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 12 mai 1940

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fanavman
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Age : 29
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MessageSujet: 12 mai 1940   Mer 21 Déc 2011 - 13:39

12-mai-40 (Victoires : 34 sûres, Pertes : 28)


En France :

GC I/1 ( ? - ?) :
Une patrouille triple (9 avions) est chargée de la couverture du secteur de Namur. Bientôt, elle apperçoit 3 Do 215, qu’elle attaque. La défense réplique. Puis les bombardiers doivent larguer leurs bombes pour s’alléger. Le Sgt-chef Coader, le Lnt Legentil et le Lnt Trebod attaquent l’ailier gauche, qui paraît bientôt en difficulté : perdant de l’altitude, il quitte le peloton. Il s’écrasera par la suite.
Mais le sgt-chef Coader est à son tour attaqué par les Bf 109 de l’escorte, mais il réussit à lui échapper.

GC II/1 (Couvron – MB. 152) :
Dans l’après-midi, une patrouille triple (Cne Véniel, S/L Hutter) décolle sur alerte. A 15h30, elle apperçoit une formation de He 111 : le S/L Hutter se lance seul à sa poursuite. Après plusieurs passes, vers Orléans, un des appareils reste à la traîne, moteur en feu. Les deux autres bombardiers s’échappent ; tandis que le canon s’enrayant et les mitrailleuses déjà muettes depuis le début, le pilote français doit renoncer à son gibier. Ce dernier se sera posé à côté de Chablis, la victoire lui est donc homologuée.

GC III/1 (Moerbecke – MS. 406) :
Au cours du mouvement sur Moerbecke, les 4 patrouilles simples de la 3ème escadrille interceptent à 5h35 un He 111. Abattu près de la frontière hollando-belge, il sera attribué aux 4 pilotes français et 3 polonais en coopération. Sa défense touche le moteur du Lt Burstyn ; son appareil prend feu au retour au terrain ; le pilote parvient à éteindre les flammes, doit se poser dans un champ. L’appareil est détruit, Burstyn est légèrement blessé au genou : il est hospitalisé.
A Moerbecke (la patrouille envoyée là-bas), le Sgt Pralon touche du plan à l’aterissage.
L’Adj Gagnaire et le Sgt Pralon poursuivent un peloton de 6 He 111 ; ils les forcent à faire demi-tour mais sont distancés : « L’alerte est donnée. Gagnaire décolle sur le champ et attaque un peloton de 6 bombardiers He 111, qui, sans se laisser approcher, font demi-tour et poussent vers l’est à grand renfort de moteur. L’adjudant pilote les poursuit, les serre de près et ouvre le feu. L’un des Heinkel est touché mais s’éclipse à la faveur d’un nuage. A 7h15, faute de munitions, Gagnaire abandonne la poursuite. »
Plus tard dans la journée, au cours d’une mission d’attaque de bombardiers, l’Adj Déchanet est blessé au bras : il se pose en catastrophe à côté du terrain, son appareil est brisé à l’aterissage, tandis que lui devra être hospitalisé.
Le S/C Cazade et le Lt Calmel décollent dans le milieu de la journée. Ils se heurtent à 4 Bf 110 :
-le S/C Cazade en abat un en feu, mais doit rompre le combat sous la pression des autres
-le Lt Calmel reçoit une balle dans le pied : il se pose en campagne à Alost près de Bruxelles, où il sera hospitalisé puis capturé par les allemands. Son appareil est détruit.

GC I/2 (Ochey – MS. 406) :
Entre 4h40 et 8h00, 3 missions de couverture du terrain sont effectuées : RAS.
Entre 11h10 et 12h40, 19 morane effectuent une mission de protection de 2 Potez 63 du GR I/36. RAS.
A 16h00, 9 He 111 apparaissent et bombardent le terrain ; le cptne Williame nous raconte cet évènement : « Breto m’avait signalé, comme une des curiosités de l’escadrille encore inconnues de Pichon et de moi, ce qu’il appelait la « mimique Brzezinski » dès que l’on commençait à percevoir le ronronnement d’un moteur allemand.
J’avais à peine fini de lui transmettre les ordres concernant sa « Troika » que j’assistai à la « mimique Brzezinski ». L’index doigt en l’air : « Ui ui….Ou ouou ouou ! ». Puis il tapa avec sa main gauche la saignée de son bras droit d’un geste qui, dans tous les pays du monde, signifie qu’il faut décamper. Ce que les polonais éxécutèrent sans murmurer, car Brzezinski avait l’habitude.
Presque immédiatement, 9 bombardiers apparurent à 5000, venant droit sur Ochey. Nous imitâmes les Polonais. Pichon, dédaignant les tranchées creusées par la compagnie de l’Air, battit le record mondial du 400m, suivi de Meunier à quelques foulées. Puis applatissement dans un pré.
Un 1er paquet de bombes, puis un 2nd, puis un 3ème. Horreur et frousse ! S’il y en a un 4ème, il va juste tomber sur Pichon…Mais il n’y eut pas de 4ème.
Pendant ce temps, l’armurier polonais, qui avait déjà à son actif 2 boches à la baionette, debout à côté d’une mitrailleuse non protégée, attendait une occasion…des parachutistes par exemple.
Une bombe tomba assez près pour renverser un bidon d’huile à ses pieds. L’armurier se baissa, le releva et reprit sa faction.
» Le bombardement fini, on constate que personne n’est blessé, tandis que la plupart des appareils, camouflés, n’ont rien. Seule la baraque des mécaniciens est détruite, et 3 Morane de la patrouille Polonaise sont endommagés.
Entre 17h55 et 19h40, 6 pilotes effectuent une couverture du terrain : RAS.
En 5 missions, le groupe a fait 34 sorties.

GC II/2 (Laon – MS. 406) :
A 5h30, une patrouille double effectue une couverture le long de la Meuse. Vers 6h15, elle coupe la trajectoire d’un Do 17, et l’enguage ; l’allemand tente vainement de se cacher dans les nuages, puis fonce au ras du sol. Le Cne de Calomne, puis les Sgt Breitenstein, A/C Dorcy, Sgt Deliste et S/L Mihiet lui tirent dessus : le Dornier largue ses bombes, et se pose train rentré près de Charleroi.
En fin d’après-midi, une patrouille triple (7 appareils) effectuent une mission de couverture d’un Potez 63-11 en Belgique. Au niveau de Dinant, 5 Bf 109 attaquent le Potez. Le Cne Labit le déguage, mais les croix noires n’insistent pas. La patrouille haute (S/L Robiaud, A/C Berland) perd le groupe, et tombe sur un dispositif de Ju 88 protégés par des Bf 109 : ils choississent un Junkers et l’attaquent par l’avant, puis par l’arrière et l’achèvent. Mais la protection rapplique : l’A/C Berland déguage son équipier (victoire probable), puis ils prennent la fuite. Le reste du dispositif termine la mission, croisant un Do 17, mais qui leur échappe.

GC III/2 (Niergnies – MS. 406) :
A 5h30, le Lt Leblanc et l’Adj Danse, alors en mission de couverture sur le secteur entre Naumur et Hannut, apperçoivent plusieurs groupes de bombardiers, mais ne peuvent les enguager.
A 6h00, une patrouille triple décolle pour une couverture du secteur de Tirlemont. Elle apperçoit un Do 17 isolé : l’Adj Romey et le S/C Chambon l’attaquent. Le gibier lâche alors du lest et se réfugie dans les nuages. A chaque sortie, il est pris pour cible mais se réfugie à nouveau, et finit par s’enfuir (il est considéré comme probable, attribué aux 2 pilotes).
A 6h10, une autre patrouille (A/C Bario, Adj Romey, S/C Pizon et Bouttier) intercepte un autre Dornier. L’A/C Barrio manouvre pour lui couper la route, et le touche, tirant plein travers. Le gibier décide de piquer dans les nuages, le S/C Bouttier, puis le S/C Pizon et l’Adj Romey. Comme le précédent, il réussit à s’enfuir et est considéré comme probable.
A 6h20, l’Adj Romey et le S/C Chambon enguage un autre Do 17, le scénario se répète. Au cours du piqué, les passes des Morane ont cette fois-ci portées, si bien que le gibier réussit à atteindre la couche nuageuse, mais il s’écrasera près de St Trond.
A 12h30, le Lt Bardin, le S/L Dartevelle, l’Adj Romey interceptent un Henschell, en coopération avec 2 pilotes du III/ (Adj Boyer et S/C Morlot). A 12h55, leur gibier cède sous les attaques et s’écrase près de Huy.
Vers 15h30, un « Mouchard » (Hs 126) attire le groupe au-dessus d’un nid de flak, qui abat 2 Morane et en abîme un autre :
-l’appareil du sgt-chef Chambon abattu en flammes, dont le pilote est grièvement brûlé et fait prisonnier
-celui de l’adj Boyer qui subit le même sort
-l’appareil de l’adj Danse, qui ne parvient à revenir à la base que de justesse, avec un appareil criblé de balles.
Le groupe, dans son acharnement, a pourtant réussi à abattre son gibier : « L’Allemand, qui sent sa faiblesse, essaie de s’échapper par un piqué en spirale jusqu’au sol. Romey le poursuit, le rattrape, l’assaille ¾ arrière et à bout portant déclenche deux rafales par le travers gauche. Le Henschell s’écrase. »
Le groupe effectue également une mission de protection des LeO 451 des GB I/12 et II/12, avec succès.
15 pilotes sont envoyés à Chateaudun pour réceptionner de nouveaux appareils. Le train du Cptne Laszkiewicz refuse de rentrer, si bien que le pilote doit atterir à Couvron.
Dans la journée, le groupe a remporté 2 victoires sûres et 2 probables, sans pertes et en 45 sorties.

GC III/3 (Norrent-Fontes – MS. 406) :
A Moerbecke, une patrouille relève à 5h20 une du II/6 en couverture du terrain (Lt Baudoin, S/L Hurtin et S/L Isola). A 5h50, ils attaquent un important dispositif de bombardiers, escortés par des Bf 109 :
-le S/L Hurtin est rapidement touché, il réussit à se déguager et à rentrer au terrain
-le Lt Baudoin suit le même scénario
-le S/L Isola finit par succomber sous le nombre, il est abattu en flammes au-dessus d’Asvenes.
Le Nigen casse une roue à l’aterissage.
A 9h00, le Lt Béran et le S/C Stéhlic décollent à vue pour attraper 2 Do 17, protégés par des Bf 110, qui enguagent les français : les français en abattent un (probable), mais le perdent de vue. Alors que son coéquipier rentre, le Lt Béran, accompagné de l’Adj Bassaget se rend au-dessus de la gare de Schellebelle, où l’on annonce l’attaque d’un train de troupe. Ils y trouvent 14 Bf 110, et les enguagent :
-dès le début de l’enguagement, le lnt tchèque Beran est tué d’une balle dans la tête
-l’Adj Bassaget choisit une cible, mais ses armes restent muettes. Il choisit pourtant de rester dans la mêlée pour permettre l’embarquement des hommes en-dessous, et encaisse les coups. Son avion en feu, Bassaget se parachute, brûlé au visage et aux mains
A 9h30, le Lt Morain décolle en solo (son équipier ayant raté le départ). Il attaque 2 Do 17, protégés par 3 Bf 110, dont deux se dirigent illico vers lui. Le Lt Morain tente une passe frontale, mais ses armes refusent de cracher leurs pilules : il rentre donc en rase-mottes au terrain.
A 19h15, 7 Morane (cptne Trouillard, Lnt Morin, S/L Sauvage, adj-chef Jeannaud, Sgt-chef Stehlik, Sgt Rabillat, Sgt Le Nigen) sont envoyés en protection d’un mouvement de troupes. Ils croisent 3 He 111 : l’un d’eux se déguage et se cache dans les nuages, les français fondent sur les deux autres. Ils explosent en l’air sous le feu des Morane, et seront attribués en coopération aux 7 pilotes.
A 19h30, repli des appareils de Moerbecke sur Maldeghem.
12 appareils effectuent une mission de protection des 12 LeO 451 enguagés contre les ponts.

GC II/4 (Xaffevilliers – Curtiss H-75) :
Au matin, des bombardiers viennent effectuer leur traditionnel bonjour en venant bombarder le terrain, mais tardivement (à 9h15). Mais une patrouille décolle pour les intercepter avant qu’ils n’atteignent leur objectif. Mais la patrouille est à nouveau infructueuse, et le groupe se pose au terrain.
En fin de matinée (10h15), le terrain est de nouveau la cible d’une attaque ; celle fois –ci, c’est un mitraillage opéré par des Bf 109 et Bf 110. Aucun avion n’a pu décoller, mais la DCA a réagi, sans succès. L’attaque a fait 2 blessés (sgt Bonneau et ?), 1 mort direct (sgt Vinay) et un autre qui meurt dans la soirée de ses blessure, tandis que pas moins de 5 avions sont perdus, et 3 autres endommagé.
Dans l’après-midi, le S/Lt Duperret qui devait diriger une patrouille triple, est coiffé au décollage par des Bf 109 ; il tente de se sortir de la vrille dans laquelle il s’est mit, mais échoue et s’écrase mortellement.

GC I/5 (Suippes – Curtiss H-75) :
A 6h51, 2 patrouilles d’alerte décollent pour intercepter un vol de 18 He 111. Ces derniers lâchent rapidement leurs bombes. Menjaud nous explique le déroulement du combat :
-Dorance abat un He 111, Girou un Bf 110, Boitelet un Bf 110 et un Do 17, et Bressieux un Do 17 : « A 6000, Dorance attaque le premier sans attendre sa 2ème patrouille.
Boitelet suit le combat à 800m en arrière, quand il apperçoit un autre spectateur : c’est un Anglais indépendant. (…) Sur une dernière passe de Dorance, le Heinkel pique, moteurs fumants, accompagné par l’anglais qui a le nez sur son gouvernail. Pas pour longtemps, car l’Allemand éclate en l’air. (…)
Bien qu’il mette tout ce qu’il peut, Boitelet n’a pas gagné 500m sur le peloton depuis le début de l’enguagement. Ce n’est pas étonnant : à 6000m, les vitesses des Curtiss et des Heinkel se valent. Furieux, Boitelet se met à injurier son moteur, quand il apperçoit au-dessus de lui, loin sur sa gauche, un peloton serré qui a l’air de revenir d’Argonne. Ce ne peut être que des ennemis. Boitelet, suivi par ses équipiers, grimpe pour se mettre à leur hauteur, tout en les dénombrant : encore 18 bimoteurs. Fonçant sur les derniers, il va tirer, quand il en voit 3 autres qui virent comme feraient des bombardiers se disloquant sous l’attaque.
« Bon…des Do 17 », pense Boitelet, qui vire derrière eux. Mais Girou, son équipier de droite, ne suit pas : il est aux prises avec un allemand qui a attrapé sa queue. Boitelet le prend en chasse à son tour ; Girou dégage et se lance sur un autre appareil qui vient de filer sous son nez. Girou, dès ce moment, disparaît de la bagarre. On apprendra plus tard qu’il a réussi à descendre son adversaire.
Boitelet reste donc seul avec son ailier de gauche, le sgt Tallent, à la poursuite de l’ennemi. Parvenu enfin à bonne distance de tir, il lâche ses mitrailleuses. L’autre exécute un retournement de grande classe et passe sur le dos devant Boitelet. « Un 110 ! ». C’est au bout de 18 minutes seulement qu’il vient de réaliser que les 18 bombardiers étaient des Messerschmitt… Un gibier autrement dangereux que les Dornier (…)
Sous l’attaque du Curtiss, l’Allemand s’est donc retourné et plonge maintenant comme un caillou, le nez vers le sol. En bas, les forêts de Stonne-Beaumont se rapporochent à une allure effrayante. Boitelet et Tallent ne décollent pas du Bf 110. Les appareils vibrent comme des harpes, l’aiguille du badin n’en finit pas de tourner : 650, 700, 750… (…)
A 100m de la crête des arbres, l’allemand a redressé avec un doigté qui arrache un sifflement d’admiration à Boitelet qui, cependant, connaît la musique. Maintenant, à tombeau ouvert, ils filent tous 3 en rase-mottes. Ils ont lâché la forêt et plongé dans une vallée que Boîtelet reconnait être celle de Chiers. (…) Manifestement, l’allemand cherche à gagner le Luxembourg. (…)
Tallonant le Messerschmitt à 200m, Boitelet et Tallent s’effacent à tour de rôle pour que l’autre place sa giclée. Au bout d’un km de rase-mottes, le mitrailleur arrière s’est affaissé définitivement, mais son pilote fonce de plus en plus follement à travers les gorges de la Chiers.
Il faut en finir. Un massif boisé surgit devant eux, barrant la vallée (…) Boitelet a vu l’obstacle. Et pendant que le Messerschmitt suit la vallée, il fait exécuter un sau prodigieux à son Curtiss par-dessus le massif, et coince l’Allemand à la sortie, à 10m au-dessus de lui. Une bonne giclée, et il déguage.
». Tallent et Boitelet sont bientôt rejoints par Bressieux, puis le sgt Delparte (qui a abattu un Bf 110).
Bientôt, la patrouille repère un He 111 et un Do 17 isolés : « Pendant que les 3 autres partent à l’attaque du Heinkel, Bressieux fonce sur le Do 17. Une seule giclée achève le bombardier qui s’effondre au sol.
Boitelet s’approche du Heinkel, dont un moteur est stoppé et dont l’autre fumaille, lachant de grosses bouffées noires. (…) Les mitrailleurs, qui, eux sont bien vivants, se révèlent et tirent de toutes leurs pièces. Alors, (…) Boitelet prend du large et se remet dans la queue du bombardier. Et il tire… A ce moment, le Heinkel pique comme s’il allait faire une prise de terrain. Mais à l’instant de se poser, le pilote allemand incline son appareil et le fait glisser sur l’aile ; le taxi tombe sur le plan, rebondit et va s’applatir au sol.
»
Le même matin, Bouvard, Penzini et Muselli décollent pour une mission de couverture à vue sur l’Argonne. La mission terminée, Bouvard fonce sur des avions signalés en-dehors de leur zone. Il attaque alors 3 Do 17 qui viennent de déboucher de la Meuse. : « 3 Do 17 viennent de déboucher de l’est et descendent la Meuse. Au moment où Bouvard attaque, les 3 dornier virent.
Bouvard est à l’intérieur, il fait un renversement ; mais entraîné par sa vitesse, il a perdu de la distance. Alors il fonce, rattrape les allemands…et reçoit en plein une rafale. Une balle a traversé le pare-brise et est venue le frapper à sa mâchoire. Il est à moitié knock-out et aveugle, car le triplex lui a explosé dans les yeux. Péniblement, il réussit à ramener son appareil au terrain. On doit l’évacuer à l’hôpital
».
Finalement, un Dornier a été abattu.
-Vuillemin est seul indemme
-Muselli a été très légèrement blessé, mais son appareil est irrécupérable après s’être posé sur le ventre
-Bouvard est à l’hôpital car touché à la mâchoire.
Accart nous donne la suite du programme : De 8h00 à 9h00, « Une patrouille double de la 2ème escadrille a couvert, pendant ce temps, nos troupes qui éxécutent une action retardatrive sur le Semois. Nous la remplaçons vers 10h. Je décolle avec Morel et P[érina] comme équipiers, accompagné de la patrouille de Marin.
En arrivant sur la frontière, à 3000m, j’apperçois sur Sedan, de loin, un avion de reconaissance [Do 215] qui pénètre dans nos lignes. Je manœuvre pour lui couper la retraite et nous nous rapprochons rapidement. Il est un peu plus bas que nous, nous voit, vire brutalement et s’enfuit en piquant vers un banc de cumulus avec trous qui couvre la frontière belge.
Pour rien au monde, je ne veux le laisser rapporter chez lui les renseignements ou photos qu’il a pu prendre sur ce coin de Sedan si menacé et, sans souci de garder mes équipiers à mes côtés, je pique sur lui plein gaz. Morel me suit sans perdre trop de distance, mais P[érina], dont le moteur ne marche décidement pas aussi bien que le mien, est bientôt loin derrière. Grâce à ma supériorité d’altitude, je prends assez de vitesse pour arriver à distance de tir et, tout en continuant à me rapprocher insensiblement, je lâche rafale sur rafale et vois mes balles porter. La distance entre nous diminue, 100m, 80, 50 à peine, et je tire toujours pour le descendre avant qu’il n’ait gagné les nuages. Il est percé de mes projectiles et son allure diminue, ce qui va permettre à Morel de rejoindre.
Heureusement, car, pris dans le remous de ses moteurs, mon Curtiss n’obéit plus à mes commandes et je me trouve placé, sans pouvoir réagir, dans le champ de tir du mitrailleur. Je vois, à bout portant, des flammes sortir du canon de son arme, rentre la tête instinctivement dans mes épaules et reçois au même moment un choc violent dans la figure.
A demi étourdi, par réflexe, j’ai déguagé et me retrouve en piqué, aveuglé par le sang qui coule sur mes paupières. En m’essuyant, j’inspecte tant bien que mal le ciel qui a pu se peupler de Messrchmidt et autres indésirables, mais je n’apperçois que Morel derrière le Do 215 qui fume. Il le finira. [victoire probable]
Je vois trop mal pour continuer la mission que 5 avions, au lieu de 6, assureront ; je donne le commandement à Marin et décide de retourner au terrain me faire soigner. Je passe sous les nuages, car sur cette couche blanche je vois me détache indiscrètement.
En débouchant vers 800m, j’identifie Bouillon que les Allemands occupent et je rentre au ras du plafond. Mon espoir de rencontrer un avion d’observation ennemi en promenade par là n’est pas satisfait et j’atterri une demi-heure plus tard
(…) Pendant que je prenais paisiblement le chemin du retour, une bataille invraisemblable allait se dérouler entre Sedan et Bouillon. Morel et P[érina] avaient à peine rejoint la patrouille de Marin qu’une vingtaine de Junkers 87 de bombardement en piqué se présentent sur la forêt des Ardennes.
Les 5 Curtiss tombant au milieu du group entreprirent leur travail de destruction, et pendant quelques minutes ce fut une mêlée inextricable. Les Junkers au pantalon patauds, plus lents main plus maniables, allégés de leurs bombes, firent face courageusement, se portant mutuellement secours. Mes 5 lascars, déchaînés par le dynamisme désespéré des allemands, tels des diables, crachaient le feu, passant de l’un à l’autre sans laisser de répit à aucun. Quelques minutes de ce ballet tragique, et les avions à cocardes volaient dans un ciel nettoyé. Seule la corolle blanche d’un parachute se détachait sur le vert des bois.
[5 victoire sûres et 5 probables seront homologuées aux français :
-Marin la Meslée abat 2 Stuka : un seul lui sera homologué au sud de Bouillon, l’autre restant probable]
Il n’avait pas atteint les arbres que Marin vit surgir un nouveau peloton de Junkers. Il ne leur laisse pas le temps d’attaquer nos lignes et tombe sur eux, suivi de ses 4 équipiers qui attaquent sans trève, jetant le désordre et semant la mort. Grisés par l’odeur de la poudre, ivres de vitesse et de mouvement, ils de multiplient et mitraillent sans relâche à bout portant, insoucieux des balles qui perçent leurs plans et leurs fuselages. Devant cette furie, les Junkers qui n’ont pas été descendus disparaissent, pendant que plusieurs carcasses brûlent au sol.
[-Marin la Meslée s’adjuge un premier Stuka sur Pourru-St-Rémy (homologué)
-un deuxième Stuka, attaqué par Marin la Meslée, descend jusqu’à 50m, où le S/L Rey et le Sgt-chef Penrini l’envoient s’écraser à Sainte-Cécile. Il est homologué aux 3 pilotes]
12 allemands au moins ont été mis hors de combat en un quart d’heure, sans perte pour nous. [11 Stuka, en fait]
Seul, Morel, dont le moteur a été endommagé par une rafale d’un Ju 87, est obligé d’atterir train rentré près de Vouziers. La mission est terminée et Marin la Meslée, n’ayant plus de munitions, quitte le secteur, non sans regrets, car il apperçoit dans le loitain des Messerschmitt de chasse qui montent vers lui du sol de Belgique.
». En effet, il essaye de les rejoindre, croyant avoir affaire à des Dewoitine, mais en montée, il apperçoit 10 autres Bf 109, dont deux l’attaquent ; après avoir effectué de multiples manœuvres, il réussit à se réfugier dans un nuage, puis prend en PSV le cap sud-ouest. Il retourne sur les lieux de la rencontre, mais rentre à Suippes après avoir trouvé un ciel vide.
Dans la journée, le groupe abat 11 Ju 87 ; seul Accart a été touché au visage.

GC II/5 (Toul-Croix de Metz – Curtiss H-75) :
« La patrouille de 5h [9 Curtiss] fut plus heureuse que celle de la veille, car elle intercepta au-dessus de St Mihiel, 18 He 111 qui allaient vers l’ouest. Dès l’attaque des « Curtiss », ils firent demi-tour en larguant leurs bombes dans la nature. Trémolet en eut un qui explosa avant d’avoir pu se libérer de son chargement. Huvet et Angiolini en tirèrent un autre d’où s’échappèrent deux parachutes. Malgré l’acharnement des deux pilotes à achever leur victime, le « Heinkel » bien encadré par le peloton, put rentrer chez lui sur un moteur. (…)
De Montgolfier, Boudier et Hême se lançèrent à la poursuite d’un Dornier 17 qui rentrait chez lui et le poursuivirent pendant une douzaine de minutes. De Montgolfier, touché par plusieurs projectiles, du cesser la poursuite. Tenaces Bourdier et Hême le virent enfin percuter.
»
Une patrouille de 12 appareils décolle à 12h00 pour une mission de destruction. 4 pilotes doivent faire demi-tour pour cause de panne d’inhalateurs. A 4500m, le groupe attaque un peloton de bombardiers. Un ennemi et abattu, mais 3 appareils sont perdus :
-le S/L Villacèque est sérieusement touché par le mitrailleur d’un He 111 ; il se pose en catastrophe dans un champ car la fumée du moteur l’aveugle.
-Trémolet, avion en feu, doit se poser brutalement ; il est brûlé au visage
-Petijean Roget se pose train rentré mais à ce moment, son moteur explose
-Enfin, Hanzlicek réussit à rejoindre le terrain malgré son appareil touché.
Vers 17h, 12 appareils décollent en direction du Luxembourg, tandis que la base est surprise par 9 He 111 qui n’ont pas été signalés. Ils endommagent la piste, et font 5 tués et une douzaine de blessés.
Vers 19h, la dernière patrouille de la journée vient au secour d’un Potez 63.11 qui était attaqué par 2 Bf 110. 4 autres tournaient autour. Les Zestorer détalent à la vue des Curtiss, et si ces derniers tentent de les rattraper, c’est peine perdue du fait de la différence de vitesse.
Le groupe a ainsi obtenu 5 victoires sûres, en contrepartie de 4 appareils indisponibles supplémentaires.

GC II/6 (Maubeuge – MS. 406) :
A 4h30, une patrouille décolle pour effectuer une couverture du terrain. RAS.
A 6h10, une autre patrouille légère prend le relais de la patrouille du III/3. Vers 7h30, elle enguage un He 111 :
-le S/C d’Elbée ne peut tirer pour cause de problèmes mécaniques
-le S/L Gilbert tire, lui, jusqu’à épuisement des munitions.
Le Heinkel, endommagé, et son mitrailleur mort, largue ses bombes et perd de l’altitude, mais parvient à s’échapper dans un nuage. Il sera retrouvé, et attribué au S/L Gilbert.
D’autres patrouilles effectuent ds couvertures de terrain. RAS.
Entre 14h00 et 15h00, l’adj Gaudon et le S/L Ronin poursuivent, lors du même type de mission, un Dornier, qui leur échappe.
A 14h30, une patrouille triple (8 appareils) décolle pour une mission de couverture de la région de Namur. Sur zone, elle attaque 2 Do 215 qui livraient lur cargaison à la gare de Namur, mais ils abandonnent et s’enfuient dans les nuages. Peu après, les chasseurs attaquent 6 Do 17, qui se dispersent et tentent de fuir dans la couche nuageuse protectrice. Seuls l’A/C Gray et l’Adj Leniaud réussissent à toucher un traînard à l’un de ses moteurs ; il part en piqué et s’écrase. Les autres bombardiers se sont enfuis. Avant la fin de la mission, un autre Dornier est poursuivi, sans résultat.
Les autres missions de couverture ne donnent rien à se mettre sous la dent.
Le groupe obtient donc 2 victoires.

GC III/6 (Chissey – MS. 406) :
Plusieurs missions de couverture du terrain et sur le secteur de Chissey sont effectuées. RAS.

GC II/7 (Luxeuil-les-Bains et St Sauveur – MS. 406) :
Des Bf 109 attaquent le terrain. Ils ne détruisent que les appareils restés sur le terrain (la veille, le cdt Durieux a décidé de desserer les avions sur la piste auxiliaire de St Sauveur) : 4 Morane en panne et un D. 520. La DCA réussit à descendre un des assaillants.

GC III/7 (Vitry-le François – MS. 406) :
La journée commence par une couverture du terrain. RAS.
A 5h30, l’adj-chef Bertrand et le Sgt Guillaume décollent pour une mission de surveillance. A 6h50, la DCA leur signale 24 He 111 :
-l’A/C Bertrand les attaque et les rejoint au-dessus de Moronvilliers. Il les attaque ¾ avant dans le soleil. Mais après s’être replacé, il est attaqué par 2 Zestorer. Il leur fait face, en attaque un plein travers et remontee dans le soleil, tandis que les Zestorer reviennent couver leurs bombardiers
-pendant ce temps, Guillaume a pris de l’altitude.Isolé de son leader, il attaque 2 pelotons d’environ 24 Do 17, escortés en altitude par une vingtaine de Bf 110 près de Suippes : « A ce moment, 7h15, je pique sur un avion à 7500m ; avion à double dérive (Do 17 ou Ju 86) qui est déjà attaqué par 2 Curtiss. Je l’attaque en venant du soleil ¾ arrière. L’avion vire à la verticale et à gauche. Je me place à 100m plein arrière et je tire une longue rafale d’obus et de balles. L’avion pique en continuant de virer et passe sous moi. Environ 15 secondes après, il pique à la verticale, le moteur droit en feu et s’écrase dans la région de Vouziers. ». Au retour, Guillaume rencontre un autre He 111 isolé, il épuise ses dernières munitions sans résultat.
A 12h50, une patrouille simple (Cne Bouvarre, Cdt Arnoux, Sgt Bernardon) et une légère (S/C Moulène, Sgt Boyer) décollent après avoir été prévenus que 3 Do 17 attaquaient l’enbranchement ferroviaire de Blesmes. Le Cne Bouvarre, dont la patrouille arrive la première sur les Do 17, raconte la mission :
« Décollage 12h50. Je prends contact avec l’ennemi qui tourne autour de Blesmes. J’attaque un premier Do qui avait cessé son viarge à main gauche pour virer à droite à ma vue. Une rafale à 200m environ par le travers.
Alors que j’allais essayer de me placer dans sa queue, j’apperçois un 2ème Do qui vire à gauche à son tour et qui manœuvre comme pour se placer derrière moi. J’abandonne alors le premier Do, et j’attaque le second. Celui-ci termine son virage et prend la voie ferrée de St Dizier, derrière le 1er. Je lui ai tiré 2 rafales.
Je reçois à ce moment des projectiles plan droit et fuselage (partie arrière). Je fais alors un S pour regarder derrière moi, croyant être attaqué par le 3ème Dornier, mais je ne vois rien. Reprenant la poursuite du 2ème dornier, je vois celui-ci coiffé par un Morane (Sgt Bernardon). Un second Morane (Sgt-chef Moulène) attaque aussi un peu par le travers. Une petite flamme sort du moteur droit. Elle grandit rapidement. Le Do se met en vol rasant complet, et continue à voler avec un moteur en flammes au ras des arbres. Il fait brusquement une légère chandelle et ses passagers sautent (…) Le Dornier en feu s’écrase près de la gare de St Dizier et explose
».
Pendant ce temps, le Sgt Boyer s’occupe du 3ème Dornier, et effectue 3 passes. Il est rejoint par le S/C Moulène qui attaque, par 2 fois, ¾ arrière, mais son moteur, en surpression depuis 7 minutes, s’enflamme : Moulène effectue une chandelle et évacue son appareil. Boyer, qui avait suivi Moulène, ne parvient pas ensuite à retrouver leur cible : il sera crédité comme probable aux 2pilotes.
A 12h30, l’Adj Boyer et S/C Morlot interceptent un Henschell, en coopération avec 3 pilotes du GC III/2 (Lt Bardin, S/L Dartevelle, Adj Romey) A 12h55, leur gibier cède sous les attaques et s’écrase près de Huy.
A 13h45, une patrouille légère (Adj Littolf, Sgt Boyer) décolle en direction de Verdun. Elle est rappellée 40 minutes plus tard sur Vitry, où elle suprend à 14h29 3 Ju 88 à 3000m :
-l’Adj Littolff attque l’avion de tête ¾ arrière et soleil dans le dos. Mais touché par la défense, il doit rentrer au terrain. « Son » bombardier, dont un des moteurs fume abondamment et dont l’une des jambes du train pendait avant que Littolff doivent abandonner la poursuite, lui sera homologué (confirmé).
-Boyer, resté seul, s’acharne sur l’ailier. Mais ce dernier réussit à semer le Morane. La victoire sera par la suite confirmée, de manière sans doute optimiste.
La journée se termine par 4 patrouilles légèrs de couverture du terrain, RAS.
De leur côté, les pilotes détachés au III/2 ont abattu un Hs 126.

GC I/8 (Velaine-en-Haye – MB 152) :
Mouvement sur Courbes.

Patrouille DAT de Châteaudun (Châteaudun – MB 152) :
La patrouille décolle suite à un raid de He 111, escortés par des Zestorer. L’un des appareils à cocardes tricolores (Lnt Beaud), pris au piège au milieu de 3 bombardiers, est abattu ; il s’écrase avec son appareil. Aucun des pilotes ne porte coup au but.

GB I/12 et II/12 (Soissons-Saconin et Persan-Beaumont – LeO 451) :
13 appareils bombardent les colonnes allemandes entre Saint-Trond et Tongres, et entre Waremme et Tongres, protégés par 12 MS. 406 du GC III/3. Ils prennent la route perpendiculairement, et réussissent tous à rentrer. A l’arrivée, Choumont est interrogé :
« -Ca a gazé ?
-Oui. Très bien même, puisque cette fois tout le monde est là.
-Ca bardait quand même ?
-Oui. Mais beaucoup moins qu’à Maastricht. Aujourd’hui, on ne nous attendait pas.
»

GBA I/54 ( ? - Breguet 693) :
Peu avant midi, les avions décollent pour aller attaquer les colonnes allemandes, sur les axes Tongres-Tirelemont, Tongres-Bilsen et Maastricht-Tongres. « A 12h précises, les 12 Breguet roulent sur la piste et décollent dans le tonnerre de leurs moteurs Gnome-Rhône 14 Mars. (…) Rapidement, les patrouilles se forment, 3 par 3, en pointe de flèche. Mais voici qu’à la 2ème patrouille, un avion se détache bientôt, en panne de moteur droit, et regagne le terrain, une hélice en drapeau. C’est l’équipage S/L Chauvet-adj Scourzic. (…)
Il est 12h45. Voici Tongres, des toits en pointe, des pigeons roux, une avenue plantée d’ormeaux, un clocher bulbeux, dont le cuivre étincelle le soleil. Inclinant son appareil sur l’aile gauche, le cdt Plou exécute un virage très sec et passe en trombe au ras des maisons. Il cherche la route de St Trond. Elle doit s’amorcer là, à la sortie ouest, derrière ces bâtiments ? Oui, la voici, bordée de grands arbres, pavée de granit, construite en haut remblai avec des fossés profonds, comme la plupart des routes belges. (…)
Le cdt Plou donne un suprême coup de téléphone (sic) à l’adjudant-mitrailleur Poitrot :
-Ca y est, on est dans le bain, Poitrot ! Ca va toujours ?
La réponse lui arrive, nette et calme dans le grésillement des écouteurs.
-Ca va, mon capitaine.
-Alors, en avant !
Les reconaissances n’ont pas menti. Malgré le feuillage des arbres, le cdt du GB I/54 a, d’un seul coup d’œil, pris tout la route en enfilade. Elle apparaît couverte de troupes. C’est une colonne ininterrompue de voitures grises, lourdes et rapides, au capot peint d’orange vif. (…) Quel formidable objectif ! Tous les coups vont porter ! (…)
Plou, les pieds calés sur le palonnier, l’œil attentif derrière le plexiglass, la main gauche étreignant fortement le volant, plonge comme un rapace au ras des arbres. Il redresse et s’installe littéralement à cheval sur la route, à plus de 350 à l’heure (…) Il largue, coup sur coup, plusieurs bombes de 50 Kg et actionne simultanément les commandes de son canon et de ses mitrailleuses. (…)
-Au but !... Au but !...annonce périodiquement d’un ton joyeux, dans le téléphone, la voix lointaine de l’adj Poitrot. (…) Mais voici qu’autour du Bréguet des milliers de trajectoires bleuâtres jaillirent de toutes parts. Elles passent avec un sifflement aigu, parfois perceptible sur la basse cuivrée des moteurs. Elles naissent, s’effacent et se renouvellent sans arrêt ; se croisent et se recroisent, pour tisser des mailles d’un filet mortel.
»
Sur l’un des axes, la surprise est totale, mais les autres sont prévenus par un « mouchard » qui a aperçu les avions français. La flak abat l’appareil du sgt Delattre, à son deuxième passage. Les appareils effectuent une seconde mission dans la journée. Le cdt Plou et l’adj Poitrot sont eux aussi mal en point : « Soudain, une série de chocs sombres, de grandes secousses funèbres, vont vibrer l’appareil. Le Bréguet se couche sur l’aile gauche et Plou, à grand peine, le rétablit. Dans un éclair, il pense avoir accroché la cime des arbres bordant la route. Il n’en est rien. Venue de l’Erickson, il entend la voix de Poitrot lui crier de prendre garde, que le Breguet n’a plus de bouts de plans, que tous deux ont été arrachés par les obus de la Flak et littérallement déchiquetés. L’avion n’a plus que des moignons d’ailes.
C’est la fin, c’est la catastrophe prochaine. Déjà, le vaillant appareil ne répond plus à la main qui cherche, malgré tout, à le maintenir en ligne de vol. Avec une maîtrise totale, le cdt Plou a aussitôt embrayé le moteur sur la surpression, de manière à augmenter au maximum possible la puissance et la vitesse. Or, la vitesse est tout. (…) Ainsi, le Bréguet 693, comme un bolide projeté dans l’espace à plus de 400 Km/h au ras du sol, continue vertigineusement de voler. Mais il est désemparé par la disparition de ses ailerons et roule bord sur bord, comme drossé par une houle invisible. (…) Vainement le cdt Plou cherche à le redresser en corrigeant aux moteurs, tantôt avec celui de droite, tantôt avec celui de gauche. (…) Dans un terrible choc, le Bréguet, train rentré, percute le sol au milieu des troupes allemandes.
». Le Cdt Plou et l’adj Poitrot doivent abandonner leur appareil en flammes en sautant en parachute, ils sont faits prisonniers. Sur les 17 appareils engagés, seuls 3 d’entre eux rentreront : Les équipages de 4 autres appareils subiront le même sort que celui de Plou.
Les appareils qui s’en sont sortis doivent encore passer la flak sur le chemin du retour, qui touche sévèrement l’avion du S/c Normand et du Sgt Voirgard : l’équipage est indemme, miracle notamment pour le mitrailleur car l’obus a explosé au milieu de la cellule. Seuls deux appareils regagnent Montdidier.

GBA II/54 ( ? – Breguet 693) :
7 appareils décollent à 12h05 pour attaquer des colonnes motorisées situées entre Liège et Tongres, Maastricht et Waterloo.
-La flak abat un appareil : le pilote (sgt-chef Fourdinière) est gravement brulé, son mitrailleur (S/L de la Porte) tué.
-La flak endommage également un autre appareil mais qui réussit à regagner le terrain, équipage indemne.

GAR I/14 ( ? – Potez 63.11) :
Plusieurs appareils effectuent une reconnaissance dans la région de Maastricht-Tongres. 4 Bf 109 endommagent sérieusement un appareil, qui s’écrase, équipage indemne.

GR I/36 ( ? – Potez 63.11) :
2 Potez effectuent des missions de reconaissance, escortés par 19 Morane du GC I/2. La mission se passe sans incident.

GAR II/22 (Châtel – Potez 63.11) :
Un Potez (St Genis, cptne Fouché et Sgt Taib) décolle à 9h pour une reconaissance sur Bouillon notament, où la DCA leur tire dessus.

GAO 501 (Fort-Mardyck – Potez 63.11) :
Le colonel Henri Moguez nous raconte les évènements de la journée :
« C’est le 13 mai que le GAO 501 va effectuer ses premières missions de guerre.
Le temps est médiocre : plafond de nuages à 800m, visibilité mauvaise.
2 reconaissances au profit de la 1ère C.A. sont déclenchées dans la soirée.
La première, effectuée par le Lt observateur Alexandre, le S/L pilote Demay, le sgt mitrailleur Levaillant, a pour objet de recherche la présence de chars ennemis dans la région Zunder-Meer, Wuestwezel.
L’observateur, dont le travail est rendu difficile par l’existence de nombreux couverts, survole la région pendant ¼ d’heure sans apercevoir de troupes. Cependant, vers 17h15, il observe aux environs d’Achtmaal, camouflé sous les arbres de la route, une vingtaine de chars distants les uns des autres d’une centaine de mètres.
A ce moment, alors qu’il vole à 600m d’altitude environ, l’équipage est attaqué par deux bimoteurs ennemis, des He 111.
Le pilote pique vers le sol en virant, limiteur débrayé, et parvient à se déguager. Mais une 2ème attaque se produit peu après : l’avion se réfugie alors dans les nuages et rentre à Mardyck.
Une 2nde reconaissance est envoyée peu après (…) : éxécutée par le cptne pilote Wiccaert, le lnt observateur Coqueton et le sgt Leygnac, elle a pour but de rechercher les éléments motorisés sur les axes Breda-Tilburg-Anvers et Eindhoven-Turnhout, Anvers.
Cette reconaissance ne rentre pas. On apprendra quelques mois plus tard que l’avion a été attaqué par 9 chasseurs ennemis contre lesquels il a lutté plusieurs minutes avant d’être abattu à Oirschot, près d’Eindhoven. Les 3 membres de l’équipage ont été tués. (…)
Dès ces premières missions, les équipages ont le sentiment de leur impuissance en présence de la chasse ennemie.
»

GAO 502 (Courbes – Potez 63.11) :
« Dans la journée, une couverture photo ajournée la veille est tentée, mais elle échoue, à cause d’un ciel trop couvert. Elle permet au moins de se faire une première idée de la virulence de la chasse ennemie, et de la valeur des chasseurs amis, qui fort heureusement, l’accompagnent. »
Le groupe se replie sur Villers-les-Guise.

Aux Pays-Bas :

Escadrille de la Marine, et 1ère ou 2ème JaVa (Schipol ou Waalhaven - Fokker C. X et D. XXI):
2 Fokker C. X, escortés par 6 D. XXI, bombardent les concentrations de Ju 52 au sol. A l’atterrissage, un des pilotes de D. XXI est si fatigué qu’il se crashe.

3ème ou 4ème JaVa (Waalhaven ou Bergen - Fokker G. 1A et Fokker C. V) :
Des G. 1A et des D. XXI, protègent des C. V qui effectuent des bombardements sur les colonnes allemandes dans le secteur de Wageningen. 3 G. 1A sont gravement endommagés par la flak, tandis qu’un C. V est abattu. Pas moins de 11 missions de bombardement seront effectuées par les bombardiers biplans dans le secteur Delft-Rotterdam. 2 d’entre eux seront abattus par des Bf 109, un troisième par la flak, et un dernier sera endommagé par la flak également.

En Belgique :

1./I/1. Aé (Deurne – Fairey Fox) :
D’après Léon Paulet, « Outre une mission sur le canal Albert, dans le secteur Anvers-Herenthals-Tilburg, nous effectuons 3 missions sur nos aérodromes avec jet de message lesté. Nous effectuons nos vols à très basse altitude pour échapper à la chasse ennemie ; cependant, nous devons subir non seulement le tir de la DCA ennemies, mais aussi le feu de nos propres troupes. »

III./3. Aé (Belsele – Fairey Battle et Fox) :
2 Fox effectuent une mission de patrouille dans le secteur de Namur-Huy, mais l’un des deux est endommagé par des tirs de DCA, si bien qu’il est détruit à l’atterrissage. Une situation similaire se répète plus tard lorsqu’un Fox est abattu par erreur par un Morane 406 du GC III/2, mais l’équipage s’en tire et réussit à rentrer.

Chez les anglais :

N°1 Sq ( ? – Hawker Hurricane) :
Dans la matinée, des appareils ecortent la mission du N°12 Sq sur les ponts du canal Albert. Seuls 2 rentrent.

N°12 Sq ( ? – Fairey Battle) :
Dans la matinée, 5 appareils attaquent les ponts du canal Albert, escortés par des Hurricane du N°1 Sq. Les 5 appareils sont abattus par la flak, pour un objectif rempli cependant.

N°15 Sq ( ? – Bristol Bleinheim) :
Vers 08h00, 12 appareils partent pour bombarder la région de Maastricht. 6 sont abattus, tandis que 3 autres sont inutilisables.

N°103 et 139 Sqs ( ? – Fairey Battle et Bristol Bleiheim) :
3 Battle du n°103 squadron, puis 9 Bleinheim du Sq 139 attaquent les ponts du canal Albert et les environs de Maastricht ; les Bleiheim sont coiffés par des Bf 109 qui en abattent 7.

La Luftwaffe revendique 320 avions abattus.


Dernière édition par fanavman le Lun 26 Déc 2011 - 20:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 12 mai 1940   Mer 21 Déc 2011 - 21:19

Je ne peux que te féliciter pour la qualité des récits Fanavman,une petite pointe au coeur devant le courage des pilotes,sans peur ni reproches
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Marc_91
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MessageSujet: Re: 12 mai 1940   Jeu 22 Déc 2011 - 1:11



Un Bréguet Br.693 de la 54ème Escadre abattu le 12 Mai 1940 dans la région de Tongres (coll. personnelle)
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MessageSujet: Re: 12 mai 1940   Jeu 22 Déc 2011 - 13:30

Citation :
Je ne peux que te féliciter pour la qualité des récits Fanavman,une petite pointe au coeur devant le courage des pilotes,sans peur ni reproches
Merci, c'est très encourageant!

Citation :
Un Bréguet Br.693 de la 54ème Escadre abattu le 12 Mai 1940 dans la région de Tongres (coll. personnelle)
Merci, Marc. J'ai l'impression que cette photo n'a pas été beaucoup publiée, je me trompe?
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Marc_91
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MessageSujet: Re: 12 mai 1940   Jeu 22 Déc 2011 - 14:08

Coucou Pierre,

Achetée sur Ebay.de il y a quelques années, et déjà mise en ligne ici. C'était Stéphane "Tubs" qui avait identifié Tongres ...

Par contre, je reprendrai bien les 2 paragraphes de ton texte (si tu le permets) pour illustrer cette photo sur
www.39-45.org ...
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MessageSujet: Re: 12 mai 1940   Jeu 22 Déc 2011 - 17:11

Citation :
Par contre, je reprendrai bien les 2 paragraphes de ton texte (si tu le permets) pour illustrer cette photo sur
www.39-45.org ...
Pas de problème, au contraire!
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