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 13 mai 1940

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fanavman
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MessageSujet: 13 mai 1940   Lun 26 Déc 2011 - 20:13

13-mai-40 (Victoires : 25 sûres et 17 probables, Pertes : 20)

En France :

GC I/1 (Chantilly-les-Aigles – MB. 152) :
A 9h35, une patrouille décolle pour couvrir le secteur Namur-Huy-Hannut-Gembloux. Elle aperçoit un Do 17 signalé par la DCA, qui largue ses bombes sans attendre et s’échappe. A 10h15, la patrouille repère à nouveau un Do 17, qui est attaqué ; il s’enfuit dans les nuages mais sentant qu’il va se retrouver confronté à la patrouille guide, il plonge au ras du sol, direction sud-ouest en rase-mottes. Le Cne Maréchal, le Sgt Fiala, l’adj Verots l’attaquent et le poursuivent à l’intérieur des lignes. L’ennemi réplique. Il semble désemparé au bout de quelques minutes de combat, mais comme la patrouille se rassemble, ce résultat n’est pas confirmé : il est considéré comme probable.
Dans la soirée, 27 appareils des GC I/1 et II/8 escortent 7 LeO 451 des GB I/12 et II/12 qui doivent bombarder le plateau au-dessus de Dinant. De par le mauvais temps et surtout la flak qui se manifeste beaucoup dès le franchissement des lignes, le dispositif rebrousse chemin.

GC III/1 (Moerbecke – MS. 406):
Mouvement sur Norrent-Fontes.
Le groupe est chargé de couvrir le secteur Rosendael-Brecht : 6 appareils décollent à 8h. Ils apperçoivent des Heinkel, qui leurs échappent dans les nuages. Cependant, la protection réagit : des Bf 109 attaquent les appareils :
-le Sgt Cazade est le premier à être attaqué, il ne recoit que 2 balles dans l’avion
-le Sgt Pralon, dont la tuyauterie est touchée, doit faire un aterissage forcé dans la région de Rosental. Il rentrera au groupe 2 jours plus tard.
-Le lnt Béran est tué dès le début de l’attaque, d’une balle dans la tête
-L’adj-chef Bassaget, appareil mis en flammes, saute en parachute, gravement brûlé
-Le Lnt Calmel cède sous le nombre : il est abattu par 4 Bf 109, blessé à la jambe et son avion s’écrase au sol
-L’adj Dechanet s’écrase près du terrain
-le lnt Bursztyn est abattu également, il est blessé.
Vers midi, 9 Morane (une patrouille du III/3 et 2 du III/1) décollent pour la même mission, sur Rosendaal. Ils apperçoivent 2 Bf 110 et leur protégé, un Do 17 : ils attaquent ce dernier, qui se réfugie dans les nuages en émettant de la fumée : il est considéré comme probable (il se posera en Belgique). Les Morane regagnent le dispositif, en laissant sur place les Bf 110.

GC I/2 ( ? – MS. 406) :
A 4h50, une mission de couverture du terrain est effectuée. Les pilotes poursuivent 6 bombardiers sur 40 Km, mais n’arrivent pas à les approcher.
La seconde mission de couverture (6 pilotes) connaît la même mésaventure : un Do 215 est accroché vers Toul à 6000m, mais il fuit vers l’Est en piquant et les distance. Seul le S/C François s’est approché et a tiré, semble t-il sans résultat.
A 20h15, une dernière mission de couverture du terrain est effectuée, RAS.
Le groupe effectue 24 sorties en 5 missions.

GC II/2 (Laon – MS. 406) :
Le groupe n’effectue pas moins de 4 missions en 33 sorties, majoritairement pour escorter des missions de reconnaissance.
A 4h50, un Do 215 est pris en chasse par la patrouille double d’alerte (Cne Labit, Cne Alexandre, S/L Acquilina, S/C Desrumeaux, Sgt Bernavon et Sgt Fortin) au ras du sol. 2 appareils français sont touchés par les mitrailleurs, puis le gibier réussit à s’échapper. Il sera cependant attribué comme probable aux 6 pilotes.
Vers 9h00, une patrouille triple à l’origine prévue pour une mission d’escorte de Potez 63.11 décolle à vue alors qu’une formation Do 17, escortés de Bf 110 survole le terrain de Couvron (où le groupe remplace le GC I/1) :
-L’A/C Dorcy, l’Adj Pollono, le S/C de la Gasnerie et le Sgt Breintenstein touchent l’un des bimoteurs, dont les occupants se parachutent en chandelle
-l’Adj Polono, touché lors d’une passe frontale, doit rompre le combat.
Les allemands finissent par rompre le combat, ce qui arrange les français dont plusieurs appareils sont touchés.
A 10h30, le Sgt Bernavon décolle seul à vue sur un groupe de He 111. Il attaque à 4 reprises l’un d’eux qui est isolé, mais il reçoit l’ordre de rentrer car la formation ennemie a fait demi-tour.
A 16h35, 12 appareils décollent pour une mission de destruction sur le front de la Meuse entre Mezières et Givet. Les appareils engagent à 17h10 une formation de 7 Do 17 ; l’un est abattu mais les tirs obligent 3 appareils à rentrer, tandis que le gibier se cache dans les nuages. Un peu plus tard, 2 patrouilles (S/L Robiaud, A/C Bricart, Sgt Bernavon, Sgt Parent et Sgt Fortin) tombent sur un Hs 126, qui est abattu (probable), mais dont le mitrailleur réussit à endommager l’appareil du Sgt Bernavon et l’oblige à rentrer. A17h35, 30 Bf 110 tombent sur les 6 Morane restants à la verticale de Mezières. Les Moranes abattent 3 Zestorer (2 sûrs et 1 probable), mais 3 appareils ne rentrèrent pas au terrain :
-l’A/C Renaudie, en tentant de déguager on coéquipier, est surpris par un Bf 110 ; le français s’écrase avec son appareil en flammes
-le Cne Gail est abattu dans des conditions similaires
-le Cne Bertrou, magasins à sec, s’accroche à un bimoteur et terminera sa course au sol
Seuls 3 cocardes françaises rentreront au terrain (avec les appareils plus ou moins endommagés), pour 3 victoires seulement.
Pendant ce temps, la 4ème escadrille assure une mission de protection ; elle affronte des Bf 109 et un Dorinier, sans résultat.
Au soir, le groupe ne dispose que de 7 appareils disponibles.

GC III/2 (Cambrai-Niergies – MS. 406) :
A 5h35, le terrain est attaqué par 9 He 111. Le Cne Rougevin-Baville et le S/L Lansoy, qui étaint déjà en couverture depuis 4h50, sont rejoints par le Lt Peuto, le S/C Elmlinger, le Sgt Zinnecker et l’A/C Nédélec. Malgré les tentatives de chacun d’eux, les tirs des mitrailleurs de défense empêche toute efficacité. Cependant, l’un des bombardiers s’éloigne du groupe, touché ; il sera attribué aux 6 pilotes comme probable. Les 8 Heinkel restants prennent la fuite, tandis que 2 appareils français revienent abîmés (l’A/C Nédélec est même légèrement blessé au visage).
« A 9h45 et à 2500m, (…) Romey aperçoit un bombardier Heinkel 111. Poussant de l’avant, le pilote ennemi cherche à s’éclipser vers les lignes allemandes. Il n’est plus temps. Forçant l’allure, Romey le rejoint et le crible de projectiles. Les deux moteurs du Heinkel prennent feu, et l’appareil tombe en flammes. »
Entre 15h et 15h30, une patrouille simple participe avec 4 autres à une mission sur le secteur Tirelemont-Saint-Trond, Namir. Un Hs 126 est intercepté, mais il s’échappe. Ils repèrent un autre Hs 126, qui amène les français sur un nid de Flak : le Cne Corniglion-Molinier, le Lt Lechat, l’Adj Danse, le S/C Chambon descendent un Hs 126, en coopération avec les Adj Boyer, S/C Morlot et Sgt Bodin du III/7. Cependant, un deuxième Hs 126 amène les français sur un nid de Flak :
-le S.C Chambon, appareil en flammes, se parachute au-dessus des lignes ennemies ; grièvement blessé, il est fait prisonnier (il décèdera de ses blessures le 18 mai)
-l’adj Boyer, à l’appareil gravement touché, tente de regagner les lignes amies mais un obus fait éclater son moteur ; le pilote est dès lors obligé de se poser dans les lignes ennemies, l’appareil en feu. Il y est fait prisonnier, et souffre d’une fracture ouverte à la jambe et de très graves brûlures.
Dans la soirée, une mission de protection est effectuée (dont par le Cptne Laskiewicz et le Lt Zantara) sur la Belgique. Au retour, Zantara se perd et doit se poser sur un terrain belge.

GC I/3 (Wez-Thuisy – D. 520) :
Le groupe commence à utiliser des D. 520, avec 31 appareils. Pendant la journée, 18 appareils – 3 escadrilles - seront utilisés.
La première mission du groupe consiste dans la protection des LeO 451 des GB I/12 et II/12, entre19h00 et 20h00. Mais de part le mauvais temps, ils ne peuvent retrouver l’ensemble des bombardiers. A 19h50 :
-l’adj-chef Bourbon surprend un Hs 126 qu’il abat
-le S/Lt Salva et Boutarel contraignent un He 111 à se poser, qui cependant se crashe.
Vers 19h45, 2 nouvelles victoires s’ajoutent :
-le S/Lt Blanck, l’adj Vinchon et le sgrt Rigalleau abattent un « mouchard » (pourtant difficile à abattre) dans le bras de la rivière Semoy
les cptne Pape et Schneider, et le sgt Dumoulin, en abattent un autre dans la forêt de Bouillon
Avec 18 de ces appareils, le groupe obtient donc 4 victoires confirmées.

GC III/3 (Maubeuge – MS. 406) :
A 5h15, 2 patrouilles du III/3 et une du II/6 décollent pour une couverture de la région de Namur. 20 minutes plus tard, ils interceptent un Hs 126 protégé par des Bf 109. Le Cne Duval, l’A/C Marias, le Lt de Chézelles et le Sgt Hurtin le tirent ; ils réduisent le mitrailleur au silence, mais l’avion se réfugie dans les nuages ; il sera retrouvé au sol et accordé aux 3 pilotes.
Pendant ce temps, les 2 autres patrouilles font face à 15 Bf 109 :
-le Cne Duval en attaque 3, mais il est touché par un 4ème. Il part en vrille, mais réussit à en sortir ; il doit quitter la zone de combat, n’ayant plus d’huile et se pose en campagne
-l’A/C Marias et l’A/C Leblanc, aux prises avec d’autres Bf 109, sont touchés, et doivent se pose en catastrophe ; Marias réussit à se poser, mais l’appareil de Leblanc s’écrase en feu ; les 2 pilotes sont indemmes
Entre 9h30 et 10h00, Le groupe effectue une mission de protection du terrain, avec 3 patrouilles légères. Elles décollent à 9h00. Une demi-heure plus tard, près de Bergen-op-Zoom, il repèrent grâce à la DCA 9 He 111. Le Sgt Rebillat en abat un. Il rejoint le dispositif. Une heure après pas moins de 18 Bf 109 sont rencontrés. Le Cne Trouillard fait manœuvrer le dispositif, afin de les attaquer par derrière :
-l’A/C Roger tire un 109 plein travers, son pilote saute. Il observe sa descente, et apperçoit un 2ème au-dessus de lui et lui inflige le même sort qu’au précédent
-le Sgt le Nigen abat rapidement un 2ème
-le S/C Jeannaud, au même moment, fait de même avec un 3ème
-un 5ème est touché en coopération par Le Nigen et Trouillard (probable), mais ce dernier est abattu à son tour par plusieurs adversaires ; il périra dans le crash
Après qu’une nouvelle formation de Bf 109 ait été signalée sur Roosendaal, un nouveau combat s’engage avec des Bf 109 :
-le sgt Jeannaud en abat un
-le cptne Trouillard abat un autre
-L’appareil du S/L Usika est abattu en flammes, carbonisant le pilote
-le Lnt Béran, est tué d’une balle dans la tête dans un combat contre 14 Bf 110.
Vers midi, 9 Morane (une patrouille du III/3 et 2 du III/1) décollent pour la même mission, sur Rosendaal. Ils apperçoivent 2 Bf 110 et leur protégé, un Do 17 : ils attaquent ce dernier, qui se réfugie dans les nuages en émettant de la fumée : il est considéré comme probable (il se posera en Belgique). Les Morane regagnent le dispositif, en laissant sur place les Bf 110.
Dans le secteur de Naumur, la 3ème escadrille vient en renfort du GC II/6 : 6 appareils et 3 du GC II/6, abattent un Hs 126, puis sont attaqués par 15 Bf 109 :
-un chasseur allemand abat l’appareil de l’adj-chef Mathias qui est indemme
-d’autres Bf 109 abattent l’appareil de l’adj-chef Leblanc, qui sort indemne de son appareil détruit.
4 appareils du groupe effectuent de 13h00 à 14h50 une couverture du secteur de Namur, avec 3 patrouilles du II/6. Les appareils du III/3 croisent un Hs 126, qui bien qu’endommagé après les attaques, réussit à s’échapper (il sera considéré comme probable).
Lors d’une nouvelle patrouille en fin d’après-midi, le lnt de Chezelles doit sauter en parachute après avoir été touché par la flak ; il est blessé suite à un tir de paysans français.

GC I/4 (Dunkerque-Mardyck – Curtiss H-75) :
Une patrouille triple effectue une mission de destruction sur le secteur Rosendael-Bretch, de 18 à 19h15. Le lnt Hirschauer attaque 2 He 111, dont un des mitrailleurs le touche ; le pilote doit se poser en campagne. Du côté français, le groupe a abattu 2 bombardiers, plus un Bf 109 probable (cptne Delfino et lnt Hirschauer).

GC II/4 (Orconte – Curtiss H-75) :
6 appareils doivent effectuer une mission de protection d’un avion de reconnaissance. A l’arrivée sur le secteur de l’objectif, un Hs 126 est aperçu puis abattu.
Laissons Plubeau raconter les faits : « Dès notre arrivée sur le secteur, je vois un Hs 126 que je signale. Cet avion nous a vus ; il pique vers le sol dans ses lignes, mais c’est trop tard ; la 3ème escadrille l’attaque. Après une dizaine de passes, le He tombe en flammes au bord de l’Aisne, bascule dans al rivière et brûle en partie de l’autre côté.
Pendant que la 3 se regroupe sous nos patrouilles, 4 Me 109 sortent des nuages à 200m de nous, au nord ; ils remontent immédiatement au-dessus sans nous avoir vus ; j’emmène alors tout le dispositif vers l’intérieur et me replace en protection. De nouveau, nous rencontrons les Me 109, et, cette fois, nous nous bagarrons. Nous les dissocions et les malmenons sévèrement : le Cne Engler et moi en abandonnons un en feu.
Nous nous regroupons et cherchons la 3ème escadrille. Voyant 5 avions de face à une altitude supérieure à la mienne, je vais me placer sous eux, croyant avoir affaire à la 3, lorsque je me rends compte de mon erreur : ce sont les Me 109. Ils ont la supériorité d’altitude. Il n’est pas intéressant de se frotter à eux. Je bats des plans et pique légèrement de l’autre côté d’un nuage. Ils passent de l’autre côté sans nous voir : la prochaine fois nous leur passerons des lunettes ! Je vire derrière les nuages en prenant de l’altitude, mais plus de Me 109 !
Nous retrouvons la 3 et grimpons toujours. Vers 2500m, nous voyons une trentaine de bombardiers allemands qui viennent de l’ouest. Je laisse la 3 attaquer. Elle va faire sa deuxième passe. Pas de chasse ennemie. Je pars également à l’attaque avec mes patrouilleurs.
Nous attaquons la section de droite du peloton de gauche. J’ai quelques difficultés à rejoindre les He 111, car mon avion a été touché au cours de la première bagarre ; j’en suis à 250 ou 300m ; je tire quand même et je suis assez heureux de voir l’ailier droit fumer fortement. Il abandonne sa formation et pique vers le sol. Et d’un ! Au tour du chef de patrouille. Bientôt son avion en fait autant et même davantage. Il ne peut y avoir aucun doute, il brûle. Mes équipiers ont aussi tiré, de même qu’un ou deux autres Curtiss.
Nous allons les abandonner, car l’heure de fin de mission a déjà sonné, mais la n’est pas la raison : nos munitions s’épuisent. Nous ne sommes plus que 4 et, devant nous, venant du nord-est, une belle expédition de bombardiers et de chasseurs s’avance. Je me balance de droite à gauche pour que tout le monde me suive ; un Curtiss reste accroché aux He 111 tout à fait à gauche. Je ne puis le laisser seul, ce serait le vouer à la mort ! Enfin, il revient, mais un peu trop tard, les Me 109, probablement alertés, viennent sur nous.
Le Cne Engler les voit le premier et me les signale. Je vire brutalement. Ils sont là, bien près. L’un tire sur le Cne Engler qui est en virage. Je ne suis pas en bonne position de tir, mais je lâche tout de même une rafale, histoire de faire peur à cet audacieux Fritz qui ose tirer sur notre « Popol ». Le résultat est acquis : le Fritz déguage.
Un autre, je ne sais pourquoi, vient de virer devant moi…Voudrait-il me narguer ? Je le suis et lui lâche quelques pruneaux qui le convertissent rapidement : il pique jusqu’au sol et prend feu. Pendant ce temps, le Cne Engler a aussi descendu son « gaillard ».
Nous nous sommes dispersés dans la mêlée, mon moteur donne des signes de fatigue. Il faut rentrer : je vais au point de ravitaillement, le terrain de Reims. Le S/Lt Rubin et deux autres Curtiss sont avec moi. Je rentre au terrain bien inquiet sur le sort du Cne Engler j’ai vu qu’il était tiré. A-t-il été touché ? Non, car il rentre 10 minutes plus tard. Tout le monde rentre. Belle bataille où les oiseaux d’Hitler, malgré la supériorité de la vitesse, n’ont pas eu l’avantage.
»

GC I/5 (Suippes – Curtiss H-75) :
De 6h à 8h30, le groupe effectue une mission de couverture sur l’Argonne. Un Do 215 ( ? 17) et un He 111 sont abattus. Un Do 17 est attaqué, mais l’un des défenseurs blesse le S/L Scotte.
A 10h, une nouvelle mission de couverture sur l’Argonne est effectuée : 9 appareils se heurtent à 35 Bf 109 et 40 He 111. Marcel Rouquette nous raconte : « Vers 5000m, devant nous et jusqu’au firmament, semble t-il, le ciel est piqué de centaines d’objets. On dirait de grosses mouches. Plus près, c’est une espèce d’armada composée de plus de 60 bombardiers et protégée par beaucoup plus de chasseurs. (…)[50 bombardiers et 80 Bf 109, en fait]
Le cptne Accart prend du champ et de l’altitude, mais de toutes façons, il y a, semble t-il, toujours autant de 109 au-dessus ; et nous voila jetés sur les bombardiers, véritables matelas de feu. Avant que nous les rejoignons, les 109 sont sur nous et cette fois, c’est nous qui sommes les mouches que l’on chasse. J’entends encore aujourd’hui la voix calme de Marin, aussi calme que dans un salon : « Rocca [indicatif radio, ndlr], serrez davantage, virage à droite serré ». Et nous partons dans un virage légèrement piqué, mais tellement serré que je frise à tout instant le voile voir. Je ne vois rien que l’avion de Marin, et celui de Vuillemain, à qui je colle comme une sangsue. A un moment, je le vois tirer, sur quoi, lui seul le sait. Puis le tourniquet se ralentit, repart, on nous tire dessus, puis à nouveau, un calme relatif, le virage se desserre, nouvelle attaque ennemie et cette fois nous éclatons : chacun pour soi….
Tout semble confus dans ma mémoire, je me vois déguager Penzini attaqué par un 109. Ai-je tué ? Je ne m’en souviens plus. Mais je vois, précis, clair, le ventre gris-bleu d’un 109 que je viens de surprendre. (…) Une rafale, une longue fumée, un retournement brutal du 109 et son ventre gris-bleu. (…)
Personne n’est certain d’avoir qbattu qui que ce soit. Vrana, Lnt téchcoslovaque, pilote chevronné, est abattu à sa 1ère mission. Il a pu sauter en parachute, et tout se serait bien terminé, si son accent étranger au milieu de nos troupes au sol ne lui avait pas valu un grand coup de crosse dans la tête. Il nous rejoindra 2 jours plus tard.
»
Voyons comment Accart a lui, vécu cette mission : « Nous étions en patrouille triple de couverture sur les lignes, en fin de mission. Un des équipiers, dont le moteur a consommé davantage que les autres, nous quitte et nous restons 8 pour quelques minutes encore, dépassant l’heure prévue pour protéger nos troupes autant que possible. Les 2 officiers tchèques, le Cptn Va[tasko] et le Lnt Vr[ana], qui sont arrivés avant-hier à l’escadrille, sont à mes côtés, encadrés par les patrouilles de Marin la Meslée et Boitelet.
Nous allons quitter le secteur, quand j’apperçois au loin une nuée d’avions qui arrivent de Belgique vers Sedan. Je me porte à leur rencontre et les identifie bientôt : une quarantaine de bombardiers lours et Ju 87, protégés par 2 groupes de Me 110, immédiatement derrière le peloton, et Me 109 un peu plus loin et plus haut. Cette vision évoque pour moi un défilé de 14 Juillet, la colonne ennemi s’étendant sur tout un coin du ciel.
Que pouvons-nous faire ? Entraîner nos équipiers dans ce guêpier alors que nous sommes presque à bout d’essence ? (…) Folie. Mais l’ordre du jour du Cdt de la IIème armée a prescrit de se faire tuer sur place plutôt que de céder. (…)
Je prends de l’altitude en volant vers l’est pour aborder l’ennemi en venant du soleil et profiter de la surprise pour descendre quelques avions à la 1ère passe. Derrière moi, tous ont compris et sortent les rangs, mais pas un dont le moteur ait une faiblesse subite [un miracle, vu les missions des jours précédents, ndla]. Mon fidèle second [Périna] (…) s’apprête à lutter jusqu’à la dernière cartouche et nous montons vers nos destinées dans le bruit de nos 1100cv. Sièges à position basse, les armes prêtes, les viseurs éclairés, la main sur la manette des gaz, nous sommes maintenant entre le soleil et les Allemands.
Jusqu’ici, ils n’ont pas eu l’air de nous déceler, et la surprise va se réaliser. Gonflés par un premier succès, nos pilotes sont déchaînés. Mais la Flak veille ; à ma gauche éclate une énorme boule de fumée jaune, suivie d’une 2ème. Quelques secondes plus tard, les chasseurs allemands virent vers nous qui sommes un peu bas encore.
Plein moteur, ma patrouille est montée légèrement plus vite que les 2 autres, et, « plus près du bon Dieu », comme dira Marin, est prise à partie la première. J’essaie de la placer derrière un groupe de 5 Me 109 qui tourne à gauche. Il ne réagit pas, mais file plus vite que moi ; je suis obligé de l’abandonner pour faire face à une second groupe de 5 qui va arriver sur mes arrières dans un instant ; le déguagement que j’éxécute me place le dos tourné à un 3ème groupe, et j’en apperçois un 4ème qui pique à la rescousse à moins d’un Km. (…)
Ma patrouille, qui était demeurée cohérente, se dissocie, car le moteur de Va[tasko] s’arrête : plus d’essence au réservoir arrière, et Va[tasko] me perd de vue pendant qu’il passe sur la réserve. De l’autre côté, Vr[ana] a décroché dans un virage serré à droite pour éviter une mauvaise rafale, et le combat se poursuit, ballet infernal dont le nombre de danseurs s’augmente à chaque instant de Messerchmidt en renfort, les bombardiers repassant déjà leurs lignes. (…)
Un Me 109 pique sur mon Curtiss par l’avant ; en cabré je tire pendant qu’il m’envoie une longue bordée de balles et d’obusn mais il passe à me raser sans m’avoir touché.
Je suis mal pris alors par 5 ou 6 Me 109 qui m’arrivent de tous les côtés ; je bascule mon avion, partant plein gaz à la verticale, passe comme un bolide dans la mêlée du dessous et redresse péniblement, les commandes étant durcies par la vitesse.
Je remonte en chandelle pour voir un parachutiste sauter d’un Curtiss enflammé. C’est Vr[ana]. Pas le temps de me perdre en conjonctures, 5 Me me prenant au passage, mais mon appareil n’est ni assez puissant pour reprendre sur eux une supériorité d’altitude, ni assez rapide pour les tirer de près, et les rafales que je tire de loin sont sans effet notable. (…)
Mon niveau d’essence baisse, celui de mes équipiers doit être plus bas encore ; les bombardiers ont disparu et nos bandes sont épuisées. Il ne reste plus qu’à décrocher. Un coup d’œil circulaire pour voir les Curtiss qui déguagent dans des positions invraisemblables, et je disparais à la verticale plein moteur pour redresser au ras du sol. (…)
Sans attendre les absents, car le combustible va nous manquer, nous [Accart et Morel] regagnons le terrain, où je trouverai 2 Curtiss attablés à la soute à essence, 2, plus 5, plus 1 qui est parti avant la bagarre. Vr[ana, qui après s’être parachuté, est fait prisonnier par les Français et sera libéré le lendemain], fait le 9ème. 2 Me 109 ont été retrouvés au sol.
»
A 18h, une patrouille simple est envoyée pour une mission de destruction de ballon, mais elle rentre bredouille.
A 19h, une patrouille double décolle pour une mission de couverture orientée. RAS.
Dans la journée, le groupe a donc perdu 3 appareils et 3 pilotes ont été blessés, mais a obtenu 6 victoires au total.

GC II/6 (Maubeuges-Elesmes – MS. 406) :
A 5h15, 2 patrouilles du III/3 et une du II/6 décollent pour une couverture de la région de Namur. 20 minutes plus tard, une patrouille du III/3 et celle du II/6 font face à 15 Bf 109 :
-l’Adj Lenjaud déguage le Lt Vié, en endommageant un des Messerschmitt, lequel est ensuite terminé par le Sgt Devin
-le Lt Vié déguage l’Adj Leniaud en abattant un 2ème Bf 109
Vers 5h30, 3 appareils s’en prennent à un He 111, qui largue ses bombes et distance ses attaquants. Au retour, ils s’en prennent, avec 6 autres du III/3, à un Hs 126, protégé par une quizaine de Bf 109. Ils l’attaquent, sans effet, puis le « charognard » s’enfuit au ras du sol.
Le groupe effectue une mission de couverture de la région de Saumur, avec 3 patrouilles simples. Vers 10h10, la patrouille est attaquée par 3 patrouilles de Bf 109, qui abattent :
-l’appareil du S/L Gilbert (parachuté, fait prisonnier)
-l’appareil du S/L Riss qui se blesse lors de son atterrissage forcé.
A 9h50, une patrouille triple se rend sur Namur pour une mission de couverture. Elle y apperçoit 20 minutes plus tard un peloton de He 111 protégés par des Bf 109 :
-le Lt Fabre, le S/L de Russé et l’A/C Gaudon abattent un Bf 109 (probable)
-le Lt Sassard, le Lt Karwowski et le S/L Riss en abattent un autre (probable)
-un 3ème est descendu par le Lt Karwowski (probable)
Les français se regroupent sur Namur, où ils tombent vers 10h00 sur 9 Bf 109 :
-ils touchent le S/L Gilbert qui saute en parachute ; il est fait prisonnier suite à son aterissage dans les lignes allemandes
-le S/L Riss et le S/L de Russé, légèrement blessés, se posent en campagne
-l’A/C Gaudon perd ses camarades, mais rencontre un Hs 126. Il l’attaque, sans résultat. Mais l’avion d’observation l’ayant amené sur un nid de Flak, il est touché et doit se poser ; il reoindra Maubeuge dans la soirée
-le S/L Sassard etle S/L Karwowski, égarés chacun de leur côté, reviendront plus tard au terrain avec leur Morane
Dans l’après-midi, le groupe refait une mission similaire dans le secteur de Saumur, avec 3 patrouilles simples. La flak, qui les prend à partie vers 14h dans le secteur de Namur :
-abat l’appareil du sgt-chef Dambrine, qui doit se poser en catastrophe ; il est indemne et fait prisonnier
-donne quelques éclats à l’appareil du S/L Verdier.

GC III/6 ( ? – MS. 406) :
Quelques décollages sur alerte, sans résultat.

GC II/7 (Luxeuil-les-Bains – MS. 406) :
Pierre Boillot nous raconte :
« Le 14 mai, on nous annonce l’arrivée d’un transporteur Bloch 220 qui doit emmener une demi-douzaine de pilotes et autant de mécaniciens, à Toulouse-[Francazal] pour percevoir les premiers dewoitine. (…)
Pour son malheur le Bloch 220 arrive dans le tour de piste du terrain de Luxeil dans le même temps qu’un raid de bombardiers ennemis survole la ville. Le raid n’est pas pour nous, mais la DCA du terrain (quelques canons de 25 et quelques mitrailleuses), au demeurant bien incapables d’inquiéter le raid allemand qui vole vers 4000m, est mise en émoi. Les tireurs s’en prennent furieusement à notre transporteur, pensant que c’est un bombardier ennemi et supposant sans doute qu’il a quitté sa formation pour aterrir.
Pendant toute la prise du terrain de l’avion, les mitrailleuses crépitent. Elles ne s’arrêtent de tirer que lorsque l’avion qui a mis les roues crevées, les moteurs touchés, le fuselage criblé de trous et les freins sans doute hors d’usage, s’arrête au milieu du terrain après un « cheval de bois ». »
René Panhard, alors sgt-chef continue :
« Dans l’après-midi du 13 mai, j’étais en alerte renforcée avec [le S/L] Valentin et [le S/C] Lamblin, ficelés dans nos avions et prêts à décoller. Un message arriva signalant 2 bombardiers Do 17 survolant les Vosges entre Obernai et Gérardmer. Décollage immédiat et interception de l’un d’eux quelques minutes plus tard à 6500m.
Valentin tire le premier et touche le moteur gauche qui se met à fumer. Je lui succède et fais ma passe de tir. Valentin revient à la charge et je lui succède à nouveau. Le Do 17 perd de l’altitude et sa vitesse diminue.
Mais nos munitions sont vite épuisées, et Valentin rentre à la maison. Je ne peux me résoudre à abandonner cet oiseau blessé et continue à faire des passes de tir….fictives, espérant que le moteur droit finirait par lâcher après avoir été forcé de m’échapper. Mais chaque fois que je m’approchais, le mitrailleur de la tourelle arrière m’envoyait une bonne giclée, et je voyais les balles traçantes monter vers moi. Cela dura une dizaine de minutes pendant lesquelles l’avion perdant son altitude, se faufila dans une vallée, déboucha dans la plaine, contourna Mulhouse et traversa le Rhin. Je dûs hélas l’abandonner et rentrai au terrain.
A peine avais-je atteri en utilisant ma dernière goutte d’essence (2h10 de vol) qu’on vint m’apprendre que le Do 17 avait explosé au sol après avoir traversé le Rhin. Une patrouille de 3 Me 109 [ou 10 Bf 110] était aussitôt apparue et avait survolé le brasier. C’était elle que Lamblin avait apperçue alors que Valentin prononçait sa 1ère attaque. Il s’était alors porté délibéremment à sa rencontre. Après les avoir amués quelques minutes, en les attirant loin de nous, il leur avait brûlé la politesse et était rentré. Il méritait un gran merci !
»

GC III/7 (Vitry-le-François – MS. 406) :
A l’aube, le terrain de Niergies est l’objet d’un mitraillage effectué par 4 Bf 110. Le S/L Rupied, en alerte, décolle et en descend un au sud-ouest de Namur. Mais, victime des autres chasseurs, il doit se parachuter.
Entre 15h et 15h30, une patrouille simple participe avec 4 autres à une mission sur le secteur Tirelemont-Saint-Trond, Namir. Un Hs 126 est intercepté, mais il s’échappe.
-les Adj Boyer, S/C Morlot et Sgt Bodin descendent un Hs 126, en coopération avec les le Cne Corniglion-Molinier, le Lt Lechat, l’Adj Danse, le S/C Chambon du III/2, qui amène les français sur un nid de Flak,
-elle abat l’un des Morane, son pilote l’adj Boyer sera très grièvement blessé ; il réussira à s’extirper de sa carcasse en feu grâce à des soldats allemands arrivés sur les lieux.
-elle touche grièvement également l’appareil du sgt-chef Moriot, qui arrive à rentrer au terrain.
Entre 18h45 et 20h15, le S/L Rupied effectue une mission de destruction similaire. A 19h10, il affronte plusieurs Bf 110 au-dessus de Namur ; il en abat un avec un moteur en flammes (victoire confirmée), mais 3 autres Zestorer prennent en chasse Rupied, qui fuit en rase-mottes. Le Morane finit par être touché, Rupied doit évacuer en chandelle. Il tombe en pleine zone de combats, et est suspecté d’être allemand par des soldats belges ; il finira par être sauvé par un général qui le reconduit en voiture à Cambrai.

GC I/8 (La Fère-Courbe – MB 152) :
27 appareils des GC I/1 et II/8 escortent 7 LeO 451 des GB I/12 et II/12 qui doivent bombarder le plateau au-dessus de Dinant.

ECMJ I/16 ( ? – Potez 631) :
Henri Cormouls se souvient :
« J’étais parti à 6h00 du matin pour une couverture au « guet oscillant » avec mes deux équipiers. On nous avait donné l’altitude de 4000m, et alors au lieu de prendre 4000, j’ai fait prendre 1000 de plus pour pouvoir piquer, pour avoir plus de vitesse en cas d’attaque de chasseurs.
Arrivé à 5000m, que vois-je ? Un spectacle absolument extraordinaire, un spectacle venant de l’est, un véritable défilé du 14 juillet : 50 à 70 avions He 111, protégés par des bimoteurs Messerschmitt 110. On essaie la radio : rien du tout.
Ils avançaient toujours et soudain, d’un seul coup, je vois les Hurricane de la chasse anglaise du terrain d’Auberive qui attaquent les Bf 110. Je m’aperçois alors que les Heinkel marchaient toujours en formation, mais qu’il n’y avait plus de chasseurs pour les protéger.
Je pique avec mes deux gars derrière (…), je les ai attaqué de ¾ face, et puis là, presque à bout portant de mes des canons et mitrailleuses, je n’ai pas vu si j’avais descendu quelque chose. Je reviens et pour mes deux aures gars, c’est la même chose : pas du tout inquiétés par les mitrailleurs, ils n’ont pas tiré. Vous savez pourquoi ? Ils croyaient que c’étaient les 110 qui arrivaient sur eux et ils ne s’attendaient pas à voir des Potez 63. La bagarre, à ce moment-là j’allais faire une 3ème attaque, lorsque mon mitrailleur (Bruyère) m’a dit :
« Attention, tu as un avion dans le cul ».
Que vois-je derrière moi ? Un messerschmitt qui allait me tirer. Je pars en virage pleins gaz et je me dis : « Il ne m’aura pas, il ne m’aura pas ».
Le type virait avec moi bord à bord, et c’est là que j’ai vu celui-ci avec ce casque blanc, un pilote remarquable, un type extraordinaire, mais j’avais tellement en main le Potez que j’arrivais, à force de serrer mon virage, à me déguager, et c’est moi qui allait être derrière lui. L’autre, voyant ça, a décroché par retournement et j’ai piqué derrière, mais le Potez 63 virait moins bien que le 110. Il faut vous dire que j’étais aussi un peu fatigué par le combat et que la mission avait déjà duré 2h5mn à l’altitude de 5000-5500m. Il m’a semé et je suis rentré.
Il y a eu plusieurs avions descendus, on ne sait pas si c’est nous ou d’autres parce qu’il y avait plusieurs autres chasseurs enguagés. Je crois me rappeller que Sauvage en a eu un là aussi. Quant à moi, je ne sais pas si j’en ai descendu un ou deux, mais ça n’a jamais été homologué.
».

Patrouille DAT de Chartres (Chartres – MB 151, MS. 406, D. 510) :
Lors d’une alerte, le Lt Zima, sur son MB 151, s’écrase au décollage.

GB I/12 et II/12 (Auzainvilliers et Damblain – LeO 451) :
Seuls 7 appareils sur les 9 disponibles peuvent décoller, pour une mission de bombardement des colonnes allemandes entre Dinant et Ciny, et la tête de pont établie sur l’Ile de Houx. Ils sont escortés par 27 MB 152 des GC I/1 et I/8. Au I/12, un des LeO ne peut décoller, tandis que 3 LeO 451 du II/12 doivent faire demi-tour après avoir décollé.
Dès le franchissement de la Meuse, les bombardiers doivent faire face à un tir de barrage terrible : les 4 appareils du I/12 sont touchés, et un appareil devra rentrer sur un seul moteur. Au II/12, 2 appareils sont tellement touchés par la flak qu’ils doivent faire demi-tour avant d’avoir atteints leur objectif. Si tous les avions rentrent, un blessé est à déplorer : le canonnier sgt Blois.
« Aussitôt Chimay, on survole un étroit couloir entre les bois et Chimay et ceux de Nismes et on pique vers Dinant. Mais tout à coup, un éclair a jailli sur la droite, puis 2, 3, beaucoup d’autres encadrent le groupe. Des éclairs qui laissent aussitôt dans le ciel des flocons gris et sales qu’on connaît bien. (…) Knipping dit sa surprise à son commandant d’avion :
-Ils sont donc là ?
-Oui. Ils sont beaucoup plus avancés que le commandant ne nous l’a signalé.
A ce moment, un obus éclate à l’arrière de son appareil, qui, violemment « soufflé », part sur le nez dans une impressionnante abattée de plusieurs centaines de mètres. (…) Knipping tire sur le manche, sent la machine qui répond et crie :
-Ce n’est rien. (…)
Un autre appareil, celui du capitaine Raillard, piloté par Largeaud, ayant Heuzé comme mitrailleur et Delacroix comme radio, est soufflé également par un obus de gros calibre. Le pilote redresse, mais il éprouve des difficultés à maintenir son appareil en vol normal. (…) Le radio, en-dessous, dans sa cuve s’aperçoit avec stupeur que les 2/3 de l’aileron gauche sont enlevés. (…) La blessure est grave, mais on peut voler quand même. (…)
Voici Dinant et la route de Sorinne, elle charrie des troupes, des tanks (…). L’avion pique sur la route où s’avance la colonne blindée qui vient déjà d’être bombardée par les autres appareils du groupe. La DCA ouvre sur lui un feu d’une violence inouïe. (…) Les bombes sont larguées et arrêtent, d’un seul coup, la colonne. Des hommes sont éparpillés dans les champs. (…)
Largeaud, sans perdre d’altitude, décrit un large virage, pique vers le sud-ouest et suit la vallée de la Meuse. (….)
Mais que se passe t-il ? Raillaird a crié :
« -On nous tire dessus ! »
Encore ! Il y en a donc partout ! (…)
Un projectile a touché le moteur droit d’où sort une mèche de fumée qui grossit tout à coup, s’étire en une longue traînée qui suit l’avion dans le ciel. (…)
Raillard annonce les principales villes, les lieux importants survolés : « Vervins. La forêt de St Gobin. (…) ….la forêt de Compiègne …Voici Creil. Puis Chantilly.
Ramener de 200 Km un appareil avec un seul moteur, les 2/3 d’un aileron en moins et le poser impeccablement avec un « Messier » crevé ! C’est grâce à l’avion sans doute ? Un peu, seulement.
»

GB I/34 et GB II/34 (La Ferté-Gaucher et Nangis – Amiot 143 et 354) :
Dans la nuit du 12 au 13, un appareil survole les pénétrantes vers Maastricht, si bien qu’il se retrouve touché par la flak, et doit se poser sur le ventre. 4 Amiot 143 bombardent dans la nuit Rochefort, Ciney et les ponts du canal Albert. Tous les appareils reviennent, mais l’un d’eux a un des empennages déchiqueté par la flak : à l’aterissage, l’appareil se brise (le Colonel François est légèrement blessé.

GAR II/22 (Châtel – Potez 63.11) :
Un Potez (St Genis, Sgt-chef Beauvais et Sgt Guérin) décolle dans l’après-midi pour une reconaissance sur la Meuse, où la DCA leur tire dessus. A Sedan, ils sont attaqués par 3 Bf 109, qui échappent.
Le terrain est bombardé par les allemands.

GAR II/33 ( ? – Potez 637) :
Un appareil effectue un vol de reconnaissance en vol rasant dans le secteur Sedan-Givonne-Thernorgues. Dès le passage des lignes ennemies, l’équipage reçoit des tirs de la flak. Il repère ensuite un « mouchard », qu’il engage puis abat dans les environs de Givonne. Mais, tels des fauves à l’affut, 9 Bf 109 fondent sur le bimoteur, qui tombe en flammes après une course-poursuite en rase-mottes. Il s’écrase dans les lignes françaises près de Thénorgues (Ardennes) avant d’exploser. Equipage indemne.

GAR I/52 ( ? – MB 174) :
Un appareil effectue un vol de reconnaissance lointaine. Lors du retour, 3 Bf 109 attaquent puis abattent le bimoteur, qui s’écrase à Nicey-sur-Aire (Meuse), tuant son équipage.

GAR II/52 (Couvron – Potez 63.11) :
Un appareil décolle pour une reconnaissance de nuit, mais il percute le sol dans un bois, quelques minutes après le décollage, carbonisant son équipage.

GAO 501 ( ? – Potez 63.11) :
Le groupe effectue 2 reconnaissances dans la soirée. Au cours de la seconde, qui se déroule dans le secteur Breda-Tilburg-Anvers-Eindhoven, 9 Bf 109 attaquent l’appareil et l’abattent, tuant son équipage.

GAO 502 (Villers-les-Guise – Potez 63.11) :
« 7h25. L’avion P. 63-11, n°349, décolle de la Fère-Courbes, que le groupe est en train de quitter pour Villiers. Altitude 500m, il se dirige vers Dinant. Des bombardiers ennemis escortés le croisent, beaucoup plus haut. Mariembourg brûle, comme hier Thin-le-Moutier, Marmelont, etc. et demain d’autres petites cités qui ont le malheur d’être des carrefours…
Et voici la Meuse. Au nord de Dinant fument ses deux rives, fumées bleutées des bois et des herbes, grises des explosions, noires et rougeoyantes des feux d’essence. On se bat déjà, et durement, sur la coupure.
La mission commence. Nous piquons. Désormais, nous nous maintiendrons à 200m ou plus bas, afin de déjouer la DCA et aussi afin de pouvoir sans délai nous coller au sol pour compliquer la tâche des chasseurs ennemis.
Nous avons piqué dans la fumée, le long de l’itinéraire convenu d’avance avec le pilote. (…) Lui, l’observateur, dans son fuseau transparent, ayant tiré à l’avant son siège à glissères… Comment vous faire mesurer la tension qui l’habite ? Tout apaprâit, défile, et disparaît à peine aperçu. Il faut noter, quasi sans regarder ce qu’on écrit, suivre sur la carte, corriger une direction, identifier les lieux, noter des heures, et cela sans jamais repasser sur l’ennemi. (…)
Tout de suite, la DCA, comme déjà l’avant-veille…puissante. Tout l’élément ennemi en station tire, et dans son vol l’avion suscite d’énormes gerbes lumineuses. (…) Dans ce feu d’artifice, le pilote remue durement son avion… On se sent très léger, puis lourd, puis accablé… La main soudain s’élève… et brusqement s’écrase, brisant la mine sur le carnet.
Ciney 5.47… C’est alors que le mitrailleur parle pour la 1ère fois : « 4 Messerchmitt nous prennent en chasse ». L’avion se précipite vers le sol tout proche et fuit vers l’ouest.
Au ras des arbres, à travers près et collines, hors de toute route tracée…L’observateur ne peut plus rien identifier… Il a marqué l’endroit sur sa carte et a noté l’heure : celui lui servira plus tard à se retrouver….
En attendant, il se retire tout à l’arrière de son habitâcle, se serrant comme frileusement contre le pilote, qu’abrite un léger blindage.
L’avion file tout droit, avec de brusques écarts. On voit passer, de temps à autre, une lumineuse… Le mitrailleur tire, tire, sans rien dire. Au bout d’une minute, dans l’interphone, le pilote :
-Nous ne pouvons pas rentrer sans avoir fini la mission !
Et l’observateur :
-Cap au nord-est.
Souci de ne pas tomber en fuyant ? Reflexe militaire ? On n’en a jamais reparlé.
Alors l’avion est enlevé comme par une lame, et tout bascule. Toujours au ras des arbres, cap au nord-est, nous repartons vers la région de Ciney… Et tout de suite, le mitrailleur annonce :
-Je ne vois plus de chasseurs
Nous nous retrouvons sur la route de Ciney à Ohey. Repit… (…)
A 8h07, nous arrivons à Havelange, cap au sud, n’avons rien vu au nord du parallèle qu passe par le centre de la zone du corps d’armée. 4 chasseurs, de nouveau, nous tombent dans la queue, mais cette fois, nous les semons comme en nous jouant, et nous continuons.
Il est maintenant 8h19. (…) C’est fini, nous rentrons. (…)
A ce moment, le mitrailleur parle de nouveau :
-Nous sommes pris en chasse… Cette fois, ils sont 6.
Cette fois, ils sont 6 ! Mais cette fois aussi, la mission est remplie, et nous voulons rentrer. Et puis nous nous croyons invunérables. Nous filons vers la Meuse, et ils la franchissent derrière nous. Lumineuses, accalmies, montagnes russes, lumineuses… 7 minutes que ça dure ! Le pilote débranche le limiteur d’admission. Et alors, c’est fini pour de bon, après un dernier virage à tout décrocher.
A 9h10, l’avion se pose à Courbes, d’où presque tout le groupe est parti.
». L’équipage repart ensuite pour Guise, puis Devant-les-Bois. L’avion redécolle en fin de journée pour Amifontaine pour épauler une mission de bombardement avec des brittaniques. Posés à Mourmelon, ils apprenent que la mission est annulée.

GAO 509 ( ? – Potez 63.11) :
Un appareil effectue une mission en vol rasant sur la Grande-Roselle-Forbach-Grosbliederstroff, entre 5h30 et 6h40. La DCA légère ennemie le prend à partie, blessant le mitrailleur adj-chef Mary, qui mourra de ses blessures.

GAO 510 ( ? – Potez 63.11) :
Un appareil effectue une mission de reconnaissance à vue dans le secteur de Givonne. Lors de sa 3ème mission, vers 18h30, il est attaqué puis abattu par 12 Bf 109 : l’observateur et le mitrailleur sont gravement blessés, tandis que le pilote est blessé.

GAO 511 ( ? – Potez 63. 11) :
Un appareil décolle à 11h40 pour une mission de reconnaissance dans le secteur Anhée-Yvoir (Belgique). Il est abattu par la flak, tuant son équipage.
A 16h30, le terrain est attaqué par 20 He 111, qui détruisent 3 Potez 63.11, 2 Potez 39 et 1 Potez 58 estafette.

GAO 552 ( ? – Potez 63.11) :
De retour de mission, un appareil est abattu par la flak près de St Nicolas (Belgique), tuant son équipage.

AB 3 (Cuers – Pierrafeu -Vought 156F) :
Le terrain est l’objet d’une attaque Italienne. Le Vought AB3.6, qui rentre alors au terrain d’Hyères à l’issue d’un vol d’entraînement, est « coiffé » par un Fiat CR. 42 et abattu. Les 2 membres d’équipage, le SM le Droucpeet et le QM Lucas, sont tués dans leur appareil.

Escadrille non créée officiellement (Lanvéoc-Poulmic – Farman NC. 223) :
Dans la nuit, le « Jules Vernes » bombarde à nouveau un pont de Maastricht puis la gare de triage d’Aix-la-Chapelle.

Aux Pays-Bas :

Bombardier Vliegtuig Afdeling (Schiphol – Fokker T. V):
A l’aube, 1 seul appareil tente de bombarder à nouveau de bombarder le pont de Moerdjik, avec une escorte de 2 chasseurs. Les bombes ratent leur cible, et le bombardier sera abattu au retour par des Bf 109.

1ère ou 2ème JaVa (Schipol ou Waalhaven – Fokker G. 1A) :
Deux appareils sont chargés d’escorter le Fokker T. V dans sa mission de bombardement. Un des chasseurs sera abattu au retour par des Bf 109.

1ère, 2ème, 3ème et 4ème JaVa (Schipol, Waalhaven ou Bergen – Fokker D. XXI, Fokker G. 1A, Fokker C. X) :
Deux patrouilles mixtes composées de 5 D. XXI, 2 G. 1A et 4 C.X mitraillent dans le cours de la journée les colonnes allemandes. Ils revendiquent un Bf 109, mais perdent un G.1A.

En Belgique :

II./2. Aé (Brustem – Fiat CR. 42):
6 appareils effectuent 2 missions d’interdiction dans le secteur de Louvain-Tienen-Westerlo, mais ne trouvent pas de gibier.

III./2. Aé (Vissenaken – Fairey Fox) :
2 appareils sont les seuls à êtres abattus par la chasse ennemie lors de vols de reconnaissance, opérés par les Battle et Fox. Un autre avion est lui, détruit à l’atterrissage.

La Luftwaffe revendique 150 avions abattus.
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13 mai 1940
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