ; Knipping dégage. (…) On est sorti de l’enfer. Cela a duré quelques secondes. On croirait que cela a duré toute une vie.
Orliac crie :
-La chasse !
60, 80, 100 messerschmitt 109 et 110 patrouillent dans le ciel en formations serrées. Les 110, au-dessus des nuages, profitent de l’attaque des 109 par les Morane, pour foncer sur les LeO. (…) Par une manouvre très habile, nos chasseurs obligent la chasse ennemie à se disloquer. (…)
Les LeO en profitent pour filer en rase-mottes. Le sol glisse à une vitesse vertigineuse.
Orliac crie tout à coup :
-Attention ! On nous tire dessus !
La sarabande infernale des balles traçantes et des obus recommence. L’enfer est revenu. On n’en sortira donc pas ! Il y en a donc de partout de cette DCA qui n’existait pas !
L’avion vole comme un bolide dans la tourmente, la dépasse, s’en éloigne. C’est fini.
» La DCA aura fait pas moins de 238 trous sur un des appareils, en quelques secondes.
Au I/12, 2 des 6 appareils ne sont pas en état de voler : le n°63, bien que rentré, a la pointe avant déchiquetée par un obus, son équipage sera en partie capturé (les Lt Grandemy et S/C canonnier Ritz, qui se sont parachutés sur l’objectif, seront respectivement capturé et porté disparu). Son pilote, l’A/C Chamaud est blessé au bras.
Au II/12 :
-le n°46 du II/12 est abattu presque à bout portant par le tir d’un char, tuant l’A/C Moquelet (chef de bord) et le S/Lt cannonier Jacquet, blessant gravement le S/Lt pilote Morel qui décèdera plus tard de ses blessures. Seul survivant, l’Adj-radio Natta a pu sauter en parachute mais sera fait prisonnier.
-le n°43 est criblé de balles (il sera réparable)
-le n°45 s’écrase à l’aterissage, son demi-train droit mis à mal par un obus.
-L’équipage du n°40 voit son canonier l’adj Augé blessé d’une balle à la jambe, et son aile gauche touchée.

GB II/34 (Roye-Amy – Amiot 143 et 354) :
Les 5 appareils détachés à Metz-Frescaty sont détruits lors de l’attaque allemande sur le terrain, effectuée à 4h50.
Puis 3 avions effectueront une attaque sur MÖnchengladback, pendant laquelle un avion est touché par la flak, blessant le radio.

GB I/38 et GB II/38 (Troyes-Barberey et Chaumont-Semouliers – Amiot 143) :
11 appareils effectuent une sortie sur l’Allemagne, et 2 appareils effectuent une reconnaissance sur la région de Coblence.

GAR I/22 (Metz-Frescaty – Potez 63.11) :
Le terrain est l’objet d’un bombardement. La DCA réagit, et s’adjuge un Ju 87, mais le bombardement a endommagé un appareil.
Dans la journée, 6 appareils effectuent des reconnaissances sur le Luxembourg et la Sarre : un appareil est descendu par une patrouille de Bf 109, son équipage est tué.

GAR II/33 ( ? – Potez 63.11) :
Le terrain est l’objet d’un bombardement à 5h30, par 6 Do 17, qui détruit un Potez 63.11 et en endommage 2 autres légèrement.

GAR I/36 ( ? – Potez 63.11) :
Un appareil effectue dans la soirée une mission de reconnaissance en vol rasant. L’appareil est endommagé par la flak, et le pilote parvient à le poser sur le terrain de Gueblange. Le cptne Larmier est fait prisonnier.

GAR II/36 (Azelot – MB. 174 et Potez 63.11) :
Vers 15h et 17h, le terrain est l’objet d’un bombardement : 2 MB 174 et 2 Potez 63.11 sont incendiés, un Potez 63.11 est détruit et 5 sont endommagés.

GAR II/52 (Couvron – Potez 63.11) :
Le terrain est l’objet d’un bombardement effectué par 6 Do 17 : 2 Potez 63.11 sont incendiés, 2 sont sérieusement touchés, et 6 autres touchés de quelques balles.

GAO 501 (Fort-Mardyck – Potez 63.11) :
Henri Moguez nous relate les faits de la journée : « Le 10 mai, un peu avant 4h du matin, le personnel du groupe est réveillé par un violent tir de D.C.A. Tout le monde se lève et sort ; dehors, c’est un véritable feu d’artifice : obus, fusées, balles traçantes. La gare de marchandises de Dunkerque est bombardée par l’aviation ennemie ; le terrain de Fort-Mardyck n’est pas atteint. »

GAO 502 (Courbes – Mureaux 117 et Potez 63.11) :
« Le 10 mai, peut-être parce qu’il est très bien dispersé autour de son terrain de la Fère Courbes, le 502 n’est pas bombardé.
Malheureusement, le soir, il reçoit l’ordre d’envoyer 3 Potez renforcer près de Mezières le GR 2/551, qui n’a plus aucun appareil disponible.
»

GAO 505 (Vertain – Potez 63.11) :
Le terrain est l’objet d’un mitraillage par la chasse, qui incendie un appareil.

GAO 513 (Belfort – Potez 63.11) :
Le terrain est l’objet d’une attaque par la chasse ennemie ; le sgt Jacob est blessé.

GAO 516 ( ? – Potez 63.11 et Potez 39) :
A l’aube, un bombardement allemand détruit 1 Potez 63.11, et endommage 1 autre 63.11 et 4 Potez 39.

GAO 1/520 ( ? – Potez 63.11) :
A 17h30, le terrain est l’objet d’une deuxième attaque, qui touche sérieusement 2 appareils.

GAO 2/520 (Challerange – Potez 63.11) :
A 5h, le terrain est bombardé par 5 appareils ennemis : 2 avions sont endommagés.
A 12h20, plusieurs appareils décollent pour un vol de reconnaissance d’éléments motorisés : un appareil est détruit par la flak : son équipage, en partie blessé, est fait prisonnier.

GAO 548 ( ? – Potez 63.11 et Mureaux 115) :
Lors de la seconde attaque allemande sur le terrain par 6 Bf 109, vers 17h, un Potez 63.11 et un Mureaux 115 sont perdus.

GAO 2/551 (Tournes-Belval – Potez 63.11) :
10 bombardiers détruisent ou endommagent tous les appareils du groupe ; aucun n’est utilisable.

GAO 3/551 ( ? – Potez 63.11) :
2 Potez sont légèrement touchés lors du bombadement du terrain par des He 111 et de son mitraillage par des Bf 109.

GAO 4/551 ( ? – Potez 63.11) :
A 4h55, un bombardement allemand enlève au groupe 6 de ses 9 Potez.

AB 1 (Berck – Loire-Nieuport 141) :
Le terrain est attaqué par la Luftwaffe, mais le bombardement est inefficace car les appareils sont bien espacés. Cependant, le bombardement coûte la vie à Pasques, et 4 autres hommes.

AB 3 (Alprecht – Vought 156) :
A 4h30, 3 He 111 détruisent au sol les 12 Vought équipant l’escadrille, qui sont méticuleusement rangés dans les hangars. Il n’y a cependant pas de blessés. Un Caudron est égualement détruit.

F1C (Calais-Marck – Potez 631) :
Edouard Jozan, commandant de la 1ère flotille de chasse, se souvient :
« Dans la nuit du 9 au 10 mai 1940, l’état-major, les pilotes et le personnel de la 1ère flotille de chasse de la Marine dormaient d’un sommeil paisible dans les cantonnements à proximité du terrain de Calais-Marck. (…) Vers 3h45, dans ma chambre au village de Fort-Vert, je suis réveillé par le ronronnement lointain et continu de nombreux avions. Je pense à des avions anglais pouvant revenir de missions sur l’Allemagne. Mais ils sont nombreux, très nombreux, et leur cours sonore semble s’infléchir vers le sud. (…)
Nous voilâmes rassemblés dès 4h15. (…) Un nouveau coup de téléphone du PC aéro d l’amiral Nord, à Dunkerque, m’informe que notre terrain de Berck (…) était bombardé. (…) Il faut mettre en l’air le plus d’avions possible, vite, très vite, pour ne pas être détruits au sol. Mais ca n’est pas facile, car la 1ère patrouille devait décoller à 6h, dans 1h30. (…)
Voila des avions qui se rapprochent, ils tournent autour du terrain, ce sont des bombardiers Heinkel. Ils cherchent le terrain, heureusement recouvert d’une légère brume matinale. Verront-ils nos lignes d’avions sans camouflage ? C’est commencé, les premières bombes tombent sur la zone sud juste au moment où le premier Bloch décolle. Et d’autres groupes approchent, dispersés, ils bombardent le milieu du terrain dans sa grande longueur et mitraillent nos mécaniciens qui commencent à lancer les moteurs. (…) La compagnie de défense du terrain (6 canons de 20) se met enfin en action. Cette petite DCA rapprochée (…) élargit la ronde des Heinkel, quelques-uns s’éloignent sur la mer et le nord-est.
Les préparatifs se terminent. L’enseigne de vaisseau Graignic décolle le premier, je le suis à quelques minutes et, peu après, l’enseigne de vaisseau Jacoubet, puis le Lnt de vaisseau Folliot. Pas d’accident au décollage (…)
Me voilà en l’air, isolé, chacun des pilotes s’étant précipité sur les ennemis qu’il voyait. Je me dirige vers Gravelines pour intercepter les avions ennemis à leur retour vers leurs bases. La voiture radio du terrain, maintenant armée, me prévient du passage de 2 avions ennemis sur le terrain, route au nord. Je me porte à l’interception, et j’apperçois effectivement 2 Heinkel attaqués par un Potez (c’est l’enseigne de vaisseau Jacoubet).
Première vision de feu, le Potez 63 me semble en vol de groupe dans le feu d’artifices de balles traçantes des mitrailleuses arrière. Jacoubet déguage, à moi maintenant. Je suis très tiré…et je déguage un peu tôt. Je gagne péniblement sur l’avant en prenant un peu de hauteur et j’attaque une seconde fois après un virage en piqué qui doit me mettre en bonne position. Hélas ! Je tombe trop haut et trop sur l’avant et je ne peux tirer que quelques cartouches au cours d’une visée fugitive.
Me voilà très loin, au nord de Dunkerque et au large, toujouts seul. La radio me signale quelques ennemis remontant vers le nord. Je fais route au large de Mardyck et je vois un Heinkel isolé. Nos routes sont inverses et dans la brume laiteuse où air et mer se confondent, je peux le surprendre après un retournement et pousser mon attaque jusqu’à bout portant. Mais que ces balles traçantes qui jaillissent à l’arrière du Heinkel peuvent être désgréables et avec quel acharnement keurs trajectoires lumineuses se dirigent tout droit vers mon front, entre les deux yeux ! Juste en fin de passe, plus d’obus, plus de cartouches, je déguage…et vite.
C’est la fin de mes premiers combats. Je rallie le terrain, escorté par la DCA de Dunkerque qui me prend pour un ennemi.
».
De Scitivaux nous raconte, lui, comment il a vécu cette journée :
« Le 10 mai, vers 4h du matin, nous entendîmes un ronflement immense dans le ciel et aussitôt les bombres commencèrent à tomber un peu partout, notament sur le terrain. (…)
A 5h, nous nous retrouvâmes tous au petit PC « Opérations » pas rasés et certains même encore en petite tenue. (…)
Ce matin-là, le cptne de corvette Jozan (…), en robe de chambre, décolla le premier pour la première opération de chasse de l’aéronavale pendant cette guerre, s’attirant d’emblée le respect des pilotes.
Je fus témoin de notres premier combat, entre l’EV Jacoubet, attaquant par derrière un bombardier ennemi qui répondait. Les mitrailleuses crépitaient partout, sans aucun résultat. C’était plutôt surprenant pour un premier contact. Nous nous demandions d’où venait que cette débauche de munitions fut sans effet. Mais quand Jacoubet se posa, heureusement sans une égratinure, nous nous aperçûmes que son appariel était criblé de toutes parts.
A 7h, avec pour équipier le maître-pilote Maulandi, je décollai pour escorter des avions torpilleurs Latécoère 298 [de la T2] (…) Au bout d’un quart d’heure, je me retrouvai seul : Maulandi, par suite d’ennuis de moteurs, avait dû rentrer à Calais-Marck. Quant aux Latécoère, pour quelque raison que ce soit, ils n’étaient pas au rendez-vous.
Je remontai vers le nord jusqu’à Ijmuiden, longeant la côte à 2 ou 3 miles en mer. Et je croisai tout à coup un Junkers 52, qui revenait sans doute de larguer des parachutisyes du Rotterdam. Je l’attaquai immédiatement, mais mon armement était tellement inssufisant que j’eus beaucoup de peine à en avoir raison.
Finalement, j’avais tout de même vu mes rafales porter. Le Ju 52 finit par se désagréger peu à peu et percuta la mer, 1000m plus bas. Mais il avait eu le temps de me toucher d’une balle en écharpe dans le bras droit, qui me paralysait.
Il fallut donc que je m’arrache au spectacle des villes hollandaises en flammes (…) pour rentrer à Calais, où je me posais en zigzagant parmi les trous de bombes. De là, je fus dirigé directement sur l‘hôpital militaire de Calais, où je restai 11 jours, du 10 au 21 mai.
»
Le soir, au retour d’une mission de protection, les potez dispersent des He 111 qui s’apprêtaient à bombarder Calais-Marck, et les maîtres Maulandi et Andrès en abattent un.

T2 (Boulogne – Latécoère 298) :
Un laté doit effectuer une reconnaissance des bouches de l’Escault, en protection d’opérations dans le cadre de la manouvre « Dyle », et escorté par deux Potez 631. Il abat un Ju 52, première victoire de l’aéronavale.

Bilan de la journée pour l’Armée de l’Air : 49 avions allemands descendus par la chasse, 25 par la DCA, pour la perte d’une quinzaine de chasseurs et de 8 pilotes. La chasse allemande revendique, quant à elle, 64 victoires, et 400 avions abattus. L’Armée de l’air déplore 30 avions détruits au sol par l’attaque, sans compter les endommagés.

Aux Pays-Bas :

1ère JaVa (De Kooy – Fokker D. XXI) :
11 chasseurs combattent les He 111 et Ju 88 venus attaquer le secteur. Ils revendiquent une victoire, mais perdent l’un de leurs appareils du fait de la défense concentrée de 3 Heinkel.
Lors de l’attaque de la deuxième vague, 8 D. XXI affrontent 9 Bf 109 du II./Tr.Gr.186. Au final, 2 appareils aux croix noires sont abattus (avec un tué, et un fait prisonnier) L’un des fokker est détruit à l’atterrissage, les autres endommagés.
Une dernière attaque allemande détruira 3 de ceux qui restaient, alors en réparation.

2ème JaVa (Schiphol – Fokker D. XXI et T. V) :
A 03h50, des appareils décollent pour intercepter des Ju 88, sans résultat. Par contre, des Fokker T. V qui ont eux, eux aussi, décollés pour ne pas être surpris sur la piste, revendiquent 2 avions abattus et 3 autres endommagés. Cependant, un seul avion réussit à se poser vu l’état catastrophique de la piste. Un des appareils, qui cherche à se poser à De Kooij, est abattu par erreur par la DCA hollandaise. Les D. XXI, de leur côté, ont affronté les Ju 88, sans succès tandis que l’un d’eux est abattu par les mitrailleurs allemands.
Lors de l’attaque de la deuxième vague, les 4 D. XXI qui ont décollé revendiquent la destruction d’un trimoteur Ju 52, pour la perte d’un des leurs.
En fin d’après-midi, 6 chasseurs escortent des Fokker T. V pour l’attaque des troupes allemandes. Un chasseur est abattu au retour par les 109 et un autre doit atterrir en catastrophe, tandis qu’un chasseur à croix noires est abattu.

3ème JaVa (Waalhaven – Fokker G. 1A) :
Les appareils décollent à la rencontre des He 111 du KG 4 venus les attaquer. 3 appareils sont détruits au sol, mais 2 autres sont déjà en l’air.
-le Sergeant-major Jan Buwalda abat l’appareil de tête de la formation (transportant rien de moins que le Kommodore du KG 4 !). Il abat ensuite un second bombardier, mais il est pris à partie par des Bf 109 et le pilote, blessé à l’œil, opte pour un atterrissage sur le ventre
-le Tweed-liutenant J.P. Kuipers attaque 3 He 111 qui viennent de bombarder l’usine Koolhoven. Il en abat un confirmé, un probable puis il doit abandonner la poursuite du 3ème suite à des ennuis moteur.
Mais, gravement touchés, les appareils doivent retourner se poser à leur point de départ, où ils sont capturés.
D’autre part, les 6 derniers Fokker redécollent pour faire face à la deuxième vague, et abattent 1 He 111, 2 Ju 52, 1 Ju 87 et 3 Bf 109.

4ème JaVa (Bergen – Fokker G. 1A) :
Les escadrilles sont surprises au sol par les bombardiers, si bien qu’un seul Fokker G. 1A décolle. Mais, de par la différence de vitesse, il perd le contact. Il se dirige vers les plages de Katwijk, où il mitraille 3 Ju 52 de la KGzbV1. Du côté du terrain, on observe 3 G-1 détruits et 8 autres fortement endommagés.

1ère et 3ème Verk. Gr (Hilversum et Gilze-Rijen puis Haamstede – Fokker C. V et FK 51) :
Au moins 2 Fokker C. V et 3 FK. 51 sont détruits par un bombardement allemand. 1 C.X, 4 C.V et 3 FK. 51 gagnent Middenmeer. Les 5 derniers C. V et le dernier FK. 51 se replient, eux, à Haamstede, où ils reçoivent 4 C. V en renfort. Ces appareils partent alors bombarder les Ju 52 à Ypenburg, Valkenburg, Waalhaven et Katwijk : au-dessus de Waalhaven, 2 appareils sont surpris par des Bf 109 et abattus.

Strat. Ver. Va (Bergen – Fokker C. X) :
Les appareils étant dispersés dans les bois environnants, seuls 3 appareils sont perdus lors de l’attaque allemande : ils étaient en révision et le toit de leur hangar s’est effondré. L’escadrille effectue deux missions de riposte dans la journée.
Au cours de la première, 2 appareils attaquent Valkenburg et les plages de Katwijk : ils incendient plusieurs Ju 52, mais la flak a raison de l’un des Fokker.
La seconde mission est effectuée par 5 appareils, qui attaquent par surprise le terrain de Waalhaven. Ils sont cependant interceptés par des Bf 109, qui en abattent 2. Dans l’après-midi, 4 autres appareils bombardent les ponts de Moerdjik.

Bombardier Vliegtuig Afdeling (Schiphol – Fokker T. V):
4 appareils effectuent une mission de bombardement sur Ockenburg. Au retour, ils se heurtent à des Bf 109, et l’un d’entre eux est abattu en Mer du Nord, puis un autre sera gravement endommagé par la DCA hollandaise.
Vers 15h, 3 appareils décollent pour bombarder les troupes allemandes : un à Ockenburg et les autres à Waalhaven, avec une escorte de 6 D. XXI. Mais deux tombent au retour sous les coups de Messer. Le dernier bombardement a, selon les équipages, détruit 4 Ju 52 au sol et un Ju 52 et un Bf 109 en vol.

Jachtgroep veldleger (Ypenburg – Fokker D. XXI et Douglas DB-8):
8 chasseurs et 11 bombardiers réussissent à décoller avant le bombardement par les allemands du terrain proprement dit. Cependant, les bombes détruisent au sol un Fokker et un Northrop. Les chasseurs n’attaquent pas les bombardiers mais la deuxième vague, composée des transports chargés d’assurer la sécurité des aérodromes proches de la capitale. Ils revendiquent au moins un Do 17, mais les Bf 110 d’escorte leurs infligent des pertes. Les douglas revendiquent également un Ju 52, mais tous sont finalement abattus par les Zestorer d’escorte.
Le dernier D. XXI survivant attaque la deuxième vague, avec les 4 autres de la 2ème JaVa, et revendiquent la destruction d’un trimoteur Ju 52, pour la perte d’un des leurs.

Escadrilles de la Marine Luchtvaart Dienst:
Un Fokker T. VIII basé à Braasemermeer est abattu par un Bf 110 alors qu’il faisait de la reconnaissance aérienne du côté du Lac Braasemermeer, mais la DCA hollandaise le venge peu de temps après en endommageant ou abattant son agresseur.
Plus tard dans la journée, 4 T. VIII partent pour La Haye afin d’y recueillir les membres du gouvernement hollandais, mais tous sont interceptés par la Jagdwaffe, si bien qu’un seul hydravion peut mener à bien sa mission, 2 de ses équipiers ayant été abattus et l’autre endommagé.

En Belgique :

1./I/1. Aé (Deurne – Fairey Fox) :
D’après Léon Paulet, « Nous lançons un message lesté sur Evere. ».

1./I./2. Aé (Scheffen/Diest – Gloster Gladiator):
Le terrain est bombardé vers 04h32 par 3 He 111, puis mitraillé par des Bf 110 et Do 17. Aucun appareil ne réussit à décoller. Un appareil a été détruit au sol. Peu après l’attaque, la 3ème section décolle et se retrouve nez à nez avec 3 He 111, les obligeant à dégager pour éviter la collision.

2./I./2. Aé (Scheffen/Diest – Hawker Hurricane Mk 1):
Le terrain est bombardé vers 04H32 par 3 He 111, puis mitraillé par des Bf 110 et Do 17. Seuls deux appareils réussissent à décoller, dont un qui réussi à avoir une victoire probable une fois en l’air. L’attaque allemande a incendié 4 Hurricane et endommagé 6 autres.

1./I./3 Aé et 3./I./3 Aé (Evère – Fairey Fox) :
Les deux escadrilles se replient vers 4h sur le terrain de Neerhespen, mais des Bf 109 qui les y ont précédés, décollent et endommagent 12 Fox.

5./III./3. Aé (Evère – Fairey Battle) :
L’escadrille quitte le terrain quelques minutes avant l’arrivée des bombardiers allemands, qui détruisent cependant 3 appareils qui y ont été laissés car ils ne sont pas en état de vol. Peu après leur atterrissage à Belsele, les Battle sont bombardés par les allemands, qui détruisent un appareil. L’escadrille se replie sur Aeltre.

9./V./1. Aé (ST Trond – Renard R. 31) :
Un appareil effectue vers 08h00 une mission de reconnaissance au-dessus du canal Albert, mais la flak l’endommage sérieusement.

I./3. Aé (Vissenaken – Fairey Fox) :
Le terrain est attaqué en début d’après-midi, et 4 Fox sont incendiés.

II./2. Aé (Nivelle – Fiat CR. 42) :
Le décollage des appareils pour contre-attaquer les vagues ennemies est retardé, mais lors du premier bombardement du terrain (par des Ju 87), tous les appareils sont déjà en vol, vers Brustem. Cependant, les Ju 87 touchent deux appareils. Pendant le trajet, les appareils aperçoivent des Ju 52, et les engagent : l’un est abattu, mais ils sont aussitôt attaqués par des Bf 109E.
Un peu plus tard, 5 Fiat décollent du nouvel aérodrome pour le protéger d’une attaque, et interceptent 2 Do 17. L’un est endommagé, et l’autre devient une victoire probable. Mais les Fiat sont attaqués à leur tour, par des Bf 109 qui en abattent un. Les belges font de même, tandis qu’un autre Fiat doit se poser sur le ventre à Aix la Chapelle.
A 8h25, un peloton de Fiat décolle pour une mission de protection d’un Renard D. 31, et ne rencontre pas d’ennemi.
A 9h50, 3 appareils escortent un Renard du 9./V./1., au-dessus de Maaseik. La flak se montre, mais il n’y a pas d’incident.
A midi, 3 appareils décollent pour une mission identique sur le canal Albert. Sur le retour, un Do 17 est revendiqué par un des chasseurs. Mais les Fiat, qui se sont posés sur le terrain de Brustem, voient leur terrain attaqué par un staffel de Bf 109 puis par des Ju 87. Ils décollent pour protéger l’aérodrome. La première patrouille se frotte à des Bf 109 : un des Fiat est descendu, son pilote saute en parachute mais il est mortellement blessé par une balle tirée du sol. Un autre Fiat endommage un Bf 109. La seconde patrouille attaque successivement un Do 17, des Bf 109 et un autre Do 17, ce dernier étant revendiqué
A 14h15, un avion de reconnaissance allemand survole le terrain, suivi une demi-heure plus tard par 2 Bf 109, qui touchent 2 Fiat. Un Fiat, de retour de mission, abat un Do 17.
Peu avant 15h, ce sont des Ju 87B qui attaquent le terrain, mettant hors d’usage pas moins de 14 appareils, sur les 22 que compte le groupe.
Pas moins de 18 appareils seront donc détruits dans la journée.

III/1. Aé (Goetsenhoven – Fairey Fox) :
Un appareil est chargé d’une mission de reconnaissance, qu’il effectue sans rencontrer d’ennemis. Le groupe, par ailleurs, n’effectuera pas moins de 7 missions de reconnaissance dans la journée, sans pertes.

5. Et 6./III/2. Aé (Nivelles – Fairey Fox) :
Les appareils évacuent vers le terrain de Vissenaken. C’est de ce terrain qu’ils décollent vers 08h25 pour attaquer une formation de He 111. Mais ils sont pris à partie par de nombreux Bf 109. Ils en abattent un, pour la perte de 3 appareils, 1 tué et 1 blessé.
Après le combat, les Fox de protection du terrain se frottent de nouveau à des Bf 109. L’un des biplans est abattu, 3 rentrent à l’état de passoires.
A 11 heures, des Fox du 6./III./2.Aé sont chargés d’escorter un appareil de reconnaissance, mais ils ne font pas de mauvaises rencontres.

7./III./3. Aé (Scheffen/Diest – Fairey Fox) :
Le terrain est bombardé vers 4h32 par 3 He 111, puis mitraillé par des Bf 110 et Do 17. Les 7 appareils sont tous mitraillés au sol, en feu.

V./2. Aé (Duras – Renard R. 31) :
Un appareil effectue à 8h25 une mission de reconnaissance, sous escorte de Fiat CR. 42, sans rencontrer d’ennemi.

I./3. Aé, II./3. Aé, et III/3. Aé (Evere – Fairey Fox et Fairey Battle) :
L’aérodrome est attaqué par des He 111. Les Battle réussissent à prendre l’air pour rejoindre Aalter, mais une formation de He 111 va les suivre pour finalement en abattre un. Les Fox, quant à eux, rejoignent Neerhespen, mais y sont bombardés par des Do 17 qui leur infligent de lourdes pertes.

Chez les anglais :

N°40 Squadron (Wyton, Angleterre - Bristol Bleinheim):
Le groupe effectue des missions de reconaissance au nord de Lek jusqu’à 9h15; il y perd un appareil au-dessus de Den Haag, tandis qu'un autre s'écrase à l'aterissage.
A 16h50, 12 Bleinheim bombardent l'aérodrome capturé d’Ypenburg. Les Bf 110 abattent 3 appareils.

N°110 Squadron (Wattisham - Bristol Bleinheim) :
A 5h50, 12 Bleinheim bombardent les plages près de Den Haag. Aucune perte n'est à déclarer.

N°142 Squadron (Berry-au-Bac - Fairey Battle):
A partir de 9h30, 4 vagues de 8 appareils bombardent les colonnes allemandes entre Luxembourg et Dippach. Devant une flak redoutable, 13 appareils sont perdus, tandis que le reste revient dans un sale état.

N°600 Squadron (Manston - Bristol Bleinheim):
A 12h00, 6 Blenheim bombardent l'aérodrome de Waalhaven capturé. Sur l'objectif, des Bf 110 interviennent, et seul un appareil peut regagner sa base.
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MessageSujet: Re: 10 Mai 1940   Mar 6 Déc 2011 - 2:55

Que d' infos, je suis surpris par tant de connaissance!
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MessageSujet: Re: 10 Mai 1940   Mar 6 Déc 2011 - 13:04

Citation :
Que d' infos, je suis surpris par tant de connaissance!
Pas de conaissance, juste une bonne documentation, savoir croiser les travaux, et surtout du temps à y consacrer
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MessageSujet: Re: 10 Mai 1940   Sam 11 Fév 2012 - 0:42

Super, bravo, génial !

Tu m'as économisé des heures (ou des jours!) de boulot

Je vais lire tout ça et croiser avec ce dont je dispose, voir si tout colle.
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MessageSujet: Re: 10 Mai 1940   Sam 11 Fév 2012 - 0:48

N'y aurait-il pas une erreur dans la base du GC I/1 ?

Tu indiques Marignane, et dans mes sources j'ai Chantilly-les-Aigles.

Au vu des missions qu'ils font en Belgique et dans le nord le 10 mai, je vois mal des MB.152 faire Marseille-Tirlemont
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MessageSujet: Re: 10 Mai 1940   Sam 11 Fév 2012 - 12:40

Citation :
N'y aurait-il pas une erreur dans la base du GC I/1 ?

Tu indiques Marignane, et dans mes sources j'ai Chantilly-les-Aigles.

Au vu des missions qu'ils font en Belgique et dans le nord le 10 mai, je vois mal des MB.152 faire Marseille-Tirlemont

Exact
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MessageSujet: Re: 10 Mai 1940   Sam 11 Fév 2012 - 23:26

Pas d'infos concernant les missions des unités allemandes ?

J'ai déjà quelques infos sur certains bombardements, les batailles au sol que les KG ont appuyé (pratiquement toutes en fait :) ), mais rien de très complet concernant leurs missions.

A part quelques unes où j'ai tout (date, unité, objectif, appareils), il me manque soit l'unité, soit l'objectif précis, et parfois même la date !

Si vous avez plus d'informations à ce sujet, ça serait super
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MessageSujet: Re: 10 Mai 1940   Dim 12 Fév 2012 - 0:31

Citation :
Pas d'infos concernant les missions des unités allemandes ?

J'ai déjà quelques infos sur certains bombardements, les batailles au sol que les KG ont appuyé (pratiquement toutes en fait :) ), mais rien de très complet concernant leurs missions.

A part quelques unes où j'ai tout (date, unité, objectif, appareils), il me manque soit l'unité, soit l'objectif précis, et parfois même la date !

Si vous avez plus d'informations à ce sujet, ça serait super

Malheureusement, non. A l'origine, Manfred, qui fait partie de ceux qui avaient commencé le sujet sur un autre post, avait la matière pour mais il m'a informé qu'il a vendu toute sa documentation pour le sujet. Pour ma part, je n'ai que de la documentation sur la bataille de France du côté Français, et surtout sur la politique aéronautique militaire de la France, qui m'intéresse plus aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: 10 Mai 1940   Dim 12 Fév 2012 - 0:35

D'accord, merci quand même pour le joli boulot côté français.

Si je récolte des infos côté allemand, je l'ajouterais sur le forum, comme ça tout le monde pourra en profiter.
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10 Mai 1940
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