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 5 juin 1940

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fanavman
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MessageSujet: 5 juin 1940   Mer 15 Aoû 2012 - 4:43

5-juin-40 (Victoires : 55 sûres, Pertes : 34)

Début de l’opération Fall Rot, plan rouge (l’invasion du reste de la France) : pas moins de 110 divisions allemandes sont disponibles pour participer à l’invasion du reste de la France. Dès l’aube, les allemands tentent de percer le front à Péronne.

GC I/1 (Marignane – MB 152) :
Dans la matinée, 6 appareils décollent pour une mission de destruction générale dans la région d’Amiens. Un Bf 109 est apperçu après un calme plat ; il plonge à la verticale à la vue des français, tiré au passage par l’Adj Delegay. Mais la patrouille ne le poursuit pas, craignant un piège.
Dans l’après-midi, une nouvelle mission de destruction est commandée, en coopération avec une patrouille double du GC II/10. 7 BF 109 sont apperçus ; le S/C Straké attaque l’un d’eux, mais celui-ci se déguage en retournement. Straké regagne la patrouille, à point nommé pour déguager un Bloch et abattre son agresseur. Le Sgt Leprovost déguage le Cal Pipa aux prises avec un Bf 109, et l’abat.
-l’avion du Cal Pipa est touché
-le Cal Postolka doit se poser en panne et brise son appareil.

GC II/1 (Brétigny – MB 152) :
Le matin, l’A/C Croq, le Sgt Largeau et le C/C Brzeski effectuent une couverture du terrain. RAS.
Une mission de destruction, menée par le Lt Brun, est effectuée sur le secteur de Roye-Chaulnes. Les français apperçoivent un Hs 126, qui est abattu par l’Ad Becquet, le Sgt Patoor, le sgt Monfort, le Cne Jastrzebski, l’A/C Croq et le S/C Duverdier, en coopération.
A 17h15, une seconde mission de ce type est effectuée par deux patrouilles : une haute (7 appareils) et une basse (6 appareils). Le S/L Belland, distancé par la patrouille, se fait surprendre par un Bf 109 : il déguage mais tombe dans une vrille qu’il parvient à redresser. Intrigué par une odeur de brûlé, il rentre au terrain ; il y apprend que l’odeur provient d’une amorce d’obus atteinte par un projectile. Le C/C Krieger est obligé d’ « aller aux vaches » près de Bauvais, il rejoindra le groupe le lendemain.
Le groupe a ainsi effectué 4 missions en 37 sorties dans la journée.

GC III/1 (Valence-Trésorerie – MS. 406) :
Mouvement sur Rozay en Brie.

GC I/2 (Damblain – MS. 406) :
A 12h30, une patrouille triple décolle pour une mission de destruction sur Colombey-les-Belles (Cne Williame, Sgt Beda, Sgt de Puybusque/ S/L Pichon, S/L Husson et Sgt Weber). Sur Neufchâteau, ils rencontrent 15 Ju 88, mais ne les enguagent pas car ils apperçoivent déjà des français qui s’en occupent. Lorsque la seconde vague se présente, Williame attaque 2 avions avec le dispositif :
-un Ju 88
-un second l’est par
-un dernier l’est par le Cne Williame, le Sgt de Puybusque et les S/L Audebert et Husson
Cependant :
-Le Cne Williame a cependant reçu une balle dans le réservoir d’huile, il doit se poser en campagne
-Le Sgt Beda doit se poser sur un terrain proche, du fait de la présence d’une balle dans le radiateur d’huile.
A 12h40, une autre patrouille triple décolle, pour la même mission sur le secteur Chalindre-Langres (Cne Patureau-Mirand, S/L Marchelidon, S/C Givelet/ Adj Streiff, S/C Goile, Lt Monty/ Adj Chabert, Lt Provansal). Le Cne Williame nous fait part du récit de cette mission : « Nous étions à Neufchâteau, direction nord, lorsque nous vîmes, à 5 Km devant nous, un peloton d’une quizaine de bombardiers direction ouest. Il faudrait encore les rattraper ! Pas du tout. 4 kilomètres derrières, une seconde expédition de 15 suivait la première. C’étaient des Ju 88 qui allaient bombarder Tours.
Puybusque et moi fîmes une première passe ¾ avant. Je dégageai en cabrant et je vis les patrouilles Breto et Pichon partir à l’attaque, cependant qu’un des bombardiers piquait en faisant des mouvements désordonnés. Enfin ! J’annonçai par radio : « Ca y est. Un par terre. Pilote tué, ou commande de profondeur coupée. ».
Le reste de l’ « Escadrille » venait d’attaquer. Je retombai à la verticale sur un des Junker, puis, me plaçant sur le côté gauche du peloton, je fis 3 passes sur un des moteurs du même appareil. Aux 2 premières, pas de résultat. A la 3ème, j’allai très près. Le moteur prit feu et le bombardier commença à perdre de l’altitude en quittant le peloton.
Par radio, le capitaine Daru me donna l’ordre de garder le contact. Je n’avais plus de munitions. Je vis un Morane piquer sur un des Junker qui explosa littéralement en l’air. C’était Pichon qui venait de faire ce joli coup.
Tout à coup, je m’apperçus que le peloton me distançait. La manette des gaz était pourtant tirée à fond. Un coup d’œil au tachymètre : 1750 trs au lieu de 2200. Un autre à la pression d’huile : 0.
J’annonçai au capitaine Daru que j’étais contraint de me poser en campagne. Je cherchai la plus belle ferme de l’endroit. Juste à côté, il y avait un très joli champ. Je coupai le moteur et atteris sans encombre. C’était une balle dans le réservoir d’huile qui m’avait descendu. De la ferme sortirent une quizaine de personnes. Elles se mirent à courir vers Juliette. J’entendis un des jeunes gens crier : « C’est un français ! ». Diable ! Je n’avais pas pensé qu’il put y avair méprise. (…)
Par téléphone, j’appris que lorsque l’ « Escadrile » avait quitté les bombardiers, ils n’étaient plus que 11 sur 15 que nous avions attaqués. Dans le premier de nos adversaires que j’avais annoncé abattu par Breto et Pichon, le pilote avait eu la cuisse à peu près sectionnée par un obus. Après quelques évolutions désordonnées, il avait réussi à remettre son avion en ligne de vol. Audebert et Husson l’avaient vu et l’avaient harcelé jusqu’au moment où il s’était posé à 6 Km au nord-ouest de Chaumont. Celui de Pichon, qui avait explosé en l’air, était tombé en brûlant à Clairvaux. L’équipage s’était jeté en parachute. Un 4ème manquait donc, peut-être celui qui avait aussi donné du mal à quelques pilotes. Après avoir coupé son moteur en flammes et largué ses bombes, il avait tenté de regagner l’Allemagne. Il avait réussi à éteindre l’incendie et Puybusque prétend même qu’à la fin du combat, le moteur avait été remis en route. Il s’était battu avec acharnement jusqu’au ras du sol, où il avait accroché un arbre, puis s’étair redressé. 2 des membres de l’équipahe avaient été tués ; le pilote était indemme. Il y avait déjà 9 tués ou prisonniers, et on avait arrêté un 10ème aviateur en lisière d’un bois, près d’Auberive… Au moment où l’avance allemande nous obligeait à des replis successifs, le bruit courut, puis fut vérifié, qu’un 4ème Ju 88 avait bien été retrouvé dans une forêt aux environs d’Auberive.
»
Une patrouille triple attaque 15 bombardiers ; 8 d’entre eux font demi-tour, tandis que les français gardent le contact avec les autres jusqu’à Nevers. Vers 13h15, le Cne Patureau dirige ses patrouilles à l’attaque de 15 bombardiers au sud-est de Chalindrey :
-le S/L Marchelidon force un appareil à se détacher de la formation, et autre à lâcher le peloton en fumant abondamment
-le S/C Givelet fait fumer un bombardier
-le Sgt-chef Goile attaque un avion à la traîne (probablement touché), mais il doit arrêter la poursuite de par l’action des défenseurs.
-l’adj Chavert met un feu un bombardier, force deux autres à larguer leurs bombes avant l’objectif
-le Lnt Provansal fait fumer un appareil et semble avoir fait taire le mitrailleur arrière
Seuls 3 victoires seront homologuées pour la journée, aux prix d’un Morane brisé et de 2 gravement touchés. Le Cptne Patureau a reçu une balle dans son poste radio.

GC II/2 (Laon – MS. 406) :
De 19h à 20h30, un détachement de 13 pilotes à Lognes-Emerainville mitraille des blindés, en coopération avec une patrouille du GC I/6.
-Ces missions font un blessé grave, l’A/C Senet
-Le S/L Mihiet, appareil en flammes, se parachute ; il est grièvement brûlé au visage et aux mains.
En outre, 2 des 5 appareils qui rentrent le sont à l’état de passoires.

GC III/2 (Avord – MS. 406) :
« Le temps brumeux et le plafond bas (…) obligèrent les chasseurs du groupe III/2 à voler près du sol entre les éclatements de la DCA. Romey, ainsi que 6 de ses camarades, furent touchés par les obus explosifs de la Flak. ».

GC I/3 (Meaux-Esbly – D. 520) :
9 D. 520 décollent vers 09h00, pour une mission similaire à la veille. Mais, contrairement à ce qui s’est précédemment passé, des Bf 109 engagent les appareils aux cocardes tricolores. Le Lnt Thierry abat un appareil. De Salaberry nous raconte la suite du combat, en tant qu’équipier de la patrouille la plus haute, à 4500-5000m : « A peine sommes-nous arrivés sur le secteur qu’on nous signale : ennemi en vue. Et de fait, j’aperçois à 200m en-dessous et un peu à droite, un chasseur allemand. (…) La petite mais ô combien précieuse expérience que j’ai pu acquérir me fait immédiatement me retourner vers mes arrières. Il n’est que temps : à moins de 100m, un ennemi est en train de m’ajuster plein arrière, il s’en faut de 2 à 3 secondes maximum avant qu’il n’ouvre le feu. J’ai le temps d’en avoir 3 autres passer mais ils ne sont pas pour moi. Immédiatement, je bascule mon D. 520 à la verticale et tire sur le manche pour sortir du champ de tir. C’est vital, quasiment aussi vite fait qu’il faut de temps pour le dire. (…) Cela ne plaît pas au Fritz qui se voyait sans doute une victoire dans la poche. Contrairement à l’habitude des chasseurs allemands qui « n’accrochent » pas beaucoup, il s’incline vers moi et moi vers lui, pensant : ca y est, on part dans un combat tournoyant. Ce qui n’était pas pour me déplaire, l’avion français étant plus maniable que l’avion allemand et que nous nous étions entraînés à ce genre de bagarre. Après 1 tour et demi à 2 tours, je m’aperçus qu’il avait disparu, sans doute n’aimait-il pas ce genre de procédé.
M’assurant qu’il n’y a plus rien derrière, je redresse pour faire le point, c’est vite fait. Juste devant moi, je vois un D. 520 sur le dos, train sorti, ce qui me parait insolite à cette altitude. Depuis l’arrière du capot moteur jusqu’à l’empennage, il est entouré d’une jupe orange brillant, c’est une vraie torche. Il me semble mais c’est difficile à voir qu’il n’a plus de cockpit. (…) Derrière, à moins de 100m, celui qui l’a descendu continue à le tirer comme à un stand de foire. (…) Je n’ai qu’une envie, c’est de le descendre à son tour et le voir s’écraser au sol.
Après un rapide coup d’œil sur mes arrières, je me laisse glisser derrière le fritz pour me mettre en position favorable. Malheureusement, il m’a vu et a compris tout de suite que ce n’était pas pour un combat sans risques, lui le chasseur allait devenir le lapin. Il fait ce que les aviateurs allemands effectuent pour rompre le combat quand ils jugent être mal partis. Il passe sur le dos et plonge vers le sol, comptant sur sa supériorité de vitesse pour me distancer, mais je ne veux pas le lâcher et en même temps que lui, je passe sur le dos, plongeant derrière moteur à plein régime. (…)
Pendant ce piqué, je rectifie ma position par rapport à lui pour me mettre dans l’axe. Il commence à redresser, moi aussi. Je me sens écrasé sur mon siège ; j’arrive cependant à mettre le point du collimateur sur lui mais je sais qu’en raison de la forte accélération subie, j’aurais du mal. Je lâche une très courte rafale pour m’en rendre compte, 2 ou 3 obus qui passent à 4-5m dessous. Il faut attendre. Je me demande ce qu’il va faire. (…) A cette phase du combat, je lève la tête et aperçoit l’horizon, nous sommes encore en piqué accentué. Nous passons à nouveau sur le dos, c’est bien synchronisé. Dans cette position, je serre davantage ma trajectoire, pas trop cependant car le capot interminable me le masquerait et j’aurais trop peur qu’il ne s’esquive sans que je le vois. (…)
Je continue à le suivre et il répète une fois de plus la même manouvre pendant laquelle je réussis à gagner un peu en serrant davantage sur sa trajectoire. Il doit me trouver vraiment obstiné ! Cette fois en bonne position de tir, je lâche plusieurs rafales plein arrière ; il ne réagit pas et continue en ligne droite. Je remarque tout à coup que la lumière s’assombrit, je réalise que le sol n’est pas loin. J’effectue un virage complet, je ne vois plus personne.
». Le Lnt aura finalement abattu le Bf 109, qui se sera écrasé près d’Amiens.
Pendant ce temps, l’appareil de Korec plonge vers le sol qu’il finit par percuter ; le pilote a réussi à sauter mais sans doute trop bas car il est retrouvé enlisé dans un marais, mort.
De 11h00 à 12h30, une seconde mission est effectuée par 8 appareils, mais ils ne font aucune rencontre et rentrent. A 16h30, le groupe décolle à nouveau, pour une mission (en coopération avec le GC II/7) sur la zone Athies-Péronne-Bray-sur-Somme-Proyart. Alors que les chasseurs vont rentrer, un Bf 109 surprend Prévost, qui tente de retrouver ses équipiers mais son réservoir touché empêche toute visibilité ; il ouvre alors la cabine, mais elle s’enflamme. Il se renverse alors sur le dos mais ne parvient à se détacher que tardivement. Le groupe a, de son côté, abattu un appareil à croix noires.
Alors que la première escadrille revient au bercail, une patrouille allemande tombe sur les patrouilles françaises, abattant pas moins de 4 avions en quelques minutes ; les survivants regagnent ensuite le terrain.
Vers 19h30, le groupe effectue une dernière mission, qui consiste à escorter un appareil de ravitaillement aux populations. Alors qu’ils prennent le cap du retour après 1H de vol, ils se trouvent face à un « mouchard », escorté par des Bf 109. Le sgt Barberis s’offre l’avion d’observation, puis un chasseur allemand.
Le groupe obtient donc 5 victoires confirmées, mais perd un tué et un blessé.

GC III/3 (Cormeilles-en-Vexin – MS. 406 et D. 520) :
En début de matinée, une patrouille intercepte un Do 17 isolé, et l’abat finalement.
En début d’après-midi, 6 D. 520 assurent la protection sur zone des LeO 451 entre Athies et Péronne, en coopération avec le GC I/8 et 2 patrouilles triples du GC II/7. En cours de route, ils aperçoivent des D. 520 du GC II/7 aux prises avec des Bf 109 :
-le sgt Caseneuve, contrairement à l’ordre qui lui a été donné, rompt la formation et plonge dans la mêlée. Mais, après avoir abattu 2 chasseurs, il est mis en flammes et, gravement brûlé, doit sauter en parachute.
-Le lnt Meyzonnier, isolé contre 7 Bf 109, a été abattu égualement.
A 14h45, 4 D. 520 décollent sur alerte. Le Nigen attaque un Do 17, mais il est chassé par 2 Bf 110. Le Lt Morin le déguage, mais l’appareil de Le Nigen est sérieusement endommagé, son pilote a été blessé par des éclats de plexiglas.
A la fin de la journée, le groupe a abattu 1 Do 17 et 2 Bf 109, tous sûrs. Mais deux pilotes ont été blessés. Enfin, une attaque aérienne du terrain a endommagé au sol l’un des appareils.

GC I/4 (Evreux-Fauville – Curtiss H-75) :
Décollant à 6h30, 15 Curtiss mènent une mission d’escorte de Br. 693. Ils sont engagés par 15 Bf 109 à 7h30. Les français en revendiquent 7.
Entre Eu et Amiens, un nouvel engagement est effectué avec des Bf 109 : un 8ème appareil probable y est revendiqué.
-le Lnt Meyzonnier est abattu en flammes et tué par 7 chasseurs ennemis
-le S/L de la Taille, supris par une formation ennemie, doit évacuer son avion criblé de balles ; le parachute ne s’ouvre pas et le pilote s’écrase au sol.

GC II/4 (Orconte – Curtiss H-75) :
Dès l’aube survient une alerte mais qui se transforme en fausse alerte. Le décollage ne se fait donc qu’à 9h30, pour une mission de destruction dans le secteur du Chemin des Dames, effectuée par 3 patrouilles (8 avions). Le Lnt Plubeau nous en narre le déroulement : « Nous sommes à 3000m et nous ne voyons décidément rien, si ce n’est un malheureux Henschel, qui se promène à 2000m au-dessous de nous et que la visibilité extraordinaire nous permet de voir. La 1ère patrouille lui tombe immédiatement dessus, suivie de la seconde. Une passe…mais voilà du nouveau…Qu’est-ce-que c’est que ces points qui brillent au soleil, assez haut au-dessus de nous, sinon des Messerschmitt ? En effet, ils nous attaquent en essayant de dégager leur copain. Ca n’est pas aussi facile qu’ils le pensent : pendant que Baptizet et Hlobil seringuent sans arrêt le pigeon au cours de passes exécutées en rase-mottes, et finissent pas l’envoyer dans le décor, en flammes, les autres pilotes bagarrent dur avec les Messerschmitt, qui se révèlent très coriaces (…) De la Chapelle est le premier à l’expérimenter. Il est à l’étage supérieur, et est tout de suite pris à parti par une patrouille contre laquelle il ne peut rien faire si ce n’est se défendre de toute sa science du combat aérien tournoyant. C’est néanmoins assez dur, et je crois qu’il se souviendra longtemps de sa montée en spirale qui s’est terminée par un piqué fantastique de plus de 5000m, piqué au cours duquel il a eu l’impression de perdre ses plans, tant ils vibraient. Enfin ils arrivent vite près du sol. Il redresse et voit avec une certaine satisfaction que les chasseurs boches ne sont plus là. Il n’y avait plus qu’une chose à faire, aller au point de ravitaillement. (…)
Quant aux autres, ils sont en pleine confusion : combats tournoyants dans lesquels on perd des équipiers pour se retrouver, 2 minutes après le début de la fête, tout seul dans le ciel auquel on a l’impression d’appartenir. Cet isolement n’est, en général, que de courte durée car aussi vite qu’il a paru se vider, le ciel se remplit de « points noirs » qui n’ont à notre égard, le plus souvent, que haine et malveillance.
Baptizet, qui vient de descendre de la bonne manière son Henschel, ne s’en tient pas là. Il rencontre par hasard un Me 109 qui rentre chez lui en rase-mottes. Il se met dans sa queue et, en quelques giclées, l’envoie en flammes dans un monde meilleur (…) Il remonte à 2000m et retrouve le Lt Vinçotte, depuis quelques temps aux prises avec un Messerschmitt.
»
Vinçotte nous raconte alors la suite du combat : « Je l’avais pris dans mon collimateur alors que ce salaud faisait une passe sur Fauconnet. Je n’avais pu m’en approcher à moins de 300m, mais je l’en avais pas moins arrosé, je l’avais vu se mettre sur le dos (…) et faire un superbe piqué, trop loin de moi alors, pour pouvoir le suivre…Mais pourquoi donc ce cornichon était-il remonté ? Probablement pour recevoir au passage une giclée de Baptizet, et pour que je puisse le cueillir, car je l’avais pas quitté des yeux pendant toutes ses évolutions. Quand il arrive au sommet de sa chandelle, je n’ai plus qu’à me mettre dans sa queue. C’est facile, et l’arrosage commence. De la fumée, du feu….
Je regarde derrière moi. Minute ! En voila un autre qui aimerait bien me prendre pour un pigeon. J’abandonne la poursuite, très étonne que le Me puisse rentrer chez lui. J’évite celui qui est derrière moi, et, après un virage complet, je suis dans sa queue. Je tire ! crac !... Je n’ai plus de munitions. Seule une mitrailleuse de capot crache lamentablement. Le Boche dégage en retournement. Je ne le suis pas, c’est inutile…Je n’ai plus qu’à aller au ravitaillement….
En rentrant, j’ai la surprise de tomber sur un Me qui me fait une passe plein avant. Je tourne autour de lui, je me mets facilement derrière, il dégage et s’en va sans que je le suive…A quoi bon le faire sans munitions ?
». L’après-midi, le groupe effectue une mission de protection dans le secteur Laon-Craonne. La Jagdwaffe ne se montre pas, le groupe abat cependant un Henschell.

GC I/5 ( ? – Curtiss H-75) :
Le groupe effectue plusieurs sorties, mais sans accrocher l’ennemi.

GC II/5 (Connantres – Curtiss H-75) :
Jean Gisclon raconte : « Dès notre arrivée à Connantre, vers 8h, un premier dispositif de 9 avions, emmené par Destaillac, fut envoyé sur le secteur Laon-Soissons ; le second fort de 11 Curtiss, se dirigea sur le secteur Amiens/St Quentin. Nous n’eûmes qu’un bref enguagement avec une dizaine de « 109 » qui se termina sans résultat. Le dispositif de Destaillac s’enguagea contre des « 109 » et des « 110 », ce qui donna lieu à un match nul.
Vers 14h, une autre mission fut confiée à 9 Bloch du II/9 avec le cptne Delfino à leur tête, et protégés par 15 Curtiss conduits par Destaillac. (…) Le dispositif, de 24 appareils croisa pendant une heure entre Noyon et Tergnier, sans rien voir. Après quoi, Delfino emmena tout le monde sur Laon. Les patrouilles basses purent alors constater l’accumulation des moyens de Flak, sur tout le front ennemi. Les armes aériennes de petit et moyen calibres, poussées vers l’avant, suivaient au plus près la progression des unités blindés et motorisées qu’elles protégeaient avec une efficacité extrêmement meutrière.
Brusquement, 2 Hs 126 traversèrent le dispositif qui piqua sur eux en un ensemble parfait. (…) Ils allaient être descendus pendant la poursuite, mais le II/9 y perdit son meilleur pilote, l’adj Cucumel, abattu par la Flak.
Comme prévu, le Lnt Houzé nous appela en radio : « A nous de jouer. Objectif à 80 Km d’ici ». Sa radio fonctionnait mal. (…) Nous nous rapprochâmes de lui. Lachaux à sa gauche, moi à sa droite, et aile dans aile, nous piquâmes vers le sol.
Nous y arrivâmes en survitesse, redressâmes à quelques mètres du relief à 450 Km/h, nous fonçâmes vers le nord. Le soleil était au zenith. Le vent du nord avait déguagé la brûme grisâtre, le ciel était d’un bleu limpide, la visibilité parfaite. Le sol s’étalait unifirme, légèrement valloné. (…)
Des fumées nous environnèrent, des flammes. Un violent remous dissocia un instant notre formation. Dans un évasement du vallon, un bois s’épanouissait. Blottis sous les frondaisons épargnées par les bombes, des groupes d’hommes se tassaient, soufflant entre deux pillonages de Stuka. Ils durent être stupéfaits par le passage d’avions à cocardes. Des trous s’évasaient de toutes parts. Tâches ocres sur la verdure, cratères à peine éteints….
Sa radio étant définitivement inutilisable, Houzé battit des plans. Lachaux se glissa sous nous et vint se placer sur ma droite. Ma main se crispa davantage sur le manche, un doigt sur la commande de tir…Un village avec 2 ou 3 maisons qui brûlaient s’évada sous nos ailes. Puis une route apparut, droite, nue, noyée sous une multitude de chars, de camions, chargés de soldats en uniforme gris vert…Quel désir de piquer sur cette cible, mais l’objectif apparaît devant nous, à 2 Km à peine…
Houzé ne s’était pas trompé. Dans un champ immense, une vingtaine d’appareils étaient dispersés. Gaz ouvert en grand, en formation echelonnée vers la droite, nous attaquâmes. La suprise fut totale. L’œil au collimateur, je visai un avion, un Do 17, que ravitaillait un camion citerne à 400m devant moi, sa silhouette entière se dessina dans mon viseur ! Je le vis grossir à vive allure. Je tirai frénétiquement au moment où j’eus l’impression de le percuter. Autour de l’avion, 3 hommes tombèrent. D’autres coururent aux plus proches abris.
Houzé continua en ligne droite, puis vira très sec au ras du sol. Nous l’imitâmes. Nous effectuâmes un second passage à 90° du premier. 2 avions flambaient au milieu du terrain. La citerne que j’avais touchée avait explosé et communiqué le feu à l’avion voisin. Nous traversâmes le terrain en tirant sans interruption. Revenu de sa surprise, l’ennemi ripostait, véritable feu d’artifices de balles traçantes. Le coin devenait malsain. Tenter une 3ème attaque était une folie, mais sur ce terrain, nous nous étions posés, au cours de manœuvres, en juillet 1939…
Houzé battit des plans pour nous signaler que la « fête » était terminée. Nous reprîmes le cap du retour ; étonnés de nous en être sortis sans casse. 20 minutes plus tard, nous nous posâmes à Connantre.
A 18h, une 3ème missionfut exécutée par tous les « Curtiss », en protection de bombardiers opérant sur le secteur Amiens-Marchelepot. Les « Lioré 45 », bien protégés par les patrouilles basses, ne furent pas attaqués par les « 109 » mais 2 des leurs furent abattus par la Flak. Les patrouilles supérieures s’enguagèrent contre des « 109 » et pour la première fois contre des « Heinkel 113 » (NDA : preuve de l’efficacité de la propagande allemande d’avant-guerre….). Un seul « 109 » fut descendu. Le Sturm, dont le Curtiss avait été sérieusement endommagé, se posa sur le ventre à Connantre. Burger, blessé, réussit à rentrer aussi à Connantre, mais il fut hospitalisé.
»
Le bilan est effectivement le suivant :
-un Bf 109 est abattu (à l’époque, il est en effet signalé comme un He 113….)
-le S/L Burger est blessé de 3 éclats au pied, tandis que son appareil est gravement endommagé
-Le S/L Le Stum se pose quant à lui train rentré.
D’autre part, le S/L Angiolini et l’adj-chef Gras abattent un Hs 126, victoire qui sera homologuée aux 9 pilotes composants la patrouille (dont certains ne furent jamais en position d’ouvrir le feu !).

GC I/6 (Lognes-Emerainville –MS. 406) :
Décollant à 10h30, 11 appareils effectuent une mission de destruction dans le secteur de Chaulnes-Rozières-Roye. Svatopluk Janouch nous raconte la mission : « Le 5 juin, nous avons rencontré une quarantaine de bombardiers en piqué Heinkel. Avec l’aide d’un groupe de Bloch [la patrouille de défense de l’usine de Châteauroux], nous avons descendu, sans perte de notre côté, 23 de ces avions, lents et sans défense. Leur seule défense consistait à voler bas et à larguer leusr bombes pour que celles-ci explosent devant les chasseurs. J’ai moi-même été victime du fait et plusieurs éclats atteignirent mon appareil. Sur la route du retour, à 15 Km de Paris, le vieux Josef a pris du retard, on n’a jamais sur pourquoi et il fut abattu sans qu’on puisse venir à son secours. Pauvre vieux Josef ! ». Ils attaquent un Hs 123. Au retour, la formation est attaquée par de nombreux Bf 109, qui mettent en flammes l’appareil du sgt-chef Hranicka, qui explose. Le Lnt Paturle descend un… Fairey Battle.
De 15h10 à 17h20, 6 appareils participent, en coopération avec 3 autres du II/2, au mitraillage d’une quarantaine de chars, dans le secteur Chaulnes-Marchelepot. Chacun des pilotes ne peut effectuer que 2 à 3 passes. Au moins 2 chars sont incendiés ou détruits, pour 2 morane touchés et deux pilotes légèrement blessés (ctne Kulhaneck et adj-chef Gaudry)
De 19h à 20h30, une nouvelle mission de ce type est lancée dans le secteur nord de la ligne Chaulnes-Nesles, avec une patrouille de 3 appareils, en compagnie de 5 autres du GC II/2. La DCA touche directement le réservoir de l’appareil de l’adj-chef Senet, qui se parachute ; il a des brûlures graves au visage. Deux autres moranes seront indisponibles pour plusieurs jours.

GC II/6 (Châteauroux – MB 152) :
Le matin, deux patrouilles de la 3ème escadrille décollent successivement en couverture de la base ; RAS.
Entre 13h30 et 14h10, 3 patrouilles décollent sur alerte (une simple : Lt Henneberg DAT, Sgt Gallus, Sgt Lewcynski, une légère : S/Lt Wingert CRAS et M. Desmazières, et une légère : A/C Deniau, S/L de Russé). 8 appareils décollent donc sur alerte, en compagnie de M. Desmazières sur CAO 200, et des Lnt Henneberg (DAT) et S/L Wingert (CRAS).
-Les 27 bombardiers ennemis sont d’abord interceptés au-dessus de châteauroux par le Lt Cebrynski qui est seul, ayant perdu ses équipiers pendant la montée. Il attaque le dernier appareil à la traîne à la droite ; son moteur droit incendié, celui-ci part en glissade : Cebrynski déguage.
-Le S/L Wingert et Pierre Desmazières (alors dépendant de la patrouille de Châteauroux et en essai d’armes à Avord, il participe au combat sur le CAO 200 avec la patrouille d’Avord), montent à 5000m puis sont dirigés par des tirs de DCA sur le secteur de Sabris-Romorantin. A mi-parcours, la radio signale au S/L Wingert des bombardiers sur La Martinerie ; arrivé sur place, il ne rencontre que les traînards qui ont pris le chemin du retour. Il attaque le peloton par l’avant et en-dessous, et renouvelle son attaque ; il perd alors son patrouilleur :
-Les S/L Riss et de Seynes repèrent 17 bombardiers au-dessus de La Martinerie ; le S/L Riss attaque seul un peloton de 3 He 111 (son équipier étant freiné dans son ascension par une élévation de sa température d’huile), sur lequels il prononce 3 attaques. Il apperçoit alors un bombardier qui s’est détaché, et l’attaque en compagnie de deux autres Bloch arrivés sur les lieux : il déguage, mais n’appercevant plus personne, rentre au terrain. Le S/L de Seynes, quant à lui, se retrouve à 7000m seul à la poursuite d’un peloton ; arrivé à sa hauteur, il attaque le dernier avion le plus à gauche des 18 He 111, dont un des moteurs finit par fumer. Seynes effectue une ressource au cours de laquelle il est « sonné », et apperçoit un autre peloton à l’est et l’attaque avec un autre Bloch, sans résultat. Après avoir déguagé, il attaque jusqu’à épuisement des munitions un autre bombardier isolé, puis doit se poser à Cosne moteur fumant.
-Le Lt Henneberg est dirigé du sol au sud de Châteauroux. Voyant pendant sa montée la formation ennemi virer sur sa gauche, il l’attaque à 5500m avec son ailier, le Sgt Gallus, en choississant un avion du milieu du peloton. Ses tirs portent au but : son gibier prend feu, mais Henneberg le poursuit dans sa chute, poursuite au cours de laquelle il est rejoint pat le Lt Cebrzynski qui vient de mettre le feu à un moteur d’un bombardier. Après 5 passes en commun, seul Cebrzynski attaque le bombardier, son compatriote étant à court de munitions. Cebrzynski, bien que voyant l’appareil descendre, le tire jusqu’au sol. L’appareil s’écrase, son équipage est fait prisonnier.
-Le S/L Wingert, pendant que Desmazières attaque, reprend de l’altitude, il apperçoit puis poursuit un bombardier dont le moteur gauche fume : il l’attaque par derrière et en-dessous.A Mehun-sur-Yèvre, il est rejoint dans ses attaques par les S/L Riss et l’Adj Couffon. Le mitrailleur inférieur est touché, mais le S/L Wingert doit abandonner la poursuite à court de munitions pendant que le S/L de Seynes continue la poursuite. Retourné au terrain, le S/L Wingert repart au combat après avoir changé d’appareil, mais doit rentrer, bredouille. Le S/L de Seynes, en compagnie du S/L Riss voient leur gibier se poser à Presly, l’équipage blessé.
-L’Adj Couffon, quand à lui, attaque un peloton de He 111 à 5000m à 5Km de Bourges : il voit un des Heinkel perdre de l’altitude et au moteur ralentir. Il est alors rejoint par le S/L Wingert ; qui poursuit le Heinkel fumant jusqu’à Mehun-sur-Yèvre, comme on l’a vu. Son équipier, le Sgt Delhoume, attaque le même appareil mais perd son leader dans le déguagement qui suit la première passe : il fait 5 passes sur le même appareil, en compagnie d’autres Bloch (dont celui de l’Adj Couffon) ; à la 3ème passe, l’avion voit son moteur gauche stoppé et son mitrailleur tué : Delhoume poursuit l’appareil 50 Km après la Loire : le bombardier est à 3000m et vole train sorti. Il se pose à Nevers, puis repart pour Châteauroux.
-Le C/C Szaposznikow attaque seul, et épuise ses munitions sans en connaître le résultat. Posé, il redécolle avec un autre appareil, mais ne rencontre pas de gibier.
Tant est si bien qu’on compte 4 He 111 abattus :
-1 par le Lt Cebrzynski
-1 par le Lt Cebrzynski et le Lt Henneberg
-1 par le S/L Wingert, le pilote Desmazières, le S/L Riss et l’Adj Couffon
-1 par le S/L de Seynès et le Sgt Delhoume
23 avions rentrent à Anglure-Vouarces, 10 sont restés à Châteauroux.
Le II/6 revendique 4 victoires, dont 2 en participation.
Voir égualement patrouille de défense de l’usine de Châteauroux.

GC II/7 (Avelange – D. 520) :
Mouvement sur Meaux-Esbly.
Pierre Boillot nous raconte : vers 17h, « Les avions de l’escadrille participent à une mission. Il s’agit de nettoyer le ciel au cours d’une sortie en masse sur le secteur de l’offensive entre Amiens et Péronne [des Br. 603]. Nous allons être 4 patrouilles triples, soit 36 avions, étagés en altitude tous les 1500m. Il y aura en principe 9 MS. 406, 9 MB. 152, 9 Curtiss et 9 Dewoitine. En réalité, il nous ne serons que 8 D. 520 car l’un d’entre nous aura des ennuis au décollage et devra faire demi-tour.
Nous allons opérer en volant les uns au-dessus des autres entre 2500 et 7000m au-dessous et sans liaison radio entre nous. Ensuite, aucun des appareils enguagés n’est aussi rapide que le Me 109. (…) Nous allons voler agglutinés les uns aux autres en un dispositif élastique à l’extrême, avec une vitesse trop faible et en faisant des évolutions continuelles pour garder le contact. Les évolutions freinerons encore notre vitesse déjà inssufisante et nous feront voir de loin. Le dispositif ainsi réalisé ne sera pas offensif du tout.
Nous ne tarderont pas à nous en rendre compte. Quelques dizaines de km avant la Somme, les Morane et les Bloch sont déjà enguagés par les nombreux messerschmitt qui couvrent l’offensive à basse altitude. A peine avons-nous le temps de le réaliser car nous n’avons pas de communication radio avec les autres patrouilles, que les 109 se manifestent à notre hauteur.
Arrivant avec le soleil dans le dos, nous avons une position avantageuse qui nous permet d’avoir une excellente visiblité dans la direction du secteur de bataille. Je vois alors de très loin une grosse grappe de petits points noirs que j’identifie pour être des Messerschmitt 109 [au nombre de 15], qui se déplacent rapidement de gauche à droite et se rapprochent de nous. Si nous continuons ainsi, nous allons nous croiser et ce son eux qui vont être dans le soleil. Il faudrait mettre plein gaz, virer à droite et monter, alors quie nous serions idéalement placés pour les attaquer par surprise. C’est ce qu’il faudrait sans aucun doute faire pour enguager ces chasseurs ennemis mais voici que nous virons à gauche et que nous descendons, tournant ainsi le dos à nos adversaires. J’apprendai plus tard que notre chef de patrouille manœuvre par rapport à un autre dispositif adversaire qui se trouve plus bas et que je n’ai pas vu.
En attendant, ceux qui m’intéressent et qui nous ont apperçus car ils trémoussent comme des diables, viennent de disparaître dans le soleil. Ils ne sont pas longs à réapparaître derrière mes deux camarades de la patrouille haute qui n’ont absolument rien vu car ils volent très près l’un de l’autre, trop près, en ligne droite, comme pour un défilé. Dans l’impossibilité de les prévenir, je vois cela rapidement car l’un d’eux est presque aussitôt abattu en flammes. Il soutiendra contre toute évidence après la guerre qu’il a été abattu par la DCA [c’est l’A/C Ponteins ; il se parachute blessé]. Quant à l’autre, il réalise soudain ce qui se passe. Sa manœuvre évasive est si brutale que dans l’air raréfié des hautes couches, son Dewoitine part immédiatement en vrille [à la suite de ce déguagement trop brutal, il souffrira d’une lésion cardiaque]. Les allemands dont plusieurs sont en train de me tirer croient sans doute l’avoir sévèrement touché et ne le poursuivent pas. Pour ma part, je le vois plonger vers le sol en tournoyant et je le perds de vue. Il se posera loin derrière nos lignes sur une grande base, où il brisera son avion sans doute endommagé au cours du combat. Légèrement blessé, il sera soigné sur place et ne reviendra jamais au groupe.

[Poursuivant leur piqué, les messerchmitt abattent un autre D. 520 (le pilote, S/Lt Louis, est tué).
Les chasseurs allemands enguagent maintenant la patrouille inférieure, dont fait partie le Lnt Pomier :] Maintenant, c’est certain, c’est à moi qu’ils en veulent. Dans le mouvement que j’ai fait pour surveiller cette attaque et prévenir mes autres camarades, je me suis écarté du reste de la patrouille et revenir sur ma gauche consisterait à tourner le dos à l’ennemi. Ce serait un véritable suicide.
Je prends rapidement le parti de faire l’inverse. Plein gaz, avec le gain de vitesse que m’a donné ma légère descente, je vire à roite en montant et j’enguage le combat seul contre une dizaine d’adversaires. Les conditions ne sont pas favorables, car ils sont plus rapides que moi et surtout plus nombreux.
Nous avons fait plusieurs tours complets en essayant chacun de virer plus serré que les autres, eux pour tirer, moi pour éviter les coups. Heureusement, dans la hâte où ils étaient d’en finir, ils se sont souvent gênés mutuellement, se forçant ainsi plusieurs fois l’un ou l’autre à dégager.
Maintenant, à ma grande surprise, je me retrouve au-dessus d’eux. Nous ne sommes pas montés, c’est certain, car en combat l’on descend toujours, mais eux sont descendus plus que moi dans nos virages et j’ai maintenant l’avantage de l’altitude. Cet avantage est d’ailleurs minime et aussi très éphémère car soudain, à la suite sans doute d’une légère inattention de ma part, mon avion vibre violament et part sèchement en vrille. En quelques secondes, j’ai perdu le gain d’altitude que j’avais gagné et passe en tournoyant au milieu de mes adversaires que j’apperçois l’espace d’un instant sous les angles les plus inatendus.
Au bout d’un temps difficile à déterminer, j’ai arrêté la vrille. C’est une qualité du Dewoitine d’en sortir presque aussi aisément qu’il s’y enguage. (…) Pour ne pas risquer une mauvaise surprise et pour être quasiment sûr d’avoir semé mes adversaires, je maintiens mon avion au voisinage de la verticale pendant quelques secondes et ne le redresse que lorsqu’il a retrouvé une vitesse confortable. Le ciel est vide, plus aucune trace des avions qui s’y trouvaient tout à l’heure.
Mon problème maintenant est de retrouver ma route.
», base qu’il réussit à retrouver après quelques essais infructeux ; il regagne la base.
Pendant le combat de P. Boillot, après la surprise, la patrouille inférieure a enguagé le combat. Le Lnt Pomier-Layargues abat coup sur coup 2 Bf 109, dont le capitaine MÖlders (alors titulaire de 25 victoires, dont 2 obtenues le matin même !). Voyons comment ce dernier a vécu ce combat : « J’ai regardé le combat enguagé depuis quelques temps, puis je suis rentré dans la mélée en attaquant un Morane [ !! Il s’agit du D. 520 ] déjà pris en grippe – mais sans succès – par 3 autres Messerschmitt. Je l’ai vite eu dans mon collimateur, mais il se mit rapidement en piqué afin de m’échapper, mais ce n’était certainement pas assez. Soudain, il redressa et passa sous mon aile. Ca y est, il est en-dessous de moi. Donnerwerter !
Ce Morane peut lui aussi tirer, cependant c’est largement à côté. Je déguage aussitôt et monte dans le soleil. Il doit m’avoir perdu, déguageant dans la direction opposée et prenant la direction du sud. En-dessous de moi, je peux voir 2 Messerschmitt en discussion avec le dernier Morane. Un coup d’œil aux alentours, le ciel est encore plein de Messerchmitt.
Je suis à environ 800m lorsque soudain un « bang » et des étincelles volent partout dans mon cockpit ! La manette des gaz est en mille morceaux et les volets sont descendus…Je pique à la verticale. Sortir très vite ou sinon tout sera très rapidement terminé…
Je saisis le levier de la verrière et celle-ci vole rapidement au loin. Mon oiseau redresse pendant 1 ou 2 secondes et me donne une dernière chance de défaire mon harnais et de gicler hors de mon siège. Libre !
» MÖlders se parachute au-dessus de Canly. Il touche le sol sain et sauf, et est immédiatement capturé. En l’air, les 5 coéquipiers de « Papa » s’empressent cependant de venger leur maître. Pomier, après en avoir abattu un, succombe sous le nombre et s’abat avec son appareil en flammes.
Décollant à 19h30, 6 appareils effectuent une mission de protection d’un ravitaillement par avions dans les villages encerclés, dans la zone Marchelepot-Berny en Santerre-Pertain. Ils affrontent des chasseurs ennemis. Lors de l’un d’eux contre un Hs 126 protégé par une escorte, le S/L Strzembosch est abattu, grièvement blessé.

GC III/7 ( ? – MS. 406) :
A 8h40, 9 avions décollent pour une mission de couverture sur la Somme, en coopération avec une patrouille triple du I/3. Maurice Arnoux, victime d’une fuite de prestone, doit faire demi-tour. A 9h25, L’adj Littolff découvre 8 Bf 109 sur sa droite, et manœuvre pour les attaquer soleil dans le dos. Les 109, alertés par le tir trop lointain de Littolff, font face : 2 des appareils aux croix noires abattent le caporal-chef Kosnar, isolé près de Péronne. Les autres appareils français romptent le combat. Le sgt-chef Bodin, victime d’un malaise ou mort de fatigue, a son avion qui s’est posé tout seuln sans capoter ou prendre feu.

GC I/8 (Claye-Souilly – MB. 152) :
2 patrouilles décollent au matin pour une mission de protection d’un Potez 63 de reconaissance. Jean Louveau nous raconte le combat qu’a subit le GC : « Le Potez avait pris ses photos et nous rentrions – j’allais dire « tranquillement » - lui, Lieutard et moi lorsque soudain, à la verticale de Compiègne, le Potez se mit en piqué, un piqué très accentué : 70° peut-être. Le mitrailleur, que je vois passer devant moi, me fait avec sa mitrailleuse un signe que je ne comprends pas. Aussitôt, naturellement, Liautard, chef de patrouille, et moi nous mettons en piqué pour suivre notre « protégé ». Et presque tout de suite, mon Bloch est sonné.
Je pense d’abord à la Flak. Je déguage sur la droite et constate que mon aileron est bloqué. Une 2ème rafale m’atteint alors dans la queue. J’ai vite compris que ce n’est pas la Flak ; j’ai 4 Messerschmitt 109 derrière moi et un de plus devant. (…)
Je tente une chandelle. En forçant, j’ai réussi à débloquer mon aileron…enfin, presque : le gauchissement fonctionne bien à droite, mais mal à gauche.
Nous sommes maintenant en plein combat tournoyant. Pendant 3 ou 4 minutes peut-être, je vois passer dans mon collimateur plusieurs fois des Messerschmitt à qui j’expédie des rafales aussi ajustées que je le peux. Mais j’en ais pris moi-même assez pour ne plus pouvoir les inquiéter beaucoup. 4 ou 5 rafales déjà, sans doute, et toutes au but. Alors je me mets en glissade à droite. Et je déguage en rase-mottes au cap 240. Naturellement, j’ai perdu Liautard et le potez : le pauvre ne pourra plus compter sur ma protection….
Alors un allemand revient sur moi. Je suis « plein pot », badin bloqué à 400. Le Fritz ne me lâche pas. Comme il est beaucoup plus rapide que moi, il m’ajuste comme à l’exercice, me tire, puis me dépasse et revient en arrière pour une nouvelle passe. 13 en tout, je les ais comptées. Et il me touche à peu près à chaque fois.
Pendant une bonne dizaine de minutes – et c’est horriblement long, 10 minutes de gymkhana entre les arbres, les églises, les lignes de force dans ces conditions ! – je réussis à éviter la rafale qui va m’achever. Virages, manche au ventre, glissade, virage….Trois fois de suite, j’ai même put le tirer aussi. Mais à sa 12ème passe, un de ses obus à fait mouche. L’huile coule à flot…et le sang aussi.
Quand le Fritz repasse pour la 13ème fois, il fait exploser ma bouteille d’oxygène, pulvérisant le pare-brise. Cette fois, je suis presque aveuglé. Il ne me reste plus qu’à me poser, droit devant moi, avec une chance sur 1000 peut-être de m’en tirer.
A cet instant, il s’est passé quelque chose en moi : (…) Jusque là, j’avais fait la guerre avec le maximum de sang-froid. (…) Tandis que là, je me suis mis tout à coup en colère. Je peux dire, aujourd’hui, honnêtement, que j’ai porté en moi toute la rage de la France envahie.
J’ai vu passer au-dessus de moi le ventre du Messerschmitt. J’allais mourir, soit. Mais pas tout seul. Et puisqu’il fallait mourir, puisque toute à l’heure, il y aurait de toute façon un pilote français de moins et un avion, il y aurait aussi un avion et un pilote allemand de moins.
J’ai tiré sur le manche à fond. J’espèrais au moins que mon hélice lui couperais les gouvernes. Le choc eut lieu et j’ai pris sa roulette de queue dans mon cockpit. Il ne me restait plus qu’à rendre la main pour me poser droit devant, train rentré, moteur calé, à 250 à l’heure. Par miracle, je m’en suis tiré. Au-dessus de moi, le messerschmitt effectuant une sorte de renversement est repassé une dernière fois et j’avais peut qu’il ne me tire comme un lapin. Mais non, il disparut en piqué et à grande vitesse.
». Louveau sort ensuite de son appareil, le visage en sang. Il rencontre une femme qui, à sa vue, prend peur ; puis il croise un officier du génie, pistoler au point, qui le conduit à un hôpital où il sera soigné. C’est là qu’il apprendra que son ennemi allemand aura été abattu, avion brûlé.
Le groupe remporte 5 victoires dans la journée :
-L’adj-chef Nicou obtient un doublé en l’espace de 20 secondes
-le sgt-chef louveau, sérieusement malmené, doit prendre quelques jours de repos.

GC II/9 ( ? – MB. 152) : Voir GC II/5.

GC II/10 (Bernay – MB. 152) :
Vers 6h00, 5 avions doivent effectuer une mission de protection de Rouen. Ils interviennent contre des He 111 et des Bf 110. Turenne et Dietrich abattent chacun un bombardier, tandis que Wetzel et Possien s’adjujent chacun un Messerschmitt.
Dans l’après-midi, une patrouille effectue une mission de destruction en coopération avec le GC I/1.
A 17h10, plusieurs appareils redécollent pour intervenir contre un autre raid. Dietrich abat un He 111. Il se dirige vers des Hurricane, qui se révèlent être 7 Bf 109. Dietrich abat successivement le leader, puis un deuxième appareil. A court de munitions, Dietrich tente d’aborder un chasseur qui passe à sa portée. Après 25 minutes de combat, les allemands lâchent prise. Son appareil est très endommagé (on comptera pas moins de 103 impacts de balles et 10 d’obus), le pilote indemme (malgré un choc nerveux) pose l’appareil désemparé à Boos. L’appareil sera incendié.
Le groupe, en 64 sorties, revendique donc 9 victoires confirmées sans pertes.

GC I/145 (Dreux – CR. 714) :
Vers 6h00, la patrouille d’alerte décolle pour intercepter des bombardiers allemands signalés. Elle est finalement de retour à 7h30, après avoir reçu son batpème du feu, non pas par les allemands, mais par… la DCA de Rouen.
Le groupe est ensuite envoyé sur Brétigny, afin d’épauler le II/1.

Patrouilles de défense de l’usine d’Avord (Avord – MB 151) :
La patrouille décolle sur alerte pour contrer les 18 He 111, et se battent avec la Patrouille de défense de l’usine de Bourges. L’adj Benausse abat un He 111, en coopération avec Marcel Haegelen de la patrouille de défense de l’usine de Bourges.

Patrouille de défense de l’usine de Bourges (Bourges – MS. 406 et Curtiss H-75) :
Décollage sur alerte à 13h30 de 3 patrouilles équipées de Curtiss (Cptne Kosinski, Lt Wesolowski, Sgt Kresmski et C/C Pietrasak). Un groupe de 18 He 111 est aperçu à 6000m. Les pilotes polonais effectuent une première passe frontale, et se retournent ensuite pour les attaquer par l’arrière. Les Heinkel rebroussent chemin.
Les polonais sont rejoints par le Lt Colonel Haegelen, et un autre pilote (Brivot, Nique ou Bertrand). Un deuxième groupe de 9 bombardiers est aperçu ; les polonais l’engagent jusqu’à épuisement des munitions. 2 appareils sont abattus selon les archives françaises, 3 en plus des endommagés selon les archives polonaises (dont celui de Kremski). Un seul appareil est perdu (celui de Marcel Haegelen, qui bien qu’ayant abattu un He 111 en coopération avec l’adj Benausse de la patrouille de défense de l’usine d’Avord, doit se poser à Avord avec une blessure à l’épaule et 5 impacts sur son avion).

Patrouille de défense de l’usine de Châteauroux (Châteauroux – MB 151) :
Entre 13h30 et 14h10, 3 patrouilles (dont des appareils du GC II/6) décollent sur alerte pour contrer 17 He 111 (une simple : Lt Henneberg DAT, Sgt Gallus, Sgt Lewcynski, une légère : S/Lt Wingert CRAS et M. Desmazières, et une légère : A/C Deniau, S/L de Russé). Le sgt Lewczynski doit rebrousser chemin plus tôt que prévu. Une mêlée générale s’ensuit.
-Henneberg attaque au moment où les bombardiers larguent leur livraison : « Après avoir pris position derrière les bombardiers à 5000m, j’ai attaqué l’un d’eux par le milieu. J’ai tiré une rafale à 200m et une seconde à 100m. Après cela, le moteur gauche a pris feu. Plus rapide que le Heinkel, je me suis replacé sur ses 6 heures, légèrement au-dessus.
Après ma seconde passe, il s’est écarté de sa formation et a entamé un léger piqué, dérapant fréquement, ce qui gênait ma visée. A 4200m, le piqué s’est fortement accentué. A ce moment-là, le Lnt Arsen Cebrynski, rattaché à un groupe français stationné à Déols [le GC II/6], ma rejoint. Ensemble, nous avons fait plusieurs passes sur le Heinkel et à 1500m, j’ai déguagé. L’avion allemand s’est posé à eniron 5km au sud-ouest de Vatan (35 Km au nord de Châteauroux). Cebrynski ne l’a pas lâché et l’a même mitraillé au sol.
»
4 victoires sûres sont attribuées aux pilotes, mais l’appareil du caporal-chef Larcycki est abattu, il est indemme.
-Le S/L Wingert et Pierre Desmazières (alors dépendant de la patrouille de Châteauroux et en essai d’armes à Avord, il participe au combat sur le CAO 200 avec la patrouille d’Avord), montent à 5000m puis sont dirigés par des tirs de DCA sur le secteur de Sabris-Romorantin. A mi-parcours, la radio signale au S/L Wingert des bombardiers sur La Mutinerie ; arrivé sur place, il ne rencontre que les traînards qui ont pris le chemin du retour. Il attaque le peloton par l’avant et en-dessous, et renouvelle son attaque ; il perd alors son patrouilleur :
Pierre Desmazières nous raconte : « Après 2 attaques en coopération avec mon chef de patrouille (le S/L Wingert), je me suis trouvé isolé. Plusieurs avions de chasse étant en vue, je n’ai pas perdu de temps pour essayer de retrouver mon chef de patrouille.
J’ai repris l’altitude perdue après la 2ème attaque et pris en chasse le gros du groupe de 13 ou 14 appareils qui se dirigaient vers Cher. Après avoir survolé un avion ennemi isolé, attaqué par un chasseur et vers lequel se dirigaient 2 autres chasseurs, j’ai rejoint le gros du groupe sur Quincy. J’ai attaqué par au-dessous et légèrement de côté (soleil dans le dos) par 4 fois, une de ces attaques ayant été prolonée de ¾ arrière en piqué à 45°.
J’ai accompagné seul ces 13 ou 14 avions jusqu'à la Loire en direction de Cosne. J’ai fait demi-tour, pensant ne plus avoir de munitions au cours du retour.
J’ai revu plus bas l’appareil ennemi isolé qui m’a semblé seul [sic]. J’ai attaqué 2 fois avec deux courtes rafales. A la 2ème attaque, je me suis apperçu que les 3 chasseurs s’occupaient toujours de lui. L’avion ennemi avait le moteur gauche arrêté. Il avait perdu nettement de l’altitude et paraissait sérieusement en difficulté.
Je suis rentré à ma base, sans munitions.
»
Nb : selon certaines sources, Demazières n’aurait jamais piloté cet appareil ce jour-là.

Patrouille de défense de l’usine d’Etampes (Etampes – MS. 406) :
Une victoire probable est acquise en coopération sur un bombardier.

GB I/15 ( ? – Farman 222) :
2 appareils bombardent la nuit la gare de Cologne et une zone industrielle de Francfort, mais le n°13, envoyé contre Cologne, fait une embardée au décollage et termine sa course dans les champs.

GB II/15 ( ? – Farman 222) :
2 appareils sont lancés contre des casernes à Mayence et Bonn. Mais le n°17 est criblé d’éclats par la flak.

GB I/19 et II/19 ( ? – Douglas DB-7) :
Vers 18h, 6 DB-7 du GB I/19 et 6 autres du II/19 décollent pour attaquer les colonnes près de Chaulnes. Si une protection les attend sur zone, les 6 du I/19 sont interceptés au-dessus de Formerie par des Bf 110, qui abattent le n°31 (le Lnt Delperie, l’adj-chef Raveneau et le sgt Beguier périssent carbonisés).

GB I/21 et II/21 (St Florentin - ?) :
Le I/21 effectue 2 sorties nocturnes (Amiot 354) sur les routes de Péronne à Ham et d’Amiens à Albert. Le II/21 en effectue 4 contre les régions de Givors, Péronne, Arras et St Quentin.

GB I/31 ( ? - ?) :
4 appareils sont lancés contre les colonnes, mais 3 des appareils ne peuvent décoller pour cause de panne, et le dernier doit rentrer peu de temps après le décollage à cause de problèmes techniques.

GB II/34 (Briare - ?) :
Le terrain est attaqué par 2 groupes de 16 à 17 bimoteurs, mais ceux-ci n’obtiennent aucun résultat sur les appareils, car ils sont dispersés.

GB I/38 ( ? - ?) :
6 appareils sont lancés en reconaissance individuelle.

GB II/38 ( ? - ?) :
4 appareils sont lancés sur les secteurs de Péronne, Montcornet, Le Cateau et Saint-Quentin.

GB I/62, II/62, I/63 et II/63 (Orange, Meknès et Marrakech – Martin 167):
A partir de 12h30, 18 appareils (4 du I/62, 4 du II/62, 4 du I/63 et 6 du II/63), protégés (une fois n’est pas coutume) par une forte escorte de chasse, bombardent sans relâche l’axe Péronne-Ham et les ponts de la Somme de Péronne.
-Le n°74 (du I/62) est abattu en flammes près de Montdidier par la chasse ; le mitrailleur (adj-chef Gauche) est gravement brûlé au visage et aux mains.
-Au II/62, le n°128 parvient à rentrer criblé d’obus avec son mitrailleur blessé (sgt-chef Marc), tandis que le n°28 est troué par les chasseurs qui le poursuivent longtemps.
-Le n°68 du I/63, victime de 7 Bf 109, explose en se posant sur le ventre près de Beauvais ; le mitrailleur (sgt-chef Chieusse) est tué, tandis que les deux autres membres de l’équipage (S/L Vaux et adj Mony) sont brûlés eu 3ème degré.
-Enfin, deux autres sont endommagés, l’un par la chasse (du II/62), un autre (du II/62) par la flak.

GBA I/51, II/51, I/54 et II/54 (Pithiviers-Bléville, Chartres et Briare – Br. 693) :
A 07h00 et 9h00, 14 appareils (5 du I/51, 5 du II/51 et 4 du II/54) attaquent des blindés dans les secteurs Chaulnes-Péronne, et Chaulnes-Marchelepot-Ablaincourt, et encore Amiens-St Quentin.
-Sur l’objectif, la flak touche l’appareil du Cne Jeunet, qui poursuit sa mission malgré tout. Soudain, 3 Bf 109 le prennent à parti et l’achèvent ; le Cne Jeunet pose son avion sur le ventre en pleine campagne, près de Montdidier. Il en sort saignant abondamment au cou, le front en sang, et aussitôt extirpe le mitrailleur qui rampe sur le fond de l’avion pour échapper aux flammes. Un des chasseurs allemands revient et les prend pour cibles, sans succès.
--Au I/51 :
-Les Bf 109 abattent le n°86, dont l’équipage (Cptne Chocheprat pilote et S/L Pascaly mitrailleur) périra
-le n°78 est égualement abattu par la chasse, où l’équipage (Sgt-chef Lefroid, pilote et Sgt de Catalano, mitrailleur) subit le même sort que l’autre appareil.
-le n°31 est endommagé par ces mêmes chasseurs et s’écrase sur le terrain de Beauvais ; le pilote est indemme (Sgt Fetiveau) mais le mitrailleur (Sgt-chef Jonoux) est blessé.
--Au II/51 :
-le n°40 est abattu en flammes par des Bf 109 (Le pilote, S/L de St Marceaux et le mitrailleur, Sgt Bréda, sont blessés).
-Le n°61 est gravement endommagé par la chasse, et s’écrase à l’aterissage sur le terrain de Bou (le pilote, Sgt-chef Le Goff, est indemme mais le mitrailleur, caporal-chef Godineau, est blessé). Cependant, le mitrailleur a abattu un de ses assaillants.
--Le I/54 attaque lui aussi les colonnes avec 10 avions, sans perte.
--Au II/54 :
-le Cne Nicot est attaqué par 6 Bf 109, mais il esquive leurs attaques en rase-mottes et est soutenu par son mitrailleur, l’A/c Izern.
-Le n°5 est abattu en flammes par 4 Bf 109, le pilote (S/L Brunet) se parachute mais est tué par des tirs tandis que son mitrailleur (Sgt-chef Matuchet) était déjà mort.
-Enfin, le n°32 est abattu en flammes par 3 Bf 109 ; l’équipage (Cptne Jeunet pilote, et Sgt-chef Ducas mitrailleur) est grièvement blessé.
Les pertes de la journée sont donc lourdes : au cours des 4 missions effectuées en 39 sorties, on dénombre 6 morts, 6 blessés dont 3 grièvement, 5 appareils abattus, 4 endommagés dont 3 irréparables.

GAR II/22 (Vassincourt – Potez 63.11) :
Au retour d’une mission photographique, un appareil est abattu en flammes par 7 Bf 109, et s’écrase à 13h15 près de Rethel. L’observeteur (Ctne Deminuid) est blessé, le pilote (Sgt-chef Quenolle) est grièvement blessé (fracture du crâne, un œil perdu), tandis que le mitrailleur (Sgt Blanchard) est indemme.

GAR I/36 ( ? – Potez 63.11) :
Lors d’une mission de reconaissance sur Evreux, Rouen, Le Havre, un Potez est descendu en flammes par 9 Bf 109. L’équipage (Sg-chef de Monts-de-Savasse, pilote et Sgt Guille mitrailleur) périt carbonisé.

GAO 501 (Nantes – Potez 63.11) :
Lors d’une mission de reconaissance photographique sur le secteur Péronne-Chaulnes, un appareil est abattu en flammes par la chasse ennemie au-dessus de Pont-Sainte-Maxence, malgré la protection de 5 MB 152 du GC I/8. Le S/L Benoist (observateur), le Sgt-chef Cuvillier (pilote) et le Sgt-chef Rabuel (mitrailleur) périssent carbonisés.

GAO 2/508 ( ? – Potez 63.11) :
Lors d’une mission de reconaissance photographique avec bombardement, un appareil est abattu par 5 Bf 109. L’observateur (Lt Lescuyer) est blessé, le mitrailleur (Sgt Arie) est très gravement blessé, et le pilote (S/L Pech) est indemme.

GAO 509 ( ? – Potez 63.11) :
Décollant à 14h, un potez effectue une mission photographique des troupes au nord de la Somme. Il est abattu en flammes vers 15h15 par 6 Bf 109. L’équipage est tué (S/L Guillerme, observateur, S/L Giron, pilote et Lnt Dutartre mitrailleur).
Un autre appareil, qui a décollé à 14h10 pour une mission de reconaissance entre Abeville et St Valéry en Caux, est lui aussi abattu par la chasse et la Flak. L’équipage subit le même sort (S/L Boudinier, observateur, S/L Colin pilote et S/L Blanchet mitrailleur).

GAO 510 ( ? – Potez 63.11) :
Décollant à 14h30, un appareil est abattu en flammes par des Bf 109 au sud d’Amiens. L’observateur (Lt Noiret) et le mitrailleur (Adj-chef Rage) sont tués. Le pilote (Sgt-chef Desbordes), blessé, est fait prisonnier.

GAO 3/551 ( ? – Potez 63.11) :
« Le 5 juin, en Normandie, c’est à bord du 365, remis ainsi à neuf, que l’équipage – cptne Boursaus pilote, Lnt Debladis observateur et Sgt Lhoste mitrailleur – effectue une mission de reconaissance.
Vers midi, l’appareil survole la forêt de Crécy à 15 Km au nord d’Abbeville, quand le mitrailleur signale 3 Messeschmitt sensiblement plus haut, tandis que l’observateur en apperçoit 4 survolant Abbeville. Boursaus décide alors de mettre cap au sud, « pleine gomme », et la poursuite commence. Les deux formations de Messerschmitt, ayant apperçu le gibier, foncent sur lui.
La Somme est franchie à 300m et on tire du sol, mais les chasseurs sont déjà là et un premier attaque à bâbord le Potez 63, que Boursaus met en spirale serrée. Un 2ème se présente à tribord ; Lhoste, tout en ripostant avec sa mitrailleuse de tourelle, ne cesse d’indiquer, par laryngophone, tout ce qu’il voit au pilote.
Mais un moteur est touché et se met à fumer abondament ; le pilote a néanmois l’occasion d’ouvril le feu sur un nouvel assaillant, alors que le mitrailleur tire toujours entre les deux dérives sur les chasseurs ennemis.
Il y a maintenant le feu à bord. Boursaus doit alors chercher à aterrir ; il sort le train d’aterissage, mais, aveuglé par la fumée, il aperçoit à peine le champ où paissent les vaches sur lequel il tente de se poser en catastrophe. C’est le choc brutal dans un bruit infernal puis le crépitement des flammes.
»
L’appareil, alors en mission de reconaissance d’éléments blindés, est en effet abattu en flammes par 7 Bf 109 au Sud-Ouest d’Abbeville. L’observateur (Lt Debladis) est gravement blessé, le pilote et le mitrailleur (Cptne Boursaus et Sgt Lhoste) sont blessés.
A 13h30, un autre appareil décolle. Il est abattu par 5 Bf 109, entraînant son équipage dans la mort (S/L Jost, observateur, Sgt-chef Neuville pilote et Sgt Quilico mitrailleur).
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5 juin 1940
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