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 10 juin 1940

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fanavman
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MessageSujet: 10 juin 1940   Mar 19 Fév 2013 - 1:35

10-juin-40 (Victoires : 15 sûres et 4 probables, Pertes : 8)


Sur terre : l’offensive allemande en Champagne se poursuit efficacement. Dans l’après-midi, une contre-offensive est montée, mais elle échoue : le couple Hs 126 – panzer fonctionne parfaitement.

GC I/1 (Chantilly-Les Aigles – MB. 152) :
De 5 à 6h, 11 avions prennent l’air pour une mission de protection de bombardement sur la région de Rouen, où la Flak est dense.
A 20h, une mission de destruction est effectuée sur l’axe Nanteuil – Château-Thierry, par 12 appareils. Les appareils du GC II/1 ne sont pas présents au rendez-vous au-dessus de Brétigny. Sur Meaux, le dispositif apperçoit 3 Bf 110 aux prises avec un Potez 631, mais la patrouille continue sa route.
Repli sur Etampes.

GC II/1 (Brétigny – MB. 152) :
Repli sur La Perthe. 6 appareils n’ont pas réussi à trouver le terrain et se sont posés à St Florentin.

GC III/1 (Rosoy-en-Brie – MS. 406) :
3 appareils abattent un Hs 126. Puis ils rentrent à basse altitude pour « montrer les cocardes », et sont pris à partie par la flak qui abat 2 appareils : « Gagnaire est chargé de reconnaître les positions de nos forces terrestres dont on ignore tout. (…)Un quart d’heure plus tard, il décolle. A regret, ses camarades le voient partir. Ils le regardent longuement. Ils ne le reverront jamais.
L’adj survole l’Aisne. Le long de la rivière, tous les villages sont en feu sur une profondeur de 50 Km. Notre chasseur navigue à très basse altitude, avec le désir de rapporter un renseignement précis. C’est chercher le danger. (…)
Soudain, une formation terrestre allemande ouvre le feu sur le Morane qui essuie un tir très violent. Avec une sérénité tranquille, l’adjudant essaie de se déguager. En vain. Sous les coups de la Flak, l’avion s’incline, percute le sol et fait explosion à l’est de Soissons.
». Gagnaire y perdra la vie (il est carbonisé).
Au retour d’une mission sur Rethel, le sgt Pélissier est descendu par des mitrailleuses au sol, il réussit à poser son appareil en feu en térritoire déjà occupé ; il est fait prisonnier.
Repli sur Connantre.

GC I/2 ( ? – MS. 406) :
A 13h30, une patrouille double (6 avions, commandés par Pichon) décolle sur alerte. , mais elle n’apperçoit pas les bombardiers signalés au-dessus de Neufchâteau.
Un quart d’heure plus tard, une autre patrouille double (6 avions) décolle sur alerte ; les deux patrouilles ne trouvent toujours rien.
De 15h00 à 15h20, une patrouille simple (Adj Chabert) couvre le terrain : RAS.
Vers 16h15, deux patrouilles doubles (10 pilotes) décollent à nouveau sur alerte. Voici le compte-rendu de Pichon sur ce vol :
« A 16h30, 3-02 nous annonce un Dornier 17 venant de l’est. A 16h50, nous l’apperçevons à 3000m au-dessus de nous. Il se dirige vers l’ouest, puis remonte un peu au nord et descend vers le sud. Nous le suivons plein moteur, désespérant d’arriver à portée de tir. La deuxième escadrille, qui s’était portée en couverture entre Neufchâteau et Damblain, l’aperçoit et, se trouvant plus près de lui que nous, commence la poursuite. [Le Cne Patureau-Mirand tire quelques rafales à 400-600m de distance, sans résultat] A Langres, le Do 17 entre dans les nuages. La 1ère escadrille cesse la poursuite et rentre au terrain. 20 minutes de poursuite plein moteur ! ». La 1ère escadrille, puis l’autre rentrent au terrain bredouilles à 17h35.
Le groupe a donc effectué 25 sorties en 4 missions, sans résultat.

GC II/2 :
Repli sur La Perthe, puis La Caroline.

GC III/2 (La Perthe – MS. 406 et Curtiss H-75) :
8 H-75 effectuent une couverture sur Château-Thierry. Après une demi-heure, ils rencontrent 20 ennemis mais ne les attaquent pas.

GC I/3 ( ? – D. 520) :
Repli sur Etampes.

GC III/3 :
Repli sur Germinnon, puis la Chapelle Vallon.

GC I/4 (Fauville – Curtiss H-75) :
Le groupe subit une nouvelle attaque du terrain à l’aube. Le groupe est replié sur Droisy. Le cptne Barbier, qui avait été auparavant soigné d’une blessure à la tête, est de nouveau touché, d’une balle au pied ; il réussit à atterir à l’est d’Evreux.

GC II/4 (Orconte – Curtiss H-75) :
Le groupe effectue une mission de protection d’un potez, sur le secteur Rethel-Attigny- St Loup en Champagne, avec 3 patrouilles. Un Henschell est repéré, mais le groupe se concentre sur sa mission de protection et décide de ne pas l’attaquer. Des Messerschmitt sont engagés par la 3ème patrouille, sans résultats de part et d’autre. Le potez rentre intact.

GC I/5 (St Dizier – Curtiss H-75) :
« Tous les appareils disponibles du groupe sont mis en l’air [à 4h40], soit 12 Curtiss réunis en patrouille quadruple. Envoyés en destruction générale sur le secteur Rethel-Le Chesne, ils enguagent [vers 5h] le combat avec une grosse formation de [12] Junkers 88, protégés par une vingtaine [14, en fait] de Messerschmitt 110.
Une patrouille double de la 1ère escadrille assure la patouille basse, sous le cdt de Marin. A eux 6, ils se lancent sur les Junkers, tandis que la deuxième escadrille neutralise la chasse adverse.
Les bombardiers larguent leurs « crottes » en désordre ; l’un d’eux est abattu, et Marin voit l’équipage sauter en parachute. Sans cesser un seul instant de corresondre par phonie avec ses co-équipiers, Marin donne ses ordres, entrecoupés d’averissements : les 110 essaient à tout moment d’échapper aux camarades d’en-haut et de piquer sur eux.
Dès qu’ils arrivent à bonne portée des Junkers – 100m, souvent moins- ils jettent un coup d’œil au collimateur, puis lâchent leur giclée en regardant aussitôt derrière leur épaule et au-dessus d’eux… Un second appareil allemand est ainsi touché, mais qui s’en tire de justesse, car les Français douvent se déguager de l’étreinte des Messerschmidt.
Ceux de la patrouille haute les rejoignent maintenant ; ils ont fait du bon travail : Lefol, V[ybiral] et Tallent ont eu chacun leur 110.
Le soir, même mission, même objectif. La destruction, cette fois, est orientée sur Vouziers-Stenay. A 17h45, enguagement avec 50 He 111 potégés par autant de Bf 110. 12 français contre 100 allemands….
La patrouille double basse du dispositif attaque les Heinkel par l’avant. Ceux-ci tissent devant eux un mur de feu mouvant. A pleine gomme, les Curtiss renouvellent la passe par l’arrière en virant au-dessus du peloton allemand. L’un après l’autre, les patrouilles Marin-Le Calvez-Muselli et V[ybiral]-Penzini-Rouquette attaquent et déguagent. V[ybiral] réussit à descendre un Heinkel ; plusieurs autres sont endommagés et se déguagent du gros. Celui-ci en a assez : il tourne bride vers ses lignes sans avoir bombardé les nôtres.
Au-dessus-d’eux, la patrouille haute a réussi sa mission en dépit de son écrasante infériorité : les Messerschmitt n’ont pu intervenir pour neutraliser la chasse française. L’élan incomparable de la deuxième escadrille, menée par Dorance, les a obligés à faire front. Pas de résultat certain, mais un Curtiss semble très endommagé.
». Marin La Meslée a, de son côté, abattu un Ju 88.

GC II/5 ( ? - ?) :
Le groupe s’oppose par 2 fois à des 109, matches nuls. Le groupe ne dispose plus alors que de 8 appareils disponibles, mais aucun pilote n’est perdu.
Chose exeptionnelle, le groupe reçoit dans la soirée 9 appareils tous neufs, sortis tout juste de l’usine de Bourges.

GC I/6 ( ? - ?) :
Une patrouille triple se replie à Connantre.

GC II/6 ( ? – MS. 406) :
André Deniau se souvient :
« 1h50. Protection de la gare de Fismes, dans l’Aisne.
Dès notre arrivée au-dessus de la gare, nous nous sommes trouvés nez à nez avec un énorme peloton de bombardiers allemands protégés par des Bf 109 et 110, peut-être une dizaine de chaque.
Nous avons enguagé le combat, et c’est alors qu’il m’arriva une chose stupide : j’avais complètement oublié d’ôter la gâchette de sécurité de ma mitrailleuse, et, en appuyant sur la détente, la gâchette s’est tordue. Impossible de l’enlever ! J’ai mené toute l’action comme chef de dispositif sans pouvoir tirer. J’étais furieux !
Et pendant ce temps-là, les bombardiers lâchaient leurs bombes sur la gare. Ils la manquèrent d’ailleurs complètement, tout tomba à côté.
Ils partirent immédiatement après, tandis que les Messerschmitt nous tombaient dessus. Ils arrivaient par derrière et nous tiraient à 400m. Ils nous fallut alors faire face, puis dégager. Ils nous ont ainsi accompagnés jusqu’à Anglure et là nous abandonnèrent pour rentrer à leur base.
»

GC II/7 (Avelange – D. 520) :
Le soir, le S/L Valentin, le cdt Pépin et le Sgt-chef Lamblin abattent 2 Do 17 (dont un après une poursuite de 30 Km au-dessus de l’Allemagne).
Dans la journée, une patrouille participe en outre à la protection des appareils des I/12 et I/31.

GC I/8 (Brétigny sur Orge – MB. 152):
6 appareils mitraillent des pontons sur la rive nord de la Seine près des Andelys. Les chasseurs ne reçoivent que quelques éclats ici et là.

GC II/9 ( ? – MB. 152) :
Au cours d’une mission de couverture, Rebière abat un Hs 126 et P. Courteville un autre : « C’est pas charitable, remarque ce dernier, c’est pas chrétien mais ca fait un immense plaisir de tirer un ennemi surtout avec l’état d’esprit de l’époque : la France était envahie, les Allemands partout ».

GC II/10 ( ? - ?) :
Repli sur Caen-Carpiquet.

GC III/10 (Deauville – MB. 151 et Spad 510) :
Repli sur Anglure, puis Les Grandes Chapelles.

GC I/145 (Dreux et Berney – CR. 714):
A 8h, une alerte retentit, mettant en l’air les 12 appareils disponibles. Les chasseurs enguagent 15 Do 17 escortés par 12 Bf 109. Les polonais sont coiffés par l’escorte. Le cdt Kepinski raconte le déroulement du combat : « La formation allemande approchait à grande vitesse. Des Dornier 17, de vieilles conaissances de la campagne de Pologne.
L’attaque frontale a duré une seconde. J’ai réussi à tirer une rafale en direction du leader avant d’être entouré d’avions ennemis. J’ai viré brutalement sur ma gauche et j’ai vu 2 Dornier traînant un sillage de fumée.
Des traçantes autour de moi m’ont rappelé qu’il y avait une escorte qui n’avait aucune attention de nous laisser faire. J’ai basculé en piqué, viré sur l’autre bord et suis à nouveau parti en piqué pour me débarasser des deux chasseurs accrochés à mes basques. Alors, j’ai attaqué l’appareil qui menaçait mon ailier. Tout de suite, l’avion allemand a dégagé.
J’étais soulagé, mais je transpirais à grosses gouttes. J’ai réduit le moteur et j’ai essuyé la sueur sur mon front. J’ai regardé tout autour de moi. Finalement, avec soulagement, j’ai apperçu une section de 4 appareils de mon groupe se détacher sur le fond d’un gros cumulus. Ils ont disparu en un instant et ont réapparu. Pour ne pas les perdre, j’ai poussé le manche en avant dans la direction du point où ils devaient émerge de la couche nuageuse. C’était une veille règle : après le combat, rejoindre sa formation dès que possible.
Les voilà ! D’instinct, j’ai ramené les gaz, avant de me rendre compte qu’il s’agissait de 4 Messerchmitt ! J’ai aussitôt viré pour tenter de les éviter. J’espérais qu’ils ne m’avaient pas vu. Tout à coup, j’ai reçu un choc, comme un coup de fouet dans le dos. Au même moment, une main invisible a fracassé tous mes instruments. Joli coup ! J’ai viré dans l’autre sens en piquant. Ma main gauche était morte et je me sentais faiblir. Sauter n’était pas une bonne idée. Ma seule chance de survie était de se poser. Aurai-je la force pour y parvenir ? Des points noirs dansaient devant mes yeux, mais je pouvais voir le sol. J’ai ressenti un gros choc et je me suis évanoui.
»
Les polonais abattent 2 do 17 (sûrs, par les S/L Czerniak et Zukowski) et 1 Bf 109 (probable, pour le ctne Laguna). Du côté polonais, on compte un avion qui a dû atterrir sur le ventre au terrain (Cdt Kepinski, très grièvement blessé).
Deux heures plus tard, une nouvelle patrouille décolle avec les mêmes avions, pour intervenir contre un second raid contre la gare de Dreux. Mais l’alerte est donnée trop tard, l’ennemi réussit à s’enfuir. Au retour, une des patrouilles apperçoit un avion inconnu autour du terrain : elle pique et commence à le mitrailler…. avant de s’arrêter en s’apperçevant que c’est un appareil anglais.
Dans la soirée, le groupe se replie sur Sermaises.

ECN III/13 (Le Plessis-Belleville – Potez 631) :
Après le coucher du soleil, un potez enguage le combat avec des Bf 109 et en revendique un, considéré comme « probable ».

Patrouille de défense de l’usine d’Etampes (Etampes – MS. 406) :
Mouvement sur Villacoublay.

Patrouille de défense de l’usine de Nantes (Nantes – MS. 406) :
Suite au passage de quelques appareils à croix noire effectuant un vol de reconnaissance, la patrouille décolle. Mais, l’alerte ayant été donnée trop tard, les pilotes polonais ne peuvent rattraper les appareils ennemis.

Patrouille de défense de l’usine de Romorantin (Romorantin – MS. 406) :
La base est l’objet d’un bombardement. Plusieurs appareils décollent. Les cptne Opulski, S/L Daszewski, sgt Krawczynski et caporal Rozworski revendiquent chacun une victoire. Seules 3 seront homologuées au polonais, la dernière étant attribuée à un pilote français.

GB I/11 et II/23 ( ? - ?) :
Sur les 4 appareils prévus (2 du I/11 et 2 du II/23), seuls 2 du II/23 décollent pour cause de mauvais temps. Au II/23, le n°209 fait demi-tour, et le n°93 est endommagé par la flak au-dessus de l’objectif, Mousteron ; il se pose sur la piste d’Etampes et endommage l’empennage d’un appareil du I/11.

GB I/12, II/12 et I/31 ( ? –) :
6 appareils du I/12, 4 du II/12 et 2 du I/31 attaquent vers 15h15 une colonne de blindés entre Château-Porcien et Avançon, sous escorte des D. 520 du GC II/7.
-Au I/12, le n°14 est abattu par la chasse à Tagnon (Ardennes). L’équipage (S/L Riché CA, Sgt-chef Menard-de-Chabanne pilote, Sgt Weiler radio et Caporal-chef Vridaud canonier) y périt
-Au II/12, un appareil ne put décoller, un deuxième fut légèrement accidenté au roulage, et les 2 autres (n°80 et 92) rentrèrent après avoir décollé pour ne pas arriver trop tardivement sur l’objectif.

GB I/19 et II/19 (Dadonville – Douglas DB-7) :
6 appareils du I/19 et 3 du II/19 décollent à 6h10 pour attaquer respectivement les secteurs de Fismes-La Fère en Tardenois et de Blanzy-Château Porcien. Les appareils du I/19 sont coiffés par des Bf 109 au-dessus de Rethel, qui abattent le n°41, entraînant son équipage dans la mort (S/L Gillet observateur, Ctne Dupont pilote et Adj-chef Arnulphy radio-mitrailleur).

GB I/21 et II/21 (Saint Florentin – MB 210 et Amio 351/354) :
La nuit, le I/21 effectue 6 sorties (par 4 Amiot et 2 MB 210) et le II/21, 5 (par 2 Amiot et 3 MB 210) sur Soissons-Château-Porcien et St Quentin. Vers 3h du matin, alors qu’un amiot du II/21 allait atterir, un Bf 110 largua une bombe éclairante et effectua une passe de tir sur un MB 210 roulant sur la piste, puis s’en prit à l’Amiot qu’il endommagea légèrement.

GB II/23 ( ? – LeO 451) :
Un seul appareil sur les 2 prévus put attaquer la région de Tourteron (NE Attigny). Durement touché par la Flak, il s’écrase sur la piste d’Etampes, blessant mortellement le radio (S/C Grange).

GB II/31 ( ? - ?) :
3 LeO 451 sur les 5 prévus décollent pour attaquer l’axe Bignicourt-Neuflize, mais parmi les deux restants 2 font demi-tour pour cause de panne, et le dernier leur emboîte le pas pour ne pas y aller seul.

GB II/34 ( ? - Avord) :
De retour de mission, un amiot 143 entre en collision avec un Potez 63.

GB I/38 ( ? - ?) :
Le groupe effectue 6 sorties sur les aérdromes de Mannheim, Volkingen, Ludwigshafen et Speer.

GB II/38 ( ? - ?) :
Le groupe effectue 3 sorties sur les aérdromes de Neustadt et Francfort. Pris dans un orage, un Amiot 143 doit se poser ; le Lnt Benoît et le Lnt Jacob ont sauté en parachute, ils sont indemmes.

GBA I/51 ( ? – Br. 693) :
Les 3 appareils disponibles bombardent des ponts de bateaux sur la Seine aux environs des Andelys. Le n°38, endommagé par des Bf 109, s’écrase près de Blois. Son pilote (Sgt Metifeu) et son mitrailleur (Caporal-chef Genre) sont indemmes.

GBA II/51 :
Jean Nicot nous raconte l’action du groupe :
« Nous décollons au milieu de l’après-midi, à 3 avions du groupe, que je conduis, pour attaquer une colonne motorisée qui est située au nord-est de Château-Thierry. Couverture sur zone de la chasse française, nous dit Laurenceau qui nous fait le briefing.
Beau temps, bonne visibilité, voilà la Marne et Château-Thierry au loin. Dispositions de combat. Le ciel a l’air vide, pour une fois, et, au sol, on ne voit aucune trace de combats. Nous laissons Château-Thierry à gauche et rapidement, je repère, au débouché sur la Marne de la route de La-Fère-en-Tardenois à Mont-Saint-Père, des éléments ennemis qui doivent être des pontonniers en train de lancer un pont de campagne.
Tout de suite, la Flak entre en action, mais le tir paraît mal ajusté ; les flocons noirs sont dispersés et pas très proches de nous. Ordre d’attaquer après une inspection rapide du ciel qui paraît vide.
Echelon refusé à droite, limiteurs débrayés, objectif : l’unité de génie que nous surprenons en plein travail. Nous dégringolons, l’œil au collimateur fixé sur l’objectif. On ne s’apperçoit même plus de la pluie de traçantes qui monte du sol. Tir précis et efficace, nous mettons nos bombes vraiment dans le mille, comme à l’exercice. Aurions-nous la « baraka » aujourd’hui ? La chasse allemande n’est pas au rendez-vous grâce, je l’espère, à nos camarades chasseurs.
Au déguagement, bombes larguées, j’ai repéré, massée dans la route encaissée, qui débouche sur la rivière, une longue colonne motorisée à l’arrêt. Quelle aubaine…Et puis là, juste à droite, un peu en retrait, sur le plateau qui domine la route, des éléments d’artillerie divisionnaire, des canons de 77 tractés par des chevaux ! En 1940, en pleine bagarre de chars, c’est à ne pas croire…Nous attaquons au canon et à la mitrailleuse ces objectifs inatendus, pris en flagrant délit d’immobilisme, et jetons la confusion la plus complète dans cette unité et dans la longue colonne motorisée à l’arrêt, coincée dans le piège de cette route encaissée.
Mes équipiers, qui sont là tous les deux, s’en donnent à cœur joie. Pour une fois….
Au déguagement d’une passe de tir sur l’unité d’artillerie, une pièce de flak me prend à partie d’assez loin. Elle est à près de 1 Km (…). Ce n’est pas si souvent, non plus, qu’on a l’occasion de s’attaquer à son pire ennemi qui nous a déjà fait tant de mal. Je laisse les malheureux artilleurs aux « bons soins » de mes équipiers et enguage directement cette pièce de Flak. C’est un duel à mort de quelque secondes entre ses servants et moi. Je vois arriver mes coups, un peu courts, ils labourent le sol en avant de la pièce qui tire aussit tout ce qu’elle peut. Ca y est, voila le coup au but, j’ai touché le premier et dans mon déguagement à gauche Izern, ne se tenant plus de joie, me corne aux oreilles « Ca y est, mon capitaine, on l’a eue », tout en l’arrosant de ses deux MAC pour compléter le travail.
Enfin, pour une fois, c’est nous qui marquons les points. Les dégâts sont minimes, la chasse allemande n’est toujours pas là, mes équipiers me rejoignent et pour notre plaisir, comme au Luc, nous regagnons Bouard en rase-mottes. Plus tard, nous apprendrons que l’avance allemande, à ce passage de la Marne, a été retardée de plus de 48h.
»

GR I/33 ( ? – Potez 637) :
Au départ d’une mission de nuit, un appareil s’abat de 100m de hauteur et s’écrase, entraînant dans la mort l’observateur (Lnt Bisch) et le pilote (Cptne Pecou). Le mitrailleur (Sgt Moxica) est gravement blessé et brûlé.

GAR II/33 ( ? – Potez 63.11) :
Un appareil effectue une mission de reconaissance en vol rasant. Il est gravement atteint par la Flak, le pilote réussit à ramener l’appareil au terrain mais l’avion est inutilisable. L’équipage est indemme.

GAO 3/551 ( ? – Potez 63.11):
Jacques Ballet nous raconte une mission qui s’est déroulée ce jour-là :
« Le 10 juin, j’effectue, dans le courant de l’après-midi, avec Courmes et Morillon, une reconaissance photo à 1800m, durant laquelle le cours de la Seine doit être intégralement photographié au Labrély automatique entre Elbeuf et Vernon, des éléments motorisés ayant atteint la rive droite du fleuve en certains points.
Alors qu’il fait un temps splendide, le secteur ouest de l’horizon est complètement oblitéré par l’immense nuage noir formé par les volutes de fumée de l’incendie des raffineries de pétrole et dépôts d’hydrocarbures de la Basse-Seine (…). Le spectacle est sinistre.
Pendant que je m’affaire à ma mission et que Courmes fait suivre à l’appareil les sinuosités du fleuve, le mitrailleur qui veille au grain constate que nous sommes entourés par des traçantes tirées du sol. Malgré son sang-froid habituel, il commence à s’impatienter d’autant plus que la mission étant loin d’être terminée, je demande au pilote de conserver une vitesse et une latitude constantes, en dépit des flocons de fumée maintenant nettement visibles de la Flak.
Le tir augmente en densité au moment où, survolant les Andelys, je constate que le pont routier recemment détruit a été remplacé par les Allemands, 500m en amont, par un pont de bateaux sur lequel passent blindés et convois motorisés, tels des fourmis traversant un ruisselet sur un brin de paille. La mission continue….
Enfin, voici Vernon ; c’est maintenant pratiquement terminé. Cap au sud. L’équipage respire, mais je dois encore demander au pilote de faire un passage en rase-mottes au-dessus du PC avancé terrestre, pour y lancer un message lesté contenant mes dernières observations. Au total, la mission aura duré 2h dans ce coin particulièrement malsain.
».

GAR 1/514 ( ? – Potez 63.11) :
Un appareil effectue une mission d’observation et reconaissance avec photos, sur le secteur Neuchatel, Château-Porcien, Rethel, Juniville. Il est touché par la Flak dans la région d’Asfeld-la-Ville. L’appareil doit se poser à Villeneuve-les-Vertus. L’observateur (Lt Rix) est blessé au visage, mais le pilote (Sgt-chef Mazeron) et le mitrailleur (Sgt Laurent) sotn indemmes.

AB 1 (Cherbourg – Vought 156) :
4 appareils, protégés par des MB 152, bombardent un pont provisoire à Elbeuf.

B2 (St Vaast-la-Hougue – LeO H-257bis) :
3 appareils décollent dans la nuit afin de bombarder les ponts du canal de la Somme, et rentrent tous.

B5 (Brest – Farman NC. 223) :
Paul Comet nous raconte :
« En allant à Berlin, nous avions surcolé Rostock où nous avions trouvé éclairées non seulement la ville, mais les usines Heinkel qui travaillent naturellement de nuit comme de jour. Nous avions donc pensé tout de suite qu’il serait facile de retourner y bombarder.
Nous fîmes donc, le 10 juin, presque immédiatement après celle sur Berlin, une nouvelle mission sur Rostock. Mais, cette fois, quand nous arivâmes, tout était éteint : les Allemands avaient lus, naturellement, le communiqué français après notre bombardement de la région de Berlin, et ils se savaient désormais à notre portée. (…)
Nous prîmes la côte à l’ouest de Rostock, et nous reconnûmes très bien, sans aucune peine, les usines Heinkel, situées au bord de la mer. (…) Cette fois, encore, comme à Aix-la-Chapelle, le cdt ne largua pas les bombes. Inutile de vous dire que, cette fois, nous étions sérieusement pris à partie par la DCA (…).
Ayant reconnu l’objectif, nous revînmes sur les usines après un virage par le sud. Cette fois, le bombardement fut réussit et les usines brûlèrent.
Nous rentrâmes tout droit, jusqu’au Rhin, où la DCA nous manqua une fois encore. (…).
».

F1C (Cherbourg – MB 151) :
Repli sur Maupertus-sur-Mer.

T2 (Cherbourg – Latécoère 298) :
Un appareil, piloté par le PM Gubert, en mission de reconaissance au large de Honfleur, est pris sous le feu d’un navire français. L’avion coule après son amerissage (flotteurs crevés). L’équipage est sain est sauf.

AB 1, T3 (Cherbourg –Latécoère 298, Loire 130, Vought 156, LeO H-257, MB 151) :
Repli sur Berre des 9 T. 3., puis St Mandrier.
Les escadrilles continuent leurs opérations contre les blindés : un appareil de l’AB 1 (LN. 401) est descendu par des Bf 109. Un appareil de la T3 et un autre de la T2 (Laté 298) sont également abattus.
3 appareils de l’AB 1, de leur côté, bombardent un pont de bateaux sur la Seine près d’Elbeuf.
2 appareils sont perdus lors du repli vers Hourtin et Berre.

4S1 (Karouba, Tunisie – CAMS 55) :
La base est bombardée par la Regia Aeronautica, mais la 4S1 est épargnée.
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