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 19 mai 1940

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fanavman
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MessageSujet: 19 mai 1940   Sam 11 Fév 2012 - 0:26

19-mai-40 (Victoires : 17 sûres, Pertes : 18)

GC I/1 (Chantilly – MB. 152) :
Vers 05h, une patrouille effectue la couverture du terrain. Le Lt Ruby apperçoit apperçoit 50minutes plus tard une formation de 21 Do 17. Il l’attaque mais rentre en collision avec l’un d’eux ; il n’en réchappera pas. La 2ème patrouille couvre Creil, mais sans résultat
De 14h à la tombée de la nuit, le groupe effectue la couverture du secteur gare d’Amiens-Longeau, par relais de patrouilles. A midi, la gare de Creil est bombardée. Une patrouille part alors en couverture ; elle tombe sur 9 He 111 protégés par des Bf 110. Les français sont bien placés, mais ne peuvent faire parler leurs armes pour des raisons techniques, si bien qu’ils doivent rompre le combat. Le C/C Postolka, à court d’essence, pose son appareil en campagne.
A 17h00, le Cn Coutaud assure la protection de la gare d’Amiens : RAS. Il est relayé en fin de soirée par une patrouille double légère, réduite à 2 appareils pour des ennuis moteurs.
Le Cne Garde et le Sgt Morel rencontrent une formation d’une treintaine de Bf 110, et préfèrent prendre la route du retour sans demander leur reste.

GC II/1 (Buc – MB 152) :
6 pilotes polonais viennent renforcer les effectifs du groupe.
A 9h45, une patrouille double décolle pour une mission de couverture sur Chantilly. Vers Lassigny, elle rentre en contact avec des He 111 : le S/L Fontaine et l’A/C Croq en abattent un en coopération (sûr)
A 13h15, un dispositif mixte du II/1 et II/9 décolle pour une mission de couverture sur Amiens. Sur secteur, il apperçoit 21 Do 215, évoluant vers 2500m. Dès le début de l’enguagement, le S/L Hutter est blessé en combat aérien, par une balle au bras gauche ; il doit atterir à Chantilly où on le conduit à l’hôpital.
En fin d’après-midi, une patrouille triple décolle sur alerte en couverture du secteur Chantilly-Verberie-Compiègne. A la verticale de Noyon, elle rencontre une 30aine de Bf 109 et 110 :
-le Lt Escoffier reçoit une balle qui sectionne son circuit pneumatique : il rejoint le terrain, mais une des jambes s’affaise à l’aterissage ; l’avion est brisé mais le pilote est indemme.
-un deuxième appareil est touché.

GC III/1 (Rouen-Boos – MS. 406) :
Lors d’une mission de destruction sur le secteur Aulnoy-Le Quesnoy-Le Cateau-Guise qui a commencée à 16h50, 9 appareils, protégés par des appareils du II/2, sont attaqués par une trentaine de Bf 109.
-le Lnt Marche, Cdt d’escadrille - est abattu (pilote tué) par 7 Bf 109
-le Sgt-chef Pinochietti voit son appareil endommagé
-le sgt Pralon est fortement blessé au bras et à la jambe.
Le groupe n’obtient que 4 victoires probables, dont 2 pour le Lnt Gagnaire.
Dans la journée, Gagnaire abat encore un Bf 109.

GC I/2 (Damblain – MS. 406) :
A 4h40, une patrouille double (Cne Patureau-Mirand et Lt Monty) effectue une mission de couverture de la gare de Reims. A 06h10, le cptne pique de 7000 à 3000m sur un Do17, et y épuise ses munitions. Il abandonne l’avion allemand, qui émet des fumées blanches. Mais la victoire n’est pas comptabilisée.
A 5h50, deux patrouilles (Adj Streiff, S/L Marchelidon, S/C Goile / Adj Chabert, S/C Givelet) effectuent une mission de couverture de la gare de Reims. La 2ème patrouille attaque un Do 17 signalé par la DCA, mais il s’échappe dans les nuages. Elle s’en prend ensuite à 8 Bf 110, qui à la vue de ces appareils non identifiés, disparait en vrille dans la crasse. La 1ère patrouille, de son côté, à vu à 5500m 8 Bf 109, sans les enguager. Après s’être regroupé, le dispositif attaque 4 He 111, mais abandonne, après une vaine poursuite et de vaines passes, au-dessus de l’Alsace.
A 11h15, 2 patrouilles triples décollent pour une mission de protection des gares de Soissons et Crouy. RAS.
A 12h45, 3 patrouilles triples (Cne Patureau-Mirand, S/L de Villars, Sgt Gloannec / Adj Streiff, Adj Chabert, S/C Goile / Lt Monty, Lt Marchelidon, S/C Givelet) décollent pour une mission de couverture de la gare de Soissons :
-A 13h10, la 3ème patrouille apperçoit deux pelotons de Do 17, que le S/L de Villars (1ère patrouille, à 6000m) attaque. Se retrouvant seul, il se joint à la 3ème patrouille et à 4, ils attaquent 3 fois les bombardiers, sans résultat.
-A 13h40, 4 bombardiers sont apperçus et attaqués de face, mais ils s’échappent dans les nuages et larguent leur livraison dans la nature. Le S/L Marchelidon obtient une victoire probable sur l’un d’eux, car il croit en avoir touché un.
Au même moment, à 6000m, la patrouille 1 (réduite à 2 avions) voit 21 bombardiers, mais elle ne peut les inquiéter car la menace de 10 Bf 110 plus haut est réelle. Un quart d’heure plus tard, le dispositif ennemi fait volte-face et revient sur Soissons : la patrouille est confronté aux défenseurs. Le cptne Patureau-Mirand en tire un isolé, tandis que le Sgt Gloannec en attaque un autre isolé par en-dessous, mais il doit cesser son attaque (un obus ayant éclaté dans son canon). Aucun résultat.
Pendant ce temps, la 2ème patrouille est restée en protection sans intervenir, surveillant les Bf 110. Le S/C Goile, en cherchant refuge dans les nuages, a perdu les deux autres.
Entre 17h et 18h15, une patrouille double effectue une mission de couverture du terrain sur alerte. RAS.
Le groupe a donc effectué dans cette journée un total de 62 sorties en 5 missions.

GC II/2 (Le Plessis-Belleville - MS. 406) :
6 appareils effectuent une couverture haute du GC III/1

GC I/3 (Meaux-Esbly – D. 520) :
Plusieurs décollages sur alerte sont effectués, contre des bombardiers. Au cours de l’un d’eux, le sgt Barbellis abat un He 111.

GC III/3 (Beauvais-Tillé – MS. 406 et D. 520) :
Le terrain est l’objet d’un bombardement, mais tout le monde est alors en l’air.
Le groupe effectue 29 sorties, et obtient 5 victoires confirmées et une probable. Roger Duval se souvient : « A l’aube, mission de destruction sur le secteur Guise-Le Catteau [de 5h30 à 7h15] : une patrouille triple de la 6ème dans laquelle Le Nigen a été incorporé. Nous sommes à 5000m ; les liaisons radio marchent mal, comme à l’habitude. Rien en vue.
Soudain, Le Niguen, équipier de la patrouille haute, pique à 60° en battant des plans. Tout le monde suit. Il nous a largement distancés et nous distinguons alors avec peine sur un fond de forêt un Hs 126 au ras des pâquerettes. Il est déjà dessus, le tire à bout portant, déguage en chandelle. L’avion ennemi percute le sol.
». 5 minutes plus tard, le dispositif rencontre un autre « mouchard » : 10 pilotes l’abattent (Cptne Duval, Lnt Cizek et Clostres, S/L Kruml et Bévillard, adj-chef Leblanc, Sgt-chef Stehlik, Sgt Hurtin, Gouzi et le Nigen).
De 9h50 à 12h40, une patrouille simple assure la couverture du terrain. « A 10h55, nouvelle mission avec une patrouille triple : couverture du secteur Cambrai-Le Quesnoy Un paquet de 25 Do 17 escortés par 12 Bf 109. Le combat tournoyant s’enguage entre chasseurs. Le Nigen fonce dans le tas, attaque l’un des chefs de patrouille sans se soucier des 2 équipiers de ce dernier qui, à leur tour, l’ont pris en chasse. En quelques secondes, l’avion allemand est en feu. Le Nigen rentrera au terrain avec quelques trous dans la carlingue. ». L’appareil du caporal Slouf est touché par le mitrailleur d’un Do 18, il prend feu ; son pilote se parachute au-dessus du terrain. Parmi celles-ci, le sgt Le Nigen en obtient 3, dont deux en participation.

GC II/4 (Orconte – Curtiss H-75) :
De 7h30 à 8h, 5 appareils effectuent une mission de couverture du secteur Laon-Crécy-sur-seine, avec une patrouille triple de MB. 152. Ils rencontrent un Do 17 en train de rentrer dans ses lignes. Les appareils attaquent tous, mais l’un d’eux (Lt Vinçotte) doit abandonner la poursuite pour cause de ratés au moteur. Les 3 autres ont poursuivi le gibier, sans succès, et sont tombés sur un Hs 126 qu’ils ont abattu. Lors du passage de de la Chapelle près de Marle, le hasard met son appareil sur le chemin d’un terrain de Hs 126, qu’il attaque en « straffing » et obtient une victoire. Fauconnet, qui a eu lui aussi des soucis mécaniques et a dû abandonner la patrouille, croise également le chemin d’avions aux croix noires, en l’occurrence 3 bombardiers. Mais ceux-ci s’échappent dans les nuages. Alors que la patrouille décide de rentrer, elle se fait surprendre dans el dos par un chasseur allemand, qui s’échappe lorsque la patrouille fait volte-face. Au cours de son retour au terrain, la patrouille se fait suivre à bonne distance par des Bf 109, qui n’interviennent pas.

GC I/5 ( ? – Curtiss H-75) :
Une patrouille simple (3 pilotes) effectue de 17h30 à 18h20 une mission de destruction sur alerte sur le secteur Vitry-Revigny. Les 3 pilotes (Périna, Marin la Meslée et ?) interceptent un groupe de 12 He 111 :
-l’un d’eux explose sur la forêt de Hesse, abattu par Marin la Meslée et Périna
-un deuxième est abattu.
Maurice Tallent nous raconte un combat qu’il a eu ce jour-là avec des Do 17 : « Avant d’avoir pu atteindre 2 Do 17, je dus me dérober devant 3 Me 110 qui arrivaient à la rescousse. Jugeant sans doute que son intervention était superfue, l’un d’eux disparut presque aussitôt mais, pendant 20 minutes, entre Vouziers et Verdun, seules une surveillance vigilante et l’excellente maniabilité du Curtiss me permirent d’éviter les rafales qui me furent abondamment prodiguées. Jamais je ne parvins à me mettre en bonne position de tir avant d’avoir, par une manœuvre brusque, à éviter l’attaque de l’autre adversaire.
Avaient-ils mieux à faire où étaient-ils écoeurés quand ils m’abandonnèrent à Verdun pour disparaître sans que j’aie pu tirer une seule cartouche ?
»

GC II/6 (Vertain – MS. 406) :
RAS.

GC I/8 ( ? – MB. 152) :
Victor Tanguy se souvient :
« Ce jour-là, le groupe n’a que 4 avions disponibles
Une seule patrouille double légère (2x2) assurera, de l’aube à 6h00, la couverture du terrain. Cette patrouille est confiée au S/L Ruby. Il a comme équipier le caporal-chef tchèque Spacek, tandis que l’adjudant Michaud et moi formons la patoruille légère d’accompagnement. (…)
Quelques minutes avant le décollage, le S/L Ruby nous donne ses directives : protéger des copups la plate-forme sur laquelle sont dispersés les Bloch 152 appartenant aux groupes de chasse I/1 et I/8. Il termine son exposé en annonçant qu’en cas de rencontre avec une formation allemande de bombardement, il attaquera seul, de face, le leader du dispositif, s’il juge cela nécessaire. Compte tenu des difficultés et du danger inhérents à ce type d’attaque, il nous demande de ne pas le suivre.
Les 4 Bloch 152 quittent le sol vers 4h20, atteignent l’altitude de 3500m 6 minutes plus tardet « briquent » un axe, orienté sensiblement nord-sud, centré sur Senlis et long d’environ 8 Km. Les conditions météorologiques sont assez bonnes. De déguagées à brumeuses au nord et à l’est du secteur, elles présentent, vers le sud, une couche nuageuse continue, mais peu épaisse, à 3000m.
De 4h30 à 5h49, le ciel semble désespéremment vide et les pilotes souffrent de scruter l’horizon vers l’est, le soleil dans les yeux.
A 5h50, la patrouille, sur la branche sud de son axe de recherche, aperçoit un peu au-dessus d’elle et à 5km dans ses 2 heures, une formation lâche de 7 pelotons de 3 Do 17 faisant route sensiblement au cap 70.
L’alerte est donnée. Le S/L Ruby, par un virage à gauche en montant à plein régime, place ses patrouilles, soleil dans le dos, et donne l’ordre d’attaque individuellement le dernier peloton du dispositif allemand qui, tout en prenant de l’altitude, « fait bloc pour constituer avec son armement une coupole de défense : seule protection possible pour des bombardiers moyens non protégés par des chasseurs. ». Pour atteindre l’objectif, il nous faut passer à travers les mailles d’un rideau de balles traçantes, « crachées » par quelque 63 mitrailleuses. Une certaine dose de courage (ou d’inconscience) est nécessaire pour poursuivre la visée sur l’objectif désigné.
La première attaque est effectuée par les 4 avions, soleil dans le dos, de ¾ avant à plein travers en piqué, la deuxième par le S/L Ruby et moi, plein travers en piqué, par l’adjudant Michaud, ¾ arrière en piqué et par le caporal Spacek, ¾ arrière en cabré, par la droite.
Au cours du déguagement de la 2ème attaque, alors qu’il est enguagé dans un piqué très prononcé, le S/L Ruby prévient le chef de la patrouille d’accompagnement qu’il va attaquer de face le peloton de tête du dispositf allemand par la gauche du même peloton. Constatant que l’adj Michaud ne réagit pas, poursuit son virage à droite et se prépare à prononcer sa 3ème attaque de ¾ avant en piqué, je prends à mon compte la mission demandée et me porte sur la gauche de la formation allemande.
Au cours de mon virage à droite, malheureusement torp tardif de 2 à 4 secondes, j’aperçois, droit devant moi, le Bloch 152 du S/L Ruby. A 400-500m environ, dans l’axe de progression des Do 17, à la même altitude, son Bloch 152 se rapproche à une vitesse terrifiante du peloton de tête du dispositif ennemi. Il semble s’emmêler dans les fils pointillés, lumineux et ondoyants, d’un écheveau prenant son origine dans les canons des 42 mitrailleuses, placées dans le nez des 21 Do 17 ; les 2/3 d’entre eux convergent vers le bloch 152, l’autre tiers est parallèle à sa route. En moins de deux secondes (…), le croisement a lieu et l’adj Michaud et moi voyons le Bloch 152 de notre chef de patrouille percuter le plan vertical gauche de l’empennage de l’ailier gauche de la patrouille de tête. Le Do 17 perd une partie importante de son empennage, passe sur le dos et se met en vrille très large (2 membres de l’équipage réussissent à quitter l’avion). Le Bloch 152, après avoir effectué une espèce de retournement déclenché par la droite, fait un tour de vrille et part en piqué à la verticale. Nous le perdons de vue car nous continuons nos attaques : moi aussi, sitôt après la collision, de ¾ arrière en piqué vers la gauche, l’adj Michaud en poursuite et le caporal-chef Spacek, toujours de ¾ arrière en cabré, quelques secondes plus tard.
A la verticale de Crépy-en-Valois, toutes munitions épuisées ou armes enrayées et à court de carburant –les avions sont en l’aire depuis plus d’1H30 (dont 5 minutes de combat) –l’adj Michaud, en battant des ailes, donne le signal de rassemblement et prend le cap du retour au terrain.
Aux environs immédiats de Montépilloy, l’épave fumante du Do 17 est apperçue. Aucun indice du Bloch 152 n’est relevé. L’espoir revient. Peut-être le S/L Ruby a-t-il réussi à reprendre le contrôle de son avion et à regagner sa base de départ ou à se poser en campagne ?
A 6h00, les 3 Bloch se posent dans cette clairière qui aurait pu être considérée comme une plate-forme idyllique à une époque moins troublée. (…)
[L’adj Delage, blessé par le mitrailleur arrière d’un He 111, doit se poser en urgence à Beauvais]
Vers 8h, aucune nouvelle du S/L Ruby n’étant parvenue, le cdt Colin me charge de me rendre dans la région de Montépilloy-Mont l’Evêque pour tenter de localiser l’épave de l’avion. (…)Arrivé, non sans difficulté à Mont-l’Evêque, les habitants m’apprenent que, de très bonne heure, un avion de chasse français s’est écrasé à l’est du village, au lieu dit la Croix Sainte-Jaunisse. L’un d’entre eux, spontanément, s’offre à me conduire sur les lieux. (…) Il me montre la masse informe et comprssée de ce qui avait été le fuselage et les ailes du Bloch 152 n°522. A environ 50m plus au nord, je trouve la zone de l’impact de l’avion. (…) L’examen trop hâtif du fuselage ne m’ayant pas permis de découvrir la présence du corps de mon chef de patrouille, je déduis, à tort, que le corps a été entraîné, avec le siège et son blindage, dans la cratère creusé par le moteur et qu’il repose sous la petite flamme.
».
En effet, le S/L Ruby, emporté dans son élan, arrache l’empennage d’un des bombardiers (qui se met aussitôt en autorotation avant de s’écraser), mais il a été tué ou mortellement blessé lors de la collision
Victor Tanguy continue :
« Le repas est à peu près terminé lorsque, vers 13h, les sirènes d’alerte de Chantilly émettent le signal de leur sinistre mise en garde. Elles ne sont pas encore tues que le vrombissement des moteurs des bombardiers allemands, volant à basse altitude, est perçu, très rapidement couvert par celui des bombes qui explosent. Leur vacarme s’amplifie dans notre direction. Les convives des deux poptes tentent de prendre les premières mesures de protection.
Deux d’entre eux, le cptne Fisher du GC I/1 et le caporal-chef Mazoyer popotier du I/8, choissisent malencontreusement la fuite, sortant dans al rue et sont instantanément blessés par des éclats de bombes. Tous les autres, sauf un, s’empilent sous leur table ; cette dernière pouvant atténuer les effets de l’effondrement possible de l’immeuble. Les vitres et cloisons volent en éclats ou sont disloquées, les plafonds s’effondrent par endroits…puis le calme revien. Chacun quitte son refuge et, stupéfait et admiratif, constate que le S/L Robert Thollon, impassible, couvert de poussière de plâtre, toujours bien calé sur sa chaise, achève son dessert. (…) Le flegme et le total mépris du danger dont il vient de donner une nouvelle preuve le transforment en une espèce d’être surnaturel. Il est d’une autre race. (…)
La dernière bombe allemande, de gros calibre, est découverte, non explosée, dans la cave de la maison contiguË à celle qui sert de popote. Elle est entrée par la fenêtre du 1er étage, a transpercé le plancher, disloqué une cloison, est passée au travers la dalle du rez-de-chaussée et a terminé sa course dans le sol sablonneux de la cave. Moins de 4 mètres séparent son point d’impact de la table occupée par les S/L Thollon, Lamaison, Porodo, Gouachon, Restoux, Dekastello et moi….
».

GC II/9 ( ? – MB. 152) : Voir GC II/1.

GC I/145 (Lyon-Bron – CR. 714):
Un appareil s’écrase au sol, entraînant son pilote (S/L W. Dobrynski) dans la mort.

ECN I/13 et IV/13 (Meaux-Villeroy, Loyettes – Potez 631) :
Vers 7h, 2 appareils essayent d’intercepter un He 111 retardataire de 9 autres He 111 déjà touché. Mais, gênés par la DCA françaises, ils laissent le bombardier se cacher dans les nuages, tandis que l’adj Delage a été touché par un mitrailleur, si bien que l’avion se pose de toute urgence à Beauvais. L’appareil, retrouvé plus tard au nord de Braine, leur est attribué.
Dans l’après-midi, 2 appareils interceptent 6 He 111, et se concentrent sur l’un d’eux (sans doute un He 111H du III/KG 53). L’appareil, fumant noir, disparaît dans la brume, au-dessus de la forêt de Compiègne. La victoire ne leur est attribuée que comme probable.

GB I/12, II/12 (Persan-Beaumont – LeO 451) :
A 6h28, le terrain est l’objet d’une attaque de bombardiers allemands. On ne déplore aucune perte au I/12, mais un tué au II/12 et 2 mécaniciens au I/31 (Adj Rosenthal et S/C Le Bigot), plus 4 blessés au II/31 (A/C Bordenave et Flamant, S/C Bertrand et Sgt Deloménie). Côté matériel, un appareil du II/12, chargé de bombes, a explosé, endommageant fortement 3 autres appareils qui étaient à proximité. Comme seuls 4 appareils sont disponibles après leur passage, la mission prévue contre un rassemblement de chars près de Château-Porcien est annulée.

ECMJ I/16 (GAR II/33) (Meaux – Potez 631) :
A 5h, un appareil effectue une mission de reconaissance en vol rasant dans la région de Cambrai-Arras ; il est abattu par la flak, son équipage est fait prisonnier.
A 7h, un autre appareil décolle pour une mission de reconaissance sur la vallée de l’Aisne, il est sérieusement touché par un obus de 20mm mais le pilote réussi à ramener l’appareil au Bourget, seul le Lnt Raby (observateur) est sérieusement blessé.

GAR I/36 ( ? – Potez 63.11) :
Lors d’une reconaissance sur Namur-Charleroi-Maubeuge-Vervins, un appareil est abattu en flammes par des Bf 109 ; l’observateur (Cptne Perrotte), grièvement blessé, est fait prisonnier. Le pilote (sgt Cazenave) est indemme, fait prisonnier ; le mitrailleur (Sgt de Stampa) est indemme, fait prisonnier.

GAR I/52 ( ? – MB. 174) :
Vers 17h, 3 appareils décollent pour effectuer une reconaissance de la région des Ardennes belges et de la vallée de la Meuse jusqu’à Maastricht. L’un d’eux est porté disparu, son équipage est tué (Ltn Fulcrand observateur, Sg-chef Grand pilote et Sgt-chef Zinck mitrailleur)

GAR II/52 ( ? – Potez 637) :
Dans la soirée, deux missions de reconaissances sont effectuées. Le premier Potez 637 décolle vers 19h20, il est abattu par 3 Bf 109 ; son équipage indemme évacue l’appareil avant qu’il n’explose (l’observateur, le Lnt Vuatrin est cependant blessé à la jambe gauche et le mitrailleur, l’adj Thiebault est blessé).
Le second appareil décolle à la même heure, il est abattu par 8 Bf 109 ; il sera détruit par le feu. Son observateur (Adj-chef Charlier) et son mitrailleur (Asj Peltriaux) sont blessés, le pilote (Sgt Thierry) est indemme.

GAR II/55 ( ? – Potez 63-11) :
Un appareil, en mission de reconaissance à basse altitude dans la région d’Arras et Cambrai, est abattu en flammes par la Flak, entraînant son équipage dans la mort.

GAO 501 (Mardyck – Potez 63. 11 et Mureaux 115) :
Henri Moguez nous raconte les évènements de la journée :
« L’échelon roulant, sous le cdt du Lnt Velly, fait mouvement (…) sur Roye. (…) Pendant ce temps, le départ de l’échelon volant a eu lieu. (…) Le chef d’Etat-major de la ZOAN a décidé de baser le Groupe à Montdidier. (…) 3 Mureaux et 5 Potez suivront l’itinéraire en volant à 200m. »
Au cours du déplacement sur le nouveau terrain, 2 Mureaux 115 sont abattus par des Bf 109 :
-le premier a son équipage (Cdt Moguez, pilote et S/L Paquez, observateur) parachuté, grièvement brûlé
-le second a son pilote (Sgt-chef Cocu) grièvement blessé, et son observateur (Sg-chef Canonne) tué.
« Vers 17h, 3 Heinkel 111, suivis un qurt d’heure après par 9 autres Heinkel, viennent bombarder le terrain sur lequel ils passent et repassent en mitraillant :
-l’adjudant-chef Dufour est légèrement blessé à la cuisse par un éclat de bombe
-le sgt Dardaine, qui s’est installé à son poste de mitrailleur pour tirer sur les avions ennemis, est projeté au sol par l’explosion d’une bombe et se foule un poignet.
Les équipages se réfugient dans un bois voisin, en attendant une accalmie.
Sitôt l’ennemi parti, ils décident de décoller sans achever les pleins d’essence (…) et partent en direction de Mantes. L’un des avions tombe dans un entonnoir en roulant (…) Cet appareil se pose à Beauvas, il ne rejoint Mantes que le lendemain.
A Mantes, on apprend que le cdt Moguez et le S/L Paquez sont à l’hôpital d’Amiens. Pas de nouvelles de l’autre Mureaux. Les deux avions ont été attaqués par des appareils alors qu’ils passaient dans la région d’Amiens. L’avion du cdt Moguez a prit feu, le pilote a sauté en parachute ainsi que son observateur. (…) Tous les deux ont été assez gravement brûlés au visage et aux mains.
Plusieurs jours plus tard, on apprendra que l’autre équipage – Sgt-chefs Cocu et Canonne – s’est posé en campagne. L’ennemi a continué à les mitrailler au sol. Le sgt-chef Canonne est porté disparu, et ce n’est qu’en novembre 1940 qu’on connaîtra sa mort. Quant au Sgt-chef Cocu, il sera retrouvé 8 jours plus tard par ses camarades, à l’hôpital de Vernon, amputé du pied droit.
»

GAO I/551 ( ? – Potez 63-11) :
Un appareil effectue une mission de reconaissance dans la région de Signy-l’Abbaye, Montcornet, Liard. Il est victime de la flak, dont un des tirs transperce le fuselage et touche les commandes. L’équipage réussit à rentrer à la base et s’en sort indemme, mais l’appareil est inutilisable.

GAO 552 (Prouvy – Potez 63.11) :
A 7h, un appareil effectue une mission de reconaissance dans le secteur Arras, Béthune, Cambrai. Sérieusement touché par la flak, il s’écrase à 8h30 train rentré sur le terrain de St Omer, son équipage est indemme.

AB 2 et AB 4 (Fayence et Valenvolle - LN 401/411) :
11 LN-401 de l’AB2 et 9 LN-411 de l’AB4 attaquent les colonnes allemandes à Berlaimont, après décollage à 18h15. La F1C, qui devait assurer l’escorte, n’est pas au rendez-vous. Sur le chemin, ils sont repérés par un « Mouchard », ce qui explique qu’ils y sont accueillis sur la cible par une flak meurtrière sur l’objectif où ils arrivèrent à 19h30.
Le lnt de vaisseau Lainé est en tête du dispositif : « Tous les appareils volent à basse altitude, par sections de 3, se suivant à une centaine de mètres. J’étais très fier de mener au combat ces 20 appareils bien armés et ce fut certes le plus beau commandement opérationnel de mes 43 années de Marine. (…) Quelques grands incendies dans Arras, dans Cambrai qui paraît aux mains de l’ennemi et en avant duquel une mince et courte ligne de feu semble indiquer un combat d’infanterie. Aucun chasseur anglais n’est en vue. Par contre, un petit chasseur Henshel nous suit un moment à hauteur de Cambrai sans oser se frotter à une formation aussi nombreuse. Il déguage dès que la DCA s’en prend à nous, à une vingtaine de km de l’objectif.
C’était notre première expéricence – je parle pour l’AB4 – des bouffées de fumée noire de la flak lourde qui secouent sèchement quand on passe trop près d’elles, de ces points rouges de la flak moyenne, dont les traçeurs de culot se voient à l’avant et paraissent toujours converger sur notre avion personnel et de l’essaim lumineux blanc des petits obus de 20 et des balles de mitrailleuses qui ne se devinent que par le travers de l’œil nu, lorsqu’ils sont passés. Au moment prévu, Berlaimont surgit vers l’avant. Il est grand temps de monter à 1200m et de mettre les bombes sur actives. Et aussitôt, voila que se dessine sans aucun doute possible le carrefour ouest, notre objectif.
La surprise n’a pas jouée. La flak moyenne et légère est plus dense que jamais. Le but doit être vraiment important. Tandis que ma première section pique à 60° jusqu’à 300m (…) mes deux sectionnaires sont désemparés. Je largue ma bombe sur le carrefour, déguage cap au nord, au ras des toits, me retourne un instant pour voir les autres sections piquer en bon ordre, comme à l’exercice, dans une fumée noire, celle des bombes, celle des avions abattus, celle de la flak, nuage opaque qui s’étend rapidement et couvre tout le village.
C’est alors que, droit devant moi, dans deux grandes prairies, j’apperçois un bon nombre de chars immobiles, cependant qu’autour d’eux s’agitent des véhicules techniques, des voitures légères, des motocyclistes…. Impossible d’alerter les autres. Un obus de 20 a explosé dans mon poste de radio et a touché ma jambe droite sans me faire d’autre mal que quelqus égratinures au mollet, mais il a mis hors de service ma radio et m’a rendu sourd et muet.
Je tire de mon mieux au canon et aux mitrailleuses sur ce qui paraît intéressant et je vois encore les servants de 2 canons de 88 sautant à l’abri de leurs pareballes, comme j’arrive sur eux.
(…) Avoir vu envoyer au tapis mes deux sectionnaires, le maître Téoulet et le second maître Goasquen, a dû me rendre mauvais car c’est avec une réelle satisfaction que je vois bouler comme un lapin un motocycliste allemand sur lequel j’achève de vider mes mitrailleuses.
Retour individuel sur Berck, en rase-mottes, avec par moment quelques manifestations, qui maintenant paraissent bien bénignes, des DCA allemande puis française et même anglaise lors du passage sur un terrain vide d’avions aux environs de Doullens/
A 20h30, 4 appareils de l’AB4, percés de nombreux trous et truffés d’éclats, dont certains je le crains appartenant à leurs propres bombes lâchées trop tard, étaient posés à Berck. Les 5 autres avaient été descendus sur l’objectif ou sur la route du retour. Leurs pilotes ne devaient plus rallier l’escadrille. Heureusement, tous n’avaient pas été tués. Longtemps après, alors que nous étions en Afrique du Nord, nous apprîmes que le second maître Klein avait été aperçu externué à Boulogne et que l’enseigne de vaisseau Decaix et le second maître Jamais étaient prisonniers en Allemagne.
».
L’EV1 Douxami, qui attaque derrière Lainé, témoigne, à son retour de captivité : « Décollage sans incident. Route des escadrilles sur l’objectif. La DCA ennemie commence à tirer à partir d’Arras sans résultat. A partir de la forêt de Mormal, violents tirs de barrage. Je vois les 1ère sections partir en piqué et commencer l’attaque. Mon tour arrive aussitôt d’attaquer. 15 appareils ont déjà bombardé et un épais rideau de fumée me cache le sol d’où partent encore de violents tirs de barrage. Je pars en piqué en prononçant une attaque sur le carrefour de Berlaimont, suivi à 3 secondes par mon sectionnaire. A 80m d’altitude, je largue ma bombe et pendant ma ressource, je m’aperçois qu’un gros jet de vapeur d’eau s’échappe de mon réservoir crevé. C’est alors que, droit devant moi, dans deux grandes prairies, j’aperçois un bon nombre de chars immobiles, cependant qu’autour d’eux s’agitent des véhicules techniques, des voitures légères, des motoyclistes…
Impossible d’alerter les autres, un obus de 20mm a explosé dans mon poste de radio et a touché ma jambe droite sans me faire d’autre mal que quelques égratinures au mollet, mais en mettant ma radio hors d’usage, il m’a rendu sourd et muet. Je tire de mon mieux au canon et aux mitrailleuses sur tout ce qui me paraît interessant et je vois encore les servants de 2 canons de 88 sautant à l’abri de leur pare-balles comme j’arrive sur eux.
A la fin de la ressource, je me trouve à 150m d’altitude, route à l’ouest, je n’aperçois plus mon sectionnaire. (…) Grosse réaction de la DCA de la forêt de Mormal. (…) Je fais route au sud-sud-est afin d’essayer de me dégager des lignes allemandes. (…) Le moteur ne donne plus que 1300 trs, puis il prend feu. J’actionne l’extincteur, le feu continue et se communique au plan gauche.
». Il se pose à 20h00 dans un champ, les mains légèrement brûlées.
-l’appareil du S.M. Pascal (AB 2) est touché de plein fouet et percute le sol
-l’EV1 Faivre (AB2), forcé d’aterir en rase campagne après avoir été touché par 4 Bf 109, est fait prisonnier. Il réussira à s’évader quelques mois plus tard
-le S/ Klein, forcé d’aterir après avoir été touché, regagnera les lignes françaises
-le SM Goasquen est abattu par la DCA française sur la route du retour à Etreux ; il regagnera les lignes françaises
-Vilbert (AB2) et Decaix (AB4) sont également abattus par la flak, puis faits prisonniers.
-Un appareil est détruit à l’aterissage.
10 avions sur les 20 enguagés manquent à l’appel, dont 6 par la flak. Les rescapés (LV Lainé, LV Habert, PM Billien et SM Rochon de l’AB4 et LV Lorenzi, PM Méheut, SM Le Moal, Niel, Moulinier, Bonefoy de l’AB2) regagnent Berck sans autre incident. Cependant, leur état est tel qu’ils sont indiponibles pour plus de 48h. Si les pertes sont élevées, l’objectif n’en a pas moins été relativement atteint, car sur la route, de nombreux véhicules sont calcinés.

10E (Oran-la-Senia – Farman 222) :
La nuit, un des appareils bombarde Alghero, en Sardaigne.
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19 mai 1940
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