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 14 mai 1940

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fanavman
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MessageSujet: 14 mai 1940   Mer 4 Jan 2012 - 16:18

14-mai-40 (Victoires : 46 sûres et 16 probables, Pertes : 32)

A terre : la Wermacht a réalisé plusieurs têtes de pont, et franchit la Meuse à Sedan. En face, les armées alliées sont au bord de l’effondrement : c’est donc aux forces aériennes qu’il incombe d’enrayer le « rouleau compresseur » allemand.

En France :

GC I/1 (Marignane – MB 152) :
Une patrouille double effectue une première mission de 9h à 9h30 : elle doit couvrir le secteur Dinant-Yvoir. Georges Garde se souvient :
« Déplacement sur le terrain de Couvron près de Laon où dès le matin nous avons attaqué des bombardiers qui franchissaient nos lignes. Ce fut une très mauvaise journée pour la chasse française, nous étions en patrouille triple (27 avions) toujours dans le même secteur de Namur et nous sommes tombés sur une centaine de messerschmitt.
C’était du un contre trois ! J’étais « gonflé à bloc » ; après avoir dépassé un « 109 », un peu au-dessus et dans le soleil, nous étions en position idéale avec en plus la supériorité d’altitude. Nous avons piqué dans le tas et j’ai eu la chance d’en descendre un au passage. Premier combat – premier avion ! Mais c’est rapide une passe de chasse : on tire, on déguage.
La patrouille s’était ainsi un peu dispersée et nous sommes rentrés en isolés à Couvron.
».
-le Cne Garde touche un Bf 110 au moteur droit (victoire sûre) avant de déguager
-le S/C Starké et le Sgt Dubost endommagent chacun un Bf 110 (homologués)
-le Lt Shcmidt est pris en chasse par 5 Bf 110, alors qu’il poursuivait un autre appareil ; il réussit à poser son appareil touché, train rentré, à Raillimont (Aisne). Il rentre à pied.
Ce dernier redécolle bientôt vers 15h00 avec 7 autres pour une mission de protection d’un potez 63.11 du GR II/52. Le GC est attaqué par une soixantaine de Bf 110. Un adversaire est abattu par le Lt Schmidt et le Lt Maurin, 3 pilotes français manquent à l’appel.
Une dernière mission est effectuée par 6 appareils, de 19h à 19h30. 26 avions des GC I/1, II/10 et III/10 sont enguagés dans le secteur Dinant-Yvoir. La patrouille enguage des Bf 110. Garde continue : « Ma propre mésaventure se déroula très vite. Soudain sous moi, 3 avions se pourchassaient. Au centre, un français, devant et derrière lui deux Me 109. Je pensais qu’une aussi belle occasion, être en 4ème position, ne se représenterait jamais.
Je piquai rapidement sur le dernier 109 et me mis dans sa queue. Avant même d’avoir eu le temps de tirer, je fus mitraillé à bout portant, plein arrière par un 5ème avion, un 109, venu je ne sais d’où. Mon avion était criblé de balles, le moteur ne tournait plus. Le caport et le pare-brise étaient couverts d’huile ainsi que mes yeux et ma boucle de ceinture que je n’arrivais pas à ouvrir pour sauter en parachute.
Heureusement, les commandes répondaient et j’ai pu ainsi me poser train rentré près de la garde d’Aulnoye.
». Il réussira à regagner le groupe
-le Sgt Dubost en abat un (probable)
-le Lnt Kral en abat un autre
-le Cne Garde, sans munitions, est surpris par un groupe qui touche son moteur : il doit se poser.

GC II/1 (Buc – MB 152) :
De 9h à 9h30, 9 appareils délégués à Couvron effectuent la couverture du secteur Flize-Sedan. A l’arrivée sur secteur, ils rencontrent des Ju 87 ;
-l’A/C Richardin en abat un
-le Sgt Roquerbe en abat un autre, en coopération avec le S/Lt Belland.
La patrouille Coiral apperçoit un Hs 126, qui attire ses assaillants sur un nid de Flak :
-Le cptne Coiral est abattu, il est porté disparu
-le sgt Largeau poursuit le « mouchard » déjà en feu. Il est alors attaqué par 3 Bf 109, auxquels il peut échapper en s’échappant en rase-mottes, à court de munitions
-L’avion du Lnt Maurin, qui avait reçu un impact de DCA dans l’aile gauche, est inutilisable.
Entre 14h30 et 16h00, une mission de protection d’un Potez 63 du GRII/52 est assurée par une patrouille triple, au sud de Dinant, en coopération avec le GC I/1 et avec 6 appareils. Sur secteur, une 60aine de Bf 109 et 110 les attaquent : le Lt Shmidt réussit à déguager le Potez. Le Sgt Robert nous relate cet enguagement : « La patrouille converge vers le Potez 63, mais pris à partie, elle est aussitôt disloquée et se met en noria. Le S/C Patoor se joint à nous et les tours se succèdent. Le Sgt Brisou rompt le cercle vers la droite en piquant et le S/C Patoor touché disparaît.
Je me retrouve seul. Il semble que notre noria servit de diversion, et neutralisa la chasse adverse qui n’attaqua pas le Potez 63. Soumis à plusieurs attaques de Me 110, j’aperçois un camarade aux prises avec l’un d’eux, probablement le Sgt Brisou.
Des balles traçantes m’entourent. Je déguage à droite en cabrant, puis à gauche. Un Me 110 se présente à 30m, plein arrière au-dessus. Je tire, les obus rentrent dans l’avion qui semble exploser et s’abattre.
Je repars en direction de l’autre Bloch, et à 400m, je tire derrière lui, le Me 110 déguage.
7 à 7 centièmes après, une rafale atteint mon avion et déverouille mon train. Prenant cap ouest, je passe dans les nuages. Mais à la sortie de l’un d’eux, j’apperçois sur ma droite un peloton de He 111. Immédiatement après, 4 Me 110 m’assaillent, 3 sur la droite, 1 sur la gauche. Leurs traçantes passent autour de moi. Je déguage et tire à 40m un Me 110 ¾ arrière.
3 Me 110 continuent à m’assaillir. Une rafale atteint mon moteur, qui perd progressivement du régime et s’arrête à 20m du sol. Un Me 110 mitraille mon avion au sol puis, m’apercevant, il commence par des renversements une série d’au moins 5 passes sur moi. Des soldats munis de mousquetons tirent sur lui sans résultat. Probablement à court de munitions, il se retire.
»
Un Bf 110 est abattu, mais :
-le Lnt Maurin, avion en feu, doit se parachuter (brûlé au visage et blessé au bras)
-le sgt Brisou est descendu par des Bf 109 : le pilote s’écrase mais il ne peut être évacué car son corps est criblé de balles. Receuilli par une ambulance voisine, il rejoindra son unité le lendemain et refusera de se faire évacuer.
-le sgt Robert est abattu par des Bf 110, il se pose indemme dans un champ.
Enfin, de 18h30 à 19h30, 3 appareils effectuent une mission de protection de Potez 63 dans le secteur de Dinan-CIney, avec le GC I/1. Ils rencontrent des Bf 110, qui abattent :
-le Lnt Matras (il a pourtant abattu un Bf 110), il saute en parachute touché au crâne ; il rejoindra le groupe le 17 mai
-les Sgt Robert et Brisou rejoindront égualement le groupe plus tard
-le Lt Maurin le rejondra égualement
Au total, le groupe aura abattu un Hs 126, 2 Ju 87, 6 Bf 110 et 1 Bf 109 ce jour-là (dont un probable).

GC III/1 (Norrent-Fontes – MS. 406) :
RAS.

GC I/2 (Toul-Ochey – MS. 406) :
A l’aube, la troika effectue une mission de couverture du terrain. RAS.
Dans la matinée, une patrouille effectue une mission de destruction sur St Avold-Sarre Union. Elle apperçoit un avion douteux vers Faulquemont, et voit des tirs de DCA.
De 11h10 à 12h50, une patrouille triple effectue une mission de couverture du terrain. Elle est bientôt réduite à 7 pilotes. RAS.
Mouvement sur Damblain à 14h30.

GC II/2 (Laon – MS. 406) :
A 8h40, une patrouille triple (7 appareils) décolle pour une mission de destruction sur le secteur Namur-Dinant-Philippeville. Sur Dinant, elle croise une formation de 15 He 111 ou Do 17, protégés par des Bf 110.
La patrouille du Cne Alexandre (Sgt Parent et A/C Berland) manœuvre pour attaquer les dornier dans le soleil, dont un est probablement abattu. Mais l’escorte réagit, et fait intervenir la patrouille du Cne Labit, ce qui permet aux gibiers français de s’échapper au ras du sol. Cependant, le Lnt de Rohan-Chabot, alors qu’il effectuait une passe sur un bombardier, la défense de ce dernier l’abat : il s’écrase aux environs de Florennes. Le pilote meurt dans le crash.
Au retour, le Sgt Parent tombe sur 3 He 111 ; il les force à se délester de leur chargement, mais touché par la défense, il doit se poser train rentré à Athie. Il parviendra à rejoindre le groupe. De leur coté, le Cne Labit et le S/L Acquilina interceptent un Hs 126 qu’ils attaquent jusqu’à être à bout de munitions ; il n’est pas abattu mais son état est tel qu’il est considéré comme probable.
Le groupe effectue donc 16 sorties dans la journée.

GC III/2 (Niergnies – MS. 406) :
A 4h15, les missions de couverture sur le secteur de Cambrai commencent. Le S/C Flanek attaque 2 Do 17 et un Hs 126, sans résultat.
A 9h45, 4 patrouilles simples décollent pour une mission de couverture dans la région de Namur. 10 minutes après le décollage, 2 He 111 sont croisés près de Wavre. Les deux bombardiers se sont séparés
-le premier est poursuivi par le S/L Lansoy, le S/C Pizon et le S/C Bouttier : ils mettent les deux moteurs en flammes et voient un des membres d’équipage sauter en parachute, avant de perdre le contact avec le gibier près de Hannut. Cet appareil sera confirmé aux 3 pilotes.
-le 2nd est abattu, attaqué de toutes parts par les 4 patrouilles : un de ses occupants saute en parachute, puis le bombardier sort son train et s’écrase peu après dans un champ. Il sera confirmé à chacun des 12 pilotes ( !).
Entre 15h45 et 17h15, 4 nouvelles patrouilles simples effectuent une mission de couverture sur Namur. A l’arrivée sur le secteur, à 16h20, la patrouille du Lt Leblanc attaque 3 He 111 qu’elle a repérés. L’un d’eux est bientôt isolé, puis abattu par le Lt Leblanc et le S/C Elmlinger, moteurs en feu ; il s’écrase non loin de Namur.
A 16h25, les patrouilles basses poursuivent deux pelotons de 3 He 111, sans résultat. Pendant ce temps, les patrouilles hautes se frottent à des Bf 110, qui touchent plusieurs Moranes même si tous les appareils rentrent :
-l’appareil de l’A/C Barrio et celui du S/L Dartevelle sont endommagés
-l’Adj Danse est blessé au bras et à la tête. Hospitalisé, il retrouva le groupe fin juin.

GC I/3 (Wez-Thuisy – D. 520) :
A 6h00, la patrouille d’alerte décolle, pour arrêter les formations de Do 17 signalées au-dessus de l’Argonne. Le sgt Albert avise un Do 17 resté à la traîne, et l’attaque. Il le touche à un moteur, ce qui oblige le bombardier à se poser au nord de Suippes.
A peine rentrés, les 3 pilotes de la patrouille doivent redécoller avec 11 de leurs coéquipiers afin de protéger 9 Breguet des I/54 et II/54. Sur le secteur, ils attaquent 9 Do 17 escortés par des Bf 109. 3 pilotes du groupe abattent un des bombardiers, ce qui fait intervenir l’escorte, qui touche le moteur du D. 520 du cptne Challe qui doit se poser à sa base.
De 9h00 à 10h00, 14 pilotes de la 2ème escadrille effectuent une mission de destruction sur secteur. L’Adj Gombette, le S/L Madon et le Sgt Bellefin ne peuvent tirer sur des Do 17 enguagés (armes enrayées). Ils rencontrent un Hs 126, mais sont victimes du même problème. Aucune perte, aucune victoire.
Pendant ce temps, d’autres pilotes de la 2ème escadrille s’opposent à des Bf 109, ils en abattent 2 pour un D. 520 abattu (adj Carrier, mort). D’autres pilotes de la 1ère escadrille, eux, attaquent un groupe de He 111 mais rentrent bredouilles.
Entre 12h40 et 13h30, l’escadrille d’alerte décolle plusieurs fois, sans résultat.
Vers 13h30, les S/Lt Poitier et Salva s’opposent à nouveau à des He 111 ; l’un d’eux est abattu mais Poitier doit se parachuter car mortellement blessé.
De 18h00 à 18h30, une patrouille triple (8 appareils) effectuent une mission d’escorte de Brisol Bleinheim du 107 Squadron, en coopération avec les III/7 et I/8 qui protègent 40 LeO 451. Ils avortent une attaque de Ju 88 qui regagnent les lignes, puis apperçoivent 2 patrouilles de Bf 110, si bien que 5 pilotes du I/3 montent les enguager : 4 sont considérés comme sûrs (dont un abattu par le S/L Madon), un probable, sans perte.
Le soir, il manque donc deux pilotes, tandis que deux appareils ont été détruits, et un est inutilisable.

GC III/3 (Beauvais – MS. 406) :
A 7h45, une patrouille simple (Lt Cizek, S/L Mine, Sgt Képrat) décolle pour une mission de couverture du terrain. La radio lui signale vers Charleroi, où elle attaque un Dornier. Ce dernier choisit une couche nuageuse pour s’échapper, mais c’est sans compter sans la tenacité u S/L Mine qui garde le contact, et abat le bombardiers en flammes après deux nouvelles passes, entre Namur et Champion.
Dans la soirée, la 6ème escadrille se replie sur Vertain (près du Quesnoy). Elle échappe alors au bombardement de son terrain, qui fait 27 tués parmi le personnel au sol.

GC I/4 ( ? – Curtiss H-75) :
Deux patrouilles triples sont chargées de la protection de deux missions effectuées par des Potez 63.11 du GAO 501. RAS.

GC II/4 (Orconte – Curtiss H-75) :
A 17h30, une patrouille de 8 appareils décolle et, à 1800m, doit faire face à des Bf 109 et 110, au milieu d’autres D. 520 et MB 151/152. Voyons comment le sgt Paulhan a vécu ce combat : « Nous abordons le secteur à 18h20, j’aperçois des Messerschmitt 110, une douzaine. Je suis attaqué, par un virage à 180° je me trouve dans le paquet avec Rubin mon chef de patrouille. Après un arrosage fourni, l’ennemi cabre et fait une abattée mais je suis pris à parti par ses équipiers, je m’en débarrasse en combat tournoyant jusqu’au sol. Isolé, je me rends au point de ralliement. Je rencontre des Dewoitine 520 et aperçois un Curtiss qui prend la direction des lignes. Je le suis, j’essaye de le rattraper quand surviennent 2 Me 110 dont un qui m’attaque de face sans dommage. Quelques minutes après, le secteur est complètement vide, j’allais quitter les lieux quand je vois des bombardiers volant à 500m d’altitude. Je pique pour les attaquer et je me rends compte que cette fois ce sont 2 Bf 109 qui me suivent. Ils ont du mordant. J’accepte le combat tournoyant, j’essuie plusieurs rafales et rentre au terrain. ».
Cuny, quant à lui, raconte le sien :
« Dès l’arrivée à l’altitude prévue, une dizaine de messerschmitt 110 surgissent et c’est l’engagement. Je mets plein gaz et vire au-dessus de Blanc pour me retrouver face à l’un d’eux, je le tire en dégageant à la limite. A ce moment, mon avion est ébranlé par une secousse brutale accompagnée d’une double détonation. Un autre a jailli sous moi, voici que mon moteur s’arrête vraisemblablement touché par un obus mais rien ne flambe. Une pression sur le manche pour éprouver la machine et aussi pour jeter un coup d’œil derrière et au-dessus de moi, les commandes répondent mais le moteur ne veut rien savoir pour repartir. Pour tout arranger, voici deux autres ennemis qui me prennent pour cible venant encore par-dessus et à droite, j’esquive à gauche et ma faible vitesse fait qu’ils me dépassent, mon avion vole toujours, plus d’équipiers, rien à la radio. Je garde cap au sud pour rejoindre nos lignes, mais il faut d’abord échapper à mes deux adversaires qui attaquent à nouveau. Ils sont heureusement encore trop rapides, j’alterne piqués brefs et glissades cabrées à droite, à gauche, ils ne me lâchent pas jusqu’au sol. Alors cette fois il ne me reste plus qu’à me poser dans un champ un peu en pente transversale. ». Le S/L Cuny est abattu en flammes ; le pilote après avoir atteri sur le ventre, grièvement blessé à la tête, est fait prisonnier.

GC I/5 (Suippes – Curtiss H-75) :
Le matin, Accart, puis Marin, effectue chacun une mission de reconaissance sur le secteur ; RAS.
A 11h, Accart, qui revient de mission, redécolle avec 15 autres appareils : « Je me fais tirer par la DCA allemande en un endroit que je croyais occupé par les Français. J’annonce le temps par message conventionnel et rentre. En arrivant au terrain, (…) je me présente pour atterir, quand, n’étant plus quà quelques mètres du sol, je vois un sergent retourner le Té (danger d’aterrir) et les hommes courir de toutes les directions vers les tranchées.
Une minute plus tard, je suis en montée plein moteur, train rentré. (…) Je bats des ailes pour appeler un Curtiss qui allait se poser derrière moi. Muselli essayait son nouvel avion et comprend de suite. Il est bientôt à mon côté, et déjà l’altimètre indique 2500m. L’alerte, dont j’ai aperçu les manifestations au sol, n’était pas sans raison : au-dessus du champ de tir de Suippes s’avancent 9 He 111 en 3 sections à la file.
Avant qu’ils ne soient arrivés au village et au terrain, suivi de Muselli, j’attaque le 1er V de 3. Ils sont trop près de l’objectif pour que je ménage mes munitions. Une rafale longue sur l’équipier gauche, et le résultat est immédiat : son moteur gauche s’arrête, hélice en drapeau. Une rafale sur le chef de file pendant que « Museau » tire l’équipier droit, et tout ce beau monde fait demi-tour. Le village et le terrain sont saufs pour cette fois, mais certains bombardiers ont lâché leur cargaison sur le camp de Suippes. (…)
Le He 111 dont j’ai stoppé le moteur à ma 1ère rafale descend doucement, se traîne en prenant de plus en plus de retard sur ses compagnons qui n’ont pas l’air de s’en émouvoir et filent bon train. J’épuise mes bandes sur lui pour l’achever, aidé de Muselli. Au cours d’une passe, une dizaine de bombes se décrochent, et j’ai un instant d’anxiété vite passé. (…) Bientôt, le 2ème moteur flanche et notre Heinkel ira mourir dans la région de Stenay.
Muselli et moi aterissons pour assister au décollage du reste du groupe pour la mission prévue ce matin : 16 avions sous la conduite en vol du Cdt Murtin.
»
A 11h, en effet, 16 appareils décollent. : « A 1500m au-dessus du dispositif, Brutalement, fondant comme des rapaces, les Messerschmitt s’abattent sur la patrouille haute. Celle-ci fait son devoir et tient tête en couvrant les camarades d’en-bas. 3 fois de suite, les chasseurs allemands piquent à l’assault, redressent et piquent à nouveau. A la dernière attaque, le curtiss du Lnt tchèque H[amsick] pique à mort vers le sol. A 800m au-dessous, les patrouilles basses continuent impertubablement à éxécuter leur mission : survoler à basse altitude nos premières lignes et montrer nos cocardes à nos combattants du sol. » Des Bf 109, postés à 1500m, s’abattent sur la patrouille haute, et abattent l’appareil du Lnt Hamsick, qui pique à mort en feu. Son pilote saute, mais de par la vitesse, son parachute se déchire et il s’écrase à Mairy (Ardennes).
En fin de journée, le groupe se replie sur St Dizier.

GC II/5 ( ? – Curtiss H-75) :
9 appareils décollent pour une mission de destruction sur le secteur Stenay-Verdun. Ils tombent sur 16 Bf 109 puis une douzaine de Bf 110, qui abattent le sgt Bouhy ; son pilote saute en parachute et se pose indemme. : « Cette fois, les Allemands nous entrainèrent en combats tournoyants. Nous fûmes bientôt livrés à nous-mêmes, sans pouvoir compter sur l’assistance d’un camarade. Detaillac, puis Salès s’adjujèrent chacun un « 109 » et Chabéra un « 110 ». Tous les autres, tournoyant en tous sens dans la mêlée, songèrent surtout à sauver leur peau, tout en économisant leurs rafales, courtes, les yeux alternativement fixés, tantôt devant, tantôt derrière. (…) Nous parvinrent tout de même à nous déguager individuellement de cette « corrida », les Allemands ayant vraisembablement été contraints d’obéir aux mêmes impératifs. Seul Bouhy, très mal enguagé entre 2 « 110 », se retrouva bientôt au bout de ses suspentes. »
Bouhy, justement, raconte sa version du combat : « Nous montons dans le soleil et attaquons le dernier Me 110 ; je reste dans sa queue. A la 1ère rafale, légères fumées blanches au moteur droit. Tout en étant attaqué par plusieurs Me 110 (de face plein travers), je poursuis le Me 110. Après 5 ou 6 rafales, des fumées noires se déguagent du moteur droit. L’avion se met en descente accentuée et en direction de la ville de Luxembourg.
A ce moment, j’apperçois des Bf 109 bien au-dessus sur ma gauche. A cet instant, un Me 110 me tire ¾ arrière ; grosses fumées et légères flammes au moteur de mon avion ; le plexiglas devant moi est réduit en miettes. Je me séguage, saute en parachute, l’avion continuant à brûler plus fort : altitude 1500m. J’ouvre à 400m ; je tombe à 200m de mon avion en feu.
». Le Bf 110 de Bouhy lui sera homologué.

GC II/6 (Maubeuge – MS. 406) :
De 9h10 à 10h40, 3 appareils (Cne Gilbert, Lt Karwowski, S/C Boyer) effectuent une mission de couverture sur alerte. Vers 10h, ils rencontrent 9 Bf 109 à 5000m, mais rapidement, un appareil a des ennuis et doit rentrer (S/L Karwowski). Parmi les deux restants :
-Le sgt-chef Boyer est rapidement sérieusement touché ; il doit se poser en catastrophe sur le terrain au retour.
-Le cptne Gilbert se bat héroiquement, mais plie sous le nombre : il meurt en s’écrasant à Villereille-le-Brayeux.
De 18h15 à 19h30, 3 appareils effectuent une seconde mission similaire. Dès le départ, le sgt Devin doit atterir pour cause de panne moteur. Vers 19h, les 2 appareils restants rencontrent 15 He 111, escortés par 4 Bf 110 :
-Le S/L Anders, après avoir été prit à partie par 3 Bf 110 doit rentrer à sa base à court de munitions.
-L’adj Leniaud est lui aussi pris en chasse par un Bf 110, qui l’abat en flammes ; le pilote saute en parachute mais ce dernier prend feu, tuant le pilote qui s’écrase au sol carbonisé.
Une dernière mission est effectuée par le S/L Verdier, qui part reconnaître un Morane en feu à 6km à l’est du terrain.
André Deniau se souvient :
« Le 14, je pris l’air à nouveau : couverture à priori sur Namur, sans intervention.
Puis mission de protection d’un Potez 63 sur itinéraire, vers Bruxelles. J’étais chef du dispositif, avec 27 avions, et cette fois nous avons apperçu sous nos ailes une dizaine de Messerchmitt. Hélas, nous ne pouvions les attaquer. Nous étions là pour protéger les Potez et les défendre si besoin était, et nous avions ordre de ne pas enguager le combat les premiers. Nous sommes donc restés groupés, et l’ennemi n’attaque pas non plus.
».
En 4 jours de combats, le groupe a perdu 5 pilotes.

GC III/6 ( ? – MS. 406) :
A 11h05, une patrouille simple décolle pour une mission de couverture sur la région de Dijon. Le S/L Kawnik, dont le train ne rentre pas, doit se poser aussitôt après avoir décollé.
-Continuant, le S/L Richlicky apperçoit un peloton de He 111, le signale à son chef (le Cne Suzelinchky) et se lance à leur poursuite ; il en attaque 9 sur lesquels il fait deux passes, et appelle vainement des renforts, mais il doit abandonner devant l’inefficacité de ses tirs
-Le S/L Kawnik, reparti à 11h15, survole Dijon puis Gray, puis retourne sur Dijon. Là, la DCA lui signale 11 He 111. Il choisit un peloton de 4, et attaque tour à tour 2 d’entre eux. L’un d’eux se détache du groupe, part en descente avec un moteur fumant beaucoup. Deux autres le suivent, si bien que le pilote doit abandonner le combat ; il rentre car il est à bout de munitions. Le Heinkel lui sera attribué.
A 11H35, une patrouille légère décolle pour une mission de couverture sur la région de Dijon. Le S/L Steunou, en difficulté doit finalement rentrer à la base. Le Sgt-Boymond, 10 minutes après avoir pris seul la direction de Dijon, attaque 3 bombardiers au-dessus de la base de Longvic. La défense des bombardiers le touche mortellement, et il s’écrase abattu en flammes à Prenois.
A 11h40, le S/L Stenou redécolle avec l’adj Le Gloan, et les sgts Trinel et de Gervilliers. Ils vont sur Dijon car un bombardement a été signalé, mais arrivent trop tard. Ils sont envoyés sur Vesoul, puis à nouveau Dijon : ils apperçoivent un He 111 de reconaissance pris à partie par la Flak ; il est abattu avec les deux moteurs fumants et doit se poser près de Fougerolles, cette victoire étant attribuée aux 4 pilotes.
A 11h45, une patrouille légère (S/L Villemin, S/L Satgé) décolle pour le secteur de Dijon, où elle accroche encore des He 111. L’un d’eux, sur lequel les français concentrent leur attaque, a les deux moteurs fumants. Il est poursuivi jusqu’au Rhin par les français ; il sera accordé aux deux pilotes comme probable.
Dans la journée, le groupe aura effectué 34 sorties, avec 3 victoires sûres à la clé.

GC II/7 (Luxeuil-les-Bains – MS. 406) :
Le groupe commence à être transformé sur D. 520, et reçoit deux morane en renfort.
René Panhard raconte :
« Je fus désigné pour faire partie d’une patrouille orientée par radio pour couvrir Is-sur-Tille/Dijon.
L’après-midi, nous vîmes atterir un avion de transport MB 220. Il venait pour emmener à Toulouse-Francazal un premier contingent de pilotes et de mécaniciens afin de prendre livraison des D. 520 tant attendus.
Il ne restait que 6 morane disponibles pour les deux escadrilles du groupe dont l’effectif normal était de 30 !
».
Arrivés à Toulouse, ils trouvent des dizaines de D. 520, mais qui ne pouvaient pas encore prendre l’air ; on pense à du sabotage communiste.
Si plusieurs décollages ont lieu, l’inefficacité du guet aérien ne permet pas d’accrocher les bombardiers ennemis au retour.

GC III/7 (Vitry-le-François - MS. 406) :
A 5h35, 2 patrouilles légères décollent sur alerte, suite au signalement de bombardiers au nord de Vitry :
-le S/C Moulène et le Sgt Boyer ne parviennent pas à rejoindre leur gibier
-l’A/C Bertrand et le Sgt Guillaume réussissent à intercepter une formation de Do 17. Ils attaquent l’ailier du dernier peloton, en se relayant dans sa queue. Guillaume doit bientôt abandonner la poursuite, le radiateur percé par les tirs des mitrailleurs allemands ; il se pose sur le terrain de Monthois. Pendant ce temps, l’A/C Bertrand épuise ses munitions, mais ne voit cependant pas la chute de son gibier car de nombreux messerschmitt débarquent, son bombardier reste donc considéré comme probable.
A 12h25, 7 appareils (Lnt Mourier, S/L Billoin, adj-chef Bertrand, adj Littolff, cptne Bouvarre et Lacombe) décollent pour une mission de couverture sur secteur, en coopération avec les GC I/3 et I/8 :
-A 12h54, le Lnt Mourier, le S/L Billoin, l’adj-chef Bertrand et l’adj Littolff abattent un Hs 126
-Six minutes plus tard, un second, qui a tenté de s’échapper en piquant dans les nuages, est descendu par les 7 pilotes
-A 13h12, un 3ème « mouchard » est attaqué à 2200m parl’adj-chef Bretrand et le cptne Lacombe ; il est abattu à la sortie d’un nuage par l’ad Littolff et le Lnt Mourier qui l’y attendaient. Il est homologué aux 4 pilotes. Les pilotes se regroupent pour reprendre leur mission.
-A 13h25, un 4ème Hs 126 est abattu sous les coups des 3 patrouilles près de Villers-le-Tilleul, achevé par le Cne Lacombe ; il sera homologué aux 7 pilotes
Dans l’après-midi, deux patrouilles de couvertures sont effectuées. RAS.
A 17h30, 12 appareils décollent pour escorter les 40 LeO 451 des GB I/34, II/34, I/38, II/38 en couverture basse sur le secteur de Sedan, en coopération avec les I/3 et I/8. La patrouilel de Littolff (6 appareils) est coiffée par 12 Bf 109E, mais les français parvienent à les maintenir à distance pendant 30 minutes, permettant à leurs protégés de passaient. Tous les appareils rentrent au terrain.
Le soir venu, un mécanicien part à Monthois réparer l’appareil du Sgt Guillaume, mais des bombardiers allemands l’on surpris en plein travail et on pulvérisé le morane sous ses yeux. Il est cependant indemme.

GC I/8 (Courbes – MB. 152) :
9 appareils décollent pour escorter les 40 LeO 451 des GB I/34, II/34, I/38, II/38 en couverture haute, en coopération avec les I/3 et III/7.
-L’appareil du S/L Gouachon, après avoir abattu un de ses agresseurs, gravement endommagé, s’écrase au sol à Suippes.
-L’adj Choulet, sérieusement touché, doit faire un aterissage de fortune.

GC II/8 (Calais-Marck et Maldeghem – MB. 151) :
2 patrouille se heurtent à des bombardiers au-dessus d’Anvers :
-L’adj-chef Mir et le sgt-chef Gaubert abattent un He 111
-L’adj Clerc, demeuré seul par suite d’un accident au décollage de son équipier, tombe sur un He 111 au retour de la mission et l’abat dans l’embouchure de l’Escault en fin d’après-midi.

GC II/10 (Rouen et Chantilly-les-Aigles – MB 152) :
A 19h, 8 avions consitutent la patrouille médiane d’un dispositif réunissant le GC I/1, le II/10 et le III/10 pour couvrir la 1ère D.C.R. La formation se heurte à des Bf 109 et 110.
-le sgt-chef Hemery est abattu et s’écrase au sol à Merbes (Belgique) avec son appareil ; il meurt lors du crash
-l’adj-chef Couillard est lui aussi abattu à Peissant (Belgique), il en sort blessé
-l’adj Berger s’écrase avec son appareil fortement endommagé à La Bouteille (Aisne), mais il en sort indemme même si son appareil est détruit.

GC III/10 (Couvron – MB. 152) :
Le groupe effectue 3 missions en 19 sorties.
A 19h, 9 avions consitutent la patrouille basse d’un dispositif réunissant le GC I/1, le II/10 et le III/10, dans le but de couvrir la 1ère D.C.R. Le dispositif attaque des Do 17, mais des Bf 109 et 110 interviennent.
-Le sgt-chef Motte est abattu ; il brise le train d’étaerissage lors de l’atterissage. Il mourra à l’hôpital, après avoir été amputé
-Le sgt-chef G. Martin est grièvement blessé à la tête ; il doit se poser dans la région de St Quentin. Il est transféré à l’hôpital, puis capturé
-Le S/L P. Martin est descendu par des Bf 109, il se parachute mais se casse les 2 jambes sur son empennage ; il sera hospitalisé
-Le sgt-chef Jézé, blessé et son appareil très endommagé, s’écrase près de Vieux-Mesnil (Nord), détruisant son appareil
-Enfin, le cptne Guizard, touché durement par les chasseurs ennemis et blessé au bras gauche, pose son appareil en catastrophe près de Valenciennes.
Sur les 12 appareils, un seul rentre à Couvron, pour 6 victoires sûres et une probable.

ECMJ I/16 ( ? – Potez 631) :
3 Potez 631 sont pris à partie à 4000m au-dessus de Mourmelon ; celui piloté par le sgt Sauvage est mis en flammes par méprise par un Hurricane qui l’a sans doute pris par un Bf 110 : le sgt Simon (mitrailleur) est tué, Miraucourt est descendu, tandis que le sgt Sauvage se parachute. Quant à Henri Cormouls, il rapporte : « Le 14, couverture à priori ; attaqué par des Hurricane de la chasse anglaise, j’ai reçu une balle dans le cou. Je me suis posé sur le terrain. (…) J’avais 75 impacts de balles dans mon avion. ».

GB I/12 et II/12 (Soissons-Saconin et Persan-Beaumont – LeO 451) :
8 LeO 451 (3 du I/12 et 5 du II/12) décollent vers 12h45 pour attaquer les troupes allemandes vers Sedan ; ils sont accompagnés par des appareils des I/34, II/34, I/38 et II/38 et protégés par des chasseurs des GC I/3, III/7 et I/8.
Un seul appareil sera descendu par la flak (avant d’atteindre l’objectif, un du I/12 explose suite à coup direct de la flak dans la soute à bombe) ; son chef d’équipage (le S/L Hugot) et son pilote (l’adj-chef Leroy) sont tués, le canonier (Adj Jacquemin), blessé, se parachute. Enfin, le Sgt Lebeaupin (radio-mitrailleur), blessé, se parachute mais est fait prisonnier.
Le n°50, qui ne peut rétracter son train d’aterissage, le n°49 en panne de téléphone à bord et le n°44 rentrent prématuremment, laissant seulement 2 LeO du II/12 accomplir la mission.

GB I/15 (Saint-Yan – Farman 222) :
4 appareils bombardent Sedan et les rives de la Meuse dans la nuit.

GB II/15 (Saint Yan – Farman 222):
2 appareils bombardent Sedan et les rives de la Meuse dans la nuit.

GB I/21, II/21 (Avignon-Chateaublanc, La Ferté-Gaucher et Nangis – Amiot 354) :
2 appareils effectuent la nuit une reconnaissance armée, avec des bombes de 100 Kg.

GB I/34, II/34, I/38, II/38 (Montdidier, Royce-Ami, Troyes-Barbeley, Chaumont-Semoutiers – Amiot 142/143):
20 Amiot décollent vers 12h45 (7 des GB I/34 et II/34, 7 du I/38 et 6 du II/38), accompagnés par des appareils du GB I/12 et escortés par 12 MS. 406 du GC III/7, 6 MB. 152 du GC I/8, et 9 D. 520 du GC I/3.
Raymond Brohon, alors appartenant à la 38ème escadre, nous raconte le déroulement du début de la mission : « Le 14 mai, à 2h du matin, Aribaud reçoit l’ordre de «se rendre en auto, sans délai, au PC de la division à Laon, il s’agit de se préparer à effectuer de jour, à partir de 6h du matin, une attaque sur les ponts de la Meuse, de part et d’autre de Sedan. Les équipages sont désignés dans le groupement. (…)
Prendront part à l’expédition d’appui immédiat :
-6 LeO 45 du grpt 6
-6 Amiot 143 du grpt 9
-12 Amiot 143 du grpt 10
30 à 40 chasseurs basés sur le terrain de la Fère-Courbes précèderont les bombardiers sur l’objectif et assureront la protection. (…) Le général Escudier affirme qu’il n’a pu obtenir du GQG Air que les vieux et et lents amiot 143 ne participent pas à cette mission de sacrifice. Le commandement utilise ce qu’il a sous la main. Altitude de bombardement : 900m. Heure de rassemblement autour du terrain de La Fère : 11h40. Heure de bombardement : 12h15. (…)
Aribaud, ayant manqué le rendez-vous de la chasse [les appareils du I/38, en avance de 5 minutes, ont en effet manqué le rendez-vous avec leur escorte], décidera de rentrer au terrain. (…)
» Vers 12h53, les 7 appareils du groupement n°9 se présentent au-dessus de l’objectif, à 900 m d’altitude, ce qui provoque le réveil de la flak et des Bf 109 et 110.
A présent, voyons la suite telle qu’un appareil de la 34 escadre l’a vécue (l’équipage de l’Amiot n°69, commandé par Marie, du GB I/34) :
« -Thévenard, ouvrez l’œil ! On arrive dans la zone dangereuse. Ils peuvent nous tomber dans le dos d’une seconde à l’autre ! Crie dans le vent le capitaine Marie
-Compris, mon capitaine. (…)
Ayant branché son téléphone à l’une des prises échelonnées dans le couloir, Marie appelle le pilote, l’adj-chef Speich.
-Allo Speich ?
-Allo, mon capitaine
-Ca va ?
-Ca va.
-Tenez bien le cap. C’est toujours au 90.
-Compris, 90. C’est Sedan, mon capitaine, cette ville-là, en allant vers la gauche, avec ces toits d’ardoise ?
-Oui, c’est Sedan. On est arrivé. (…)
En avant et à droite de l’avion-guide, quatre flocons d’un blanc laiteux viennent soudain de naître. Ils s’épanouissent et s’enflent démeusurément comme des ballots de coton suspendus dans le vide : les premiers coups de la Flak. Tout le monde sait ce que ça veut dire. C’est la salve de réglage. Elle n’a pas été au but, c’est de la veine ! Gare aux autres !
Celles-ci arrivent dans le même instant. L’air s’est embrasé d’un seul coup. (…) Les obus traceurs croisent et recroisent les trajectoires des flocons noirs comme les barreaux d’une cage lumineuse. (…) Dans les carlingues, le bruit est devenu assourdissant. Les coups de gong sourds se succèdent sans intterruption sur la basse des moteurs. (…) Des déchirures menaçantes s’ouvrent dans les fuselages et dans les ailes. (…)
Les Morane 406, qui jusqu’alors sont restés à la hauteur des amiot, prennent de l’altitude, autant pour ne pas rester inutilement exposés au tir de la Flak, que pour mieux assurer la protection des bombardiers contre la chasse ennemie. Celle-ci ne saurait, en effet, tarder à paraître. (…)
Soudain le halètement saccadé d’une mitrailleuse domine le grondement des moteurs puis les éclatements d’obus. Puis un autre. Un autre encore. De proche en proche le combat s’allume. Les Messerschmitt viennent d’entrer dans la lutte. (…) Les Amiot se défendent avec énergie et le crépitement des mitrailleuses avant et des mitrailleuses arrière est devenu incessant. (…)
13h15. Les 4 appareils de la cellule de tête, bien que criblés de balles et d’éclats, sont encore intacts dans leurs œuvres vivres. Il n’en est pas de même pour toute la formation. Déjà, de sinistres torches se sont allumées dans le ciel et plusieurs Amiot, en flammes, ont coulé à pic. (…)
A cette altitude moyenne, on ne perd aucun détail de ce qui se passe au sol. (…) L’ennemi a largement débordé sur la rive gauche de la Meuse et la tête de pont qu’il a réussi à y établir prend de terribles proportions. (…) Couper les ponts n’a presque plus de signification, car, situation des plus graves, la Meuse est déjà sous le feu de notre artillerie, trop lointaine. (…)
Mais voici les 4 Amiot bientôt à la verticale des objectifs. (…) Le sgt-chef radio-mitrailleur Thévenard, comme il se penche à son vertigineux balcon, voit exploser la première salve de bombes, larguée sans doute par l’avion-guide du cptne Véron. (…) Beau travail ! En quelques secondes, le carrefour est devenu méconaissable, remplacé par un alignement de cratères violet-sombres, au milieu d’un amas de chars et de voitures écrasés et culbutés.
Le sgt-chef Thévenard va crier d’enthousiasme, lorsqu’une volée de fragments de rhodoids pulvérisés arrive dans un bruit de tonerre et le cingle au visage. Une trombe d’air s’engouffre dans le couloir, balayant tout sur son passage. Là-bas, à l’extrême pointe du fuselage, la mitrailleuse du sgt-chef Legrand brusquement s’est tue. La tourelle avant a été emportée par un obus de plein fouet. (…) L’avion n’a plus d’avant. A sa place, une plaie béante aux lèvres en tôle déchiquetées ouvre sur le vide. Par miracle, le sgt-chef Legrand est toujours là. L’obus a enlevé le poste au moment où il venait de le quitter pour 2 secondes, afin de prendre des chargeurs disposés à deux pas, plus en arrière. (…)
Le capitaine Marie, sa visée faite, a largué ses premières rafales en même temps que larguaient les leurs le cptne Véron à bord du 80 et le Lnt Foucher à bord du 85. Puis, adressant un sourire significatif à son équipage, Marie est allé au milieu du couloir faire jouer la commande peinte en rouge de la porte d’évacuation. (…) Tous ont compris. Le 69 doit être considéré comme en perdition. Dans un instant peut-être, il faudra, sur l’ordre du chef de bord, aller s’assoir là-bas, sur le parquet de fer, laisser pendre ses jambes et se jeter.
Si le 69 est en perdition, le 56 lui, est déjà perdu. Les autres équipages le voient soudain s’enguager dans un terrible piqué. Une abondante fumée noire, puis d’horribles flammes, longues 3 fois comme l’avion s’achappent de ses réservoirs. (…) Le serg-chef Occis, pilote du 56, tente contre tout espoir d’atterir en flammes sur les prairies avoisinant la Meuse. Mais bientôt le contrôle de ses commandes lui échappe. L’avion n’est plus qu’une fournaise. Toute maneouvre est devenue impossible. 2 paquets blancs s’échappent du brasier et s’ouvrent presque simultanément comme des fleurs géantes. Ce sont les parachutes du sgt-mitrailleur Gely et du sgt-radio Ankaoua. (…)
A bord du 56, seuls les deux officiers sont restés : le cdt de Laubier et le Lnt Vauzelle. Ils ont dédaigné le salut. (…) Vauzelle parvient jusqu’au poste de second pilote et saisit les commandes, car voici que le 56, traînant sa chevelure de flammes, semble reprendre vie. Nul doute, il se rétablit en ligne de vol ! (…) On vit à bord. On y vit d’autant plus que l’on continue d’y combattre. Voila que la mitrailleuse du cdt de Laubier parle. (…) Une seconde encore et l’amiot n°56, bolide empenaché de flammes et d’étincelles, va percuter le sol dans un sombre rejaillissement de feu et de poussières. (…)
A bord du 69, la situation va devenir rapidement intenable. Toutes ses bombes ont été larguées. (…) Personne n’a d’illusions. Dans l’état où il se trouve, le 69 ne pourra tenir l’air longtemps. Et les obus s’acharnent toujours autour de lui. (…) Le sgt-chef Thévenard est touché à la jambre. (…) Il n’interrompra pas pour autant son tir. (…)
Soudain, le sgt-chef Thévenard, les yeux agrandis, tend les bras. Une bombe est restée accrochée là-bas, sous le plan gauche ! (…) Thévenard la désigne au cptne Marie. Celui-ci maneouvre aussitôt, mais en vain, tous les leviers pour la libérer. Rien à faire ! (…) Soudain, le mitrailleur Legrand, réaparait dans le couloir et revient trouver Thévenard. Ordre du capitaine : l’avion s’embarque en piqué, le pilote ne peut le rétablir et pense que les commandes de profondeur sont ou coupées ou coincées. (…) Thévenard, traînant sa jambe blessée, se met en devoir de vérifier lui-même le parcours des commandes depuis les coffres à bombes jusqu’à l’étambot. (…) Et voila que soudain, le 69 se rétablit. Le pilote, SPeich, a pu remettre l’avion sur sa ligne de vol. (…)
Le sgt-chef Teyssier surgit de nouveau sur son échelle et, le poing tendu, hurle à Thévenard des injectives difficiles à saisir. Thévenard comprend qu’il l’accuse d’avoir tiré maladroitement avec ses mitrailleuses sur l’avion lui-même. Des balles venues de bas en haut ont criblé le fuselage tout autour de Teyssier. Non, ce n’est pas Thévenard qui a tiré. Un vrombissement cuivré couvre la voix des moteurs. Une ombre d’oiseau de proie à touche l’Amiot, vire à gauche et, dans un éclair, présente ses croix blanches.
-Un Messer ! (…)
-Sommes attaqués, signale Thévenard. Un Messer tout seul, par en-dessous. Il vire à gauche en montant !
Aussitôt, l’adj Speich manœuvre. Justement les nuages sont là. Speich y jette le 69 et pénètre dans le brouillard laiteux. (…) L’Amiot en ressort aussitôt, ruisselant de soleil. Personne n’apperçoit plus d’ennemis. Dans le même temps, le bruit assourdissant des éclatements d’obus cesse comme par enchantement. Le 69 est sorti de la zone dangeureuse.
Non, on ne sera jamais tranquilles ! Voila que le jumelage de Tessier, là-bas en arrière, parle. (…) Oui c’est encore un Messer, un seul. Le voilà ! Il monte sournoisement, cherchant à se placer dans l’angle mort, sous la queue. Il grandit à vue d’œil, terriblement plus radide que l’amiot. (…) Thévenard, qui ne le quitte pas des yeux et l’a pris dans son collimateur, le voit se cabrer sous un angle accentué, afin de freiner pour se mettre en bonne position de tir. (…) Le pilote allemand va se présenter ainsi durant quelques 10ème de secondes comme presque immobile par rapport à son adversaire, et en plein dans le champ de ses pièces. (…) Le pilote du Messerschmitt comprend le danger. Il se sait attendu et cherche à sortir du champ des mitrailleuses de l’Amiot. Il force d’allure, s’approche à moins de 50m et ralentit alors à fond. (…) Mais la perte de vitesse imminente le gène. Ses commandes mollissent. Difficile de manœuvrer ! C’est l’instant qu’attendait Thévenard. (…) Il distingue la tête du pilote allemand à travers son pare-brise, tout près. Celui-ci ouvre le feu le premier. (…) Des coups de fouet bleuâtres encadrent Thévenard, sans le toucher. Thévenard n’a pas tiré. L’œil rivé au collimateur, il attend que le chasseur ennemi décroche pour refaire son attaque. (…) Mais le pilote du Messerschmitt, d’une étonnante témérité, met pleins gaz et cherche sa visée. (…) Empennages en vue, Thévenard écrase la commande de tir. Oh rage ! 5 ou 6 balles seulement s’envolent. C’est l’enrayage ! Et c’est la rafale allemande, la seconde, qui arrive à bout portant. (…)
Il est 13h40. L’incendie gagne rapidement. Thévenard a prévenu le cptne Marie et tout l’équipage. (…) Aux postes d’abandon ! (…)
Le 80, avion de tête, après avoir largué ses bombes sur les ponts de la Meuse, a été gravement atteint pas la Flak. (…) 2 patrouilles de 3 Messerschmitt surviennent, attirées par cette trainée de neige. Chaque pilote, en ligne de file, envoie au passage, à l’adresse de l’amiot, une courte rafale d’une dizaine de balles. (…) A 13h45, le 80, incapable de tenir plus longtemps, se pose avec son équipage sein et sauf à Bétheniville, près de Reims.
[Le 85, pris à partie par la flak après avoir largué ses bombes, a été ensuite attaqué par un Bf 110. Il a réussi cependant à atterir à Nangis]
»
-1 appareil est abattu, (le n°56, du II/34)
-un autre sérieusement « poivré » (n°85)
-deux autres font demi-tour avant d’arriver sur l’objectif.
Les 4 appareils du GB I/34, quant à eux, réussissent à porter coup au but sur le ravin de Givonne.
Au I/38,
-Un appareil est endommagé par la flak et attaqué par des Bf 109 ; il s’écrase sur le ventre près de Vouziers, laissant son équipage indemne.
-Un autre termine sa course dans une ville, près de Bétheniville. Les deux autres appareils regagnent Nangis.
Quant aux 6 appareils du GB II/38, ils déversent leur cargaison de mort sur les concentrations de véhicules au nord de Sedan, malgré le rideau de la flak et des messerschmitt. Un appareil doit rentrer à la base.
Au total, la moitié des 10 amiot enguagés sont abattus.

GBA I/54 et II/54 :
Les 3 appareils restants du I/54 et 6 autres appareils du II/54 décollent vers 14h pour contrer les troupes allemandes à Sedan, qui franchissent la Meuse. Ils sont escortés par 14 D. 520 du GC I/3, 8 MB 152 du GC I/8 et 15 Hurricane. Tous les appareils rentrent.

GAR I/14 ( ? – Potez 63.11) :
Au cours d’une mission après décollage à 5h40, se heurte à 15 Bf 110. Mais le pilote réussit à leur échapper en se cachant dans les nuages et parvient à rentrer.
L’appareil repart ensuite à 8h50, pour reconnaître la région de Naumur, où il est violament pris à partie par la flak. Le pilote pique alors vers le sol pour y échapper en vol rasant. Mais la flak coupe l’artère fémorale du Lnt Kervella (observateur). Le pilote, sgt Rouch se pose sur le premier terrain, mais son coéquipier mourra lors de son transfert à l’hôpital.

GAR II/22 (Vassincourt – Potez 63.11) :
A 17h, un appareil (St Genis, adj-chef Coudouw et Sgt-adj Crutel) part en mission sur la « poche de Sedan ».
Lors du transfert vers Vassincourt dans la soirée, un appareil se met en perte de vitesse alors qu’il approche du terrain. Il s’écrase en flammes, tuant l’équipage : le S/L Drouet (observateur), l’adj-chef Le Bail (pilote) et le Sgt-chef Le Cossec (mitrailleur).

GAR I/36 (Martigny – Potez 63.11) :
Un appareil décolle à 0h30 pour une mission de reconaissance profonde des lignes ennemies. Au moment de l’aterissage, 2 heures plus tard, il s’écrase en bordure du terrain car il a été gravement touché par la flak. L’appareil prend feu, tuant le pilote (Cptne Louchard) et l’observateur (Lnt Pierrat). Le mitrailleur, le Sgt-chef Fèvre, blessé, est fait prisonnier.

GAO 501 (Fort-Mardyck – Potez 63.11) :
Le colonel Henri Moguez nous raconte les évènements de la journée :
« Une reconaissance est effectuée au lever du jour par le cptne observateur Gardeur, l’adj-chef pilote Dufour et l’adj-chef mitrailleur Legrand. Elle a pour but de rechercher les indices d’attaques ennemies sur le front occupé par la 25ème DLM, entre Huijbergen et Brecht.
Cette reconaissance bénéficie de la protection d’une patrouille triple de chasse du groupe I/4. (…)
La mission est effectuée dans d’excellentes conditions, par un très beau temps. L’observateur survol à 600m d’altitude, de 5h30 à 6h30, toute la zone nord d’Anvers, poussant des pointes jusqu’à Zunder. Il n’apperçoit aucun indice d’activité ennemie. L’avion n’est soumis à aucune attaque de chasse, ni à aucun tir des troupes à terre. (…)
Une seconde reconaissance a lieu au début de l’après-midi. Elle a pour but de rechercher les troupes amirs privées de moyens de liaison dans la région Woensdrecht – Berg-op-Zoom et de leur lancer, par message lesté, les ordres du général Sciard. Cette mission est effectuée par le Lnt observateur Lefebvre, le sgt pilote Bourdon et le sgt mitrailleur Dardaine, avec la protection d’une patrouille de chasse triple [du GC I/4].
L’observateur n’apperçoit aucun uniforme, mais repère à Woensdrecht un rassemblement de voitures semblant indiquer un P.C. : acceuilli par des tirs violents de mitrailleuses et de canons de petit calibre, il croit être l’objet d’une méprise de la part des fantassins français, descend à 50m et lance ses messages.
En réalité, l’ennemi occupait le village. L’avion rentre avec plusieurs traces de balles et d’obus.
».

GAO 502 (Villers-les-Guise, Aisne – Potez 63.11) :
Un appareil, gravement endommagé par la flak au cours d’une mission, s’écrase à l’atterissage, mais son équipage est indemme.

GAO 545 ( ? – Potez 63.11) :
Un appareil décolle à 10h15 pour une mission de découverte, avec le tracé Valenciennes-Mons-Charleroi-Gembloux. A leur arrivée sur la dernière zone, 9 Bf 109 les enguagent. Après 10 minutes de combat, l’appareil est en flammes. L’équipage parvient à le poser à 10 Km au sud de Charleroi : l’appareil est entièrement détruit, mais l’équipage est indemme.

GAO 547 ( ? – Potez 63.11) :
A 10h, un appareil décolle pour une mission de reconaissance d’éléments motorisés dans les bois de l’Or et bois Hutin. Il rencontre la chasse ennemie, qui l’abat à Monthermé. Tout l’équipage est tué.
En fin de soirée, un autre appareil décolle pour une missin de reconaissance dans la vallée de la Bar. Alors qu’il regagnait sa base, l’appareil est attaqué par 4 Bf 110 qui le touchent. Le pilote cherche à poser son appareil, mais il s’écrase dans la forêt de Froidmont. Seul le pilote, le cptne Marrast, a pu se déguager (gravement brûlé, il est porté à l’hôpital où il décèdera le lendemain) ; son obsevateur (le S/L Levasseur) et son mitrailleur (le Sgt Mougne), n’ont pu se déguager et sont morts carbonisés.

GAO 3/551 ( ? – Potez 63.11) :
Un appareil, touché, se pose. Mais son train d’aterissage cède, et l’appareil s’écrase.

AB 2 et AB 4 (Berck – LN 401) :
Les appareils attaquent les colonnes ennemies.

F1C (Calais-Mark – Potez 631) :
L’escadrille AC1 effectue une mission de protection des troupes terrestres qui évacuent Flessingue, mais ne rencontre pas d’ennemi.

Aux Pays-Bas :

1ère ou 2ème et 4ème JaVa (Schipol, Waalhaven ou Bergen – Fokker G. 1A et D. XXI):
5 Fokker G.1A et 5 D. XXI décollent pour mitrailler les troupes allemandes. Un des D. XXI est abattu par des tirs « amis », tandis que l’un des bimoteurs est endommagé au décollage.

1er, 2ème, 3ème ou 4ème Verkennings Groep (Hilversum, Ypenburg, Ruigenhiek ou Gilze-Rijen – Fokker C. V) :
Dans l’après-midi, 2 appareils effectuent une dernière mission de reconnaissance à l’ouest d’Utrecht.

Strategische Verkennings Afdeling (Bergen – Fokker C. X):
Dans l’après-midi, 2 appareils effectuent des vols de reconnaissance près de Rotterdam et Doordrecht, l’un d’entre eux est littéralement surpassé par les chasseurs ennemis et détruit.

En Belgique :

I./1. Aé (Hingene – Fairey Fox) :
A 6h00, 3 Fairey Fox décollent pour une mission de reconnaissance sur le canal Albert. Ils sont tous abattus.

II./2. Aé (Brustem – Fiat CR. 42 et Fairey Firefly):
6 Fiat CR. 42 décollent à 11h13 pour couvrir l’évacuation du 3. Corps dans le secteur de Fleurus. En chemin pour Fleurus, l’un d’eux attaque un bombardier allemand, qui s’échappe. Peu après, les autres appareils sont engagés par des Bf 109, qui abattent un appareil.
A 15h20, les Fairey Firefly doivent effectuer un vol de propagande, afin de « montrer les cocardes ». Mais près de Keerbegen, ils sont pris pour cible par la DCA Belge qui les prend pour des allemands. Elle touche l’un des appareils au moteur, si bien qu’il doit effectuer un atterrissage forcé qui blesse légèrement son pilote.

V et VI./1. Aé (Duras et Hannut – Fairey Fox et Renard R. 31) :
Un Fairey Fox et un Renard R. 31 effectuent un vol de reconnaissance, mais le fox est abattu au-dessus des lignes allemandes.

III./3. Aé (Belsele – Fairey Battle et Fox) :
2 Fairey Battle effectuent un vol de reconnaissance, et ils rentrent si endommagés qu’ils doivent être ferraillés. Un Fairey Fox mitraille l’infanterie allemande près d’Holsbeek, mais il est abattu par la flak, entraînant son équipage dans la mort.

Chez les anglais :

N°103 et 150 Sqs ( ? – Fairey Battle) :
4 appareils (seulement !) sont envoyés à 6h30 contre les panzer à Sedan.

La Luftwaffe revendique 200 avions abattus.[b]


Dernière édition par fanavman le Sam 21 Jan 2012 - 17:07, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 14 mai 1940   Mer 4 Jan 2012 - 22:26

Excellent Fanavman, ça nous fait une petite heure de lecture ; écoeuré qu'il y ait des traitres en 40
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MessageSujet: Re: 14 mai 1940   Mer 4 Jan 2012 - 23:25

Citation :
écoeuré qu'il y est des traites en 40
Je n'ai pas l'impression que ce soit des traitres, mais plutôt des erreurs humaines, certains appareils ressemblant à la forme d'appareils ennemis. Les français confondaient parfois, par exemple, des Potez 63 avec des Bf 110.
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Marc_91
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MessageSujet: Re: 14 mai 1940   Jeu 5 Jan 2012 - 4:36

Il y a eu beaucoup d'erreurs d'identification, et spécialement de la part de la DCA ...

Parmi les 2 douzaines de LN.401, par exemple, au moins un, et probablement un second, ont été abattus par erreur d'identification du chef de pièce ;

Voir aussi le téoignage de DomiNord et de son cousin sur quadrimoteur Farman ...
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yvon bonnemer
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MessageSujet: Re: 14 mai 1940   Jeu 5 Jan 2012 - 11:42

Non je ne parlais pas de genre d'erreurs,mais les D520 qui étaient HS au sortie de l'usine par des saboteurs communistes
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Gretsch
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MessageSujet: Re: 14 mai 1940   Jeu 5 Jan 2012 - 12:05

D'où sors-tu cela, Yvon? Les D.520 sortaient d'usine en parfait état, les quelques incidents relevés ont tous fait l'objet d'enquêtes poussées de la part des autorités (Renseignements généraux, enquêteurs dépêchés par l'armée de l'Air...), qui ont toutes conclu à des causes accidentelles... Par exemple, une série de compresseurs défectueux qui ont tous cassé lors des essais sur piste. Les ouvriers, communistes ou non, étaient tous surveillés, notamment les nombreux Espagnols et les Polonais, des rapports hebdomadaires étaient rédigés à ce sujet et remis au préfet, qui transmettait au ministère de l'Intérieur. Tout cela est consultable, donc vérifiable.

Le fait que les avions n'étaient pas "bons de guerre" à la sortie d'usine a d'autres causes. Premièrement, les usines n'avaient pas le droit de disposer d'armements, donc les avions étaient livrés à l'armée de l'Air dépourvus de tout équipement d'armes (canons, mitrailleuses et collimateurs). Ensuite, les équipements standards devant être installés sur les avions provenaient d'équipementiers divers qui avaient le plus grand mal à répondre à la demande, qui était énorme. La construction des avions avait été rationalisée, mais pas celle des radiateurs, des radios, des hélices... Les moteurs arrivaient en usine par lots, correspondant à des dotations précises décidées par l'armée de l'Air.

Alors, il y a certainement eu des sabotages dans certaines usines d'aviation (Amiot est un fait avéré), mais pas à Toulouse. En revanche, des ralentissements volontaires de la cadence de travail de la part de certains ouvriers, je pense que c'est indéniable, bien que pas significatifs. Les retards concernant le D.520 proviennent surtout du fait que l'avion était encore en cours de mise au point lors de sa production en série, et qu'il a souvent fallu modifier des avions déjà terminés, donc les ramener sur les chaînes...

Pascal
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yvon bonnemer
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MessageSujet: Re: 14 mai 1940   Jeu 5 Jan 2012 - 23:36

Oui Pascal je sais déja ça mais Fanavman en parle dans son texte et c'est pour ça que j'ai réagi
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