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 8 juin 1940

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fanavman
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MessageSujet: 8 juin 1940   Mar 19 Fév 2013 - 1:17

8-juin-40 (Victoires : 24 sûres. Pertes : 28)

Sur terre : Au nord de Beauvais, le 10ème corps d’armée est en pleine retraite. La ligne de la Somme est définitivement enfoncée. Rommel lance une attaque simulée sur Rouen, pour finalement se diriger vers les ponts de la Seine. Ce succès se transformera en échec lorsque les français feront sauter les ponts au dernier moment.

GC I/1 (Chavenay-Villepreux – MB. 151) :
A 18h10, une patrouille effectue une mission sur le secteur Montdidier-Lassigny, afin de « montrer les cocardes ». Avant d’arriver sur le secteur, 2 Bf 109 piquent sur le Cne Garde, qui fait partie de la patrouille supérieure. Le S/C Teillet nous relate le combat : « J’apperçois à l’ouest un Bloch poursuivi par 5 Bf 109. Le Bloch prend feu et pique à mort vers le sol. C’est le Ctne Kral (2ème escadrille). A ce moment, je suis attaqué par un Me 109 venant du soleil. Je l’apperçois au dernier moment. Je tire sur le manche et tous les projectiles passent derrière (longue traînée blanche). Un 2ème 109 débouche en faisant une grande correction. N’ayant plus de vitesse, je déclenche une vrille. Le 109 me suit. J’aperçois l’ennemi qui ne peut me tirer et finalement il me passe devant. Je reprends de l’altitude. Je me retrouve seul et apperçois un 109 qui attaque une patrouille simple de la 2ème escadrille. J’attaque le 109 qui déguage. Retour au terrain en isolé. Tous les appareils de la Une rentrent au terrain. » Cependant, ce ne sera pas le cas de tous : à 19h50, le Lnt Kral est descendu en flammes, son cadavre sera retrouvé dans l’appareil.

GC II/1 (Brétigny – MB. 152) :
Les 2 escadrilles effectuent la couverture du sud-est de Paris. Au cours d’une des missions, l’A/C Richardin et l’Adj Becquet abattent un Bf 109 à Lanville-sur-Roye.
Une mission de destruction est effectuée sur Lassigny. RAS.

GC III/1 (Rozay en Brie – MS. 406) :
« L’adj Gagnaire et son coéquipier, le sgt Doublet, sont chargés de protéger un Potez 63 en reconaissance sur la région d’Aumale [avec notament les Lt Gnys, Lt Tariel]. Soudain, soleil dans le dos, Gagnaire plonge sur un Ju 87. Celui-ci est surpris mais essaie de tenir tête. L’adj ouvre le feu à moins de 50m et tire par courtes rafales, comme au stand. Le pilote ennemi est blessé, il pique. Poursuivi jusqu’au sol par Doublet, l’allemand est contraint d’atterir et sera fait prisonnier peu après. ». Si selon les sources françaises, 4 pilotes ont abattu ce Ju 87, selon le rapport de Chciuk, il a plutôt été la proie de la section du Lt Tariel, et donc non abattu par Gagnaire.
D’autre part, une patrouille triple du groupe effectue une mission de protection d’un Potez 63.11 du GR. II/33, sur Poix-Conty de 10h15 à 11h15, en coopération avec 11 appareils du II/5. Vers 11h00, le disposotif est attaqué par des Bf 109 en protection de bombardiers.

GC I/2 (Nîmes-Courbessac – MS. 406) :
Une patrouille double couvre Besançon entre 11h40 et 13h45 ; RAS.
Entre 16h00 et 16h30, une patrouille triple (Chalupa, Puybusque, Cne Williame/ Pichon, Audebert, Meunier/ adj Streiff, Lt Monty, St-chef Goile) effectue une mission de destruction sur Beauvais-Gisors-Persan-Beaumont, en coopération avec 9 MB 152 du II/4. Puybusque ne peut cependant pas décoller, car il ne s’est pas réveillé ( !). La patrouille accroche, en compagnie de 9 D. 520, un vingtaine de bombardiers escortés par des Bf 109 et 110. Williame nous raconte cette mission : « Le regroupement se fit de façon parfaite et nous commençâmes à battre le secteur. En bas, le sud de Beauvais brûlait, envoyant jusqu’à Paris un cône de fumée qui cachait le sol. Gisors brûlait aussi. Partout des incendies, moins importants mais nombreux. C’était un spectacle pénible à voir.
Soudain, dans la direction de Soissons, des éclatements de DCA attirèrent mon attention. Je découvris bientôt 15 à 20 avions de bombardement. Au-dessus et sur les côtés, de nombreux Messerschmitt 110 et 109 les accompagnaient en direction du nord-ouest. Je me dirigeai vers eux. Notre protection suivait mal. Nous avions le soleil pour nous. Je réussis à nous placer derrière une patrouille de 3 Messerschmidt 109 qui faisaient partie d’un ensemble de 9 appareils flanquant vers le sud l’expédition ennemie. Je tirai de très près, à peu près en même temps que Chalupa et Audebert, le chasseur de gauche, puis, seul, celui du centre à 20m. Ils partirent tous les deux en vrille et en flammes. Pichon et Meunier virent le premier s’écraser à 5 Km au nord-est du terrain de Beauvais, tandis que sous les yeux de Pichon et Audebert, le second subissait le même sort, sensiblement au même endroit.
En voyant son chef de roth et l’autre équipier de sa patrouille prendre feu, le 3ème pilote fit un léger virage à droite et m’apperçut à 20m de lui. Il donna 2 ou 3 coups de pied, de l’air d’un monsieur qui ne sait pas vraiment ce qu’il va faire. Je lui lâchai alors une rafale. Il se mit en piqué accentué vers ses lignes en déguageant une grosse colonne de fumée. Chalupa, Pichon et Meunier le virent comme moi, mais personne ne put être témoin de son écrasement, car déjà d’autres Messerschmitt tentaient de nous manœuvrer.
Je jetai un coup d’œil derrière et au-dessus. Notre protection n’était plus là. Peut-être s’étaient-ils lancés eux aussi dans la bagarre et ont-ils faits du bon travail ? Je ne l’ai jamais su. Je n’avais plus de munitions. Il s’agissait de nous tirer de ce guêpier. Nous y parvînmes sans avoir subi d’attaques et nous nous posâmes à Coulommiers.
»
Chapula, quant à lui, nous livre ses souvenirs : « Patrouillant vers 4000m d’altitude, nous tombons sur 9 Bf 109 volant en sens inverse, un peu plus bas et sur le côté, qui probablement ne nous ont pas aperçus car nous étions ‘dans le soleil’. Le chef d’escadrille laisse passer les deux premières sections de 3, puis nous virons et prenons en chasse la 3ème, piquant sur elle à 2, de l’arrière, et ouvrant le feu à une distance de 40m environ.
Après deux rafales sur l’appareil n°2 dans la formation, j’aperçois le feu du côté gauche puis du côté droit de la cabine, ensuite un morçeau de tôle provenant probablement des gouvernes, car l’avion part immédiatement en vrille à gauche et continue ainsi jusqu’au sol. Le chef d’escadrille abattit les 2 autres avions. Le combat a été vu par d’autres pilotes de notre unité mais ils n’ont plus eu le temps d’y intervenir.
».
-Meunier voit la toile de son avion crevée par une pierre à l’aterissage
-Pichon a son avion indisponible
Williame continue son récit : « La 2ème mission était de nouveau une destruction : secteur Soissons-Attichy. Altitude : 3500m. Durée : de 19h45 à 20h15.
Notre patrouille devait être protégée par 9 Dewoitine [du II/3] et 9 Curtiss [12, en fait, du II/6. Pichon, Audebert et Meunier rentrent au terrain, car 2 des 3 appareils de l’escadrille sont indisponibles.] Mais au point de rassemblement, nous ne trouvâmes que les Dewoitine.
A 19h45, nous entrâmes sur le secteur par Soissons et, ne nous dirigeant vers Attichy, nous apperçûmes immédiatement 2 formations de 7 ou 8 monomoteurs. Ils volaient en échelon refusé, formation inaccoutumée en France. Il devint bientôt évident que nous avions affaire à des « Stukas » (…).
Au moment où j’allais attaquer, 4 Messerschmidt 109 passèrent devant nous à la même altitude, et nous esquissâmes un début de combat tournoyant. Ils virent probablement notre protection et redressèrent. Faisant confiance à cette dernière, je plongeai derrière eux sur les Junker 87.
Des cocardes ! Je déguageai sans tirer puis, doutant de m’être trompé, je revins m’assurer au-dessus d’eux que ces avions présentaient bien la silhouette caractéristique que nous conaissions par des photographies. Au moment où, à l’intérieur des cocardes, je distinguais des croix noires, le premier des Stuka cabra et me tira une rafale.
Je fis alors un renversement, l’attaquai à la verticale par-dessus, lui tirai une courte giclée. Il partit en piqué par 90° en laissant échapper de la fumée. Je réduisis, tout en le suivant. Il était possible qu’il me fit une feinte. Pendant tout ce temps, je jetais des regards derrière moi pour voir si je n’étais pas menacé. Enfin, le Stuja percuta dans la corne nord-est de la forêt de Villers-Cotterêts ; lui et ses bombes explosèrent de belle façon. [Ce stuka est confirmé]
Je redressai et apperçus un second Junker. A 3 reprises, par ses manœuvres, il m’empêcha de viser, tout en se rapprochant du sol. Je parvins enfin à le tirer. Il se mit en virage à gauche et en léger piqué. Il laissait derrière lui une traînée de fumée noire. Il alla percuter et exploser en lisière nord-est de la même forêt.
Je vis à ce moment un 3ème Junker 87, en rase-mottes dans la vallée de l’Ourcq. Tôt ou tard, ces 3 Morane le rabattraient sur moi. J’allais attaquer lorsqu’un des 3 autres chasseurs se détacha, piqua et tira de loin. Je lui laissai la place. L’avion ennemi vira à gauche et vint se mettre de lui-même à distance de mon tir, ce dont je profitai. De la vallée de l’Ourcq à Soissons, je l’attaquai sans répit. Le mitrailleur cessa bientôt de répondre. Le pilote largua ses bombes dans un champ pour être plus maniable. A chacune de mes passes du début, il se défendit en virant ; mais, par la suite, il vola tout droit en rase-mottes. Je voyais mes balles incendiaires arriver dans l’avion : celles qui le rataient touchaient le sol à hauteur de ses gouvernes. Il se mit à perdre des morceaux de tôle, quelques-uns très gros. A la fin, il se disloquait littéralement en l’air et le pilote me donnait l’impression d’être blessé. J’usais toutes mes munitions sur lui ; mais il n’y eut rien à faire pour qu’il prit feu, alors qu’il avait suffi de quelques cartouches pour allumer les deux premiers. J’estime à 150 environ le nombre de balles qu’il recut. Il est possible que cet avion n’ait pas été abattu, étant donné l’état dans lequel il se trouvait lorsque je l’abandonnai.[Cet appareil est attribué à Williame, en coopération avec le S/L Chalupa et le Sgt de Puybusque].
A 400m au-dessus de moi, il y avait une nouvelle formation de Ju 87 et des Messerschmitt. L’endroit commençait à devenir malsain. J’allai repérer le point de chute des 2 premiers Stukas. En route, je retrouvai Streiff ; son collimateur était rendu inutilisable par une fuite d’huile. Il ne pouvait tirer et s’était contenté chiquement de nous protéger, prêt à nous déguager au càs où nous serions attaqués.
». Le groupe rentre ensuite au terrain.
Le dispositif surprend un groupe de 7-8 Ju 87, escortés par des Bf 109 :
-Le Sgt de Puybusque abat égualement un appareil seul
-L’adj Steiff, comme l’a dit Williame, ne peut ajuster le moindre tir, car son collimateur est couvert d’huile
-Le Lt Monty abat 2 Stukas en participation, puis en combat d’autres ; selon certains témoignages, il en aurait abattu 2 autres. Mais il succombe sous le nombre et s’écrase mortellement avec son Morane
-Le S/L Goile s’apprête à tirer un Ju 87, lorsque le mitrailleur de ce dernier lui loge une balle dans le moteur ; il doit se poser indemme près de Dommiers (15 Km au sud de Soissons) et rentrera 2 jours plus tard
Officiellement, on compte donc :
-un Ju 87 sûr pour Chalupa
-un autre pour Puybusque
-un autre pour les deux en coopération
-2 pour Williame.

GC II/2 (Laon – MS. 406) :
Le groupe participe à l’effort porté pour endiguer l’avancée des chars. Pas moins de 13 sorties en 6 missions sont effectuées par le groupe, qui attaque les colonnes entre les Forges-les-eaux et Gournay, sans interruption de 5h15 à 18h30 :
-2 pilotes (le Cne D’Abbadie d’Arrast et l’adj Marconnet) sont descendus en flammes par la flak et y périront
-Le S/L Robiaud est égualement touché par la Flak, l’appareil s’écrase dans les lignes françaises mais son pilote est indemme
Cependant, un Hs 126 est abattu en fin de matinée.

GC III/2 (La Perthe – Curtiss H-75A) :
Le groupe, transformé sur cet appareil depuis le 6, effectue pas moins de 45 sorties dans la région de Soissons.
A 8h30, 9 appareils décollent pour une mission de detruction générale sur le secteur Villers-Cotterêts, Soissons, Fismes. Le plafond bas favorise la Flak, qui touche 7 appareils. L’adj Romey, touché sérieusement, doit se poser en pleine zone de combats à Lesges (Aisne) ; il réussit à atteindre les lignes françaises.
A 16h30, 9 appareils décollent pour une mission de couverture au coup contre les bombardements ennemis :
-le sgt Zinnicker attaque une formation de 30 bombardiers escortés par 15 Bf 109, mais son appareil est mis en flammes. L’appareil s’écrase, le pilote est carbonisé
-le Cptne Zantara abat un He 111, en coopération avec 7 autres français, près de Soissons
-le Cptne Laszkiewicz apperçoit un Hs 126 et l’attaque. Il l’endommage sévèrement.
André Lansoy abat un Hs 126 dans la région de Soissons.

GC I/3 (Meaux-Esbly – D. 520) :
Le groupe est chargé d’attaquer les colonnes allemandes. 8 appareils décollent à 8h30 pour escorter des LeO 451. En cours de route, le S/L Blanck attaques quelques He 111 à 6000m, sans résultat. Le sgt Touret observe un groupe de 7 Bf 110 qu’il prend initialement pour des bombardiers ; il les touche sans les abattre mais se prend également quelques « pruneaux ». Il atterrit finalement, en panne d’essence, dans un champ, où il capote. Pendant ce temps, le reste du groupe surprend un groupe de Ju 87. Pas moins de 4 victoires confirmées et 3 probables sont revendiqués par le groupe.

GC II/3 (Bouillancy – D. 520) :
Raymond Clausse se souvient :
Au cours d’une 3ème mission, « Le 8, en protection sur zone dans la région de Soissons [en fin d’après-midi, avec 9 appareils du GC I/2 et 9 du II/6], nous [9 appareils du II/3] tombons à nouveau sur une forte expédition de stukas [Une quarantaine]. Pain bénit, servons-vous vite !
Aussitôt dit, aussitôt « mal » fait. Pendant que nous alignons les Ju 87, nous sommes alignés par les Me 109 et c’est slalomant, toutes armes en action, au milieu des bombardiers que nous sortons indemmes et victorieux de 5 ou 6 adversaires.
».
Vaclav Cuckr continue :
« Au cours de l’attaque, je reçois un coup dans la tête. Devant les yeux, c’est le noir absolu. Une cloche se déchaîne dans ma tête. Une idée me pénètre : « C’est la fin, tu ne feras plus la guerre ». Je me prépare à mourir. Ce n’est pas si dur que ça. Je m’attends à voir apparaître le visage de St Pierre, avec sa barbe. Mais je ne vois rien.
Je veux sauter en parachute, mais je me rends compte que je suis au-dessus des lignes allemandes. Je décide alors de ne pas quitter l’avion.
Sans voir, je tourne vers le sud. Le soleil chauffe sur ma droite, la direction semble donc être correcte. Toutefois, c’est une curieuse impression de voler de jour, sans rien y voir.
Lentement, la vue me revient. Je constate que le verre de la cabine est percé et mon casque égualement. Je dois donc avoir une balle dans la tête. Je veux fermer les gaz mais n’y parviens pas. Je vois mon bras gauche qui pend, le sang entre mes deux yeux, c’est la raison pour laquelle je vois si mal. C’est seulement maintenant que je réalise que j’actionne toujours la détente.
J’ai appris plus tard par des témoins que j’ai traversé le groupe des avions allemands en tirant continuellement en me dirigeant en oblique vers le sol. Puis, de manière un peu mystérieuse, je me suis retourné pour voler vers notre terrain. En passant, j’ai descendu un Juners, notre cptne l’a vu tomber. Mais je ne me souviens plus de rien.
Je place le levier de commande entre mes genoux, je serre les ceintures de la main droite, je ferme l’arrivée d’essence, coupe le moteur et me pose sur le premier champ que je vois.
». Il se pose dans un champ de seigle, dont la hauteur lui permet de se cacher. Il rejoindra les forces françaises, puis un hôpital.
Pas moins de 4 victoires confirmées et 3 probables sont revendiqués par le groupe, pour un pilote blessé.

GC II/4 (Brétigny – Curtiss H-75) :
Le groupe part pour Brétigny, afin d’appuyer les troupes dans la région de la Seine. Les mécaniciens sont convoyés par Potez 540. Arrivé à destination, le groupe doit effectuer une mission de protection de MS. 406 (3 appareils du I/2), qui feront une mission de couverture du secteur Beauvais-Gisors-Gournay.
Ce n’est qu’à la fin de la mission qu’une menace se pointe, à savoir 4 Bf 109 alors loin, en montée. Les Curtiss montent à leur rencontrent, ce à quoi les Bf 109 réagissent en déguerpissant.
Entre 16h00 et 16h30, deux patrouilles doubles effectuent une mission de destruction sur Beauvais-Gisors-Persan-Beaumont, en coopération avec une patrouille triple du GC I/2.

GC I/5 :
« Un vol est signalé sur Rouen. Une patrouille double de la 1ère escadrille démarre aussitôt en destruction orientée sur le secteur de Rouen-Les Andelys.
Les 6 Curtiss prennent le contact avec la formation ennemie, tandis qu’elle est en train de bombarder Rouen en piqué. Il y là haut 18 Ju 87 (…). Au-dessus, une patrouille de 12 Bf 110 assure leur protection.
»
Après cette présentation générale, voyons comment Vibyral, après avoir abattu un Ju 87, a vécu ce combat :
« Nous étions 9 je me souviens bien et nous avion prit à partie un essaim de 109.
Dans la bagarre, je me trouve en chandelle quand un 109, en palier croise ma route, sans me voir. Moi non plus, je ne l’avais pas vu ! Mon hélice a dû le frôler à un mètre près !
Si je l’avais vu à temps, j’aurais pu l’abattre. C’est alors que je me suis trouvé tout seul dans le ciel. Personne au point de rassemblement. Il me fallait donc revenir au terrain. Ouis, mais dans l’action, j’ai été sérieusement séringué [par 3 messerschmitt].
J’ai traversé un nuage – le seul que j’ai jamais rencontré au cours du mois de juin.
Je n’étais pas blessé, mais je ne disposais plus de volets ni de commande de train. Après avoir fait 3 ou 4 tours du terrain, je me suis posé sur le ventre. Ma radio était totalement en panne. En fait, je me suis posé moteur coupé. J’ai cru que j’aillais être un peu long, j’ai donc dû pousser sur le manche pour plaquer l’avion au sol afin d’éviter le canal un peu plus loin.
L’ambulance, déjà, venait à ma rencontre. J’avais eu de la chance.
» L’appareil est irréparable
« Les autres, continue Accart, continuent le combat : Rouquette abat un second Junker, et en endommage gravement un autre. Impossible de l’achever : les 110 obligent [le S/L] Rouquette à se poser en campagne, sur le ventre. Avion très endommagé. Un dernier Stuka, enfin, est descendu par le sgt-chef Vuillemain. ». Le groupe obtient donc 2 stuka sûrs, 2 probables, pour un appareil perdu.

GC II/5 (Toul-Croix de Metz – Curtiss H-75) :
5 appareils décollent, et Jean Gisclon décrit leur mission : « Une rencontre au-dessus de Poix, avec 3 pelotons de 27 He 111 protégés par le même nombre de « 109 » et de « 110 », dégénera en un tournoi général qui aurait pu tourner assez mal pour les Curtiss, sans l’intervention d’une dizaine de Dewoitine du GC I/3. 2 furent descendus par Lachaux et Chabéra, et un endommagé par Legrand. Chabéra, perdu au cours du combat, se posa une 1ère fois à Chantilly pour refaire de l’essence et « demander sa route » ! Une fois en l’air, il se perdit une seconde fois et se reposa à Meaux où on le prit pour un Allemand. Les gendarmes le gardèrent 2 bonnes heure, puis le relâchèrent.
Chabéra, après le décollage de Meaux, intercepta un Hs 126, mais au moment où il arrivait à bonne distance de tir, il constata qu’il n’avait plus de munitons. Furieux, il s’entetâ à le poursuivre. Cette idée fut bonne, car après 20 minutes de manœuvres au ras du sol, le Hs 126 accrocha une ligne d’arbes et percuta sur la rive surd de l’Aisne encore tenue par nous. Une nouvelle fois perdu, Chabéra mit cap au sud, rentra seul à Toul.
»
D’autre part, 11 appareils détachés à Connantre effctuent une mission de protection d’un Potez 63.11 du GR. II/33, sur Poix-Conty de 10h15 à 11h15, en coopération avec une patrouille triple du GC III/1. Vers 11h00, le disposotif est attaqué par des Bf 109 en protection de bombardiers : le sgt-chef Legrand tire un des chasseurs, mais cette victoire ne lui est pas homologuée. Cependant, 2 autres pilotes reçoivent l’homologuation pour un Bf 109 chacun.

GC I/6 (Lognes – MS. 406) :
Le groupe effectue 24 sorties en 8 missions sur les blindés allemands, sans interruption de 5h15 à 18h30, dans le secteur de Gisors, Gournay, Forges-les-Eaux, Les Andelys, Fleury :
-Le MS. 406 n°804 est abattu par la flak, le Cne de Poilloue de St Mars n’y échappera pas
-L’appareil du sgt Mathieu est lui aussi abattu, mais son pilote est indemme.

GC II/6 (Anglure-Vouarces – MS. 406 et MB. 152) :
En fin d’après-midi, un dispositif de 9 appareils du GC I/2, 9 du II/3 et 12 du II/6 en mission de destruction surprend un groupe de Ju 87. Le II/6 va s’octroyer pas moins de 6 stukas sûrs. Cependant,
-le Lt Monty (MS. 406 n°225) est tué
-le S/C Goile doit se poser en campagne
-Le Lt Vié est abattu, l’appareil s’écrase ; le pilote est sérieusement blessé.
-L’adj Laguet et le S/L Riss doivent poser en catastrophe leur appareil endommagé sur le terrain de Reims.
Avant 21h00, 12 Bloch décollent pour contrer un raid.

GC II/7 (Meaux-Esbly – D. 520) :
Le terrain est l’oblet d’un bombardement, qui incendie deux appareils.

GC III/7 ( ? – ?) :
4 patrouilles (10 pilotes), mises à la disposition du I/6 à Lognes, participent au mitraillage des chars dans la région de Forges-les-Eaux, sans interruption de 5h15 à 18h30. La flak touche deux appareils, dont celui du sgt Mathieu qui soit se poser train rentré en campagne, blessé.

GC I/8 (Claye-Souilly - ?) :
Mouvement sur Brétigny sur Orge.

GC I/145 (Dreux – CR. 714) :
5 appareils décollent entre 13h30 et 14h30, RAS.
A 15h54, a lieu un nouveau décollage sur alerte, composée du Cne Wczelik, S/Lt Godlewski, Zukowski et Czerwinski, et du Sgt Zaniewski. Ils réussissent à engager le combat à 15h54, à 400m d’altitude et au sud-est de Rouen, contre 15 à 20 Bf 110. Le combat tournoyant semble aller à l’avantage des polonais, et les 5 pilotes se voient attribuer un Bf 110 probable en coopération.
(Nb : ces victoires sont notées selon les archives françaises, car le système polonais compte 1/5 d’une victoire, tandis que le système français attribue une victoire à chaque pilote ayant participé à la destruction de l’appareil. Il semble, en réalité, que seul un Bf 110 ait été réellement abattu.)
Tous les avions ont été fortement endommagés, notament celui de Zukowski qui doit le poser à Evreux ; il rejoindra alors le groupe.

ECMJ I/16 ( ? – Potez 631) :
Des missions de couverture sur alerte son effectuées. RAS.

Patrouille DAT de Orléans/CEAM (Orléans – MS. 406, D. 520) :
Le groupe s’attaque toute la journée à des panzers, dans la région de Forges-les-eaux, sans résultats notables.

GB I/11, II/23 ( ? – LeO 451) :
2 appareils du GB I/11 et 4 du II/23 attaquent les environs de Poix.
-Les deux appareils du I/11 sont endommagés à l’aterissage, à cause du manque d’entraînement des pilotes.
-Le n°206 du II/23 est abattu par la flak au-dessus de l’objectif : le radio (sgt-chef Grange) est tué, tandis que le CA Lnt Blanchard, le pilote adj Voisine et le canonnier cprl Conquet, grivement blessés, sont faits prisonniers.
-Le n°258 (II/23), touché par la flak, finit sur le ventre ; seul le CA est blessé (Lt Clerc CA, Sj-chef Chuzeville pilote, Adj-chef Mauret canonnier, et Adj Terrières radio).

GB I/12, II/12, I/31 et II/31 ( ? – LeO 451) :
4 appareils du I/12, 4 du II/12, 3 du I/31 et 2 du II/31 décollent dans la nuit pour bombarder Ham (Somme). Au I/12, un appareil doit rentrer prématurement car il ne peut rentrer le train. Tous rentrent. RAS.

GB I/15 et II/15 ( ? - ?) :
3 appareils attaquent les alentours de Sedan, tandis que 2 autres font de même sur Wittlich.

GB I/19 (Dadonville – Douglas DB-7) :
5 appareils sont enguagés à partir de 14h contre les ponts de l’Aisne. Les appareils réussissent à faire sauter le pont de Missy-sur-Aisne.

GB II/19 (Dadonville – Douglas DB-7) :
4 appareils sont enguagés à partir de 14h contre les ponts de l’Aisne. Ils s’apperçoivent que les ponts ont déjà sauté, et choississent comme objectif secondaire une colonne de char près de Pasly. Le n°26 est touché de plein fouet par un obus de la flak, qui tue l’observateur (adj Montrozier) ; le captne Provoost (pilote) et le sgt-chef Follaci (radio-mitrailleur) sautent en parachute, mais celui du radio-mitrailleur (Follaci) ne s’ouvre pas et il se tue.

GB I/21, II/21, I/34 et II/34 (? Et Briare – MB 210 et Amiot 351/354):
A partir de 22h, le I/21 effectue 10 sorties, le II/21 9, le I/34 3 et le II/34 3 sur les sorties de Ham, St Quentin et La Fère. Un Amiot 351 (du II/21) est ceuilli par des chasseurs ennemis dans sa finale d’aterissage, il est touché à plusieurs reprises.
Au cours d’une attaque contre des ponts de bateaux sur la Somme à Péronne effectuée par le I/21, le MB 210 n°55 (I/21) est abattu en flammes par la Flak, entraînant dans la mort tout son équipage (S/L Colombo CA, Lt Soltner pilote, Adj Veit mitrailleur, Sgt Beaufrere radio et Sgt Hirsch mitrailleur).

GB II/23 ( ? – LeO 451) :
A la tombée de la nuit, 4 appareils sont lancés contre les blindés concentrés près de Poix :
-le n°206 a le moteur droit endommagé par la Flak légère, il doit se poser sur le ventre à Blaincourt. Son équipage est fait prisonnier (S/L Blanchard, Adj Voisine et Sldt Conquet blessés, ?)
-le n°258 subit le même sort. Le Lt Clerc, blessé par un tir ennemi, parvint à poser l’appareil dans les lignes françaises.

GB II/32 (Médiouna – Douglas DB-7) :
Le groupe reçoit ses premiers DB-7. Il sera opérationnel une semaine plus tard.

GB I/38 ( ? - ?) :
6 appareils effectuent 2 sorties, un autre équipage effectue une sortie sur les ponts de l’Aisne entre Soissons et Vic-sur-Aisne.

GB II/38 ( ? - ?) :
Le groupe effectue 4 sorties sur Condé-sur-Aisne, Chassery et Missy-sur-Aisne.

GB I/62, II/62, I/63 et II/63 (Orange, Meknès et Marrakech – Martin 167):
Malgré ses lourdes pertes (seulement 17 appareils sont disponibles), le groupement n°1 effectue pas moins de 29 missions. Le matin, lors de l’attaque sur les blindés entre Forges-les-Eaux et Gournay-en-Bray, un appareil est touché (le n°71 du I/63, endommagé par la flak ; des éclats blessent le mitrailleur, adj-chef Habourdin, qui décèdera quelques jours plus tard).
Vers 17h30, 16 appareils des 4 groupes décollent pour attaquer les mêmes objectifs. 3 appareils du I/62 ne trouvent pas leur cible et rentrent avec leurs bombes.

GBA II/35, I/51, I/54, II/54 (Chartres et Briare – Br. 693):
Suite au signalement d’une concentration de 200 blindés en ravitaillement dans la secteur Condé-Venizel-Missy sur Aisne-Berzy le Sec par un Potez 63-11, une mission est ordonnée.
A 13h30, 3 Br. 693 du I/51 et 8 du I/54 décollent.
-Le°1017 (GBA I/51) est abattu par la Flak (le pilote Sgt Mitifeux est indemme, le mitrailleur Adj Darriet est grièvement blessé à la tête : il succombera le lendemain).
-Le n°6, (GBA I/54) gravement endommagé par la Flak, s’écrase à l’aterissage (Lt Bondy pilote indemme, Sgt Conili mitrailleur grièvement blessé à la jambe).
A 17h30, 5 Br. 693 du II/51 décollent à leur tour.
-Le n°52, touché par la Flak, se brise à l’aterissage (le S/L Rolland, pilote et le Sgt Des Courtis mitrailleur, sont indemmes mais l’appareil est détruit).
-Le n°48 subit le même sort (le Lt Collombet, pilote, est indemme mais le mitrailleur Sgt-chef Hervier est blessé).
Au II/35, lors un vol d’entraînement, le Br 691 n°57 s’écrase peu après le décollage. Le pilote (sgt Bellogrote) est tué.

GAR I/35 ( ? – Potez 63.11) :
Un Potez décolle à 9h25 pour une mission de reconaissance de concentrations de blindés, sur la zone Chaulnes-Roye, en vol rasant. Il est abattu par le Flak. L’équipage (Lt Montanteme observateur, Cptne Monigard pilote et Adj Chatillon mitrailleur) est indemme.

GAR II/55 ( ? – Potez 63.11) :
Deux missions de reconaissance sur les arrières ennemis sont effectuées à l’aube. Le Potez 63.11 de la première heurte au décollage un MS. 406 et prend feu. L’équipage (S/L Chareyre observateur, Sgt-chef Morier pilote et Adj-chef Jacquemart mitrailleur) est indemme.

GAO 501 (Chantilly-les-Aigles – Potez 63.11) :
Mouvement sur Saint-André-de-l’Eure.

GAO 510 ( ? – Potez 63.11) :
Un appareil décolle à 4h45 pour une mission de reconaissance des engins blindés au sud de la Hortoy. Il est abattu par la Flak, l’appareil est détruit. L’observateur (Lt Martin) et le pilote (Sgt-chef Guesnel) sont tués, le mitrailleur (Sgt Menet), blessé, est fait prisonnier.

GAO 517 ( ? – Potez 63.11) :
Un appareil est abattu par 9 Bf 109 au sud de Château-Thierry, il doit faire un aterissage forcé. L’observateur (Lt Plaud) et le mitrailleur (Caporal-chef Barbarin) sont grièvement blessé, le pilote (S/L Battle) est blessé.

GAO 543 ( ? – Potez 63.11) :
Un appareil effectue une mission de reconaissance des éléments ennemis sur l’Aisne. Sérieusement endommagé par la Flak, l’appareil réussit à rentrer au terrain mais il s’écrase à l’aterissage. L’observateur (S/L Faugeras) est grièvement blessé, le pilote (Cptne Berveiller) et le mitrailleur (Sgt-chef Molle) sont indemmes.

GAO I/551 ( ? – Potez 63.11) :
A 9h40, un appareil décolle. A 10h05, il est abattu en flammes par 9 Bf 109. L’observateur (Lt Rioug) est gravement blessé et brûlé, le pilote (Sgt-chef Cotte) est grièvement blessé, et le mitrailleur (Sgt-chef Hild) est tué. Jean Rouig se souvient de sa mission : « J’étais installé dans la cabine avant, d’où l’on voyait mieux le sol. Je venais juste à ce moment d’envoyer par radio aux artilleurs français le signal « Tirez ». Ayant vu l’impact de 4 obus tirés, je me suis baissé pour ramasser la carte qui avait glissé sur mes genoux.
C’est à ce moment précis que le cockpit a volé en éclats sur le tir de mitrailleuses et de canons des Messerschmitt. Bien que légèrement blessé, ce geste m’a sauvé la vie, par contre mes 2 compagnons ont été grièvement blessés. Heureusement qu’il y avait à l’avant une double commande. Après avoir redressé la vrille, moteur droit en feu, nous avons ramené l’avion dans les lignes françaises, et avons fait un aterissage catastrophique. L’avion, réservoirs crevés, a pris feu. Le choc, à ce moment, sortit mes deux camarades de leur syncope et ils ont pu sortir de l’avion alors que je suis resté coincé à l’avant, d’où je n’ai pu sortir rapidement (porte défoncée).
C’est à ce moment que j’ai été brûlé par l’essence en feu. Pendant le retour vers les lignes françaises, l’avion risquait d’exploser en l’air. J’ai dû résoudre un cas de conscience, ayant constaté en me retournant que le sgt-chef Cotte était affalé sur son siège, avec un énorme trou dans la joue et perdant beaucoup de sang. Et le sgt-chef Hild ne répondant plus à l’appel intérieur, j’ai envisagé de sauter en parachute. Heureusement, je ne l’ai pas fait car ils sont sortis de l’appareil. Hélas Hild est mort le lendemain, le foie éclaté et avec une hémmoragie interne.
».

GAO I/584 ( ? – Potez 63.11) :
Un appareil est attaqué par 12 Bf 110 à la frontière Suisse. L’équipage réussit à rejoindre le terrain en rase-mottes, mais l’appareil est détruit. L’observateur (Lt Confuron), le pilote (Sgt-chef Bayle) et le mitrailleur (Sgt Minaro) sont indemmes.

AB1, B2, F1C (Cherbourg – Latécoère 298, Loire 130, Vought 156, LeO H-257, MB 151) :
6 LeO H-257, 23 Latécoère 298, 3 Loire 130, 6 Vought 156F, 13 Potez 631 et 5 MB. 151 tentent désespérément de barrer le passage de la Seine, sans succès.

T2 ( ? – Latécoère 298) :
4 appareils tentent de bombarder des blindés au-sud d’Abbeville, mais sans succès vu le brouillard.
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8 juin 1940
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