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 18 mai 1940

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fanavman
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MessageSujet: 18 mai 1940   Lun 30 Jan 2012 - 2:16

18-mai-40 (Victoires : 24 sûres et 12 probables, Pertes : 19)

En France :

GC I/1 (Chantilly – MB. 152) :
De 13h à 14h, une patrouille triple effectue une mission de couverture sur le secteur Aulnoye-Le Quesnoy-Le Cateau-Guise, avec une patrouille double du GC I/8. Ils apperçoivent une patrouille ennemie, et grimpent pour faire face sans succès. Sur le retour, la flak prend les avions de la patrouille pour cible, puis cette dernière croise la route de 6 Do 17 qu’elle attaque, sans effet notable.
De 18 à 19h, une mission similaire est assurée sur le secteur Compiègne-Cambrai-Forêt de Mormant-St Quentin-La Fère, par une patrouille triple, en lien avec une patrouille double du GC I/8. Un Hs 126 est appeçu 40 minutes après le début de la mission : le Lt Legentil l’attaque, mais l’allemand s’enfuit après une vrille, poursuivi par le Cne Calmon du GC I/8 qui l’abat. Après regroupement, un deuxième « mouchard » est abattu par le Cne Coutaud et le S/L Teillet. Au retour, la patrouille est attaquée par 7 Bf 110, mais sans résultats.

GC II/1 (Buc – MB. 152) :
Une patrouille du II/1 effectue, en coopération avec une patrouille double du I/3, une mission de protection de 11h à 12h et une autre de 16h à 17h : RAS.
Une autre patrouille (2 appareils) assure deux missions de couverture de Paris.

GC III/1 (Norrent-Fontes – MS. 406) :
Les chasseurs interviennent contre des Do 17 et He 111, protégés par des Bf 109. Ils abattent 2 bombardiers, dont un en coopération par le Lnt Gagnaire et le Sgt Paulhan.
-le Lnt Tariel, appareil endommagé, doit se poser train rentré dans un champ ; il est gravement blessé au visage
-Le Lnt Marche doit égualement se poser après avoir été touché, son avion est inutilisable.

GC I/2 (Damblain – MS. 406) :
De 09h45 à 10h40, une patrouille simple effectue une mission de couverture orientée sur alerte. RAS.

GC III/2 (Beauvais-Tillé – MS. 406) :
Entre 9 et 10h, ne patrouille double tombe sur des Do 17, escortés par des Bf 109 et Bf 110
-Le sgt-chef Vittini, gravement brûlé, doit sauter
-le lt Peuto est abattu en flammes par les Bf 109 et 110 ; il est retrouvé carbonisé.
Cependant, le groupe obtient une victoire, en la personne du sgt-chef Elmlinger.

GC I/3 (Meaux-Esbly – D. 520) :
Le groupe effectue deux sorties entre 7h30 et 7h50 par 6 pilotes, pour protéger le terrain des attaques.
Deux autres intervienent entre 11h00 et 12H00 par 6 appareils, pour couvrir les gares dans la région de Guise et Vervins, en coopération avec une patrouille du II/1 : RAS.
A midi, le terrain est attaqué, le Sgt Bouffier nous relate le déroulement : « A midi environ, 3 Dornier 17 arrivent en bombardant le terrain, nous décollons. Chacun prend le sien. Celui que j’ai choisi lâche ses dernières bombes, c’est à ce moment que je réussis à lui mettre son moteur droit en flammes puis il enfile la vallée de la Marne en direction de l’Est en vol rasant (…) Ne réussissant pas après plusieurs passes à le descendre, je m’approche plus près et au moment de dégager son mitrailleur arrière m’envoie une rafale. Je pris feu instantanément à ce moment-là, j’emboutis une colline boisée. Mon équipier, Schneider, me voit percuter les arbres et regagne le terrain. ». Suite à quoi le Sgt Bouffier est conduit dans un hôpital militaire. Mais le sgt a abattu, en collaboration avec le cpt Schneider, un bombardier.
Dans la journée, une dernière mission est effectuée par 6 appareils dans la même zone.

GC II/3 (Le Luc – D. 520 et MS. 406) :
Le groupe commence à utiliser ses D. 520.

GC II/4 (Orconte – Curtiss H-75) :
Camille Plubeau nous relate la mission principale de la journée : « 4 avions des Diables Rouges (ctne Guieu, cdt Rozanoff, adj Paulhan et Lnt Girard) assurent la protection d’un avion photographique dans la zone de Rethel, de 15h à 15h30. Deux patrouilles des « Petits Poucets » protègent les Diables Rouges : S/L Plubeau, Ctne Eugler et Lnt Girard ; S/L Baptizet, S/L Cordier et caporal-chef Puda. [soit un total de 11 avions]
Dès notre arrivée sur secteur, je vois un Hs 126, que je signale par radio. La « Libellule » nous a vus. Il pique vers le sol et dans ses lignes, mais c’est trop tard. L’escadrille des Diables Rouges l’attaque. Après une dizaine de passes, le Henshell tombe en flammes au bord de l’Aisne, côté nord, bascule dans la rivière et brûle en partie de l’autre côté.
Pendant que les Diables Rouges se regroupent, 4 Me 109 sortent des nuages à 200m de nous et au nord. Ils remontent immédiatement au-dessus sans nous avoir vus et avant que nous ayons eu le temps de les attaquer.
J’emmène alors tout le dispositif vers l’intérieur de nos lignes, et je me replace en protection. De nouveau, nous rencontrons des Me 109 et, cette fois, nous bagarrons. Nous les dissocions et les malmenons sérieusement. Le Cptne Engler et moi-même en abandonnons un en feu.
Nous nous regroupons et cherchons nos camarades. Voyant 5 avions de face à une altitude supérieure à la mienne, je viens me placer sous eux, croyant avoir affaire aux Diables Rouges. Je me rends compte alors de mon erreur : ce sont des Messerschmitt 109. Ils ont la supériorité d’altitude… Il n’est pas intéressant de se frotter à eux. Je bats des plans et pique légèrement à côté d’un nuage. Ils passent de l’autre côté sans nous voir : la prochaine fois, nous leu prêterons des lunettes. (…)
Je vire derrière le nuage en prenant de l’altitude, mais…plus de Me 109. Nous retrouvons les avions des Diables et grimpons toujours. Vers 2500m, nous voyons une trentaine de bombardiers allemands qui viennent de l’ouest. Je laisse les Diables attaquer. Ils vont faire leur 2ème passe….pas de chasse ennemie.
Je pars égualement à l’attaque avec mes patrouilleurs, pendant que mon ami Baptizet et ses équipiers assurent la protection. Nous attaquons la section de droite du peloton de gauche. J’ai quelques difficultés à rejoindre les He 111, car mon avion a été touché au cours de la 1ère bagarre. Je suis à 250m environ, je tire quand même et je suis assez heureux pour voir l’ailier droit fumer fortement, puis abandonner sa formation et piquer vers le sol. Et d’un !
Au tour du chef de section. Bientôt son avion en fait autant, et même davantage : aucun doute, il brûle… et de deux !
Mes équipiers ont tiré aussi, de même que 2 ou 3 autres Curtiss.
Le Cptne Gieu a reçu un projectile qui semble avoir touché sa canalisation d’huile ; ca fume fort dans son avion. Il a abandonné l’attaque et a pris la direction de notre terrain. A ce moment, il est attaqué par des Me 109 qu’il n’a pas vus. Paulhan le protège remarquablement, se place dans la queue d’un chasseur ennemi et pan ! pan ! envoie le messerschmitt sur le dos faire la conaissance avec le sol de France. Bien, Paulhan, c’est du beau travail !
De son côté, Rubin, qui est plus au nord, attaque un autre messerschmitt et le voit fumer singulièrement, tandis que le cdt Rozanoff se débarasse de 2 autres en se précipitant dans un nuage bien affectueux.
Dans un nuage de fumée bleue et sous une pluie d’huile, le cptne Gieu, réussit à se traîner jusqu’au terrain de Vraux, précédemment occupé par les anglais.
Nous allons abandonner l’attaque des Heinkel, car l’heure de la fin de mission a déjà sonné. Mais là n’est pas la principale mission : nos munitions s’épuisent, nous ne sommes plus que 4 et, devant nous, venant du NE, une belle expédition de bombardiers et de chasseurs ennemis s’avance. Je me balance de gauche à droite et de droite à gauche pour que tout le monde me suive.
Un Curtiss reste accroché aux He 111, tout à fait à gauche. Je ne peux le laisser seul, ce serait le vouer à la mort. Enfin, il revient, mais un peu tard : les Me 109, probablement alertés par radio, viennent sur nous. Le Cptne Engler les voit en premier et me les signale.
Je vire brutalement…Ils sont là, bein près.
Je ne suis pas en bonne position de tir, mais je lâche tout de même une rafale, histoire de faire peur à ce Fritz audacieux qui, ¾ arrière, part en virage, ose tirer sur notre « Popaul » (cptne Engler). Le résultat est acquis : le Fritz déguage.
Un autre, je ne sais pourquoi, vient virer devant moi à bonne distance de tir, 150m environ. Voudrait-il me narguer ? Je le suis et lui lâche quelques pruneaux, qui le convertissent rapidement : il pique jusqu’au sol et prend feu. Pendant ce temps-là, le cptne Engler a aussi descendu son « gaillard ».
Nous nous sommes dispersés dans la mêlée et mon moteur donne des signes de fatigue. Il faut rentrer. Je vais au point de ralliement : le terrain de Reims. Le S/L Rubin et 2 autres Curtiss sont avec moi. Je rentre au terrain, inquiet pour le cptne Engler. J’ai vu qu’il était tiré : a t-il été touché ? Non, car il rentrera 10 minutes plus tard. Tout le monde est donc rentré. (…)
Presque tous nos avions sont touchés. J’ai ramené plusieurs balles : une dans le magnéto, une dans la tuyauterie de carburateur, une dans le bâti moteur et d’autres à des endroits délicats.
».

GC I/5 ( ? - ?) :
De 14h00 à 15h00 et décollant à 13h15, 10 appareils doivent relayer une patrouille de protection d’un important débarquement de troupes en gare de Fismes. Accart relate cette mission : « Nous partons en patrouille triple et, après avoir parcouru 150 Km avant d’atteindre le secteur, un véritable voyage, nous remplaçons les 9 avions dépensés inutilement.
Le ciel s’est couvert de cumulus vers 2000m, avec de larges trous. Sans doute les bombardiers viendront-ils au-dessus du plafond, mais ce serait désastreux de les laisser passer s’ils attaquaient leurs objectifs à basse altitude. Aussi, par radio, je donne l’ordre à Marin de monter au-dessus de la couche nuageuse avec ses équipiers Rey et Vuillemain et la patrouille Morel, Rouquette, Muselli.
Je reste vers 1500m avec mes 2 équipiers, P[érina] et le Cptne V[atasko]. Légèrement au-dessus de moi, croise une patrouille simple de Potez 63 ; elle disparaîtra mystérieusement tout à l’heure.
Les minutes passes et le ciel est vide (…)
Un message de «Marina » va me faire sursauter : « Allo, Clara, ici Marina, ennemi en vue, altitude… ». (…) Dans une friture épouvantable, il me semble saisir : « 3000m ».
Nous émergeons vers 2500m au-dessus de Fismes, continuant à grimper, et j’apperçoi peu après un peloton d’une vingtaine de bombardiers, suivi d’un 2ème de même importance [2x21 He 111]. Autour d’eux, mes 6 malheureux Curtiss, semblables à d’inoffensifs moustiques sur une énorme masse se déplaçant d’une façon inévitable.
Pendant les quelques secondes qui nous séparent encore, nous continuons à gagner de l’altitude en manoeuvrant pour attaquer de face et à hauteur, afin de disloquer la formation avant qu’elle n’arrive sur l’objectif. Mes équipiers [S/L Rey et Sgt-chef Vuillemin] ont compris mon intention et, avec moi, vont concentrer leurs feux sur l’avion-guide que nous tirons tous 3 successivement dans l’axe, sans qu’il se déroute d’un degré. Pourtant, nous avons pu voir les impacts des balles que nous avons lâchés jusqu’à bout portant, mais aucune n’a touché d’organe essentiel, et le He 111 a progressé avec un calme imperturbable (…) [Les 3 pilotes suivent le bombardier jusqu’à ce qu’il touche le sol au nord-est de Reims].
Aussitôt finie la rafale, nous avons viré en montant pour retomber sur le peloton. Déjà un Heinkel, gravement touché par la patrouille de Marin, a dégagé et est poursuivi par Vuillemin qui l’achèvera [Il sera attribué à Lnt Marin la Meslée, S/L Rey, Sgt-chef Vuillemin].
Nous retournons sur l’ailier gauche, concentrons nos feux (…) Sous le feu de 5 Curtiss [S/L Rey, Sgt Morel, ? Rouquette, ? Muselli, Lnt Marin la Meslée], il ne tardera pas à commencer à fumer. Morel, devant moi, fait une passe d’un cran magnifique : il reste dans la queue à moins de 50m sans manœuvrer, alors que de tous les bombardiers les mitrailleuses crachent sur lui (…) La passe est décisive, et le Heinkel part en piqué, moteurs arrêtés, suivi de P[érina]. Mais peu de temps après, un parachute se balancera sous nous : Morel a sauté.
Mais déjà l’avion-guide de la section extrême-gauche, que nous avons tiré à courts intervalles, est lui aussi mis hors de combat.
Entre-temps, je me suis déguagé d’un grand souci : les He 111 sont passés à 1000-2000m à droite de l’objectif que nous avions à couvrir. (…)
Le Heinkel qui se trouve maintenant extrême ailier gauche, ne tarde pas à subir le sort des précédents : son moteur droit s’arrête et se met à fumer ; il n’attend pas davantage et se précipite en virage à droite en piqué vers ses lignes. Je le suis, mais il est coriace et il me faudra plusieurs rafales pour arrêter le 2ème moteur et faire sortir le train ; un Curtiss m’y aidera : celui de Rey, qui me rejoint.
Nous remontons de concert vers le gros du peloton, qui vient de faire demi-tour. (…) J’avise alors un Heinkel qui a perdu un peu du terrain dans le virage, et fais signe à Rey de me suivre, car je crains de ne pas avoir assez de projectiles pour obtenir seul la décision. Mais mon jeune équipier ne me comprend pas ; plein d’allant et de vie, il fonce dans le tas (…) et avant d’arriver dans la queue de mon bombardier, je vois « Régina » faire une chandelle magnifique après une passe en piqué.
Avec application, à une centaine de mètrs de mon but, je lâche mes balles avec une lenteur exaspérante. (…) Un moteur émet des globes de fumée de plus en plus fréquents et bientôt l’autre cessera de fonctionner. (…)
Le Heinkel a son train sorti qui se balance mollement, dévérouillé, il se repliera 3 ou 4 minutes plus tard à l’aterissage en campagne entre Fismes et Laon. [Il sera attribué à Marin la Meslée, Vuillemain, Morel, Muselli et le cptne Vasatko]
Je me retrouve seul. (…) A mon arrivé au terrain, je m’apperçois que 2 au moins de mes pilotes ne sont pas perdus, car 2 Curtiss gisent sur le ventre ; quant à moi j’atteris roues crevées par des balles, mais sans incident.
Rey et Morel ne sont pas rentrés. P[érina] a vu Rey atterir, hélice callée, dans la minuscule clairière d’un bois. (…) Le pilote ne serait pas sorti de l’avion. Marin la Meslée a failli sauter en parachute (…) Il a finalement ramené son avion qu’il a dû poser sur le ventre (une balle ayant coupé le dispositif de relevage du train), de même que Muselli dont le Curtiss a reçu entre autres un balle dans le moteur de train.Les 5 autres avions qui sont revenus sont tous plus ou moins criblés de projectiles : celui de Vuillemain notament. (…)
En résumé, pour 6 He 111 hors de combat, 6 avions de l’escadrille indisponibles, 2 sont irréparables sur place et les 2 derniers demanderont 24h de travail.
»
-Le sgt-chef Morel, as, est tué ; touché de plein fouet et de face par un mitrailleur, avant de réussir à sauter en parachute
-Le S/L Rey est blessé après avoir fait un aterissage forcé.

GC II/5 (Toul-Croix de Metz – Curtiss H-75) :
11 appareils décollent à l’aube, pour une mission de destruction générale. Au-dessus de la Meuse, le dispositif apperçoit 18 He 111, protégés par 10 Bf 109 qui fonçent sur les français. Jean Gisclon nous raconte :
« 11 Curtiss du II/5 avaient décollé au petit jour du terrain de Toul-Croix de Metz, sous les ordres du Cdt Hugues. Leur mission : destruction générale sur le secteur Longwy-Dun sur Meuse, altitude 5000m. A cette heure matinale, nous ne manquerons pas de gibier. Et nous ne fûmes pas décus.
¼ d’heure à peine après notre arrivée sur le secteur, nous intercetâmes au-dessus de Conflans une formation de 18 He 111, sans protection rapprochée de chasse. Tout le dispositif de Curtiss se lança à la curée, mais les mitrailleurs arrières des Heinkel, qui voleient en patrouilles très serrées, commencèrent à tisser un barrage de feu qui dissocia nos attaques.
Après un déguagement de passe, j’apperçus un avion qui surgissait derrière moi. Je fis face. C’était Svetlik, un tchèque du groupe, qui avait perdu sa patrouille au cours de l’enguagement. Il vint à quelques mètres de moi et, cabine ouverte, m’adressa de la main un geste amical.
J’inspectai le ciel autour de nous et je ne décrouvris pas les autres. Les Heinkel les avaient entraînés. Combats éclairs, où l’on franchissait 8km en une minute. Le soleil s’était levé au-dessus de la ligne d’horizon, et flanboyait à présent dans l’azur limpide. La visibilité était excellente. Je consultai mon jaugeur. Il me restait encore pour ¾ d’heure d’essence. Je décidai de demeurer sur le secteur avec Svetlik, un équipier sûr malgré sa jeunesse et très bagarreur. Mon regard plongea vers le sol. A 1500m au-dessous, la Chiers serpentait à travers un couloir étroit, dominé par des croupes boisées. Une brume légère recouvrait Longuyon. Soudain, mon attention se fixa.
Plus bas que nous, un avion remontait en territoire ennemi. Un Do 17 qui, après une reconaissance vers la fin de la nuit, loin à l’intérieur de nos lignes, rentrait tranquillement chez lui, à très basse altitude. Il ne nous avait pas apperçu, car il ne dévia pas de sa route. Je l’indiquai à Svetlik qui approuva de la tête. Nous nous laissâmes tomber en un piqué prolongé, moteurs à plein régime.
Le Dornier ne broncha pas. Les 3 hommes d’équipage somnolaient sans doute. Ce ne fut qu’à ma 1ère rafale, tirée à moins de 100m, que le pilote parut s’inquiéter, car il inclina brutalement son avion sur la gauche, le redressa et, après une amorce de virage très serré à droite, il piqua vers le sol.
Je me lançai à ses trousses. Au ras de l’au, l’Allemand se rétablit. Mes balles clapotèrent sur la surface lisse de la rivière. Svetlik, qui attaquait à son tour, lui stoppa son moteur droit. Malgré ce handicap, l’Allemand se rapprocha encore du sol, et à quelques mètres d’altitude, épousa docilement les courbes de la vallée, tandis que le mitrailleur tirait à plein débit. J’essayai le plus possible son champ de tir et je me plaçai à 30 mètres derrière lui, en lui expédiant de courtes rafales. L’une d’elles me parut écraser la coupole vitrée du mitrailleur, qui cessa son tir. A droite, à gauche, nous dominant, les collines boisées défilaient à vive allure.
Brusquement, le train droit du Dornier s’abaissa. Déséquilibré, l’appareil dérapa sur la gauche, au moment où j’effectuais une nouvelle passe. J’évitai in extremis, en m’enguageant dans un virage brutal, très serré, au cours duquel mon Curtiss marqua une certaine vélléité à m’échapper à la main. Je ne m’en souciai pas trop et serrai à nouveau pour me retrouver en bonne position de tir. J’appuyais sur le bowden. Mes mitrailleuses de capot crachèrent quelques balles, puis se turent. Celles d’ailes étaient restées muettes. Je réarmai fébrilement, sans résultats. Je n’avais plus de munitions. Je les avais utilisées généreusement sur les Heinkel…
Je me retournai, cherchant le tchèque : il n’était plus là. Plutôt dépité d’avoir ainsi à rompre le combat contre un adversaire à notre merci, je m’approchai du Dornier, étincellant au soleil, magnifique avion aux lignes très pures. Le pilote, avec son unique moteur gauche, son train sorti, paraissait avoir de très sérieuses difficultés pour tenir son appareil en ligne de vol.
Le mitrailleur avait été touché. Je distinguai sa silhouette immobile, écroulée à son poste. Je me plaçai en vol de patrouille avec lui, à quelques mètres sur sa droite. Le naviguateur, assis à côté du pilote, se retourna dans ma direction. Ses lunettes étaient relevées sur son serre-tête de cuir et il avait dégraffé son masque à oygène. Je le distinguai, tantôt de profil, tantôt de face, car il tournait sans cesse la tête vers moi. C’était un garçon très jeune, qui, derrière la vitre de son cockpit, leva la main pour une sorte de salut rapide, accompagné d’un sourire un peu crispé, presque amical. Peut-être m’était-il reconaissant de leur avoir épargné le coup de grâce ? Ils ne pouvaient deviner, son pilote et lui, qu’ils ne devaient cette chance qu’à mes armes sans approvisionnement. Le mitrailleur, lui, avait eu son compte. (…)
A quelques km devant nous, le relief du sol apparut moins valloné. Mais la Chiers dessinait une courbe brusque, très encaissée et, pour parvenir jusqu’au terrain plat, il fallait franchir une colline plus élevée, gagner une trentaine de mètres. Le Dornier vola à une vitesse voisine de la perte de vitesse. Je lus la mienne au badin : 170 Km/h. (…)
Je m’écartai pour ne pas gêner mon adversaire. Je l’imaginai, les muscles bandés à l’extrême pour tenir son avion désemparé qui pesait terriblement lourd dans ses bras. (…) Son regard tendu devait être hypnotisé par cette crète qui se rapprochait rapidement. De toute sa volonté, il pensait pouvoir la sauter. Parviendra t-il à la franchir ? Je souhaitai intensément qu’il y parvint.
Le Dornier aborda le sommet de la pente, en position très cabrée. Il me donna l’impression de s’enfoncer ? Une houle le soulèva. Ouf !... C’était gagné pour lui, il passait….
Mais, soudainement, une série de lueurs rougeoyantes jaillit sous le fuseau moteur. Une gerbe de fumée l’enveloppa. Celui-ci lâchait à l’ultime dixième de seconde, refusant à son équipage cette chance qu’il avait crû tenir.
L’avion décrocha sur la droite, le plan gauche dressé à la verticale vers le ciel, il effectua un demi-tonneau rapide, resta sur le dos et percuta dans cette position au milieu des arbres où il explosa.
» Le Lnt Houzé, touché, se posera ensuite sur le ventre sur le terrain de Toul.
-Le cdt Hughes, avion grièvement touché par 2 Bf 109, doit se poser à Frescaty
-le caporal-chef Hanzliccek voit son appareil mis à feu par un Bf 109 et saute
Le groupe obtient 3 victoires, celle de Houzé non comprise.

GC I/6 ( ? – MS. 406) :
Le matin, le terrain est l’objet d’un bombardement, sans gravité.
9 appareils décollent à 13h30 pour une mission de destruction sur la zone Aulnoye-Le Quesnoy-Le Cateau-Guise. Le cptne Mauvier tombe sur un bombardier ennemi dont les défenseurs endommagent gravement l’appareil du français ; il réussit à se poser dans les lignes ennemies où il est fait prisonnier.
A 16h30, le terrain est bombardé et mitraillé par 2 Do 17 ; 2 Morane sont détruits.
A 18h30, 6 Morane de la 1ère escadrille et 3 de la 2nde décollent pour une seconde mission de destruction à l’ouest de St Quentin. Ils rencontrent des Do 17 et les attaquent. L’une des patrouilles continue sa mission, mais :
-le cptne Bruneau, avion mis en flammes par la flak, parvient à pointer son avion sur l’une des batteries et à s’écraser dessus ! Il parvient ainsi à 2 coéquipiers de regagner les lignes
-le S/L Paturle est blessé sérieusement à l’épaule par un éclat d’obus, il sera hospitalisé
-l’adj-chef Conte est gravement commotionné par un éclat d’obus, il sera hospitalisé.

GC II/6 (Vertain – MS. 406) :
Le groupe part à Châteauroux pour y être livré en MB. 152.

GC III/7 (Vitry-le-François – MS. 406) :
Repli sur Lognes-Emerainville. Mais comme ce terrain est déjà occupé par le I/6, le groupe gagne Orly.

GC I/8 ( ? - ?) :
De 13h à 14h, une patrouille double effectue une mission de couverture sur le secteur Aulnoye-Le Quesnoy-Le Cateau-Guise, avec une patrouille triple du GC I/1.
De 18h à 19h, une patrouille double en effectue une autre sur le secteur Compiègne-Cambrai-Forêt de Mormal-St Quentin-La Fère, avec une patrouille triple du GC I/1 : voir GC I/1.

GC II/8 ( ? - ?) :
Mouvement sur Châteauroux
Le groupe manque les potez de la F1C qu’il devait accompagner pour intercepter des bombardiers au large d’Ostende. 2 Ju 88 ont été abattus, mais on ne sait pas si c’est de par les actions de la F1C ou du GC II/8.

GC II/10 (Broos – MB. 152) :
En fin de matinée, 2 patrouilles simples effectuent une mission de surveillance dans le secteur de St Quentin-Le Cateau-Noyon, RAS.
Vers 14h30, les pilotes doivent décoller en catastrophe, car la ville de Roye est l’objet d’un bombardement. Les deux premiers pilotes se font coiffer par les Bf 110 d’escorte au décollage :
-le Lnt Béchoff parvient à éviter l’attaque et à prendre l’air
-le sgt-chef Carletti, est blessé mortellement, et s’écrase en flammes.

ECN I/13 (Meaux-Villeroy – Potez 631) :
Un équipage attaque un He 111 an nord-ouest de Fismes, aidés par un appareil de l’ECMJ I/16 ; l’avion allemand doit se poser en catastrophe près de Braine.

ECN IV/13 (Bouillancy – Potez 631) :
Un appareil se heurte à une dizaine de He 111, escortés par des Bf 110, près de Creil. Le pilote blessé, dût cesser l’attaque après 3 passes. Le He 111 est crédité comme « probable »

ECMJ I/16 (Meaux – Potez 631) :
Une mission de couverture est effectuée. RAS.

GB I/12 (Soissons-Saconin – LeO 451) :
2 appareils sont armés pour bombarder les véhicules situés dans le secteur de Guise-Landrecies-St Quentin. Mais ne trouvant pas la chasse de protection au rendez-vous, les bombardiers rebroussent chemin.

GB II/12 et II/12 (Persan-Beaumont – LeO 451) :
2 appareils du I/12 et 7 du II/12 sont armés pour bombarder les véhicules situés dans le secteur de Guise-Landrecies-St Quentin. Mais un ne parvient pas à décoller, tandis que 2 autres font demi-tour tous 3 suite à des incidents techniques. Ne trouvant pas la chasse de protection au rendez-vous, les bombardiers restants rebroussent chemin.

GB I/15 et II/15 ( ? – Farman 222) :
Au cours de la nuit, 4 Farman du GB I/15 et 7 du GB II/15 décollent à 21h pour bombarder les routes et voies ferrées entre Hirson, Mézières, Charleville et Florenville. Le Lnt de Lacabbé ne peut plus tenir son avion qui s’est mis en vrille, à cause du givrage, il donne l’ordre à l’équipage d’évacuer. Le Lnt de Lacabbé (C.A.) parvient à sauter comme le S/L Casse (observateur) et le Sgt-chef Desroches (mécanicien), mais ces deux derniers se sont écrasés au sol.

GB II/31 (Claye-Souilly – LeO 451) :
6 appareils et leurs équipages sont délégués en renfort du Grpt 6. L’un d’eux est descendu par la DCA française à la verticale de Meaux. Si son équipage réussit à sortir, l’adj-chef Pioger (radio) se noie dans la Marne.

GB II/34 (Nangis – Amiot 143 et 354) :
La nuit, le groupe effectue contre les colonnes allemandes 4 sorties, dans le secteur d’Avesnes-sur-Helpe, et une sortie de reconnaissance sur Sedan. Au retour, un amiot 354 est abattu en flammes par la flak et percute le sol avec sa charge de bombes. Il entraîne dans la mort son C.A. (Lnt-Colonel Dagnaux) et le navigateur bombardier (Adj Lavolley), tandis que son pilote (Lnt Frémond) est fait prisonnier après s’être parachuté et que son radio le Sgt-chef Regnault blesse, est fait prisonnier après s’être parachuté.

GB I/38 (Chaumont-Semoutiers – Leo 451) :
4 sorties de bombardement sont effectuées sur Fourmies, 2 autres de reconnaissance sur Givet et Hurson.

GB II/38 (Chaumont-Semoutiers – Leo 451 et Amiot 143) :
Une sortie de reconnaissance sur Chimay est effectuée.

GBA I/54, II/54 et II/35 (Briares – Br 691 et 693) :
8 appareils sont envoyés contre les colonnes allemandes (2 Br. 693 du I/54, 2 Br. 693 du II/54 et 4 Br. 691 du II/35). Deux appareils sont descendus au-dessus de l’objectif :
-un Br 691 du II/35, abattu par 10 Bf 109 (son équipage, indemme est fait prisonnier)
-un Br 693 du II/54, qui est coupé en deux par la flak (son pilote le Cdt Grenet est tué, tandis que le mitrailleur le Sgt-chef Bouveret est fait prisonnier après s’être parachuté)
En outre, un autre Br 693 du II/54 parvient à rentrer au terrain mais est touché par la flak, son pilote (Lnt de Béarn) est indemme, mais son mitrailleur (Sgt Lamour) est blessé, ce qui ramène le potentiel à seulement 4 appareils disponibles.

GAR II/55 ( ? – Potez 63-11) :
Lors du repli sur le Bourget puis Lyon puis Chambarand-Marcilloles) vers 17h, un appareil s’écrase au sol et prend feu du fait des mauvaises conditions climatiques. Son pilote (Lnt Manescau) et son radio (Sg-chef Carassou-Maillan) sont tués, son mitrailleur (Sgt-chef Martini) est blessé.

GAO 1/508 ( ? – Potez 63.11) :
Décollant à 5h00 pour une mission de recherche d’objectifs dans le secteur de Neufchâtel-Rethel-Attigny, un appareil est abattu 30 minutes plus tard par 4 Bf 109. Son pilote (Cptne Petit) et son observateur (Lnt Le Goasquen) sont tués, son mitrailleur (Adj Beauvallet) est grièvement blessé.

GAO 552 ( ? – Potez 63.11) :
Au cours d’une mission d’accompagnement de la 1ère DLM, en fin de journée, l’un des 3 avions à effectuer cette mission est touché au moteur droit vers 18h20 par la chasse ennemie ; il tente de regagner le terrain mais s’écrase ; l’observateur (Lnt Versini) et le pilote (S/L Rebereau) sont indemmes, mais le mitrailleur (Caporal Doucet) est blessé.

AB 2, 3 et AB 4 (Berck - LN 401/411) :
Une formation de 11 appareils se dirige vers le Pont d’Origny-Sainte Benoite, mais le seul LN disponible, plus lent, est distancé par les 2 Vought. 4 ou 5 appareils de la AB.1 sont abattus en quelques minutes à Péronne par des Bf 109 du III./JG 2. Les autres Vought s’échappent à Boulogne, tandis que les Loire-Nieuport mettent coup au but. Cependant, Hautin est abattu, et est fait prisonnier.

F1C (Calais-Marck – Potez 631) :
Une patrouille double décolle à 16h pour intercepter des Ju 87 qui attaquent une flottille de torpilleurs devant Nieuport. Le Mt Dupont abat un Stuka, comme le SM Domas. Cependant, ils sont à leur tour abattus tous deux par des Zestorer de l’escorte. Dupont et Domas sont tués, mais le QM Le Bot (équipier de Dupont) et le SM Le Thomas (radio de Domas) parvient à sauter en parachute, bien que blessés.
Charles-Henri de Levis-Mirepoix décolle à 16h05 avec Prévost. Il nous raconte brèvement sa mission : « Nous patrouillons 2h autour d’Ostende et poursuivons en mer 3 appareils allemands que nous n’arrivons pas à rejoindre. Nous ne voyons ni Dupont ni Domas. ». C’est à leur retour qu’ils apprenent ce qui est advenu de leurs camarades.

En Belgique :

II./1. Aé (Aalter – Fairey Fox) :
Dans la matinée, le terrain subit une attaque de He 111, qui détruisent tous les appareils.

III./3. Aé (Aalter – Fairey Battle) :
Dans la matinée, le terrain subit une attaque de He 111, qui détruisent tous les appareils.

Chez les anglais :

N°15 Sq ( ? – Bristol Bleinheim) :
6 appareils sont envoyés contre les troupes près de Cateaux. La flak en abat 3 et en endommage sérieusement 2 autres.
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18 mai 1940
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